‹ Les poisons bactériensChapitre 18 sur 39 · Briegeii, Ueber Plomaine, III Tlieil. Berlin · texte numérisé non relu

Briegeii, Ueber Plomaine, III Tlieil. Berlin

sourisqu’à des closes très considérables, la spasmotoxine ne peut causer que des paralysies

Il était évident, et c’est la conclusion de ces auteurs, que le véritable poison tétanique doit être cherché ailleurs.

Du reste, déjà en 1890, Faber avait trouvé dans les cultures tétaniques un poison de toute autre nature chimique que les ptomaïnes de Brieger. En filtrant les cultures du h. du tétanos sur le filtre Chamberland, Faber obtint des liquides privés de bacilles, mais reproduisant chez les animaux tous les symptômes du tétanos de la même manière que les bacilles tétaniques eux-mêmes. L’intoxication par le poison ressemblait à l’infection par le bacille même sousles deux rapportssuivants. L’une et l’autre demandent un certain temps pour se manifester; il existe uneincubation pour l’intoxication comme pour l’infection. Par l’introduction dans les voies digestives, le poison chimique est tout aussi inoffensif que le bacille vivant. Faber a vu que la toxicité des cultures filtrées ôtait complètement détruite par le chauffage de 5 minutes à 65°, et même par l’addition de l’alcool.

11 en a conclu que le poison tétanique n’est pas une ptomaïne, mais plutôt une diastase toxique

Kitasato et Weyl, Zur Kentniss der Anaeroben. ( Zeitschrift f. Hygiene, t. VIII, p. 404.)

comme celle du jequirity ou de la diphtérie. Faber il avait pas à sa disposition des cultures pures du tétanos *.

Mais, ces résultats furent bientôt confirmés par Tizzoni et Cattani. Ces auteurs ont trouvé que le bacille tétanique produit son poison dans les cultures pures sur la gélatine et non pas dans celles qui sont faites dans le bouillon. La substance toxique des cultures filtrées est modifiée par la précipitation par l’alcool. Elle ne dialyse pas, ce qui a permis aux auteurs de l’isoler de la façon suivante. On sursature les cultures filtrées par le sulfate d’ammoniaque en excès. Il se forme un précipité qui contient la substance toxique. Ce précipité est dissous dans l’eau, débarrassé des sels par la dialyse et évaporé dans le vide à une basse température. La substance toxique obtenue de cette manière se présente comme un corps jaune de l’aspect cristallin. Elle est rendue complètement inactive par le chauffage pendant une demi-heure à 60°. Le chauffage pendant une heure à Sa0 la rend moins toxique. Les alcalis, l’acide carbonique, les acides organiques et les acides minéraux dilués ne la modifient pas. Les acides minéraux concentrés détruisent sa toxicité.

4. Knud Pabeb, Die Pathogenese des Tetanus. (Perl. Kl. Woch., 1890, n° 31.)

Quant à la nature de ce poison tétanique, Tizzoni et Caltani notent ses nombreuses analogies avec les ferments solubles. Précisément, dans la gélatine, le bacille du tétanos sécrète un ferment peptique qu’il ne produit pas dans le bouillon. Et toutes les influences qui modifient le poison tétanique détruisent aussi la diastase peptique1.

Dans leurs recherches sur les poisons bactériens que nous avons citées, Brieger et Frankel parlent entre autres de la toxalbumine du tétanos. Cette substance toxique qu ils ont isolée des cultures faites dans le bouillon sucré, après les avoir filtrées sur le filtre Chamberland, réduites par l’évaporation dans le vide, précipitées par l’alcool absolu, était soluble dans l’eau2. Vaillard et Vincent ont obtenu dans les cultures tétaniques faites dans le bouillon et filtrées, un poison extrêmement actif, dont 1/50 et 1/100 de c. c. suffisaient pour tuer un cobaye. Us ont confirmé la plupart des données précédentes; ainsi par exemple la faible résistance du poison à la chaleur et son inactivité par la voie digestive. Parmi les données nouvelles de leur travail il faut surtout citer les

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Tuzoni et Cattani, Experimentelle üntersuchunnen ueber da . Tctanusgift. (Arch. f. exper. Pathol., Btl. XXVII )

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faits suivants. La lumière directe du soleil au contact de l’air détruit rapidement la toxicité du liquide filtré. L’acidification ne modifie en rien son pouvoir toxique. L’alcool absolu n’altère pas la substance toxique; il la précipite en partie et le produit de cette précipitation est tétanigène. Le poison tétanique adhère à certains précipités qu’on produit dans les liquides où il est contenu. C’est ainsi que les précipités de phosphate de chaux ou d’alumine entraînent une partie de cette substance active, mais cette précipitation est tout à fait incomplète. Vaillard et Vincent croient que le poison tétanique se rapproche surtout des diastases '.

Kitasato a fait une étude détaillée du poison tétanique. 11 a déterminé la durée exacte nécessaire aux différentes influences physiques (t°, lumière) ou chimiques (acides, alcalis) pour détruire le poison tétanique. 11 a trouvé que l’alcool absolu ajouté en quantité suffisante pour ne pas laisser le poison en dissolution, le détruit. En général, Kitasato n’a pas trouvé de moyen pour isoler le poison tétanique du liquide où il est contenu 1 2.

Ici finissent nos connaissances sur la nature

1. Vaillard el Vincent, Le poison tétanique. (C. li. de la Société de Biologie, 1890, 15 novembre.)

Vaili.aiiu et Vincent, Contribution à l'étude du tétanos. (Annales de l’Institut Pasteur, 1891, n° 1.)

2. Kitasato, Experimentelle Untersucliungen ueberdas Telanusgift, t. X, p. 267.

chimique du poison tétanique. Quant au mode de son action sur l’organisme animal, on n’est pas non plus très avancé depuis Jes recherches de Knud Fabei . On connaît que le poison reproduit exactement tous les symptômes du tétanos de la même manière qu’on les obtient avec le bacille tétanique lui-même. Ces phénomènes d’intoxication n’apparaissent pas immédiatement après l’injection du liquide toxique, mais après un certain temps d’incubation, qui diminue quand la dose ou la toxicité du liquide filtré injecté augmentent.

Les symptômes morbides débutent dans le cas de l’injection sous-cutanée du liquide, par l’endroit de l’inoculation : les premières contractions apparaissent dans les muscles les plus voisins de l’inoculation. Bruschelini a étudié la diffusion du poison tétanique dans l’organisme animal. Il a trouvé qu elle se fait surtout le long du système nerveux, ruschetini se servait déjà des cultures filtrées du e anos *. Gamcira Pestana , travaillant avec les

cultures filtrées, est arrivé aux conclusions suivantes :

T la dlffusion du poison

20 novembre, aussi la Uifnrm ^Ann.a es de orographie, 1890, En conlirmont , 1 foi ma medica, oct. 1896.)

chetim, Uebcr die A^schTidunTde rT 16 P°'SOn soIuble (Brdssecrelion in Deutsche medicinische W Cl,anus,9lfles durch die Nier enchetini a trouvé qu’il „Tt “ n, W°C'\enchri^ «»2f n« 16), Bruslavé à l’eau salée et dans \'S,?U ^ ® Saûg’ daDS le reiQ

1° L’absorption de la toxine se fait par le sang;

2° Les poumons, la rate, les reins, mais principalement le foie, empruntent au sang le principe toxique et le retiennent;

3° La toxine ne s’élimine pas d’une façon appréciable par les urines ;

4° Malgré la prédominance si éclatante des phénomènes neuro-musculaires dans le tétanos, on ne parvient pas à mettre en évidence la présence de la toxine dans le tissu nerveux et musculaire; toutes les expériences faites avec ces tissus ont donné des résultats négatifs

La présence de la toxine dans le sang des sujets tétaniques a été notée aussi par Bruschetini , Kitasalo et Nissen.

L’étude physiologique de l’influence du poison tétanique sur les différentes parties de l’appareil neuro-musculaire n’a pas encore été faite, et on ne sait pas comment agit le poison tétanique. Faber a fait l’hypothèse qu’il affecte les plaques terminales nerveuses, comme le curare1 2.

Tout autrement importantes et détaillées sont

1. Camaha Pestana, Diffusion du poison du tétanos dans l'organisme. [C. fl. de la Société de Biologie, 1891, 27 juin.)

2. Cette question a été récemment reprise par Autocratow au laboratoire du prof. Straus. Autocratow a trouvé que les contractures tétaniques sont d’origine réllexe et disparaissent après la section des racines postérieures correspondantes de la moelle épinière.

nos connaissances sur l’immunité dans le tétanos.

Au début, tous les expérimentateurs arrivaient à des résultats constamment négatifs, en essayant de vacciner les animaux contre le tétanos. Enfin, Behring et Kilasato ont annoncé, sans entrer dans les détails, qu’on peut réussir dans cette vaccination. Les animaux vaccinés contre le tétanos leur ont révélé les faits suivants tout à fait nouveaux et de la plus haute importance :

1° Leslapins qui sont vaccinés et résistentà l’inoculation du bacille tétanique vivant, sont aussi réfractaires à l’injection du poison chimique produit par ce bacille ;

2° Cette insensibilité des animaux vaccinés au poison n’est pas due à une accoutumance de leur organisme à ce poison, mais à sa destruction dans leur corps. En effet, le sang et plus particulièrement le sérum du sang des lapins vaccinés, mêlé au poison tétanique, même à une petite proportion, le détruit. Le sang des animaux non vaccinés ne possède pas cette propriété antitoxique ;

3° Le sérum des animaux vaccinés possède non seulement in vitro, la propriété antitoxique, il 1 exerce aussi dans le corps d’autres animaux. Car, injecté aux souris, le sérum des lapins vaccinés rend celles-là réfractaires à l’inoculation ultérieure du bacille ou du poison tétanique. Même il peut

guérir le tétanos chez les souris déjà malades1.

On voit que ce travail de Behring et Kitasato contenait trois notions nouvelles et importantes : la vaccination contre le tétanos, l’action antitoxique des humeurs animales, l’immunisation par ces humeurs. Ces trois notions ont été contrôlées et étudiées depuis par beaucoup d’expérimentateurs et en général ont été trouvées parfaitement exactes. Dans le chapitre suivant nous exposerons les résultats acquis par ces études.

1. Behring et Kitasato, Ucber dns Zustandekommen der Diphtérie immunitül und der Tetanus immunilàt bei Tliicren. ( Deutsche medic. Wochenschrift, 1890, n° 49.)

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