HAMEÇONS
Toute la péche est dans l'hameçon. L'hameçon est l'instrument universel du pêcheur sauvage aussi bien que du pêcheur civilisé. Il est aussi naturel à l’homme que la lance ou la flèche, laquelle n'a pas deux manières d'être, et se retrouve partout la même, une tige urmée d'une pointe à l’une de ses extrémités,
L'homme à importé avec lui, sur la terr, un certain nombre d'instruments qui semblent nés avec ses premières idées, qui répondent à ses premiers besoins et qui, de leur nature, sont si simples et si complets que le perfectionnement n'existe pas pour eux.
L'haneçon est de ce nombre: on en a perfectionné la matière — qualité non essentielle de son être — mais non la forme qui en est constitutive : l'hameçon est ou n’est pas, rien à perfectionner là dedans, Ila été inventé chez le sauvage, il se compose, encore aujourd’hui chez lui, d'épines, d'urêtes, d'os, de pierres même: chez les nations plus civilisées,
FiG, 62,— Premier hameçon de l'âge de bronze: pas encore de dard barbelé, c'est un simple crochet de métal, Provient des pabiatlous lacustres du lac de
utich.
F1G. 63.—Hameçon de l'âge de bronze ; deuxième forme, Apparition du dard et de l'anneau pour attacher à la ligne. Provient des habitavIonn lacustres du lac de Zurich.
il est en métal fondu plus ou moins grossier, bronze (fig. 62 à 64), cuivre ou fer : enfin les progrès de la fabrication l'ont amené à être aujourd'hui une tige d'acier trempé (fig. 70 à 86), plus ou moins f , arrondie en crochet; le bout le par une pointe barbelée, la tige principale ou aplatie à son extrémité (fig. 64), pour empêcher que la ligature qui réunit l’hamecon à l’empile, ne glisse et ne laisse échapper ainsi l’hameçon et la proie qui y est attachée.
F1G. 64,— 3 forme. Perfectionnement, Non seulement ledard existe, mais la palette se montre pour l'empilage. Le plus, elle porte des crans afin que l'adhérence de la ligature soit plus complète.
Entre cet hamecçon et ceux de nos jours il n'y a de ditrérence que la perfection de l'outillage producteur et 1a matière, Provient également des habitations lacustres de l'âge de bronze, sur le lac de Zurich,
plus court se termine hampe est légèrement
L'hamegon, comme la lance, étant inventé de toute antiquité, les modifications les plus profondes qu'il ait éprouvées ont porté sur sa grosseur surtout: il fallait déjà beaucoup d'adresse pour tailler un morceau de coquillage en hameçon de la grosseur de notre 00009 actuel ; or, il y a bien de la distance entre ce numéro et le 20 ou 22 des hameçons fins que nous fabriquons aujourd'hui, Mais il ne faut pas oublier que le nombre des poissons, et surtout leur taille, a diminué en même temps que la taille des hameçons, tandis que la difficulté de les prendre a suivi une marche encore plus rapide. La civilisation, partout où elle touche, rend défiants les animaux autochtones. Ainsi les premiers navigateurs qni abordérent à certaines côtes privilégiées, y tuèrent à coups de bâton des oiseaux ahuris et ne sachant pas quel était ce nouvel agresseur ; ils y prirent à
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ne” ci = mé. hu S —vu > ES M F1G, 65, — Hameçons allégés par des Fia, 66,—-Emploi, sur les côtes de Norwége, du bois pour bouchons de liége, soulever les empiles,
panerées, pendant la marée basse, les poissons les plus délicieux. De nos jours, les oiseaux ont fui, où sont devenus défiants ; on ne les tue plus qu'au fusil, et encore : les poissons ont appris la lutte et la méfiance, et si l'on en prend encore là-bas un plus grand nombre avec plus de facilité que sur nos côtes dévastées, il faut l'attribuer à la prodigieuse fécondité de certaines espèces, quand elles sont aidées par la température admirable des climats chauds.
Sans remonter aux temps bibliques et sans nous occuper des animaux aquatiques que les Hébreux tenaient en petite estime, ne connaissaient que très peu dans leur pays sec et désolé — et qu'ils n'ont pu faire entrer dans l'arche de Noë — il faut constater, comme nous l'avons fait, que l'invention de l'hameçon ne peut avoir de date certaine ni même approxinative, pas plus que celle de la flèche, de la lance, du bouclier, ete. Ce sont des créations pour ainsi dire instinctives, spontanées, chez tous les peuples répandus à la surface du globe, et tellement inhérentes au développement de leurs facultés, que le premier instrument que fait l'enfant
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sauvage où l'enfant le plus civilisé est le méme: c'est un are et su féche,
L'enfant devenu jeune homme tourne sa flèche devenue plus grande contre les animaux de la forêt: il la tourne de même contre ceux du rivase, La tentation de manger les poissons que l'eau du fleuve grossi aura laissés sur les bords ou \ Q # dans des dépressions à portée de ln main, est naturelle, et l'homme a aimé le poisson dès qu'il ee Me Poe pr
: : trouvée dans les habitaa pu en prendre, Mais le fleuve ne grossit pas sou- tions lacustres du Inc de
vent, les réservoirs naturels sont vite épuisés, et miôre forme ot OR: cependant ils virent dans les ondes mille poissons nn us ad se poursuivre, se dévorer, se jeter avidement sur les portions de matières assimilables qui tombaient à l'eau, sur une graine, sur un insecte jouet du vent où du hasard... La pêche était inventée, et, du même coup, la destruction de l'homme — en tant qu'espèce — était devenue impossible, car la mer lui fournirait seule su nourriture, si la terre pouvait la lui refuser, Cacher sous un insecte où sous une graine, dans / un fruit, le crochet qui ramènera le poisson, alors LY que celui-ci aura englouti le tout, voilà l'hamecçon F6. 68.—Deuxième fore
me de bricole provenant
" à r fnîrva A J j É sé également des habitatrouvé... y faire un trou, dans lequel on passe un fgalement 08 or
0 À à 1e re à 0 À 4. ede Zurich, La fabricabrin d'aloës, de chanvre, de tout autre filament vé- tes Eee FN
gétal, une tige de linne parasite des tropiques, un Xe te a hempe de in... et voilà ln ligne complète, et telle qu'elle premiere (ro, 07) rend
l'entrure du fer plus diffsert depuis la création du monde !.,
ciie, et que l'engin bascule dans la bouche du
En étudiant attentivement les curieux vestiges POsson.
des instruments de pêche des peuplades qui ont habité notre pays et ls pays d'Europe, dans des temps antéhistoriques, nous avons en quelque sorte acquis la certitude morale que l'hameçon, tel que nous le connaissons maintenant, n'est assurément pas le premier qui à dû servir, En effet, on a trouvé en même temps que Îles formes des figures 62, 63, 64, la forme 67 et GS qui est une véritable bricole, mais si simple, si facile à faire ten même temps si efficace, qu'il est impossible qu'elle n'ait pas été préferée, dès l'abord, par des peuples
F1G. 69.—Pierres perforées pour
ot ssieTr's, charger les filets,
Cette forme, en effet, rend l’attache de l'hameçon à la ligne incomparablement plus facile et plus solide, A cette période où le dard n'était pas encore inventé comme dans la forme 63 et 64, celle-ci offrait en méme temps une beaucoup plus grande sécurité que le poisson piqué ne se débarrasserait point.