LIGNE
Tout le monde sait ce qu'est une ligne à pêcher ; et cependant, le nom est étendu, tantôt à l'appareil tout entier qui se compose de la canne et de la ligne proprement dite, tantôt il est employé pour désigner des cordées, où autre engin de fond en mer et en rivière,
La ligne, dans l’acception à laquelle nous devons restreindre ce mot, est un fil plus où moins fin auquel on attache l’hameçon ou les hwneçons. Qu'elle soit fixée par une extrémité à une canne, un grelot, une bouée, qu'elle soit tenue à la main, ou abandonnée dans l'eau, elle à toujours la même signification.
Quant à la confection des lignes diverses, nous devons renvoyer aux articles spéciaux qui traitent la manière de les faire, de les approprier à chaque pêche, et d'en reconnaître les défauts et les qualités. (Voy. CANNE A PÈCHE, Confection et choix, CANNE FIXE, CANNE POUR LA PÊCHE EN MER, etc.)
À nets
Si la voracité du brochet le rend facile à prendre à la ligne, d'un autre côté, l’armure de ses mâchoires et la dimension souvent respectable de sa personne exigent des engins d’une forme et d’une nature particulières, Tous les poissons ont la faculté de rejeter un aliment qu'ils viennent de prendre, et cette faculté semble chez eux être en proportion de leur voracité : il devait en être ainsi puisque les plus gloutons sont érposés le plus souvent à se tromper, et à tngérer dans leur estomac une foule de substances tout à fait inassimilables.
FiG. 101, Fi, 102, Bricoles diverses,
F1G. 103, —Avancée et ligne à brochet,
Le brochet, le chevesne rejettent ce qu'ils viennent d'avaler à la moindre tension suspecte : au contact de la ligne, tout est dehors, haneçon et appât, et comme leur gueule, leur œsophage sont très larges, il y à beaucoup de chances que l'hameçon ressorte sans avoir rien attrapé de sa pointe, Aussi double-t-on et triple-t-on les chances en doublant et triplant les pointes, c’est-à-dire en emplo-
. , : sue FiG. 104, — yant les bricoles (fig. 101, 102) et les grappins. Ainsi Empile de ° \ R ; ’ ‘2 chanvre noué, done, toute ligne à brocuet (7ig. 103) sera terminée mais non tor- . . , . au.
par un grappin où une bricole au moins, À, solidement
empilée, par une ligature de soie poissée, sur une empile de corde tilée B d'au moins OM,15 de longueur. Car, quand le brochet a englouti le poisson vif dans son large estomac, sa bouche est garnie d'un tel luxe de dents, qu'en refermant ses mâchoires, il couperait d’un seul coup la florence la plns forte et la mieux choisie. Plus elle sera grosse mieux il la coupera : deux ou trois très fines et non cordées lui résisteraient mieux, parce qu'elles peuvent passe: entre ses dents, mais ce qui lui résiste bien, quand on n'a pas de corde filée ou de fil d'archal, c'est tout simplement une empile de chanvre comme pour l'anguille (fig. 104),
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FiG. 104, — Empile de chanvre noué, mais non tordu.
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DES ENGINS D& PÊÈCHE 385
Quand on n'a pas de corde filée on se sert de la méthode que nous avons indiquée au mot bricole. L'eïtre extrémité de l’empile sera montée par une bonne boucle warnie de soie poissée, à l'anneau mobile Jun émérillon C (fig. 103) ; on fixera l'anneau qui ne s'ouvre pas à l'extrémité de la ligne elle-même, et de cette manière l’empile sera libre quand on aura besoin de la faire passer, au moyen de l'aiguille à enferrer (fig. 106), dans le corps du voisson vif.
Quant au corps de ligne propreinent dit (ig. 105), on comprend qu'il doit être solide ; aussi le fait-on en fort cordonnet de soie bien dévrillée, peint et verni comme nous l'avons indiqué. En général, on prend ce cordonnet plus fort que moins, et de la grosseur d'une petite paille de blé (fig. 105), car il n'est pas besoin de dissimuler bien adroitement le
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Fi, 105,—Corps de ligne en cordonnet de soie verni, Fi1G, 106.—Aiguille à enferrer,
piège à un poisson plus gourmand que fin, et qui, confiant dans sa force bratale, ne s'occupe pas de savoir si, à de certains ordons, la bête qu'il convoite se tient par lu patte.
On peut faire la ligne en cordonnet de lin ou de chanvre, mais celui-ci est moins fort, à grosseur égale, comme nous le savons, et dure moins longtemps, parce qu'il pourrit très aisément. Dans tous les cas, ce n’est point un mal de terminer l4 ligne, avant l'émérillon, par une avancée d'un mètre, au moins, de forte florence tordne en deux ou trois brins. Exces de précaution, à la pêche, ne nuit pas souvent,
[l'est utile encore d’avoir à sa canne un bon moulinet P (fig. 546), car s'il ne se défend pas longtemps, le brochet à un premier mouvement de rage qui n'est pas sans mérite, On n'oubliera pas non plus une forte épuisette, Quelque solidement monté qu'il soit, rien n'assure le pêcheur qu'il accrochera le brochet
FIG, 107, Fort moulinet pour grosses lignes à Brochet,
par l'estomac : mais dans tous les cas, plus il se servira de bricoles minces, plus il aura de chances de prise, plus il y aura nécessité d'intervention de l'épuisette, :
Nous arrivons à la Hotte, Le brochet se tient à mi-hauteur de l'eau : il veut pouvoir surveiller le dessüs et le dessous, et tenir le tout à sa portée: la flotte sera done placée de manière à assurer au poisson vif unie position intermédiaire, Or, cette flotte à beauconp de choses à porter, et devra nécessairement être forte, cr elle soutiendra le grappin et sa monture métallique, l'émérillon, assez de plomb pour que le poisson
vifne puisse remonter à la surface de Peau. IT faut done ne pas craindre
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de la choisir solide, et celles qu'on emploie sont de la grosseur d'une poire moyenne (714. 108), afin qu'elles résistent bien aux mouvements de trac. tion du poisson-appât.
Nous avons vu, à l’article Canne, que la demeure du brochet était loin du bord, et qu'il fallait y envoyer facilement l'amorce ; une assez grande longueur de la ligne trempera donc dans l’eau, et, faisant bannière renversée entre la flotte et le scion, elle forcera, par son poids, celui-ci à se rapprocher peu à peu de celui-là: enfin, en s'enfonçant de plus en plus dans l'eau, elle s'arrêtera aux herbes, aux racines, et pourra compromettre le succès de la pêche ; il faut remédier à cela, et soutenir toute cette bannière hors de l'eau. On y parvient en chargeant la ligne de deux ou trois petites flottes supplémentaires, grosses comme des olives (fig. 109), et qu'on appelle postillons ; on les place en arrière de la lotte principale et on les distance de manière à partager approximativement, en parties égales, l'espace que l'on suppose devoir exister entre la Hotte et la rive.
Quand on tend plusieurs lignes à brochet—ce qui est la meilleure manière de faire une bonne pêche, car ce poisson est relativement plus
ER — 3 FIG, 110 Le pliant du pêcheur à Ja ligne
F1G. IOK, | dormante.
Flotte à Bro Fii, 109.—-Postillons sur la chet. ligne,
rare que les autres dans les rivières où il habite} arrive que ne pou vant les surveiller sans relâche, le poisson vif qui nage sans cesse et sent ce que sa position à de hasardé, cherche à s'introduire entre les herles et les jones : il n'aime pas à rester en vue, [réussit presque toujours à se cacher, et en même temps, à emméler la ligne de façon que souvent le pêcheur perd tout à la lois. Pour éviter cela, on peut disposer sa ligne de la manière suivante: il faut se munir de baguettes très légeres d'osier, de coudrier où de tremble dont on fendra le petit bout; ces baguettes auront 2 où 3 metres de long et serviront tout simplement à éloigner la flotte du rivage, La ligne, maintenue ainsi par la fente de baguette, n'aura plus qu'un mouvement très restreint de rotation à
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laisser faire au poisson vif, et l'autre extrémité, celle qui vient à terre, pourra être attachée à une branche flexible, à un grelot ou à une bobine qui amortira les bonds du poisson pris, et empêchera que le tout ne puisse être brisé.
Malheureusement, les baguettes piquées dans la rive sont bien courtes pour la majeure partie des rivières, où la pêche au brochet se fait pardessus des masses énormes de jones et de roseaux ;il faudrait les allonger jusqu'à en faire de véritables cannes à pêche, et c’est le moyen le plus sûr dans la majeure partie des endroits. On se construit trois ou quatre bonnes et solides cannes en roseau que l’on tend l’une à côté de l'autre et que l'on peut surveiller d'un coup d'œil; on a un pliant (fig. 110), et l'on attend que la chance soit favorable,