LA TANCHE
Tench (ang.). —- Cyprinus Tinca
Importée aux Etats-Unis, peu de temps après la carpe, elle est passée de là dans Ontario où on en dit beaucoup de bien, Un de ces quatre matins, à la longue, elle nous arrivera ici, par la grâce de Dieu, avec l'aide de nos gouvernements, et c'est pourquoi je crois qu'il est à propos d'en parler.
La tanche se reconnait tout de suite à la grande épaisseur de la partie du corps qui soutient la caudale, ce qui donne au poisson un aspect lourd et courtaud. L'œil paraît petit pour l'animal, il est rouge carmin ; la tête est un peu en grouin ; les lèvres épaisses, le front large.
La couleur du poisson varie d'un brun jaunâtre à un beau ton vert bronzé, suivant les eaux, l’âge, et peut-être le sexe. Les nageoires, généralement violettes, varient également ; le ventre est blanchâtre. On leur a compté jusqu'à 30,000 écailles.
Ce poisson fraie de bonne heure, au printemps ; les œufs éclosent en peu de jours ; à l'heure de la ponte deux mdles conduisent une feinelle vers une feuille de potumogeton natans sur laquelle les œufs sont déposés, au nombre de deux à trois mille.
La tanche est douée d'une vitalité extraordinaire, et J, Franklin prétend, de plus, que ni le brochet, ni la perche, ni l'anguille ne mordent au frai de tanche mis en esche. Voici son témoignage, qui vaut la peine d'être cité :
“J'ai vu tendre, pendant la nuit, plusieurs lignes amorcées avec des poissons vivants : gardons, vandoises, ablettes et tanches.
“Or, quand le matin on venait relever ces lignes, on trouvait des anguilles et de jeunes brochets pris aux hameçons garnis avec les autres poissons, mais non à ceux qui avaient des tanches pour appât ; ces dernières étaient au contraire aussi vives qu'au moment où on Îles avait plongées dans la rivière, la nuit précédente ; tout annonçait qu'elles n'avaient même pas été attaquées. Je cite le fait après en avoir souvent renouvelé l'expérience, et je n'ai trouvé cette règle démentie par aucune exception,
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“J'ai consulté mes confrères en l'art de la pêche, et tous m'ont répondu avoir observé comme mot, à quel point la tanche jouissait du droit d'in munité vis-à-vis des attaques que les voraces habitants de l'eau dirigent continnellement contre les autres poissons.” Deux préjugés contraires existent en Italie, au sujet de ce poisson, l'un qu'il est tellement imprégné de ln malaria des marais Pontins que son contact suffit à engendrer la fièvre, l'autre qu'il est doué de propriétés curatives de toutes les maladies des poissons. “ Piseator dit à son disciple Venator : * Lan tanche est le docteur des poissons, et elle préfère les étangs aux cours d'eau, poi “ Dans la tête d'une tanche vous trouverez deux petites pierres dont les médecins étrangers font un fréquent usage par application sur les au | 18 parties souffrantes. Elle est avant tout le médecin du brochet, et des | fi celui-ci, par reconnaissance, se laisserait mourir plutôt que d'avaler une joli | ‘ tunche.” ras l | sou L”| Le malachigan va se trouver bientôt espérons-le menacé d'une de | | sérieuse concurrence comme médecin, rebouteur, guérisseur en un mot 4 mel | F À j'ai N'o que l'au de Tou perc du f ENT Back 5 4 que
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LE MULET (canadien)
Semotilis bullaris.-— The Fall-Fish (anieri)
Le chevesne, non plus que la chevesne, l'ide où la dobule ne sont des poissons connus au Canada,
Le chevesne n'est pas le poisson que les Anglais appellent hub ; c'est au contraire le poisson qu'ils appellent nullet, qui ne va jamais au delà des eaux vaseuses en remontant de la mer, qui a le bee en suçoir, joliment comme notre moxostôme, dont la chair est bonne à s'en rassasier, pourvu qu'on en ait où qu'on sache en prendre, J'ai pris souvent de ce poisson autour des quais de ln ville de Québec, au milieu de bars de l'année précédente, suspendus à des rosnires, avec des vers de mer pendus au bec,
Pardon, Messieurs! venez platôt à mon aide : secondez-moi, lorsque j'ai le désir sincère de faire valoir nos poissons, la richesse de nos eaux. N'oubliez pus que la mer est faite pour nourrir l'homme, tout autant que la terre, que nous devons nous appliquer à la culture de l'une et de l'autre avec une égale intelligence, Un arpent de mer, où si l'on veut, de lac ou de rivière, vaut autant sinon plus qu'un arpent de terre, Tout dépend de la culture. Nous perdons nos forêts ; nous nous rattraperons sur nos lues, avec profit, espérons-le, “Les pêcheries du bassin du fleuve Saint-Laurent valent mieux que les mines du Pérou,” disait Bacon, il y à plus de trois cents ans. Le grand homme, alors, ne parlait que des pêches de Terre-Neuve et du Labrador. Que ne dirait-il pas de ce que nous voyons en plus, et que lui, en savant qu'il était, pourrait si justement apprécier !
Le chevesne !
Eh oui! le chevesne existe, ici, un peu partout, dans nos eaux vives et abondantes, C'est un gros poisson blane, de chair très délicate, qu'on devrait élever avec soin, dans un but d'économie domestique, pour qui a lue où étang, et qu'on devrait protéger par nos lois, dans un but d'intérét public,
Ce chepesne, nom barbare au Canada, se noumne gurdon, dans Île distriet de Québec, et mulet dans Le district de Montréal, Ni l'une ni l'autre de ces désignations ne Tai conviennent, Chevesne il est, et
chevesne il doit rester,
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