‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 64 sur 236 · ACHIGAN DES LACS · texte numérisé non relu

ACHIGAN DES LACS

Lu pêche dans les lacs diffère peu de celles que nous venons de décrire. Un mot d'une de mes pêches au lac Bernard en donnera un exemple suffisant.

Autant que j'ai pu en juger, les habitants primitifs de ce lac sont l'achigan et la barbotte (amiurus vulgaris), Vide et le chevesne, communément appelé mulet, au Canada, qui fournit la base de la nourriture

de l'achis coinmuneé bien ent déposée | du nord nord il 4 établies & { t:

} HS qui ne lai L'achigai côté, un Q les pâture la burbot la surface Cette inti

roches de

à tel po

Re à grande

haute ran

réserve de

profonds

l SC | gi il nest pus de sa gou un hamec dents.

Mainter munies de sept et hu à lides, qu de l'embar Vous pass ce chapele accrochés.

attend. Qt hanche e1 Nous ve que révuli un léger ce

mouche ar

ant de

u plus ine où 1er de exion, ourant Qu'un hant ?

à faire peine { Jar un nt que 1 OÙ

», d'un ses, je ent où et fait utre je Is, C'est |indisres, un n panitanée !

le étui,

Je n'ai mnsiste n dans cœur”

écrire.

cemple

e sont à, COMvriture

de l'achigan, l'un des principaux locataires du luc, Quinze mille truites communes et quatre-vingt-cinq mille truites de mer (à l'état d'alevins, bien entendu), provenant de la piscifacture du gouvernement, y ont été déposée il y à cinq où six ans, Le lue, dans sa longueur, est disposé du nord au sud ; au sud il baigne un terrain d'alluvion, pendant qu'au nord il repose sur un lit ferré entouré de rochers ; les truites se sont établies au sud, autour de la bouche d'un ruisseau nourricier et rufrai- ( t; l'extrémité nord est occupée, me dit-on, par des bancs de | is blancs (coregonus albus), qui ne mordent à aucune esche, mais qui ne laissent pas de se faire mordre sans pitié par leurs féroces voisins. Lachigan vit entre les deux, donnant tour à tour un coup de dent d'un côté, un coup de dent de l’autre, Lu perchaude se glisse timidement dans les pâturages qui entourent les châteaux forts de l'achigan, pendant que la barbotte, agile, vigoureuse, énorme, dispute à l’achigan sa proie, jusqu’à la surface de l'eau, Elle va même jusqu'à mordre à lu mouche artificielle, Cette intrusion dégoûte promptement le pêcheur, qui se rabat vers les roches de l'ouest, habitées par de jeunes achigans et force perchaudes, à tel point qu'il finit par aller jeter l'ancre près des îles du sud-est, à grande profondeur d’eau notre comme de l'encre, entourée d'algues de haute ramée, peuplées de gardons, d'ides et de chevesnes, troupeaux de réserve de l'achigan qui paissent inquiets, à la portée de sa dent, sous ces profonds ombrages. De temps à autre, une volute se dessine sur la ser- P * sombre des eaux ; un achigan monstrueux seul a pu produire une | giration, Toutes les lignes se tournent dans cette direction, et nest pas rare que le poisson goulu, en chassant le chevesne, soit victime de sa gourinandise, périsse pour avoir croqué une ablette — promenant un hameçon en selle -— qui pouvait à peine remplir le creux d’une de ses dents,

Maintenant, défilez deux trolls de deux à trois cents pieds de longueur, munies de cuillers, de iminuces, grenouilles, de mouches artificielles, de sept et huit hameçons bien garnis et fixés à deux perches, courtes mais

silides,que tient un pêcheur de chaque main et de chaque côté, à l'arrière de l'embarcation, pendant qu'on rame ferme dans une cour-e soutenue. Vous passez sur une troupe d'achigans en maraude qui se précipite sur ce chapelet d’esches chatoyantes à l'œil, et trois où quatre y restent

accrochés, Passez au même endroit en revenant et la même anbaine vous attend, Quelquefois les deux lignes sont attaquées en même temps, et de bianche en branche, toute la troupe finit par être embrochée.

Nous venons de constater que l’achigan a un appétit cupricieux plutôt que régulier: mais quels sont les mets qu'il préfère ? Je sais qu'il prend un léger goûter, au saut du lit, vers les cinq heures, à la cuiller, à la mouche artificielle, qui le dispense souvent, et pour cause, du déjeñner

DE"

Re Saren >

en ns ere

servi de six à neuf heures, par les temps un peu sombres, percés de

quelques coups d'œil indiscrets du soleil, de six à sept heures seulement, par des jours moins favorables. Le menu varie suivant les saisons ; une

entrée de lombrics — le macuroni de l’achigan — est toujours bien accueillie ; suivent un buisson d’écrevisses, un salmis de sauterelles, une friture d'ablettes, des grenouilles, du foie de pore — un plat de

résistance — des sangsues, des intestins de volaille, du gésier done ! des scorpions, une crête de coq, ete., ayez de tout cela en réserve dans des boîtes artistement disposées — et je vous promets que vous reviendrez bredouille, s'il vous manque la science et la patience du pécheur de vocation. Au diner, servez des mets solides, beaucoup de viande avec un filet léger de muse, d'huile d'aspie ou de lavande.

S'agit-il des lignes, je demande que la perche soit résistante, la ligne très forte montée sur moulinet. J'apprécie fort une avancée de Florence pour un poisson de deux à troislivres, mais je donne la préférence à une ampille de corde filée — or où argent — si le poisson est de forte taille Je ne me fie pas à ceux qui me conseillent un petit hameçon ; c'est un hamecçon limerick plutôt grand que petit qu'il me faut.

Je ne me suis jamais servi de salbane, je ne prends un poisson qu'une fois. Avec la salbane, on se met deux pour le prendre et on le prend deux fois. C’est trop. J'ai, du reste, pour principe, qu'un bon pêcheur à V'achigan doit pêcher seul dans son embarcatiou, comme sur la grève.

Page 1