DU STERLET
Mais j'y songe, je n'ai encore soufflé mot du sterlet, l'esturgeon lilliputien des grands fleuves d'Europe, dont la taille ne dépasse jamais trois pieds, en ÿ comprenant un bon demi-pied de museau, et le poids, jamais vingt-cinq livres, et cependant que de gourmets, de petits crevés, de pschutts dans toutes les capitales d'Europe ne connaissent en fait d'esturgeons que celui-là, pour l'avoir payé, certain soir, à raison de dix fois son poids en or ? Ne faut-il pas des dents de perles pour les croquer ?
Je ne sache pas que ce poisson existe en Amérique, sauf au Labrador peut-être, mais j'en donne tout de même le portrait, afin qu'on puisse le reconnaître, si on le rencontre :
“Museau d’une longueur exagérée ; barbillons longs et frangés ; lèvre supérieure étroite, lèvre inférieure divisée en son milieu: les écussons
échancrés en arrière sont garnis d'une carène oblique terminée par une pointe épineuse: il n'existe pas de scutelles étoilées. Le dos est d'un gris brunâtre ou d’un jaune brun allant, chez certains individus, presque jusqu'au noir ; la couleur des écussons est d’un brun sale : les ventrales sont légérement rougeûtres.”
CE
Ps,