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LE SAUMON DU DANUBE

l'eau est pure el fraîche. La ponte a lieu en mars et avril.

La chair de ce poisson n'est pas aussi délicate que celle du saumon ordinaire. 11 ne se nourrit que •de proies vivantes et préfère le poisson aux insectes. C'est un grand destructeur, qu'on ne doit pas propager dans les eaux susceptibles d'être peuplées de truites ou de saumons ordinaires.

Salrno fario. — The Troitt. — Die Bachforelle.

La truite commune est très répandue en Europe. On la rencontre dans toutes les rivières dont les eaux sont vives et froides, et elle les remonte jusqu'à leur source. La robe de la truite présente des teintes extrêmement variées. Généralement les parties supérieures du dos et de la tête sont d'un vert olive assez foncé, qui va en se dégradant sur les flancs, où il se mêle de plus en plus de jaune. Le ventre est d'un jaune clair et brillant. Sur le dos, la robe est mouchetée de taches noires plus ou moins arrondies, pendant que des taches rondes, d'un roug*e très vif, souvent circonscrites par un cercle bleuâtre, parent les flancs, au-dessus et au-dessous de la lig'ne latérale. Ces couleurs chang-ent avec l'àg'e et varient d'une localité à une autre.

Lachairdela truite est exquise; tantôt blanche, tantôt légèrement orang'ée ou rosée, sa couleur

dépend de la qualité des eaux qu'elle fréquente. Il n'est peut-être pas de poisson qui se modifie avec plus de facilité que la truite, selon la nature du milieu dans lequel il se trouve. Les eaux, le fond, l'alimentation et la température exercent une influence marquée, non seulement sur la coloration et sur la chair, mais aussi sur la taille, et, à quelques ég-ards, sur les formes. Dans des eaux froides dont la température ne dépasse pas 10 degrés

Fig. 4. — La Truite de rivière.

centigrades, les truites croissent lentement et prennent une teinte foncée, presque noire. Leur développement est au contraire très rapide lorsque la température s'élève jusqu'à 20 degrés, et alors leur robe devient claire et presque pâle, comme dans certaines rivières du midi de la France. Elles ne peuvent vivre dans des eaux dont la température dépasse 25 degrés. Pour la reproduction et le premier élevage, les basses températures sont indispensables.

La truite se nourrit surtout d'insectes : la mouche de mai est un de ses aliments préférés. Elle consomme encore des vers, des crustacés et de

petits mollusques ; quand elle a acquis une taille suffisante, elle chasse volontiers la loche, l'ablette et le gardon. Gomme les plantes aquatiques favorisent la production des insectes et des petits crustacés, la truite réussit surtout dans les eaux bien garnies d'herbes et de végétaux aquatiques. Lorsque la nourriture est insuffisante, ces poissons se dévorent entre eux, et quand une truite a une fois mangé sa semblable, elle y revient toujours. Le peuplement d'une rivière en truites ne pourra donc jamais dépasser un certain nombre, déterminé par la quantité de nourriture qu'elle renferme. Si on dépasse cette limite par l'introduction d'une population artificielle trop nombreuse, on provoqueje cannibalisme et peu d'individus survivent. La nourriture préférée des truites consistant en insectes, il faut éviter de leur donner pour compagnons des poissons qui, comme certains cyprins, vivent exclusivement d'insectes. A toute réduction de nourriture correspondra une réduction proportionnelle du nombre des truites.

Ces poissons aiment à se tenir à l'ombre des arbres, surtout quand leur feuillage, secoué par le vent, leur verse une abondante nourriture. Ils mangent au petit jour et au soleil couchant. Nul poisson ne séjourne aussi longtemps que la truite au même endroit. Il semble qu'elle se circonscrive son territoire de chasse, où elle ne tolère qu'une seule compagne, plus petite qu'elle.

Souvent elle se tient immobile, la tète faisant faee au courant le plus rapide, et g^uette ainsi les proies qu'il peut lui amener. Elle prospère dans les rivières dont la vitesse est modérée, la température tempérée et les eaux riches en nourriture, surtout quand ces rivières reçoivent des affluents à fond de gravier, dont les eaux fraîches et vives sont favorables à la reproduction.

A l'approche de la ponte, la truite remonte les cours d'eau à la recherche des frayères. Elle creuse son nid dans le gravier, près d'un rapide ou d'une cascade, où l'eau n'est pas profonde, mais bien aérée. Dès l'âg'e de deux ans, elle devient apte à la reproduction. Elle peut alors pondre de 200 à 500 œufs. A trois ans, elle en produit environ 1,000, et jusqu'à 2,000 à quatre ou cinq ans. Dans les rivières, un très petit nombre de ces œufs échappent aux causes de destruction qui les entourent.

Les œufs ont la grosseur d'un petit pois; ils sont translucides et d'une teinte jaunâtre, presque blanche. Selon la température, ils éclosent, en liberté, après 100 à 120 jours d'incubation, et mettent de 20 à 30 jours pour résorber la vésicule ombilicale. Après réclusion et jusqu'à ce qu'il soit complètement formé, le petit poisson se cache sous les pierres, pour éviter l'influence pernicieuse de la lumière directe du soleil et pour échapper à ses ennemis.

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