CHOIX DES REPRODUCTEURS
œufs sont perdus ou dévorés. Les poissons doivent être examinés fréquemment, quand approche la saison de la fraie : une fois au moins tous les trois ou quatre jours, surtout si le temps est doux.
Les femelles seront saines et bien nourries ; les gTOS œufs sont généralement meilleurs que les petits ; les étés chauds leur sont plus favorables que les étés froids et humides. A l'àg^e de deux ans, la femelle de truite commence à pondre et peut fournir de 200 à 400 œufs. Quand elle est plus âgée, on compte, en moyenne, sur 2,000 œufs par kilogTamme de poisson, et la même proportion se retrouve pour le saumon. Pour les fécondations artificielles, opérées avec la main, il est préférable de se servir de truites dont le poids ne dépasse pas 1 kilogramme. Elles ne se blessent pas aussi facilement que les sujets plus gros, et on est moins exposé à les perdre par suite des opérations de la fécondation artificielle.
3° — LA RIGOLE-FRAYERE
Spawning-race l .
On nomme rigole-frayère un canal, en forme de ruisseau d'eau vive, placé à l'amont de l'étang" à truites, ou du vivier où l'on conserve les reproducteurs. Il attire les poissons quand ils sont mûrs et prêts à frayer, par les facilités qu'il leur offre pour la ponte.
L'installation de la rig*ole est différente selon les services qu'elle est appelée à rendre.
Tantôt elle sert à capturer les poissons au moment précis de la maturité des œufs, pour les faire servir aux fécondations artificielles; tantôt elle reçoit le dépôt des œufs fécondés naturellement, qu'on y récolte par différents procédés, pour les faire incuber ailleurs ; tantôt enfin, elle fonctionne comme une frayère naturelle, d'où l'on éloiguie les reproducteurs après la ponte, et où
]. Slack, loc. cit., p. 58, et Livingston, Stone, Domcsticated Trout, p. 16o.
LA RIf.OLE-FRAYKKK.
les petits poissons éclosent et peuvent séjourner pendant la première année.
Tous les étang-s qui renferment des truites capables de se reproduire, doivent être pourvus de rig-oles-frayères, préparées avec le plus grand soin, afin d'attirer les truites et d'éviter des pertes d'oeufs. Leurs parois seront construites en briques et ciment, de préférence à tous autres matériaux, pierres, planches, terre ou g-azon. Excepté dans
Fig. 44. — Rigole-frayère.
l'étang" d'alevinag-e, où la truite passe sa première année, le fond du bassin ne doit nulle part être graveleux, pendant que la rigole sera bien garnie de gravier purgé, tel qu'il convient pour les frayères. La pente de la rig^ole sera d'environ 0m,025 par mètre, afin de provoquer un courant rapide, et son fond se raccordera avec celui de l'étang% parce qu'un ressaut brusque inspire des défiances aux truites. Lorsque la pente est trop considérable et qu'elle résulte de la déclivité naturelle du sol, on la brise par une série de déversoirs, établis en travers du canal et munis chacun d'une échancrure, de manière à
représenter une échelle. Les échancrures sont disposées alternativement à droite et à gauche des déversoirs ; les remous qui se produisent à leur pied attirent les poissons et les provoquent à remonter d'un compartiment clans l'autre. Les dimensions des rigoles peuvent varier. On leur donne une largeur de 0m,60 à lm 60 et au moins 4 mètres de longueur; la profondeur du courant y varie de 0m,15 à 0m,35, selon qu'on peut les alimenter d'eau avec plus ou moins d'abondance.
A l'approche de la saison de la fraie, on nettoyé soigneusement la rigole et on y étend une couche de gravier purgé, d'au moins 0ra,10 d'épaisseur. Ce gravier doit provenir de carrières sèches, sinon, il doit avoir passé au moins un été au soleil et à l'air, afin de se débarrasser des larves d'insectes destructeurs ou de tout autre élément d'insuccès qu'il pourrait contenir. On couvre la rigole d'un plancher mobile, muni au besoin de charnières et de contrepoids, qui permettent de la découvrir sans effort. Ce plancher sera soigneusement entretenu et revêtu d'une couche de peinture au goudron minéral.
Lorsque la rigole doit servir à capturer les poissons reproducteurs arrivés à maturité, on la munit à ses extrémités de vannes, qui permettent de l'isoler et de la mettre à sec. Derrière la vanne d'aval, on pratique une fosse d'environ 0m,60 de largeur et 0m,20 de profondeur, où viennent se rassembler les poissons quand on ferme les