LA RIGOLE -F RAYE HE
issues et que l'alimentation d'eau s'arrête. On les en retire avec une truble.
Lorsqu'on établit des rig^oles-frayères, on se propose, le plus souvent, de substituer la fécondation naturelle à la fécondation artificielle des œufs de truites. Les poissons y fraient dans les meilleures conditions, et des dispositions ingénieuses, aujourd'hui très souvent employées en Amérique, permettent de récolter les œufs fécondés de la manière la plus aisée et la plus complète.
M. Ainsworth a imaginé de placer dans la rigole une caisse en planches qui en occupe toute la largeur. Dans l'intérieur de la caisse, des taquets fixés contre les parois portent deux cadres superposés, qui bordent des treillages en toile métallique. Les mailles du treillis supérieur sont assez largues pour livrer facilement passage aux œufs fécondés. Ils tombent sur le treillis inférieur, placé à environ 0m,08 plus bas, où ils sont arrêtés par les fines mailles de la toile métallique. Sur 0m,10 d'épaisseur, le cadre supérieur est recouvert de gravier de la grosseur d'une noix, telle qu'il ne puisse pas passer à travers les mailles. Les truites se rendent sur ce gravier, l'écartent pour faire leur nid et fraient sur le treillis. Presque tous les œufs tombent, et en remuant les pierres pour les recouvrir, les truites font descendre sur le treillis inférieur presque tous ceux qui auraient pu demeurer dans la frayère. On les récolte en enle-
vant d'abord le cadre supérieur avec le gravier et ensuite le cadre inférieur. L'application de ce procédé exig"e une certaine main-d'œuvre et présente au moment de la récolte l'inconvénient de déranger les truites occupées à frayer. Cependant
Mm
mm
mm®
Fig. 45. — Appareil de M. Ainsworth.
les résultats qu'on obtient égalent, quant à la proportion des œufs fécondés, ceux que donnent les meilleures fécondations artificielles ; mais celles-ci font courir au poisson et au frai des dangers, qu'on évite complètement par l'emploi de l'appareil de M. Ainsworth. (Fig*. 45.)
M. Gollins a perfectionné cet appareil de la manière la plus beureuse.
LA R1G0LE-FRAYERE. 209
Le cadre supérieur reste fixe et peut dès lors recevoir de grandes dimensions. Il est partagé en compartiments capables, chacun, de recevoir un couple de poissons. Ces compartiments communiquent entre eux au moyen d'échancrures demicirculaires se faisant face sur les côtés des compartiments, dans le sens du courant. La toile inférieure est sans fin; elle repose sur des rouleaux actionnés par un engrenage à axe vertical, de telle façon qu'on puisse la faire avancer ou reculer. En avant de cette toile mobile, à l'aval, on place un cuveau armé de tigres verticales, qui permettent de le soulever et de le retirer de l'eau. On voit qu'il suffît de faire avancer la toile mobile, pour faire tomber dans le cuveau les œufs qu'elle a recueillis. Il reste à retirer ce dernier et à les récolter. Le cuveau est placé à environ 0m,03 de l'extrémité de la toile mobile, de telle sorte que les gravois qui ont pu y arriver de la toile supérieure, tombent en dehors du cuveau, où l'eau n'entraîne que les œufs fécondés. L'accès de la toile inférieure est interdit aux truites par des gTillag'es qui ferment l'appareil vers l'amont et couvrent le cuveau en aval. (Fig. 46 et 46 bis.)
L'emploi de l'appareil Collins se généralise de plus en plus en Amérique, à cause des grands avantages qu'il présente. En un quart d'heure, un seul homme peut opérer une récolte pour laquelle l'appareil Ainsworth exigerait une demi-
GAL'CRLER. 14
journée de travail de deux hommes. Dans ce dernier, le poids du gravier à soulever n'est pas sans créer des difficultés, et expose les œufs à
Fig. 46. — Appareil Collins.
Fig. 46 bis. — Appareil Collins.
subir des influences fâcheuses, pendant la manœuvre. Dans l'appareil Collins, le gravier reste en place. Les poissons qui y fraient ne sont pas dérangés et peuvent continuer la ponte, pendant
LA RIGOLE-FRAYERE. 21 i
qu'on récolte le frai. Enfin, avec l'appareil Ainsworth, on se mouille nécessairement les mains pendant la saison froide, et l'on peut devenir inhabile aux soins nécessaires pour faire la récolte des œufs. Ces derniers sont exposés euxmêmes à subir les atteintes du froid et à éprouver des pertes. Avec l'appareil perfectionné tous ces inconvénients disparaissent.
Les essais tentés en Amérique avec ce nouvel eng-in ont donné, sans exception, les meilleurs résultats. Son emploi tend à s'y substituer complètement à la fécondation artificielle. Les éclosions obtenues des œufs qu'on en a retirés ont procuré des résultats bien supérieurs à ceux de tous les autres procédés.
Quelquefois les rigoles-frayères déversent leurs eaux dans de petits bassins qui communiquent avec l'étang1 à truites, et peuvent en être isolés au moyen de vannag*es grillés. Les petits bassins peuvent alors recevoir le produit des éclosions et l'abriter pendant la première année. Il est difficile cependant d'en écarter complètement tous les poissons adultes.