‹ Les poissons d'eau douce et la piscicultureChapitre 72 sur 127 · Slack, /oc. cit., p · texte numérisé non relu

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lai Lance n'est féconde qu'autant que ces petits êtres restent en vie. Dans l'eau les œufs restent fécondables pendant environ une heure, alors que la laitance ne peut pas servir pendant plus de dix minutes. Par contre, elle reste vivante durant deux jours si on la conserve pure dans des flacons bien bouchés. En 1867, on a obtenu à Huningue 45 pour 100 d'œufs fécondés, en faisant usagée de laitance de truites recueillie «à Wurtzbourg, qui avait mis quarante-deux heures pour faire le trajet.

Après la fécondation, les œufs demandent à être constamment baignés dans de l'eau bien aérée, sans toutefois qu'il se produise un courant capable de leur imprimer des mouvements. Au commencement, et durant trois jours, ils augmentent sensiblement de densité, en absorbant de l'oxygène. En soixante-dix heures, ils gagnent 5 pour 100 de leur poids. A partir du troisième jour, l'aug-mentation de poids journalière décline rapidement et s'arrête. Le poids diminue, au contraire, à partir du jour où le poisson commence à apparaître tout formé dans l'œuf. Lorsqu'on connaît l'heure à laquelle une certaine quantité d'œufs ont été fécondés, on peut par une simple pesée, exécutée pendant les premiers jours, reconnaître combien il y a, dans la masse, d'œufs non fécondés. Ce procédé servait autrefois, à l'établissement de pisciculture de Huning'ue, à contrôler la qualité des œufs expédiés

par des pêcheurs, qui n'avaient pas pu être surveillés pendant l'opération de la fécondation artificielle. Quelquefois, manquant de mâles, on expédiait des œufs non fécondés, qui étaient refusés à l'arrivée.

Voici comment on procède pour la fécondation à sec, recommandée depuis longtemps par MM. Ghavanne, de Lausanne, et G. Vog't, de Genève. On reçoit les œufs à sec clans un plat, jusqu'à ce que le fond en soit couvert par une seule couche. On y répand la laitance et on remue très doucement avec les barbes d'une plume, ou avec la queue du mâle, jusqu'à ce que le mélange soit complet. Gela fait, on ajoute de l'eau au point qu'elle recouvre les œufs de 0m,05. On remue de nouveau et on attend pendant 15 à 45 minutes, que les œufs se soient complètement gonflés et soient devenus libres. Pendant ce temps la température de l'eau ne doit pas changer. Puis on les lave et on les étale dans les appareils d'incubation.

Quand on ne dispose que de très peu de laitance on modifie la manière de procéder. Dans ce cas, on la recueille dans un flacon, on y ajoute rapidement un peu d'eau et on secoue pendant quelques secondes. Ensuite on arrose les œufs récoltés à sec, on remue et on lave, comme par la méthode précédente.

La fécondation à sec a l'avantage de procréer un plus grand nombre de femelles que le procédé

primitif. Ce dernier donne un si grand excès de mâles, qu'il peut en résulter un dépeuplement des rivières artificiellement empoissonnées '. Par contre, le procédé Wrassky a donné dans le canton de Vaud un grand excès de femelles 2.

Les œufs nouvellement fécondés, emballés dans de la mousse, et enveloppés de linges humides, ou placés dans des vases remplis d'eau, peuvent être transportés à de grandes distances, à condition que ce soit avant le sixième jour après la fécondation. Il faut alors que les couches superposées ne se trouvent pas entre elles en contact immédiat, que des corps élastiques les protègent contre les chocs, et qu'un double emballage les préserve des rapides variations de la température. Une secousse brusque, un changement subit de température de 10 degrés centigrades, peuvent faire perdre tous les œufs de l'envoi.

1 . Fric, loc. cit., p. 9. — Vicomte de Beaujiont, Études théoriques et pratiques sur la Pisciculture, p. 161.

2. Renseignements obtenus à Lausanne le 12 juin 1879 : 80 mâles sur 598 femelles de truites des lacs.

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