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la grosseur d'un œuf de poule ou un peu plus, auquel la chute d'eau communique un mouvement de rotation. Le frottement qui se produit ainsi contre les baguettes, détache constamment des parcelles de nourriture qui passent à travers les ouvertures du gril. Au-dessous de ce gril on place une boîte servant de récepteur, où viennent
Fig-. 57. — Appareil de M. de Bout.
s'accumuler les parcelles de nourriture qui tombent au fond. (Fig. 57.)
Dès l'origine, la lutte pour l'existence s'établit entre les jeunes poissons : les plus forts enlèvent la nourriture aux plus faibles. Ils les empêchent de se développer à leur gré, et les dépassent de plus en plus en vigueur et en taille. Il est par conséquent utile de ne pas trop peupler les bassins de premier élevage. Bientôt il s'y forme deux camps. Les forts d'un côté, de l'autre les faibles, redoutant déjà le sort qui leur est infailliblement réservé, si on ne les sépare de leurs voraces compagnons. Après deux ou trois semaines, ans-
sitôt que les agglomérations s'accusent, il faut procéder au triage, sinon les alevins se dévorent entre eux. Ceux qui ont une fois goûté delà truite ne veulent plus d'autre nourriture. Quand on pratique l'élevage en grand et qu'on veut opérer le triage des alevins, on se sert d'une caisse dont les parois sont formées par un filet de soie, à mailles assez étroites pour que les petits poissons seuls puissent y passer. On fait la pêche et on en place le produit dans la caisse, qu'on a eu soin d'immerger aux deux tiers de sa hauteur. En peu de temps on n'y trouvera plus que les poissons que leur taille a empêchés de s'échapper. L'emploi successif de plusieurs caisses, dont les mailles de filet vont en augmentant, permettra d'opérer un triage aussi complet qu'on peut le désirer.
L'eau d'alimentation des hassins d'alevinag'e doit toujours être très pure; quand il s'agit de salmonidés, sa température ne doit pas dépasser 15 degrés centigrades. Sa quantité doit augmenter avec la taille des poissons. Celle qui a pu suffire à la respiration d'un grand nombre d'alevins à peine éclos, ne leur apporte plus assez d'oxygène plus tard. Une partie des petits poissons périt étouffée, pendant que les autres languissent et perdent de leur vivacité. La végétation des plantes aquatiques propagées dans les bassins remédiera, en partie, à l'inconvénient d'une alimentalion d'eau insuffisante, parce que les feuilles
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d'herbes, sous l'action de la lumière, dégagent de l'oxygène qui se dissout dans l'eau.
Un déversoir de superficie doit débarrasser le bassin des poussières qui surnag'ent. Pour empêcher les petits poissons de s'échapper par cette issue, on reçoit le déversement dans une aug*e fermée, d'où l'eau fuit par des toiles métalliques qui en forment les faces. On visite cette auge de temps à autre et on en retire les déserteurs, au moyenVl'une petite truble garnie de mousseline, ou d'une pipette. L'emploi de cette dernière oblig*e de laver le poisson avant de le replacer dans le bassin, afin de ne pas y rapporter les impuretés qui ont pu s'accumuler sur le fond de l'auge, et que la pipette a aspirées avec le poisson.
Pour nettoyer les bassins d'alevinage, il faut toujours éloigner les élèves de la partie où l'on remue les impuretés déposées sur le fond. Si l'on dispose d'une surface suffisante , on divisera le bassin en plusieurs compartiments, séparés par des vannes et qu'on puisse alimenter chacun dune manière indépendante. On videra d'alevins le compartiment à nettoyer, en l'exposant à la lumière pendant qu'on maintient dans l'obscurité ceux où on veut les appeler. Avec de l'obscurité on peut faire aller les poissons partout où l'on veut. Un balayage combiné avec une vigoureuse chasse d'eau ont, en peu de temps, raison de tous les dépôts.
Au jeune poisson, aussi bien qu'à l'alevin peu-
dant la période vitelline, il faut ménager des endroits obscurs, des caches où il puisse s'abriter. Nous avons déjà mentionné divers procédés qui sont employés; nous y ajouterons les planches flottantes et les pots de fleurs renversés sur le sol. Dans ces derniers, on ménage quelques entrées au moyen d'échancrures pratiquées dans les bords. Le fond du pot est rendu mobile pour pouvoir inspecter l'intérieur et enlever, s'il y a lieu, les cadavres des poissons qui ont pu y périr. Il est vrai que d'après les observations de M. de Beaumont ', le plus souvent les alevins s'en débarrassent eux-mêmes, en les poussant au dehors.
On se sert, en Hollande, d'appareils flottants pour faire éclore les jeunes saumons. Les deux côtés opposés au courant sont garnis de treillis en cuivre rouge, à neuf mailles par centimètre carré. On fixe la caisse à des flotteurs et on crée des abris, au moyen de cloisons transversales en planches, percées de trous de 0ra,01 de diamètre, dans la direction du courant. On couvre ce réservoir au moyen d'un filet, pour empêcher le poisson de sauter dehors. Au-dessus de l'appareil, on établit un plancher porté par un échafaudage, qui permet de soulever la caisse, de l'examiner et de la nettoyer au besoin 2. Les jeunes saumons sont mis en liberté au commencement de Thiver. Jusqu'à ce moment leur nourriture con-