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Nord
Les sept chefs-lieu
d’ari-ondissement.
PlSCICtLTl^RE ANCIENNE.
DépArtcoi«Dll.
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Rhin (Haut-)....
Colmar
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Péronne !
Napoléon-Vendée. I Fontenay /
Vosges
Sables d'Oloniie. . ) llpinal
Il nous est impossible de dire le degré de confiance que l’on doit accorder à ces chiffres, malgré le soin que l’on a pris pour les recueillir ‘ ; mais, en les reproduisant, nous croyons donner une première indication utile aux personnes convenablement placées pour faire les constatations avec toute la rigueur désirable.
§ 4. — La Piscicnlture depuis les temps anciens Jusqu'à la .fin du XVIII* siècle.
Ün assure que l’art d’élever et de multiplier les Poissons est pratiqué en Chine depuis une très-haute antiquité. L’époque, néanmoins, n’a pu Être fixée. En 173.Ï, le P. Duhalde, de la célèbre Compagnie de Jésus, a révélé le premier, à quel point les enfants du Céleste-Empire pourraient en remontrer aux habitants de l'Europe, en fait à' aquiculture.
« Dans le grand fleuve Yang-tse-kiang, dit le P. Duhalde,
' On remarquera, pour la consommation de la ville de Troyes, l’cnorme dilTcrencc entre le chifTre recueilli par l’administration des Forêts et celui qui est donné par la Commission locale citée plus haut.
Blancus«d. sa
U non loin de la ville de Kieou-king-fou, de la province de Kiang- « si, en certains temps de l'année, U s’assemble un nombre « prodigieux de barques pour y acheter des semences de Poisci son. Vers le mois de mai, les gens du pays barrent le fleuve Il en diCTérents endroits avec des nattes et des claies, dans une Il étendue d’environ neuf ou dix lieues, et laissent seulement au- II tant d’espace qu’il en faut pour le passage des barques; la se- « mence du Poisson s’arrête à ces claies; ils savent la distinguer Il à l’œil où d’autres personnes n’aperçoivent rien dans I cau ; ils Il puisent de cette eau mêlée de semence et en remplissent plu- « sieurs vases pour la vendre, ce qui fait que dans ce temps-là, « quantité de marchands viennent avec des barques pour l’a- « cheter et la transporter dans diverses provinces, en ayant soin Il do l’agiter de temps en temps. Ils se relèvent les uns les autres Il pour cette opération. Au bout de quelques jours, on aperçoit Il des semences semblables à de petits tas d’œufs de Poissons, Il sans qu’on puisse démêler encore quelle est leur espèce; ce Il n’est qu’avec le temps qu’on la distingue. Le gain va souvent Il au centuple de la dépense, car le peuple se nourrit en grande Il partie de Poissons *. »
Beaucoup de voyageurs ont signalé les pratiques des Chinois pour élever des Poissons, et des renseignements nouveaux, du reste un peu vagues, ont été donnés sur ce sujet, il y a quelques années, par le P. Hue. « Vers le commencement du printemps.
Il dit ce missionnaire, un grand nombre de marchands de frai Il de Poisson, venus de la province de Canton, parcourent les Il campagnes pour vendre la semence aux propriétaires d'étangs.
Il Leur marchandise, renfermée dans des tonneaux qu’ils trat-
' Hiiloire lie VEmpirtde la Chine, t. I, p. 3S; 1735.
IMSCICULTIRE ANCIENNE.
« nent, est une sorte de liquide fjras, jaunâtre, assez semldabli* « à de la vase. Il est impossible d’y distinguer h l’oeil le moindre « animalcule. Pour quelques sapèques , on achète plein une « écuelle de cette eau boiu'beuse, qui suffit pour ensemencer un « étang assez considérable : on jette cett^ vase dans l’eau, et en « quelques jours les poissons éclosent à foison. Quand ils sont « devenus un peu gros, on les nourrit en jetant à la surface de « l’eau des herbes tendres et hachées menu ; on augmente la rau tion à mesure qu’ils grossissent. I^e développement de ces « Poissons s’opère avec une rapidité incroyable. Un mois tout « au plus après leur éclosion, ils sont pleins de force, et c’est le « moment de leur donner de la pâture en abondance. Matin et « soir, les propriétaires de viviers font faucher les champs et ap- « portent à leurs Poissons d’énormes charges d’herbes. Les <1 Poissons montent à la surface de l’eau et se précipitent avec « avidité sur cette herbe, qu’ils dévorent en folâtrant et en fai- « sant entendre un bruissement perpétuel : on dirait un grand <1 troupeau de lapins aquatiques. La voracité de ces Poissons ne « i>eut être comparée qu’à celle des vers à soie, quand ils sont « sur le point de filer leur cocon. Après avoir été nourris de « cette manière pendant une quinzaine de jours, ils atteignent « ordinairement le poids de deux ou trois livres, puis ils ne « grossissent plus. Alors on les pèche et on va les vendre tout « vivants dans les grands centres dépopulation. Les piscicul- « tôurs de Kiang-si élèvent uniquement cette espèce de Pois- « sons, qui est d’un goût exquis *.
Les Chinois sont des maîtres en plus d’un art, et, dans cet art que nous appelons aujourd’hui la pisciculture, ils semblent être
‘ L'Empirt cAinoi», I. Il, chap. 10.
fort habiles. En outre, ils possèdent un Poisson herbivore qui s'élève avec une facilité extrême, une rapidité meneilleuse, du reste probablement fort exagérée. Les animaux herbivores sont en général beaucoup plus faciles à acclimater et surtout è domestiquer que les anifhaux carnassiers ; il serait donc désirable au plus haut degré, de voir tenter l'introduction en France du Poisson de la province de Kiang-si. Nous ignorons à la vérité quel est ce Poisson ; le baron Baude, l’auteur d'un écrit sur l'empoissonnement des eaux douces *, dans son désir d'éclaircir plusieurs points, a beaucoup questionné l'abbé Hue ; mais le bon Père n'était pas naturaliste ; il avait vu simplement en amateur des choses curieuses. Les renseignements acquis permettraient néanmoins au gouvernement d'en savoir davantage par l'intermédiaire de ses agents, et sans doute de rendre avec peu d'efforts un véritable service au pays. On a réussi à api>orter en Europe cl à y naturaliser le Poisson rouge, pour le seul plaisir des yeux; pourquoi réussirait-on moins avec une espèce utile?
Le temps où remonte en Europe la Pisciculture, c’est-à-dire \ élevage des Poissons, ne saurait être précisé. On a attribué aux Romains l’invention de cet art; on a écrit que chez les anciens l’art avait été poussé à un remarquable degré de perfection. Cependant la lecture attentive des écrits de l’antiquité ne conduit pas à voir des preuves bien évidentes que l’on ail beaucoup songé à Rome à élever des Poissons, dans l’acception, juste de ce mot, et bien moins encore à s’occuper do la fécondation de leurs œufe. 11 y a une douzaine d’années, un jeune naturaliste d'un esprit distingué, Jules Ilaime*, a répondu victorieuse-
‘ lievue des deux lUondes; 15 janvier 18C) .
• Bulletin de la Société soologique S acclimatation, l. 1, p. 24a ; 1854.