COMMENCEMENT DU XIX* SIÉCI.E
loppcments jparliculiers, des changements considérables dans les formes et jiarfois dans les rapports de certaines pièces, dus à des adaptations biologiques spéciales, rendant beaucoup de déterminations fort difficiles, des opinions étranges et absolu- <0 ment contradictoires surgissaient en foule. Geoffroy Saint-Hilaire, quUe premier s’était vaillamment engagé dans cette voie, poursuivait son œuvre sans relâche, sous l’empire de son idée préconçue, et s’enthousiasmait lorsqu’il étonnait le monde savant par les assertions les plus aventureuses, comme si la lumière d’en haut l’avait pénétré *. Il S'inquiétait, en effet, assez médiocrement de justifier ses opinions, même lorsqu’il annonçait, par exemple, que les opercules des. Poissons, ces lames destinées à la protection de l’appareil branchial, sont les osselets de l’oreille des Vertébrés supérieurs, étrangement modifiés et détournés de leurs usages, de leurs relations ordinaires. En présence d’assertions dont la.hardiesse était extrême, puisqu’elles ne s’appuyaient en aucune façon sur des découvertes résultant d’observations patientes et bien suivies, les ânatomistes reprenaient les questions presque avec acharnement, n’était Cuvier, c’était, en Allemagne, Dojanus, Spix, d’autres encore, qui, par la diversité des résultats de leurs recherches, montraient ce que le sujet présentait de diffioultés.
On ne s’en tenait pas heureusement à ces seules considérations relatives à l’ostéologie. Un auteur anglais, auquel on aurait reconnu davantage quelque mérite, si son honorabilité personnelle avait été irréprochable, sir Everard Home, a donné, de 1814 à 1828, une suite de mémoires sur différentes parties de l’organisation des animaux, entre autres des descriptions et des
' Philosophie analomiçue, tSlR. — iffmoites du Muséum, t. IX et X. — Annales des Sciences naturelles, 1824, etc. -
Blancbiiid. 3
3S HIST0IR1-: Gt.NÉllAI.K IIES POISSONS,
ligures de rn[)pareil alimentaire d'un assct grand nombre de Poissons, et des obser\ations plus ou moins ^tenduRs sur leurs autres \iscères *. Mais c'est surtout à Henri Rathke., que la science est redevable des rcdierches les j)lus irajHjrtfftitcl sur l’appareil digestif et les organes de la reproduction des principaux représentants de cette classe du Règne animal, ainsi que sur le foie, l’oreillette du cœur, etc.
Des observations sur quelques points du système nerveux par le professeur M’eber des recherches sur le même appareil organique, et en particulier sur l'encéphale, dues h M. Serres *, à Magendie et Desmoulins * ; une étude comparative de, l'œil par Sômmering * ; d'autres investigations encore, portant sur des points .spéciaux de l’organisme des Poissons, enrichissaient richthyologie de la connaissance de foits précis.
Dans le même temps, de nouvelles études ostéologiques étaient mises au jour par deux savants hollandais, Van der Hooven ^ et Bakkor *. M. Carus, de Dresde, publiait un allas remarquable contenant des figures des principaux oi^anes des l'oissons
* Evorard Homo, né en 1756, mort en 1S32. — Lectures on comparative Anatomy.
» Martin Heinrich Uathke, né en 17D3, professeur à K(enigsl>crg, mort en 1860. — y/émoiret de la Société des naturalistes de Dantzig^ l. I, 1824. — MeckeVs Archiv fûr Anatomie \md Physiologie^ 1826, cl Annales des Sciences naturelles^ l. IX, 1826.
* Anatomia comparata nervi sympnthici, in-8®. Leipzig, 1817.
‘ Anatomie comparée du cerveau dans les quatre classes (Canimauj verté~ Ores, t. I, 1824.
* Anatomie du système nerveuj des animaux à vertèbres, 1825,
* De oculorum hominis animaliumque seclione horiiontali Commentatio, in-fül. Gôttingen, 1818/
lXssertaiiophilosophi€ainauguTalisdesceletoFisrium,inS'*.LQydQ, 1822.
* Osteographia Piscium, in-8*. (ironingue, 1822.
* Tabula anaiomiam comparatam illustrantes, 1828-1811.
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D'un antre côt^, de 1821 à 1828 , un anatomiste célèbre de l'Allemagne, Meckel, dont l’ou\Tage a été traduit en français, s’attachait à résumer dans un traité d'anatomie comparée ce qui était acquis îi la science relativement h l'organisation des animaux par tous les travaux exécutés depuis la publication de l'ouvrage de Cuvier, qu’il avait pris pour modèle, sans manquer d’y joindre ce qu’il devait à scs propres observations*.
Lespremiers qui abordent un sujet se contentent en général de l’examen des choses les plus apparentes ; mais lorsque le sujet a été étudié dans le plus grand nombre de ses parties, ce que l’on a négligé d’explorer à cause d’une difüculté exceptionnelle, séduit par l’espoir de découvertes importantes ceux qui viennent les derniers. On était arrivé à connaître déjà d’une manière assez satisfaisante les différents ai>pareils organiques des Poissrms, et l’on ne savait presque rien touchant leurs vaisseaux lymphatiques. Un habile anatomiste, Fohmann, combla cette lacime en homme de talent
La théorie de la constitution du squelette, contre laquelle venaient se briser tant d’efforts, ne pouvait cesser d'inquiéter les naturalistes. En 1828, le professeur Carus exposait à cet égard ses vues particulières, vues assez éloignées de celles de ses [>rédécesseurs Bien d'autres tentatives du même genre se produiront dans la suite, et la question restera néanmoins toujours susceptible d’étre discutée.
Une foule de notions importantes sur l’organisation des Pois-
J. F. Meckcl, professeur à Hullc% mort en 1^^33. — Traité général
tmnlomie comparéef 1^^28-1838.
* Fühniami, né en 1794, mort en 1837» — Syilème hjmphntiguc dans 1rs niiiintwT irrtchréSf in-fol. Leipzig el lleideiberg, 1827.
^ i’eber die Vrtheilen des Knochen-und Schalengerûstes^ iu-fol. I.eipzig,
HISTÜIKF. Gt.NÉHAI.E DUS POISSONS, sous avaient été ainsi acquises successivement, et ces notions allaient permettre aux zoologistes de mieux apprécier lès formes typiques et les rapports naturels d'étres dont la diversité est extrême, ün en était venu à envisager l’étude des animaux sous les points de vue les plus élevés. Les classifications, des descriptions des formes extérieures des espèces, les détails sur leur séjour habituel, n’étaient plus désormais l’histoire des animaux, si les caractères organiques n’étaient particulièrement • pris en considération.
Pendant la première période du siècle actuel, j)endant que les anatomistes exécutaient ces laborieuses recherches qui dans un très-court espace de temps avaient changé la face d’une science des voyageurs exploraient la plupart des régions du monde, enrichissant les musées de leurs abondantes récoltes et étendant de la sorte, dans des proportions énormes, le domaine de richthyologie. Mais les résultats de ces lointaines explorations n’étant pas de ceux qui ont profité au sujet restreint dont nous avons à nous occuper dans ce livre, nous devons renoncer à en faire l’énumération. Durant une suite d’années assez longue, les observations sur les Poi.ssons d’Europe, et en particulier sur ceux des eaux -douces, devinrent assez rares. Néanmoins, en Angleterre, Donovan avait publié une histoire des Poissons de la Grande-Bretagne, un naturaliste de Genève, Jurine, une histoire des Poissons du lac Léman, madame Bowdich, un ouvrage sur les Poissons d’eau douce de l’Angleterre.
Les travaux qui avaient révélé de nombreux faits touchant la conformation intérieure des Poi.ssons, permettant de mieux saisir les rapjKirts naturels, les degrés de parenté existant entre CCS êtres, le désir de présenter de meilleures classifications que celles des auteurs du dix-huitième siècle, ne pouvait manquer
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