‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 15 sur 132 · I.(‘i|jzig · texte numérisé non relu

I.(‘i|jzig

* MülU'r a Arrhixij 1836, p, 278.

‘ Memoria iuUo n'iluppo del Ghiozzo d'aegua doke. Milano, 1840. — Giornaie del Istituto (ombnrdo, t, VI, l84o. des Sciences na(u~ nlleSf 3* série, t. VIII, p. 117, 1847, etc.

‘ Embryologie des SnlmoneSj in Histoire naturelle des Poissons d’eau douce de l'Europe cetUralef par Agassiz. NcufchrUol, 1842.

*Siebold und Kolliker’s Zeitschrifl fùr Wissenschaftliche Zoologie, Bd. Il, s. 237. 1830.

’ Becherches d’embryologie comparée sur le développement du Brochet, de la Perche et de l'Écrevisse, in-^4% 1862 (Mém. des Savants étrangersà l'Académie des Sciences, 1862), et Becherches sur le développement de la Truite, du Lézard et du Limnée, in-8“, 1863. — A«na/es des Sciences naturelles.

48 IMSTOIKE CÉ.NÉHALK DKS POISSONS.

Ne pouvant faire ici 1 Y'iuiniération complète de tous les travaux plus ou moins importants qui, depuis trente années, ont amené la connaissance d’une foule de détails relatifs à l’organisatidn des Poissons, nous indiquerons enfln les ouvrages où l’on trouve les citations toujours si nécessaires i>our ceux qui, voulant s’engager dans la voie des recherches, ont besoin de savoir de la façon la plus exacte ce qui est déjà acquis à la science.

Pour ce qui concerne sedlenient la conformation desotganes, le Manuel d’anatomie comparée de M. Stanniusest fort utile à consulter pour les renseignements bibliographiques *. Mais au-dessus de tout, il y a le grand ouvrage de notre illustre ;cr>ologiste, M. Milnc Edwards, qui sera pendant longtemps bien précieux j)our les hommes d’étude *. M. Milne Edwards, résumant avec riiahileté consommée et la justesse d’appréciation d’un véritable maître de la science, ce que l’on possède actuellement de connaissances sur les organes des êtres et sur les fonctions de ces organes, a pris soin de citer cndétail, avec la plus scnipuleuse exactitude, absolument tous les écrits où l’on rencontre quelque observation originale, quelque opinion d’une certaine portée.

A côté des travaux relatifs à l’organisation et au développement des Poissons vivants, il s’en est produit d’autres sur les Poissons des époques géologiques.

Une des conquêtes les plus brillantes pour les sciences naturelles, accomplie pendant la première périiKledu dix-neuvième

• Slaniiius uiid Siebold, Lehrburh der vergleichenden Anvtomie. Herlin, IH4r>-48. (T onatomù comparer, traduit de l'allemand, par

M.V. Spring et Lacordairc. 3 vol. Handbuch dtr Zootomie. Berlin, ISS4.

’ Miliii' Kdwards, I^eçona sur la physiologie et Vanatomie comparée de l'homme et des animaui. Paria, 18K7-63. T. I à VIII.

SKCONDE PÉRIODE DU XIX* SIÈCI.E. 49

siècle, est celle qui a procuré cet udinirable faisceau de connaissances sur les êtres qui vivaient aux époques antérieures à celle du monde actuel. Cuvier, ce ^ndateur de la paléontologie, avait, par ’^es savantes études, fait revivre en quelque sorte, une • foide de's espèces ap|iartenant aux premiers âges de la terre ; mais, dans cet immense travail, notre grand zoologiste n’avait pu fiarcourir en oBtierla carrière qu’il avait mesurée du regard, en traçant le plan d’une œuvre gigantesque. Il s’étaît arrêté, après' avoir exécuté une série magnifique de mémoires sur les Mammifères et sur les Reptiles. Les Poissons restaient à étudier, et l’on savait que leurs débris étaient en nombre fort considérable dans diverses couches de la terre. Un naturaliste, qui s’est acquis à juste t||re une haute réputation, M. Agassiz, conçut la pensé-e de compléter l’œuvre de Cuvier par l’étude des Poi.ssons fossiles. Les travaux de M. Agassiz, avec l’intérêt attaché à la constatation des formes icbtbyologiques qui avaient existé aux différentes périodes géologiqtics, devaient conduire à perfectionner la science entière à l’égard des Poissons. Ce qui a échappé à la destruction, ce sont des os ou leurs empreintes, des dents, des écailles ou des pièces cutanées ossifiées. La comparaison de ces parties ne pouvait manquer de jeter du jour sur les relations naturelles des tvqves et d'amener la connaissance do formes particulières n’ayant plus de représentants dans le monde actuel, capables ainsi de fournir des éléments propres ù éclairer sur la nature de certaines modifications dans les caractères de ]ilusicurs groupes de Poissons. C’est de la sorte que les recbercbes de M. .\gassiz ont révélé l’existence, aux éjmques géologiques, de nombreux Poissons (les Ganoïdes) seulement représentés dans nos faunes âchiellcs par quelques espèces isolées. C’est de la sorte que M. Agassiz, ayant recours, pourladéter-

Bmïiciiabd. 4

KO

lIlSTOlUE GÉNÉUAUi UES l’ÜISSONS.

mination des espèces fossiles, aux écailles, fut conduit à examiner ces pièces dont ou s’était trop peu occupé* av.mt lui, à ‘ montrer le parti avantageux que la’Zoologioet la Paléontologie jRiuvaient en tirer, en exagérant néanraoin#' l’importance des caractères fournis jiar ces organes ^ *

Des travaux particuliers ont été jmbliés d’autre jiart sur les Poissons fossiles, par M. Pictet, de Genève, M. Troschel, le fesseur de ri’niversité de Bonn, Heckel de tienne, M. Leidy tic Philadelpliie, Andréas ^^■agner de Munich, etc.

Tant de recherches sur l’organisation des animaux d’une classe entière ; tant d’études sur les espèces éteintes appartenant à cette même classe, devaient faire surgir bien des vues nouvelles sur la classiQcation. Les vues les plusimiKvrtantes à cet égard, produites dans la science depuis la mort de Cuvier, sont dues encore à M. Agassiz * et à Jean .MüUer

Pendant la période comprenant les trente dernières années écoulées, de nondireux zeadogistes se sont attachés avec prédilection à décrire exactement les Poissons des différentes régions du globe. La liste des travaux de ce genre est iininensuift ne saurait ici trouver sa place. Nous de\T)US nous borner à mentionner h's écrits ayant pour but de faire connaître la fapne de diverses régions de la France et les faunes de certaines parties de l’Europe qui ressemblent troj) à celle de notre pays pour

qu'on puisse s’occuper de l’une sans s’occuper des autres.

Dans nos départements, plusieurs naturalistes ont dressé l'inventaire des animaux de leur contrée.

' RecUerihei sur les Puissant fossiles. Ncufeliâlcl, 1833-45, 5 vol. in-let Atlas de 394 pl.

’ TheEdinburg’sneiopliilosophkalJournal, vol. XVIII, p. I7B. 1834-35.

'Annales des Sciences naturelles, 3* série, I. IV, p. I. 1843.

‘ üKCONnE PÉllIOnE. DI Xl.\« SIÉOI.E. ;il

\\-ilIot, de Dijon, s’csl odtupé des l’oissons de la Gùte-d’Or ‘ ; l'ournel et Q||landre ont décrit ceux do la Moselle ; M. Maiidiiyt, ceux de la Vienne M. Ernest Laporte, ceux de la Gironde*; M. Anjnbault, ceux du département de la Sarthe “ ; M. Godron a énuméré les espèces de la Lorraine *.

Parmi les publications dues à des naturalistes étrangers qui sont d’un intérêt général pour la connaissance des Poissons des différentes parties de l’Europe , nous avons des études de MMgassiz sur les Cyprins Y Iconographie de la faune italienne *, et le Catalogue des Poissons d'Europe, par le prince Clnirles Bonaparte * ; un ouvrage d’une fort belle exécution sur les Poissons de la Grande-Bretagne, par Yarrell ; des observations sur les Poissons de la Russie méridionale, par M. Nordinann une élude de la faune de Belgique, par M. de Sélys- Longehamps “ ; des travaux, de MM. Fries et Ekstrôm sur les Poissons de la Scandinavie ” ; de M. de Filip|)i sur les Poissons

* hhthjohgie française, {Ménwires de V Académie de Dijon^ 183G et 1850).

*F^|priiel, Faune de la Moselle, <836. — Ilolaiidrc, Faune de la

Moselle, <836.

* Tableau méthodique et descriptif des Poissons de la Vienne, 1853.

^ Histoire naturelle des Poissons qui se trouvent dans le département de la Gironde. 1856.

.* des Poissons qui habitent le département de. la Sarthe, tVem, de

fa Soc, d'Agric, sciences et arts de la Sarthe, T. I, 1855.

* Godron, Zoologie île la Lorraine. — Nancy, 1803.

'‘Mémoires de la Société des Sciences naturelles de Neufchâtcl, 1. I, \). 33, 1835, etc.

* Iconoyrafia délia fauna iTltalia. 1834*1842.

* Catalogo metodiio dei Pesci di Europa. N'apoli, 1848.

History of the FisUes of the Greal-Brilnin. 1836.

Voyage dans la Bussie méridionale, sous la direction de M. lo comlc Ik-midoff. 1839.

’• Faune de Belgique. 1842,

'* Skitndinavxens Fiskar. — Stockholm, 1836-1840.

S2 HISTOIHE (’.ÈNÉnAl.K DES l’OISSONS. .

(l'pnii doucf' dn la Lombardie'; dcM. Krôyer sur les espèces de la Scandinavie’ ; sur les Poissons du Bodensèe, en Bavièr»?, parM. Ra]>p’ ; sur les Poissons du Neckar, jiarM. Güntlier ' ; divers mémoires de Heckel, et surtout la fViune des Poissons d’eau douce de l’empire d'Autriche, par Heckel et Kner’ ; une monopraphie des Cyprinides de la Livonie, par M. Dybowski un bel ouvrage sur les Poissons de l’Europe centrale, par M. de Siebold etc.

A ce tableau, il faut ajouter que, depuis une quinzaine (fannées, une foule de publications ont été mises au jour, survies moyens de propager les Poissons, d’empoissonner les rivières et les étangs, en un mot, sur celle application de la science à l’industrie qu’on appelle aujourd’hui la pisciculture.

On le voit, c’est là un magnifique, ensemble de recherches. Nous allons maintenant en résumer les résultats les plus importants. On comprendra alors combien les investigations doivent être nombreuses encore avant que la science soit près d'ètre jugée à peu près complète. i

§ 6. Des caractères qui dlstidqnent les Poissons des antres groupes dn Règne animal. ,

Aujourd’hui, par suite de la diffusion des connaissances scientifiqm's élémentaires, il est peu de personnes qui ne sachent distinguer un Poisson de tout animal d’une autre classe.

' Paci di acgua dolce. Milano, IRÜ.

* Banmnrks Fiske. kjübentiavin, I838-I8ja.

’ Fisrhe ans drm IMensfe. 1854.

‘ Fische dts Feckars. 1 853.

‘ Vie Siisswttsser/isehe der Oestreichisc/ien Monarchie. Vienne, 1858.

' Versucheiner Monographie der Cyprimiden Livlands. 18(i2.

■' Die Siissn asserfisehe der Millel-Eiiropa. 18Ci3.

c:AKACTÈHf:S DISTINCTIFS. 53

Le» caractères igénéraux que présentent les Poissons, sont en .effet assez remarquables pour être reconnus sans un grand effort.

• Les Poissons sont les animaux vertébrés à sang froid, organisés pour vi\re dans l’eau et pour respirer par l’intermédiaire de ce liquide. ^

Ils ont des formes extrêmement variées. Il y en a qui sont arrondis ; d’autres qui sont allongés et presque cylindriques comme des Serpents (les ^Vnguilles, par exemple). Mais parmi

eux, la forme oblongue, comprimée latéralement, atténuée

aux deux extrémités et surtout à l'extrémité postérieure, est la plus ordinaire. Chez tous néanmoins, quelle que soit leur Çprme générale, la tête est en continuité avec le tronc; il n’y a aucun rétrécissement semblable au cou des Mammifères, des Oiseaux ou des Reptiles.

Un caractère très-ordioairc chez ces animaux, mais qui est loin cependant d’être commun à toutes les espèces, consiste dans la présence d’écailles sur le corps.

Les Poissons conformés essentiellement pour la natation, plongés dans un liquide presque aussi lourd qu’eux-mêmes, ont des organes de locomotion réduits à des proportions trèsmédiocres. Les parties correspondantes aux membres antérieurs et postérieurs des Vertébrés à sang chaud, sont peu développées et plus ou moins complètement cachées sous les téguments ; les mains et les pieds sont représentés par des tiges grêles, habituellement désignées sous le nom de rayons, qui soutiennent une pembrane ; ce sont les nageoires. Celles qui répondent aux membres antérieurs portent le nom de pectorales; celles qui répondent aux membres postérieurs, le nom de ventrales. En outre, des rayons fixés à des os particidiers.

54 MISTOIHE (iÉ.NÉllALE DES I*OI^(lNS.

placés tantôt sur les apopliyscs des vertèbres, tantôt entre ces vertèbres soutiennent des nageoires verticales. Il y en a qui s’élèvent sur le dos et qu’on apjielle les nageoires dorsales ; il y en a une autre, attachée à la face inférieure du coiq)s, en arrière de l'orifice anal, qu’on nomme la nageoire anale; une » enfin, située au bout' de la queue, qui est la nageoire caudale. Dans un grand nombre d’exemples, on observe l'absence d'un ou do plusieurs de ces organes locomotejirs.

Mais les caractères les jilus importants des Poissons sont fournis par l’appareil respiratoire et par l'apiiareil de ^la circulation du sang.

L’ajipareil respiratoire est constitué ]>ar des branchies placées sur les c6tés-dc la partie postérieure de la tète. Ces branchies formées de lamelles traversées par d’innombrables vaisseaux sanguins et attachées à des arceaux fixés à l’os hyoïde et quelquefois simplement adhérentes à fa peau, reçoivent l'rtui qui est introduite par la bouche et rejetée au dehors par des orifices que l’on appelle les ouïes.

L'appareil circulatoire est également très-caractéristique. Le cœur présente un seul ventricule et une seule oreilleye répondant au ventricule droit et à l’oreillette droite des Mammifères et des Oiseaux. Le sang, après avoir respiré dans les branchies, est ramené dans un tronc artériel régnant sous la colonne vertébrale, pour être de là distribué à toutes les parties du corj)s, d'où il revient au cœur en passant par les veines.

§ 7. Ses tégnments.

Les téguments présentent une extrême variété dans la classe des Poissons. La ])cau est toujours un tissu formé de fibres entre-croisées, les unes étant longitudinales, les autres transver-

TÉr.lMENTS.

sales, tissij tantôt assez minre, tantôt fort ôpais suivant les différents types et môme suivant les différentes parties du corps, et ta^l^é inférieurement par une couche gélatineuse. L’épiderme est toujours unté délicate membrane formée de cellules juxtaposées.

Mais chez les Poissons, la.peUi est le plus souvent revêtue d’écailles ou de plaques osseuse^. Ces écailles que nous voyons chez une inrinité d’espèces, superposées à la manière des tuiles d’un toit, sont en partie renfermées dans des capsules constituéf?"pnr dc^rolongcmenls de la peau; chacune d’elles] étant en out^e enveloppée d’une tunique.ou membrane exirèraemeut mince, quelquefois garnie d'une substance d’un blanc d’argent, comme nous aurons l’occ.t^ion d’en voir des exemples. Les écailles, qtii«jt nbgénéra^une assez grande résistance, offrent .assez fré(iuemiiient des corpuscules osseux dans leur épaisseur. Chez beaucoup de Poissons, la ■ peau est protégée par des jilaques complètement ossifiées.

Les écailles affectant des caractères très-variés suivant les • t) pes, les zoologistes n’ont pas manqué de s’attacher à ces caractères iKHir établir des distinctions entre des groupes plus ou moins étendus. Néanmoins le développement et la structure intime de ces productions cutanées n’ont pas encore été étudiés d'une-manière aussi parfaite qu’on pourrait le souhaiter. Los écailles présentant des stries circulaires très -nettes, M. .-\gassiz a pensé que leur accroissement avait lieu par l’addition successive de nouvelles lames se déposant à l’extérieur ; mais comme en comparant les écailles des plus petits et des plus grands individus d’une même espèce de Poisson, on s’aperçoit bien vile que le nombre des stries n’est pas moins considérable dans les premiers que dans les derniers , il

se UISTOIIIE fiÉSÉHALE IrffS POISSONS. ;

semble tliflicile de s’arrêter à l'opinion du célü-bre naturaliste.

Les écailles remplissent évidemment un rôle dans la fonction respiratoire; rôle dont ritnportunce doit varier dans une assez larfîe mesure suivant les types : il reste, à cet égard, de? recherches à entreprendre.

Le tissu des écailles est très-perméable à l’eau ; c'est ce que nous avons constaté, en plongeant successivement de ces pièces protectrices de la peau, dans deux dissolutions, de façon à obtenir un précipité d’une couleur vive. D’un autre côté, on remarque, notamment chez les Cyprinides, des écailles traversées par des canaux dans lesquels l’eau peut pénétrer; indice certain d’une respiration cutanée chez les Poissons.

Dans ces animaux, on observe de chaque côté du corps, une file entière d’écailles jnirtant une éminence allongée qui n’est autre, (diosc que la paroi d’un tuyau. Cette rangée de petites saillies est toujours désignée sous le nom de ligue latérale, et il en est question d’une manière à peu jyès constante dans les descriptions d’espèces. *•

Le tuyau ou canal de chaque écaille de la ligne latérale, renferme un petit appareil, consistant en une sorte de glande sécrétant le mucus qui so répand à la surface du corps de l’animal. Dans les espèces dont les écailles sont très-petites, les glandes muciparcs sont logées diyis la peau où elles .se trouvent souvent plus ou moins ramifiées. Il en est de môme jxiur les Poissons dont la peau est complètement nue, où les conduits c.xcréteurs des glandes forment également une .ligne latérale indiquée par une suite de petits godets , comme nous en trouverons chez quelques-uns de nos Poissons des eaux douces de la France. Il- n’est pas rare que de semblables orifices pour l’évacuation du mucus destiné à protéger la

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