‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 16 sur 132 · CHARPENTE SOI. IDE · texte numérisé non relu

CHARPENTE SOI. IDE

peau fie l’animal, ne se montrent aussi sur différentes parties de la tête.

§ 8. — De la charpente eollde'des Poissons.

i Le squelette de ces animaux varie d’une manière remarquable sous le rapport de la consistance. 11 est osseux chez les uns, cartilagineux chez les autres, et l'on sait que cette différence do texture a motivé, pour un grand nombre de naturalistes, la sépa-

ration des représentants de la classe (Jes Poissons en deux groupes principau.xi Au point de vue zoologique le caractère n’était pourtant pas heureusenîent choisi, comme il est facile de s’en convaincre en s’arrêtant à la considération de l’ensemble des autres caractères organiques. D’ailleurs, entre le tissu osseux et le tissu cartilagineux il existe beaucoup d’intermédiaires. Le tissu de la, charpente du corps de l’animal peut être /ihrocartilafjineux. Parfois, la plus grande partie du squeleltc restant cartilagineuse, -certaines pièces s’ossifient, et dans l’état l)lus ou moins avancé de l’ossification, les' divers types de 1» classe des Poissons présentent tous les degrés.

On a vu précédemment, combien avaient été nombreux, combien avaient été ardents, les efforts des zoologistes, pour parvenir à identifier les pièces du squelette des Poissons avec celles qui constituent la charj)ente solide des Vertébrés supérieurs. A Cet égard, des vues ingénieuses, des aperçus pleins de justesse ont profité à la science, mais en même temps, dçs assertions lancées presque au hasard, bientôt reconnues en contradiction avec les faits, ont contribué plus d’une fois h répandre des doutes sur la possibilité d’arriver à des résultats susceptibles d’une complète démonstration, des doutes même sur l’existence

IIISTOIIIE (iKNÉUALK HKS POISSONS, réelle de cette unité de p[aii fondamental, objet d? tant de pnVK'iaipations. '

Tandis que la recherche des homologies ' du squhlctte des Oiseaux et des lteplilesi,avec^celui des MammiR'ros n’umeuait qiip des dixergences d’opinion assez restreinte^, il en était au-« trenient dès qu'il s’agissait des Poissons. 11 y a en oITet pour ces derniers d(* dilTicultés infininiont plus considérables; car ony trouxe une modification immense de tout l’organisme, destiné ' à un gepre de vie sjiécial ; des adaptations h des fonctions j|ui n’e\#tent pas dans les autres classes du Règne animal; une division extrême des pièces osseuses de la tète, dont on n’a pu se former une idée qu’en portant la comparaison sur les emhrxons des Vertébrés siq)érienrs; enfin, la présence de pièces particulUTcs constituées par une ossification de certaines flar- . ties dti système cutané.

Le guide des zoologistes dans cet ordre d’invesligÿtions a été fotirni essentiellement par les rapports des parties entre elles, ce qn'on a ap|i^é le principe des conncj'iTtns; guide précieux, auquel on a été redevable de résultats d’une grande portée, guide néanmoins insuffisant, et capable dans une foule de circonstances de conduire à l’erreur.

‘ L’avortentent ou l’amoindrissement de certaines ixièces dont la fonction perd de son importance ou-se miâtifie; le développement excessif d’autres parties ayant n‘çu de la nature une destination qu’elles n’ont pas dans les autres types du Règne

' On emploie le nom d'homotogie et de parité homologue pour désigner l'idenlilé fondamentale d'un organe dans diirérenls animaux dans toutes scs formes et dans toutes scs fonctions possibles, par opi>osition aux mots analogu et analogue qui s'appliquent au rOle, à la fonction à peu près semblable que peuvent présenter des organes diiïérenls.

CHAHPENTK SOI.IDE. : iHi

uninial, chiingcnl fatalement "les rapports, les connexions, si nous voulrtis employer le terme aujourd’hui consacré datis la science. De là, les embarras pour les investigateurs ; de là, les «pinions contradictoires ; de là, les discussions interminable.-!, parce que de chaque côté on s’appuie sur un fait en négligeant les autres.

Cependant, à force de multiplier les coinj)araisehs, h force de suivre dans les différent* genres les modifications de chaque pièce, on est parvenu à fournir assez de preuves en faveur de la détenuination de beaucoup de parties du squelette des Poissons, pour que l’accord stî soit établi sur plusieurs ^joints. Il n’én est pas ainsi ijour toutes les pièces, et à l'égard de quelques-unes d’entre elles particulièrement, on voudrait^ poBr être assuré de leur véritable nature, acquérir des connaissances qui aujourd’hui font encore défaut.

On est heureusement en droit d’attendre de l’observation, de nouveaux faits ossez concluants, pour espérer la solution définitive de ces questions d’ostéologie qui depuis soixante ans sont le sujet de tant d’études et de tant de débats.

Ce ne sont plus seulement les rapports dos os entre eux qu’il s’agirait d’examiner. Les muscles qui prennent leurs attaches aux pièces solides devraient être comparés à ceux des Vertébrés supérieurs. Mais les modifications du système musculaire étant encore fort imparfaitement appréciées, même dans la classe des Maramilères, des recherches immenses sont nécessaires, avant qu’on arrive à entrevoir un résultat applicable à la détermination des pièces du squelette. Ce n’est sans doute pas, au reste, à l’aide de la considération des muscles que l’on parviendra le mieux à atteindre le but ; le mode de distribution des nerfs a une tout autre importance. Le système nerveux étant, dotons

(iO HISTOIRE r.É.NÉH.U.E RES POISSONS,

les appareils organiques, celui qui dans chacime des fyaadeÿ divisions zoologiques conserwï partout au plus haut degré scs caractères essentiels, le jour où l’on aura constaté rigoureusement les origines et le trajet des nerfs dans quelques types de Poissons, où l'on aura dans toutes les cireonstanocs mieux reconnu par quêllcs ouvertures pratiquées dans les os du crâne a lieu leur passage, on trouvera, dans les connexions des nerfs avec les os, un élément do comparaison (jui dans l'état actuel est trop imparfait pour être d’un grand secours.

D’autre part^ il s’agirait d’examiner le squelette des Poissons lorsqu’il est en voie de formation. Selon toute apparence, l'étude des pièces osseuses pendant les diverses phases de leur développement conduira souvent îi mettre en lumière ce qui est reste incertain quand l’observation a jjorté uniquement sur des animaux adultes. L'idée de cette recherche s’est déjà manifestée dans la science, mais c’est à peine s’il y a eu un commenceinent d’exécution. <

Nous ne pouvons ici que donner une idi^très-générale du squelette des Poissons. Une description détaillée de toutes les jûèccs qui le composent, ^entraînant avec elle une discussion approfondie des opinions émises au sujet de ces pièces, aurait une étendue que ne comiMirte pas l’objet de ce livre.

Le squelette des Poissons offrant des différences fort considérables entre les principaux .types, il est nécessaire, pour ne pas nuire à la clarté, de procél|er par division.

Les Poissons les plus importants par le nombre, ceux dont la charpente est osseuse, seront ainsi pris d’ahord pour exemple.

On distingue dans le squelette de ces animaux : la tète, la charpente solide qui constitue la chambre respiratoire, le tronc SC composant du corps et de la queue avec les nageoires verti-

CHAHPE.NTK SOUDE.

raies du dos et de l’anus ainsi que celle de la queue, les nieinbres qui sont les nageoires pectorales et ventrales.

La tt'le offrant plus de parties mobiles que chez les autres A’er-

tébrés, elle semble se partager naturellement en plusieurs régions. Le crâne, ou la boite cérébrale, apparaît ainsi pdus séparé de la face que partout ailleurs. Il est composé de pièces dont les rapports avec celles qui constituent le crâne des Reptiles et des Oiseaux sont d’une entière évidence..

En dirigeant son examen de la tète osseuse, d’arrière en avant, on reconnaît â la base du crâne une première zone; c’est l’occipital foi-mé do quatre pièces principales ; l’une basilaire {hasioccipital) ayant en arrière une facette articulaire corres|Hindante h celle de la première vertèbre, deux latérales (paroccipitaux) pourvues chacune d’une apophyse, et une supérieure {suroccipital) complétant le cercle. A ces pièces s’en ajoutent souvent deux accessoires {exoccipitaux) intercalées entre l’occipital .supérieur et'les occipitiâux latéraux dont elles sont un démembrement.

En avant de l'occipital se dessine, avec moins de netteté que la première, une seconde zone.

Celle-ci est constituée par un os impair et par trois ns pairs. Le premier {basisphénoïde), fort étroit, inséré au-devant du basioccipital, Ogiirc une sorte de pwnt .â la partie inférieure du crâne. De chaque côté, s’étend une pièce {alisphénoule, aile teviporale de Cuvier), répondant à ce que l’on nomme en anatomie humaine, la grande aile du sphénoïde, et une autre pièce contribuant avec le frontal postérieur à fournir la face articulaire de l’appareil palatin et tympanique. La voûte de cette zone est formée par deux ou trois pièces {paric'tattx et interparièlal) intercalées entre les bords supérieurs des deux jiri'cé-

HISTOIUK GÉNÉRAUC DES l’OISSO.NS.

ilenlfs. Mais l‘os basilaire, en général fort étrnit, tlo même que .sa [Mirtion antérieure {présphénoïde) dépendant de la zone or- ■* bitair» située en avant, ne forme pas le jilaneber de la cavité

crânienne comme chez les autres Vertébrés ; ce sont les oS

d'enveloppe des organes do l’audition {rochers on pétrosaux), qui ordinairement ferment le erflne en dessous et contribuent ainsi à en former les parois latérales.

l'ne' troisième zone, la zone orbitaire et frontale, est conformité à peu près de la même manière que la précédente. 11 y a une partie basilaire étroite (présphéwîde) complètement soudée avec le s|ihénoîde basilaire-, de chaque côté une pièce latérale {orbitospbénoîde ou aile orbitaire) formant le fond de l’qrbite, et une pièce dé]icndante du frontal {postfroutal ou frontal postérieur) qui constitue la paroi supérieure de l’orbite ; enfin, la voûte, comiKiséo de deux larges pièces engrenées sur la ligne médiane de la tète, qui répondent à l’os frontal des Mammifères.

Une quatrième zone, qui forme le museau, se montre composée de quatre pièces ; une basilaire (vomer); insérée au-devant du sphénoïde et garnie de dents chez beaucoup de Poissons, une de chaque côté (préfrontal ou frontal antérieur) et une supérieure (nasal) souvent double, qui est l’os du nez.

CiRi quatre zones de la tête osseuse, regardées par plusieurs naturalistes comme autant de vertèbres céphaliques, sont oimposées de pièces véritablement Iwmoloyues de .celles qui entrent dans la constitution ducrtûne des Vertébrés su|)érieiirs ; il nepeut^ guère subsister de doute aujourd’hui sur leur détermination. 11 n'en est pas absolument de même pour toutes les autres parties de la tête, considérées par M. Owen comme des dépetidances ou' des accessoires des quatre zones ou vertèbres céphaliques.

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