CHARPENTE SOLIDE
rayons de la nageoire pectorale, véritables représentants des doigts
Les os des membres postérieurs, qui manquent souvent Chez les Poissons, sont toujours rudimentaires lorsqu’ils existent. C'est ordinairement une seule pièce, en général triangulaire, plus ou moins pourvue de lames saillantes, sans rapport direct avec la colonne vertébrale, tantôt libre dans les chairs, tantôt attachée par son extrémité antérieure au troisième os de la ceinture thoracique et portant à son extrémité postérieure les rajons des nageoires ventrales. Chez la plupart des Cartilagineux, le bassin se compose de deux pièces réunies sur la ligne médiane et pourvues chacune d’un arc servant de support aux rayons de la nageoire.
Les nageoires verticales des Poissons sont de véritables arêtes, que rien ne représente dans la charpente des Vertébrés supérieurs. Ces nageoires qui se montrent à l’extérieur, comme une file de tiges ou de rayons soutenant une membrane, ont une partie intérieure pour chaque rayon. Celte partie consiste en une pièce osseuse {os inlerépinetuc), en forme de poignard h quatre tranchants, dont la base est au niveau de la peau et la pointe engagée dans les apophyses des vertèbres. Quelquefois ces os sont entièrement détachés des vertèbres et l’on en trouve qui ne portent pas de rayons. Dans les Poissons Plagiostômeÿ, ils sont cartilagineux, et dans les Raies en particulier, ils sont formés d’une suite d'articles. Chez les Poissons osseux, les rayons de la nageoire caudale sont fixés à la dernière vertèbre qui est comprimée latéralement et fort étendue dans le sens de la hauteur.
' On verra par l'examen particulier de nos Poissons des eaux douces, de nombreux exemples des caractères variés, qu’affectent les rayons.
§ 9. — Des mascles et des mouvements. ^
Les muscles des Poissons sont en général peu colorés. Beaucoup de CCS animaux ont la chair presque blanche, et si elle est rougeâtre chez un grand nombre d'espèces, elle reste toujours pèle comparativement à la couleur de la chair des Mammifères^ et des Oiseaux.
Une grande masse muscidaire occupe chaque côté du corps, offrant à sa surface des stries tendineuses qui ne sont autre chose que des ligaments, séparant les muscles en autant de parties qu’il y a de vertèbres. Ce muscle latéral, ainsi fixé au corps des vertèbres, s’attache d’autre part à l’extrépaité postérieure de la tête et tout le long de la ceinture des os de l’épaule.
Cette grande masse musculaire est en outre partagée dans le sens de la longueur du corps par un sillon traçant la séparation entre une partie dorsale et une partie ventrale. C’est par les contractions de ces muscles latéraux, que le corps peut se courber d’un côté ou de l’autre; c’est ainsi qu'il se fléchit alternativement à droite et à gauche pour déterminer la progression.
Les nageoires dorsale et anale s<int mises en jeu par de petits muscles superficiels, formant plusieurs couches, embrassant d’une part les os interépineux et d’autre part les rayons.
Dirigés en sens divers de façon à agir comme antagonistes, les uns servent à dresser les rayons des nageoires, les autres à les abaisser.
La nageoire caudale, dont les mouvements sont des plus énergiques, a des muscles plus puissants que les autres nageoires verticales ; il y en a deux couches superposées, et de plus petits muscles étendus d’un rayon à l’autre.
Les nageoires pectorales ont aussi pour moteurs des cou-
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MISCLES ET MOUVEMENTS. - 73
ch«^*nmsculaires superposées, qui s’attachent à la ceinture des os de l’épaule ^ les couches antérieures déterminent l’extension ou l’écartement de la nageoire; les couches postérieures son abaissement.
La même disposition se répète pour les nageoires ventrales * dont les muscles sont fixés au basÿn. '
>Les mâchoires, dont les mouvements ont une puissance extrême, sont mises en jeu par une grosse masse musculaire divisée en plusieurs portions, qui s’insère par deux tendons çux deux mâchoires, et s’attache en arrière â l’appareil palatin, et aux pièces supportant la mâchoire inférieure. Les deux branches de celle-ci peuvent être rapprochées au moyen d’un muicle placé en travers.
L’arcade palatine .est élevée ou abaissée par des muscles presque toujours volummeux. L’opercule est pourvu d'un élévateur décomposé en plusieurs parties et d'un abaisscur. oLes muscles de l’appareil hyoïdien ont une assez grande complication, mais le principal d’entre eux est étendu de la face interne de la mâchoire inférieure à la branche de l’os hyoïde. Des muscles .situés entre les rayons delà membrane branchiostège ont pour usage de resserrer la cavité branchiale. Les mouvements de l’appareil branchial sont exécutés par un ensemble de muscles très-compliqué. Des élévateurs des arcs branchiaux fixés à chacun de ces arcs, s’attachent à la base du crâne. Un élévateur plus puissant part en outre de chaque arc et prend son point fixe à la face inférieure de la colonne vertébrale. Les mouvements contraires, ou d’abaissement de l’appareil branchial, sont produits par des muscles étendus des os pharyngiens à l’os hyoïde et à la ceinture de l’épaule.
Cette disposition des principaux muscles que nous ne pouvons
qu’indiquer, s'applique aux Poissons osseux, en géi#^, mais elle diffère à beaucoup d’égards chez les Poissons cartilagineux. '
§ 10. — Du système nerveux.
La considération du système nerveux, l’appareil, qui met l’étre en relation avec le* monde extérieur, l’agent de la sensibilité et des mouvements, est, dans tous les groupes du Règne animal, d’un intérêt hors ligne. L’étal de développement des parties centrales du système neneux donne de suite une idée relative d’un degré de perfection organique plus ou moins grand; les fonctions de ces différentes parties, lorsqu’elles peuvent être sûrement constatées, apportent les notions les plus curieuses sur les facultés des aniquaux, et donnent lieu aux comparaisons de l’ordre le plus élevé. Les caractères, la disposition du système nerveux, fg;urnissent, mieux que tous les autres caractères , la mesure des affinités naturelles qui existent entre les représentants des divers groupes zoologiques.
Chez les Poissons, les parties centrales du système nerveux se composent, de même que chez tous les animaux vertébrés, de l’encéphale et de la moelle épinière : l’encéphale logé dans la boite crânienne, la moêlle occupant le canal vertébral qu’elle remplit d’ordinaire dans presque toute sa longueur. 11 n’y a, à cet égard, qu’un petit nombre d’exceptions *.
Relativement à la grosseur de la tête de la plupart des Poissons, relativement à la capacité de leur boite cérébrale, les proportions de l’encéphale se montrent extrêmement réduites. Comme il existe un accord à peu près général entre l’étendue
' Comme la Baudroie {Lophiut pitcalorius), comme le Poisson lune Orthragoritem tnoh), où la moélle épinière est extrêmement courte.
SYSTÈME NERVEUX. T.'i
des manifestations intellectuelles et le volume du cen eau, on se trouve assez fondé à voir dans les Poissons des créatures trèsimparfaitement douées sous le rapport de l’intelligence et même de l’instinct. Cependant on s’est fort exagéré cette imperfection ; des faits, aujourd’hui bien conifus, en sont la preuve évidente. « •
L'encéphale*, au lieu d’étre moulé* sur les parois de la botte crânienne, ainsi que cela se voit chez tous les 'Vertébrés supérieurs, n’occupe ordinairement qu’un espace assez limité dans ^tte botte. Une secousse un peu violente sufBrait donc pour le déplacer, si une abondante matière huileuse ne comblait le vide entre la pie-mère, la délicate membrane dont l’encéphale est revêtu, et la dure-mère, l’épaisse tunique qui tapisse les parois de la botte cérébral?.
Les différences considérables que présentent les appareils 'organiques entre les principaux types de la classe des Poissons, oblige à examiner séparément l’encéphale dans chacune des grandes (Jivisions de ce vaSte groupe zoologique.
Chez les Poissons osseux, le cerveau parait fort étrange à la première inspection. On*y reconnaît difficilement d’abord les parties qui constituent le cerveau des Mammifères et des Oiseaux. C'est une suite de lobes se succédantde façon à figurer une sorte de double chapelet. Ces lobes, le plus souvent d’un beau blanc nacré à la surface, ont leur contour extérieur parfaitement arrondi. Pour se rendre compte, tout à la fois, de l’aspect général de l’encéphale et de la [Ibsition qu’il occupe dans la tète, il est un moyen simple à la disposition de chacun. Il suffit de choisir un de ces Poissons, le Merlan, par exemple, dont les os ofl’rent presque la transparence du verre. Après avoir enlevé la peau qui couvre le crâne, et détaché les tissus qui peuvent y adhé-
rer, on distingue le ceneau dans toute sa longueur, et avec une
admirable netteté, au travers des parois diaphanes de la boite crânienne.
La détermination des différents lobes qui composent ce cerveau n’a pas été sans causer beaucoup d’embarras aux naturalistes de notre siècle. Les naturalistes antérieuis n’avaieiH guère » songé qu’il fût possible de reconnaître dans ces lobes des parties exactement corresjwndantes à celles de l’encéphale des Vertébrés supérieurs. C’cSl Arsaky, ce médecin grec que nous avons cité, qui, le premier, en a fait ressortir les rapports les plu# manifestes.
Chez un grand nombre de Poissons, les lobes de l’encéphale, situés tout à fait en avant, sont les tubercules olfactifs. Il n’y en a le plus souvent qu’une seule paire, mais il es"! des espèces où l’on en voit deux paires. Dans quelques cas, ces tubercules , se trouvent à l’extrémité des nerfs de l’odorat. Aux tubercules olfactifs succèdent les hémisphères, le cerveau proprement dit. Ceux-ci sont pleins, et leur dimensibn, toujours pei^ considérable, est souvent inférieure à celle des lobes qui viennent à la suite. Cette double circonstance avait «empêché plusieurs zoologistes, et Cuvier en particulier, de vouloir les regarder comme les organes correspondants aux hémisphères du cerveau des Vertébrés supérieurs, mais la considération de leurs relations avec les autres parties del’encéphale, ne laisse presque aucun doute sur la justesse de l’appréciation aujourd’hui généralement acceptée.
Exactement en arrière des hémisphères, se montrent les lobes optiques, dont le volume dépasse très-ordinairement celui des hémisphères. Ils fournissent la plupart des fibres des nerfs optiques, et leur grosseur est d’autant plus considérable que les yeux de l’animal sont plus grands. Ces lobes sont creux et leur
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SYSTÈME NERVEfX. 77
cavité est spacieuse, ce qui leur donne un caractèr»très-dfeTérent de celui des tubercules optiques des autres animaux vertébrés. Au fond de la cavité, il existe des organes nombreux, et notamment de petits tubercules qui ont été décrits avec soin et même assez bien représentés. Mais malgré les efforts tentés pour en déterminer la nature, on est loin encore, à cet égard, d’être arrivé à une certitude.
Sur la ligne moyenne, entre les hémisphères et les lobes optiques, s’élève une petite glande vasculaire plus ou moins apparente ; c’est la glande pinéale, unie aux hémisphères par deux petits cordons.
A la suite des lobes optiques vient le cervelet, placé en travers sur la portion antérieure;4e la moêlle allongée. Très-variable dans ses proportions relatives, le cervelet présente ordinairement une surface li^ avec une faible ligne longitudinale ; dans quelques types seulement il a des sillons transversaux. Il offre toujours une cavité intérieure en communication avec le ventricule qui précède. Après le cervelet etsur un plan inférieur, se voit la moBlle allongée, qui est très-fréquemment accompagnée de renflements ou de petits tubercules désignés par Cuvier sous le nom de lobes postérieurs.
t Les parties de l’encéphale d’un Poisson osseux que l’on peut observer sans dissection et même sans déplacer aucun organe, sont donc : les tubercules olfactifs, les hémisphères, les lobes optiques, le cervelet et la moêlle allongée ; mais si l’on examine le cerveau par sa face inférieure, on découvre eqcorc, au-dessous des lobes optiques, deux protubérances (lobes inférieurs de Cuvier) offrant des cavités qui communiquent avec celles de ces derniers, et, en avant, un petit corps impair, généralement regardé comme la glande pituitaire.
‘ D’après la manière dont se succèdent les lobes supérieurs, d’après les caractères les plus imiMrtants de ces organes, U parait certain que l’on est dans la vérité en ce qui concerne leur détermination. Il n’en est pas de même pour les parties profbndes. Les comparaisons que l’on en a faites avec les différents organes qui composent le cerveau des Mammifères n’ont rien fourni d’assez concluant pour qu’il soit possible d’en tirer un argument propre à établir un fait.
De nouvelles recherches sont nécessaires; une étude de la structure, une investigation minutieuse des origines des nerfs crâniens, une observation approfondie du cerveau à toutes les phases de son dévefoppement, conduiront sans doute à la solution cherchée en vain par l’examen seul de la configuration et de la situation des parties.
Le cerveau des Poissons osseux a été l’objet de quelques expériences physiologiques. Magendie et Desmoulins, M. Flourens, ont tenté, en pratiquant des lésions ou l’ablation de certains lobes, de reconnaître le rôle particulier, la véritable fonction de ces organes. Tout récemment, un jeune naturaliste, M . E. Baudelot, a repris ce sujet. Los résultats constatés dans ces expériences peuvent être rapidement énoncés.
Aucun trouble bien appréciable n’apparalt chez le Poisson après la destruction des hémisphères ou lobes cérébraux. L’animal semble avoir conservé toutes ses facultés ; on le voit se diriger avec la même agilité et la même sûreté qu’auparavant. C’est un résultat très-différent de celui qui se produit, soit chez les Mammifères, soit chez les Oiseaux où l’ablation des hémisphères amène une profonde stupeur et un anéantissement total des facidtés intellectuelles.
Une lésion qui intéresse seulement la voûte des lobes opti-
• r?,’ SYSTÈME NERVEl’.X.
qiies cause un désordre plus apparent ; le Poisson parait avoir perdu le sens de la vue ; il reste souvent immobile, se heurte contre les obstacles et ne se dérobe aux attouchements qu’on lui fait subir, qu’avec lenteur et en fuyant au hasard. Mais si le plancher des lobes optiques a été atteint, même par une trèslégère piqûre, un trouble des plus curieux se manifeste aussitôt. L’animal se courbe et décrit en nageant un mouvement de rotation autour de son axe, qui s’effectue toujours du côté opposé à la lésion. Ce mouvement s’exécute parfois avec une telle rapidité, que ^es tours de l’animal sur lui-méme peuvent aller jusqu’à cent ou cent vingt dans l’espace d’une minute. Néanmoins, dans beaucoup de circonstances, ils sont, moins précipités. Lorsque le crâne a été ouvert pour pratiquer la lésion, la substance cérébrale devenant bientôt difUuente par suite du contact de l'eau, l’animal périt en moins de quelques heures. .\u contraire, si les expériences sont faites sur de petits Poissons, tels que des Epinoches, auxquels M. Baudelotaeu recours, comme on réussit à l’aide d’une aiguille fine à piquer le plancher des lobes optiques en traversant le crâne, sans l’endommager d’une manière sensible, le Poisson peut vivre douze ou quinze jours, en exécutant pre.sque sans cesse le même mouvement giratoire auquel il obéit fatalement. Rien n’est plus singulier, que de voir dans un vase, des Epinoches exécutant ainsi le perpétuel manège, sans qu'aucune blessure apparente ait changé leur physionomie habituelle.
C’est un phénomène semblable à celui qui se manifeste chez les Mammifères et les Oiseaux après une lésion des pédoncules cérébraux ou des pédoncules cérébelleux moyens ; phénomène très-bien décrit par M. Flourens, par M. Longet, par d’autres physiologistes encore, mais inexpliqué d'une façon satisfaisante.
KO ; HISTOIHK GÉNÉHALK DKS POISSOX^- Il psl Certain seulement que le mouvement giratoire n’est pas dû à une paralysie, soit d’une partie du corps, soit des membres d’un côtO.
L’ablation du cervelet n’influe’ pas chez les Poissons comme chez les Mammif&res sur la régidarité, sur la coordination des mouvements. Il faut atteindre les fibres profondes en communication directe avec la moOlle allongf-e, pour voir apparaître à cet égard des désordres qui .se prononcent davantage quand la moPlle elle-même a reçu une lésion.
L’encéphale des Poissons, comparé à celui des Vertébrés sujiériqprs, ge fait remarquer par la faible centralisation des parties qui le composent; c’est une dégradation organique. Les fonctions des centres nerveux paraissent être moins localisées que chez ces mêmes ^’ertébrés supérieurs ; c’est une dégradation physiologique. L’une ne manque jamais de coïncider avec l’autre.
Nous nous sommes jusqu’ici occupé exclusivement du cerveau des Poissons osseux, il est nécessaire de lui comparer maintenant l’encéphale des Poissons cartilagineux.
Dans les Ganoïdes (Esturgeons), on observe, à la suite des hémisphères, un petit lobe simplement fermé en dessus par les membranes du cerveau; celles-ci enlevées, la cavité du petit lobe reste ouverte. Le cervelet est volumineux et présente des traces de circonvolutions. La moëlle allongée, remarquablement élargie, offre un large sinus rhomboïdal et sur les côtés des lobes grêles et allongés *.
Chez les Poissons plagiostômes (Raies, Squales, etc.), le
’ On trouve une description détaillée et des figures du cerveau de l'Esturgeon dans un mémoire de M. Stannius. — Mùller's Arrhtv. 1843, p. 36, tab. i4.
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SYSTÈME NEUVEL’X.
RI
ceneau ressemble bii'n davantage à celui des Vertébrés supérieurs. On ne distingue plus de tubercules olfactifs, les hémisphères sont très-volumineux, surtout fort larges, et ils ont une cavité. 11 y a deux lobes inlèrieurs, des lobes o[itiques creux, assez convexes à l’extérieur, un cervelet très-dévcloppé, recouvrant en grande partie les lobes optiques.
Nous ne pouvons décrire ici en particulier, chaque nerf provenant soit de l’encéphale, soit de la moelle épinière. Contentons-nous d'un simple aperçu.
Les nerfs cérébraux ont présenté aux anatomistes beaucoup d'uniformité dans leur mode de distribution.
Les nerfs olfactifs naissent des lobes antérieurs on ■ des hémisphères eux-mémes (Poissons Plagiostomes); les nerfs optiques toujours entre-croisés, très-volumineux, h l'exception de ceux des Lamproies, proviennent des lobes optiques et paraissent recevoir des fibres d'autres parties du cerveau. A leur suite viennent les nerfe oculo-moteurs, les nerfs pathétiques se distribuant exclusivement au muscle oblique supérieur du bulbe oculaire, les nerfs trijumeaux, toujours trèsgros, SC ramifiant dans les diverses parties de la tète, puis les nerfs acoustiques naissant des parties latérales de la moélle allongée par trois, quatre ou cinq racines molles, en arrière les nerfs glosso-pharyngiens se ramifiant dans la langue, à la voûte palatine, à l'appareil respiratoire, les pneumogastriques toujours volumineux , ayant leur origine près de celle des précédents et se distribuant à l’appareil branchial , au pharv nx, à l’œscphage, à l’estomac, au cœur, à la vessie natat«)ire.
Un nerf provenant de la moèlle épinière et donnant sa branche principale à des muscles de l’os hyoïde (slerno-hyoTdien) a
B|.A?(C1IARD. fl
82 IIISTÜIHE f.ÉNKUALE DES POISSONS,
été regardé coniine représentant le nerf hyiKtglosse des Vertébrés sujM>rienrs.
Un nerf grand sympathique offrant de nombreux ganglions et de nombreuses anastomoses avec les nerfs crâniens et les nerfs spinaux règne de chaque côté de la colonne vertébrale.
Les nerfs spinaux naissent ordinairement, comme dans les Vertébrés supérieurs, pardeux racines, runo antérieure simple, l’autre postéTieure pourvue d'un renflement ganglionnaire, et ils sortent par les intervalles des arcs vertébraux et parfois en traversant ces arcs eux-niôraes.
Les r.aeines se confondent bientôt en un seul tronc, mais dans certaines esj)ècos au moins, l’union de leurs fibres (motrices et sensibles) est assez faible pour qu’on ait réussi à les séparer par la dissection *. Ces nerfs se distribuent à hvutes les parties du corps.
§ 11. — Des organes des sens.
Les Poissons ne semblent pas très-mal partagés sous le rapport des organes des sens.
Selon toute apparence, la vision est très-nette et capable de porter à des distances assez considérables chez ces animaux ; la sûreté avec laipielle ils se jettent sur un appât en témoigne manifestement.
Les yeux des Poissons, chacun en a fait la remarque, sont d’ortlinaire très-grands, relativement au volume de la tête ; l>arfois même, ils sont énormes. Dans quelques types, cependant, les Anguilles par exemple, leur dimension est petite. Presque toujours, ils occupent régulièrement les côtés de la tête; c’est d’une manière exceptionnelle, comme dans les Pleu-
' Armand Moreau, Annalesdes sciences nalurelles, i* sér., t. .Mil, p. 380.
or(;anes des se.ns.
ronectes (la Plie, le Turbot, la Sole, le Flct, etc.) qu’ils sont tournés d’un même côté de la tête.
Le bulbe oculaire assez aplati en avant, globuleux en arrière, est entouré d’une matière graisseuse ou gélatineuse sur tous les points en contact avec l’orbite. Les mouvements de ce bulbe, toujours peu étendus, sont produits en général par l'action de quatre muscles droits et de deux muscles obliques.
Il n’y a point de véritables paupières chez les Poissons ; le plus ordinairement, la peau passe au-devant de l’œil, où elle acquiert assez de transparence pour permettre aux rayons lumineux de la traverser. Dans certains tyiM>s cependant, elle forme deux replis libres, l’un supérieur, l’autre inférieur, et dans quelques cas (les Pleuronectes, les Plagiostômes), elle se renfle en manière de bourrelet.
Il n’existe ni glandes lacrymales, ni points lacrymaux, et l’on comprend sans peine, combien aurait été inutile à des animaux vivant dans l’eau, un liquide particulier destiné à laver et à lubréfier l’organe de la vision.
La tunique extérieure de l’œil, la sclérotique, est épaisse, fibreuse et soutenue chez la plupart des espèces par deux lamelles cartilagineuses, souvent ossifiées et constituant alors une capsule solide, ouverte en avant pour l’insertion de la cornée, en arrière pour le passage du nerf optique. La cornée transparente, plus mince dans son milieu qu’à sa circonférence, est toujours peu convexe.
Intérieurement, l’œil est tapissé par la choroïde ; celle-ci, séparée de la sclérotique par un tissu cellulaire graisseux, est composée de trois feuillets : un feuillet externe fort mince, enveloppant toutes les parties profondes et offrant, par suite de la présence d’innombrables cristaux microscopiques, l’aspect d’un
84 HISTOIRE HÉNÉHAI-E HES POISSO.NS.
enduit de couleur argentée ou doK'e, qui en a\ant forme l'iris et lui donne le magnifique éclat si ordinaire ai’i yeux des Poissons, un feuillet moyen vasculaire et un feuillet interne noirâtre (la ruyschienné) couvert de cellules pigmentaires hexagonales.
L'iris parait être toujours fort peu mobile et dans plusieurs Poissons (Pleuronedes, Raies, etc.), son bord supérieur se prolongeant en une sorte de voile découpé, la pupille peut être fermée à la volonté de l'animal.
Souvent la membrane interne '(ri/ysc/u'cmie) présente des plis rayonnants Irés-lins, qui paraissent représenter les procès ciliaires des yeux desMammiléres, mais ces jilis n’arrivent jusqu’à la capsule du crist.allin que dans un petit nombre de tv-pes.
Le cristallin est volumineux et de forme parfaitement sphérique. C'est un véritable globule diaphane, logé dans une ca)tsule mince, faisant .saillie à travers la pupille et remplissant presque en entier la chambre antérieure de l'ccil.
Le corps vitré, entouré de sa membrane hyaloïde, oc.cu]«‘ très-])eu d'espace.
Le nerf optique traverse les membranes de l'œil en suivant, dans la plupart des cas, une direction oblique. Il offre l'aspect d’une membrane plissée dont les bords s(>nt interrompus; ses fibres rayounant eu manière d'éventail, constituent la rétine, où l’on aperçoit très-distinctement les coqiuscules en iWttonnet.
Une particularité singulière de l’œil des Poi.ssons consiste dans la présence d’un ligament en forme de faux (processus fnlcifornie) qui passe dans une fissure de la rétine, traverse le corps vitré et s'attache à la capside du cristallin jinr une sorte de tubercule (campanule de Haller).
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• OKGANKS DES SENS.
Comme les yeux dont nous venons d’indiquer la slrncture frénérale, ne semblent pas présenter tonte la perfection des yeux des Vertébrés supérieurs, Cuvier a pensé que les Poissons ne devaient recevoir que des impressions confuses des objets ; supposition peu fondée, car les Poissons se dirigent par le sens de la vue dans l’accomplissement de la plupart de leurs actes. Notre illustre naturaliste lui-môme rappelle ce fait si connu, que ces animaux, trompés par l’apparence, se jettent sur des appâts artificiels '. .\u reste, le temps est proche, peut-être, où un naturaliste saura montrer la véritable nature de la vision chez les différents ty-pes du Règne animal.
Les manifestations du sens de l’ouïe sont continuelles chez les Poissons. Il est facile, en toute occasion, de reconnaître combien ces animaux sont affectés par les briiits. Les pêcheurs doivent demeurer silencieux pour ne pas les effrayer. On sait que fcs Romains, se plaisant à donner des noms particuliers aux hôtes de leurs viv iers, réussissaient à faire venir chacun d'eux à rap(>el de son nom. L’observation simple porte donc à croire que le sens dé l’ouïe n’est pas très-imparfait chez les Poissons, et cependant leur appareil auditif, d’une structure fort dégradée, si on le compare à celui des Mammifères et des Oiseaux, donne à pens<!r que la perception des sons doit être assez vague chez ces animaux.
11 n’y a jamais d’oreille extérieure, et l’oreille interne, logée ilans une cavité du crâne, circonscrite chez les Poissons osseux par le rocher et l’occipital, est dépourvue de limaçon, de tympan et de trompe d’Eustache. Elle se trouve ainsi réduite â un labyrinthe membraneux en rapport, chez certaines espèces, avec la
‘ Histoire mturetle des Poissons, 1. 1, p. 658.
Sfi IIISTOIRK r.ÉNÉHAI.K RKS POISSONS.
\essip naUitoire. Ce labyrinthe est entouré d'iine liqueur huileuse et formé d'un premier sac (vestibule) de proportions variables, attaché à la paroi interne du cr4ne, d’une seconde petite poche séparée de la première par un étranglement et de canaux semicirculaires pourvus chacun d’une ampoule. Une humeur gélatineuse d'une complète transi>arence remplit et distend toutes les parties du labyrinthe.; des osselets, des pierres, commeon lésa appelés (otolilhes), d’une forme déterminée, existent toujours à l'intérieur du vestibule et du petit sac qui lui succède. En général, on en trouve un dans le premier, deux dans le second.
Chez les Poissons cartilagineux (fliries, etc.), outre le labyrinthe membraneux, il y a un labyrinthe cartilagineux ; les canaux semi-circulaires offrant une disposition spéciale, aboutissent à un vestibule en forme de tube, adhérant par son extrémité sup(-rieureà une fenêtre ovale, dont on ne trouve pas de trace dans les Poissons osseux.
Chacun constate aisément l’existence du sens de l’odorat dans les Poissons ordinaires à la présence des narines qui sont percées de chaque côté du museau. Ces narines ont le plus souvent deux ouvertures, placées l'une derrière l’autre. La première, presque toujours' munie d’une petite saillie de la peau, d’une sorte de valvule, est quelquefois supportée par un prolongement tubuleux et contractile.
Ces ouvertures extérieures communiquent avec une fosse nasale, tapissée par une membrane muqueuse, plus ou moins plissée et soutenue par des rayons convergeant vers le centre ou disposés des deux côtés d’un axe. Cette membrane pituitaire est revêtue d’un épithélium ciliaire.
Dans les Poissons cartilagineux, comme les Raies, les fosses nasales situées au voisinage de la bouche, sont fermées par des
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HKSPIHATIfiN ET OllOANES RESPI H ATOI H ES. 87
valvules contenant des cartilages dans leur épaisseur (cartilages des ailes du nez).
Dana les Lamproies et dans toutes les espèces du même groupe, l’organe olfactif est impair ; c’est un simple tube, parfois garni de cercles cartilagineux, ouvert sur le sommet du museau et étendu .en arrière, jusqu'au travers de la voûte palatine.
Solon toute apparence, le goût est fort peu prononcé chez les Poissons ; car la plupart de ces animaux avalent leur proie sans la mfteher; leur langue à peu près immobile, lorsqu'elle existe, n'est pas charnue, leur bouche n’est point humectée par de la salive. Cependant, chez des espèces herbivores privées de langue (Cyprinides), la présence d’une substance molle et épaisse, à l’entrée du gosier où s’effectue une trituration des aliments, semble indiquer une faculté gustative.
Sous le rapport du tact, les Poissons ne sont certainement pas très-favori sés, et les mieux doués à cet égard, sont ceux dont la bouche est garnie de ces appendices charnus si connus sous le nom de barbillons*.
S 18. — De le reeplratlon et des orguiee respiretoirea.
L’introduction continuelle de l’air dans l’organisme, personne ne l'ignore aujourd'hui, est pour tous les êtres une condition essentielle à l'entretien de la vie. C’est la respiration ; phénomène mal compris, et d'ailleurs inexplicable, avant
* Après l'examen du système nerveux et des organes des sens des Poissons, il serait naturel de Jeter un coup d'œil sur les facultés instinctives de ces animaux ; mais dans le cours de ce livre, les exemples d’instinct les mieux connus devant être rapportés, il n'est pas nécessaire de nous y arrêter en ce moment.
Ü8 lllSTOlHi; liÉNÉllALE DES POISSONS,
lu ilécouverU; du la coiiipositioii du l'air almospliérique et du la nature du gaz acide carbonique. Dans l'opiiiioii des anciens, l’air introduit dans les poumons est sinipleinent destiné à rafraîchir le sang, et chez les animaux aquatiques, c'est l’eau qui, en baignant leurs branchies, doit déterminer un effet analogue. ' .\u dix-septième siècle, l'observation du changement de couleur qu'éprouve le sang veineux en présence de l’atmosphère, k's rtM'herches des chimistes, les expériences des physiologistes, commencent à jeter quelques lueurs et à faire pressentir de nouvelles lumières sur le phénomène de la respiration. Jean Bernouilli, l'illustre géomètre, constate que les bulles qui se dégagent de l'eau exposée à la chaleur sont de l'air qui était dissous dans le liquide, et il s’assure que les Poissons ne peuvent vivre dans l'eau dont l'air a été expuLsé par l’ébullition. Mais il fallait les découvertes de Lavoisier pour établir que l'oxygène de l'atmosphère absorbé par la respiration, se combine avec le carbone fourni par l’organisme jiour produire, par une véritable combustion, du gaz acide carbonique qui est rejeté au dehors.
Chez les animaux aquatiques, l’eau étant amenée d’une ma- ’ nière incessante au contact des surfaces respiratoires, le sang qui aCQue vers ces surfaces s’empare de l’oxygène de l’air qu'elle tient en dissolution.
Un donne le nom de branchies aux organes conformés pour la respiration aquatique. Dans les Poissons osseux et les Poissons üano'ides, les branchies sont logées dans une cavité, ou chambre respiratoire, située de chaque côté de la région cervicale, où elle a jKiur paroi extérieure les pièces operculaires, et pour limite en arrière les os de l’épaule qui supportent les nageoires pectorales. Ces branchies sont constituées par des
RESPIRATION ET OHC.ANKS RESPIRATOIRES. S»
lamelles étroites, longues et aplaties, rendues constamment rouges par le sang qu'elles contiennent. Disposées en séries
parallèles à la manière de dents de peigne sur Itîs tiges osseuses désignées sous le nom d’arcs branchiaux, elles flottent, leur extrémité libre dirigée en arrière, dans l'eau qui remplit la chambre respiratoire. Ces organes fragiles, d'une si grande importance pour la \ie de l'animal, avaient besoin d'ôtre protégés contre toutes les chances d’accidents. Rien ne leur manque sous ce rapjwrt. Un prolongement de la membrane muqueuse de la bouche, voile d’une admirable délicatesse, vient en une multitude de replis leur fournir un abri. Malgré cette protection, les lamelles branchiales devaient encore être maintenues de façon à ne jamais s’alTaisser les unes sur les autres. Une tige osseuse ou cartilagineuse garnie de dents assez semblables à celles d’un râteau, maintient chacune d’elles par son boni interne.
Les formes de ces lamelles, ordinairement indépendantes les unes des autres, mais réunies dans quelques espèces par de petites traverses, les particularités des tiges qui les soutiennent, variées à l'infini, suivant les e.^pèces de Poissons, offrent des
sujets d'ol)servatioiis romiiaratives des plus curieux, et cette infinie variété dans les caractères des instniments permet de prévoir un tivenir, où des modifications dans la fonction pliysioloflique qui nous écliapjvent encore, seront révélées.
Le nombre des lamelles de l’appareil respiratoire d’un Poisson est très-considérable. On en a compté, sur une seule rangée, .0.') chez le Goujon, 9C chez la Tanche, 106 chez le Barbeau, 1 3ü chez la Carpe. Il y en a deux rangées à chaque branchie, et il existe quatre branchies des deux côtés. L’appareil respiratoire du Goujon présente donc, en totalité, environ 880 lamelles, celui de la Tanche près de 1 .'iOO, celui du Barbeau 1 700, celui de la Carpe 2 160. Malgré la petitesse de ces lamelles, converties en filaments chez certains Poissons (Syngnathes, Hippocampes), il y a ainsi en contact continuel avec l’eau une surface respiratoire immense, comparativement à l'espace occupé par l'appareil branchial.
Dans la plupart des Poissons osseux, il existe, comme dans les espèces qui viennent d’étre citées, deux rangées de lamelles sur chacun des arcs branchiaux, mais, chez beaucoup de ces animaux, le dernier arc, celui qui est extérieur, n’en porte qu’une seule rangée. Le Chabot, dont nous aurons à faire l’histoire, en est un exemple, et l’on en trouve d’autres parmi les Poissons de mer. Enfin, dans plusieurs genres, on ne voit plus quo trois branchies de chaque côté, et, dans quelques types, deux seulement.
Certains Poissons meurent à peine hors de leur élément ; chez d’autres, la vie persiste pendant quelques heures. 11 en est qui ‘éprouvent le besoin de sortir de l’eau à des intervalles plus ou moins éloignés, et qui accomplissent des voyages sur terre sans en éprouver d’inconvénient. Personne n’ignore que des
HKSPIKATION ET OKCANES RESPIRATOIHES. U1 Angi'illps SC promènent fréquemment dans les prairies humides et SC portent parfois 2i de grandes distances, soit des rivières, soit des étangs où elles vivaient.
On se rend parfaitement compte de cette faculté. Ce qui entraîne rapidement la mort de l’animal aquatique, c’est l’affaissement et la dessiccation de ses’ branchies, qui cessent de fonctionner dès que leur tissu perd de sa mollesse. Or, si la chambre branchiale, comme chez les Harengs, par exemple, est assez largement ouverte pour laisser échapper toute l’eau au moment où le Poisson est amené à l'air, l’organe respiratoire étant mis à sec, l’animal expirera presque aussitôt. An contraire, si la chambre branchiale est conformée pour retenir l’eau, tout en permettant à l’air extérieur d’y pénétrer, l’animal pourra continuer à vivre. C'est ainsi que les Anguilles, ayant l’orifice des ou»«» très-étroit, ne souffrent point d’un séjour à terre, môme pendant un temps assez prolongé.
Mais il y a des Poissons bien mieux organisés pour entreprendre sans danger des voyages sur terre. Chez ceux-ci, il eiiste un réservoir constitué par des prolongements lamelliformes des os pharjngicns supérieurs. Ces lames irrégulières, contournées en divers sens, circonscrivent des cellules. C’est une masse spongieuse qui retient l'eau, la laisse écouler lentement, et humecte les branchies lorsque le Poisson est à sec . .Admirable prévoyance de la nature; les espèces qui présentent cette conformation au plus haut degré', habitent des contrées chaudes, où les
' L’Anabai Itttudineus, Cuvier, des Indes orientales, qui, d'après une aiKrtion du reste démentie, aurait la faculté de monter sur les arbres. Le Gourami {(kplmmemu tifai, Commenon)| de Ia Chine, introduit depuis le dernier siècle dans l’Ile de France, aujourd'hui ile Maurice, et plut récemment A la Guyane. Les Üphicépbales de l'Inde cl de la Chine, etc.
ri\iî!rcs, les mares, les étangs sont soii\ent dess(-chés. Une autre disposition tout aussi fa>orable pour le séjour hors de l’eau, se rencontre chez des Poissons du Nil, de la Sénégambié et du Gange Dans ces derniers, les arcs branchiaux portent à leur extrémité su[>érieure, de grosses touffes d’appendices arborescents très-propres à retenir l’humidité ; ces appendices, logés ilans une cavité au-dessus des branchies, agissent également à ( . la manière d’une éponge imprégnée d’eau.
Dans ces exemples, tout s’eApli(lue h merveille ; il n’en est pas de même pour d’autres conditionsd’existence qui dépendent de l’activité de la respiration.
Il est facile de se convaincre qu’il y a dans les besoins respiratoires dès Poissons des différences fort remarquables. Des espèces péris.sent asphyxiées dans une eau où d’autres espèces l>euvent parfaitement vivTe. Des Cyprinides trouvent, (vendant (vlusieurs jours, assez d’air dans l’eau d’un bassin où des Truites, miVne d'un très-petit volume, succomberaient dans l’espace de quelques minutes, (»ar le défaut d'une suIBsante quantité d’oxygène. Tout le monde sait que des Poissons habitent dés eaux stagnantes souvent très-impures, tandis que beaucoup d’es- (vèces n’existent qu'à la condition d'avoir des eaux claires, lim- |)idcs, roulant sur un fond de pierres et de gravier, où des chocs multi()liés favorisent leur aération. Le fait est constant, l’explication satisfaisante est encore aujourd'hui imjvossible à donner.
La respiration est unie de la manière la plus intime au phénomène de la circulation du sang, et, dans l'état actuel de la sciènee, on est loin de (vouvoir préciser tout ce qu’il y a do
' Les liélérobranclies de la famille des Silurides.
HESI’IHATION ET OltOANES R ESP I « ATOI K ES. 93 semblable et tout cequ’il y a de dissemblable dans les appareils circulatoire et respiratoire de deux Poissons destinés à vivre, l'un dans l’eau claire d'un torrent, l’autre dans une mare bourbeuse. Ce qui nous manque de connaissances intimes .sur les organes, nous empêche de comprendre des manifestations biologiques, sensibles pour l’observateur le plus superficiel. Exemple entre mille, de cette nécessité d’acquérir les notions les plus certaines sur la forme, sur la disjiosition, sur la structure des instruments, pour parvenir à expliquer le rôle de ces mêmes instruments, pour arriver à se rendre compte des modifications dans les grandes fonctions, entre les divers types du Régne animal, et souvent entre les espèces appartenant à la même division zoologique. L’expérience physiologique seule, dans sa simplicité, ne saurait conduire au but, sans le secours de ces études fondamentales.
Chez presque tous les Poissons osseux, il y a quatre paires de branchies, mais, déjà nous l’avons vu, la dernière est quelquefois incomplète ; elle manque même entièrement dans certains types et il est des espèces où il n’existe que deux paires de branchies.
D’un autre côté, chez les Ganoïdes (Esturgeons), il existe une branchie accessoire adhérente à la face interne de l’opercule et composée d’une seule rangée de lamelles.
Chez les Poissons cartilagineux, les branchies sont fixes; la chambre branchiale est partagée par des cloisons qui limitent ainsi, d’ordinaire, cinq poches respiratoires, quelquefois six ou sept, ayant chacune un orifice extérieur particulier. Tout le monde a observé, surles Raies, ces fentes branchiales situéesaudessous des nageoires pectorales. Dans ces Poissons, les lamelles branchiales, du reste très-semblables à celles des Poissons
9i HISTOIHE GÉNÉRALE DES POISSONS,
osseux, sont disposées en deux séries, à l’exception de celles de la dernière branchie, sur les arcs immobiles d’où s’élôxe la cloison, le diaphragme qui limite chacune des poches respiratoires.
Dans les Poissons suceurs (Lamproie, etc.), la confonnation de l’appareil respiratoire est différente. Ce sont des sacs brauchiaux n’ayant pas de communication directe avec 1e tube digestif, mais recevant l’eau par un conduit impair dont l’orifice est au fond de la cavité buccale et s’ouvrant au dehors par des trous.
§ 13. — De la vessie natatoire.
Quand un organe joue un rôle considérable dans l'économie de beaucoup d’ôtres, s’il arrive que des conditions d’existence particulières le rendent inutile à d’autres animaux médiocrement éloignés des premiers par l’ensemble de leur conformation, l’organe se retrouve ordinairement, soit à l'état de vestige, suit sous 1a forme d’un instrument destiné à une fonction spéciale. Les Poissons fournissent un exemple remarquable de cette tendance habituelle de la nature.
Chez le plus grand nombre des Poissons, il existe à la partie supérieure de la cavité viscérale, une grosse vessie que l’on désigne sous le nom de vessie natatoire par suite de l’opinion généralement acceptée que cet organe sert à l’animal, d'ap[>areil hydrostatique en lui permettant d'augmenter ou de diminuer le poids spécifique de son corps. On a pensé depuis longtemps que la vessie natatoire n’était autre chose qu’un poumon trèsdégradé, n’ayant pas de rôle dans la fonction respiratoire ou n’ayant qu’un rôle de très-minime importance, puisque certains Poissons sont entièrement privés de cet organe. Des observations assez récentes, faites sur des espèces peu étudiées jusqu'alors (le Lepidosiren, le Polyptère du Nil, le Lépidostée, le
VESSIE NATATOIHE.
Gÿmmarche du Nil, etc.), ont montré qu'il existait des intermédiaires entre les poumons et la \essie natatoire de nos Poissons ordinaires.
Chei oes derniers, la vessie natatoire est extrêmement modifiée dans ses formes, suivant les types, mais toujours elle est formée d'une membrane muqueuse interne et d'une tunique fibreuse extérieure, luisante et d'un blanc éclatant. Le plus souvent, un tube partant de sa portion inférieure débouche dans l’œsophage, près du pharynx, et établit ainsi une communication extérieure (Malacoptérygiens). Mais il est des espèces où cette communication qui existe dans le jeune âge, s'oblitère rapidement et chez un très-grand nombre de Poissons la vessie natatoire n’a jamais aucune communication extérieure, de sorte que les gaz qui la remplissent doivent être nécessairement le produit d’un travail sécrétoire.
Tout récemment des études sur la vessie natatoire ont mis en lumière quelques faits fort- intéressants. On savait par d’anciennes expériences que les gaz contenus dans la vessie natatoire sont un mélange d’oxygène, d’azote et d’acide carbonique en proportions variables, suivant les espèces et même suivant les individus. M. Armand Moreau a constaté chez des Poissons dont la vessie natatoire est close (Perches), que cet organe contient toujours une forte partie d’oxygène si l’animal est dans sa condition normale, que cet oxygène disparait peu à peu si l’animal ne peut plus en emprunter au milieu ambiant, s’il périt asphyxié'.
A l’egard de la vessie natatoire, nous devons encore rappeler ici le résultat fort remarquable d’une expérience due également
' CumiMts rendus de l’Académie des sciencs, I. I.VII, p. 37, (8tj3, et 1. I.VIII.p. -319, 1864.
,Mi IIISTOIHK (;ÈNfil(Al.K DT-S POISSONS,
il M. Moroau. Un sait que dos Poissons font entendre des bruits partieuliers, qu'ils l'metteni des sons, et, que l'on a désigné cette production de sons sous le nom de voix des Poissons. Plusieurs espèces sont connues sous ce rapport, notamment les Trigles ou Grondins. Jean Millier a traité de la voix des Poissons dans un mémoire spécial*. M. le docteur Dufossé en a fait le sujet de nouvelles rechcrclies mais le fait le plus curieux est celui qui a été obtenu par M. Moreau sur des individus du genre des Trigles ou Grondins, il a réussi par l’excitation d'un nerf spinal se rendant à la vessie natatoire à reproduire le bruit, le grondement que ces Poissons font entendre pendant la vie’.
La vessie natatoire est un organe qui joue peut-être dans l’économie de certains Poissons un rôle plus irajiortant qu’on ne l’a supposé ; cependant il est à remarquer que cet organe manque entièrement chez plusieurs espèces, dont le genre de vie parfois ne .semble guère différer de celui des espèces pourvues de cet organe.
§ 13. — De rappareil de la circalation du sang.
Le sang des Poissons, tout le monde a eu l'occasion d’en faire la remarque, présente les mêmes caractères physiques que celui des Vertébrés supérieurs, bien qu'il soit beaucoup moins riche en matériaux organiques. La quantité de ce fluide relativement au volume du corps est aussi moins considérable chez les Poissons que chez les Oi.seaux et les Mammifères. Les globules rouges que le sang tient en suspension sont plus petits que ceux des Batraciens et plus gros que ceux des Vertébrés siq>érieurs.
’ Utber rfi> Fische^ v^'the Tône von iich gebfn Archiv. 1857, p. 249.
• C^pirs rendut dt V.Xcadémif' des sdenreSy I. XI. VI, p. 352. 1858.
? Comptes rendue de l'Académie des seienceSj t. MX, p. 436. 1804.
■Oigiüjoohy Goo
cincri.ATioN ni sam:.
(l’est un fait à ajouter à beaucoup (Tautros, justifiant cette opinion des naturalistes : que les globules sanguins sont d’autant plus gros que la resjùnition est moins active.
Les instniments dont la fonction est de conduire le sang à tous les organes, et de rapporter ce fluide nourricier au cumr pour être chassé à l’état de sang veineux dans les organes respiratoires, d’où il sortira, ayant repris ses propriétés vivifiantes, c'est-à-dire à l’état de sang artériel, fournissent de magnifiques sujets d’étude chez les Poissons. Nous avons constaté déjà combien leurs particularités les plus essentielles sont caraotérisliques des animaux de cette classe.
Voyons donc comment sont conformés ces instruments.
Le cœur ne présente que deux poches contractiles î un ventricule et une oreillette, mais, dans presque tous les représentants de la classe, il existe, au-devant du ventricule, un élargissement, une sorte de réservoir, connu sr»us le nom de bulhe artériel. Ces trois parties, oreillette, ventricule et bulbe artériel, sont cnvelopiR’Csdans un péricarde et logées ordinairement sous les os pharyngiens entre les parties inférieures des arcs branchiaux et protégées souvent sur les côtés par les os de l’éiKude.
Dans quelques espèces, l’oreillette est située exactement en arrière du ventricule, comme cela se voit chez tous les embryons, mais, en général, elle remonte plus ou moins sur le veutricule. Celte oreillette, plus volumineuse que le ventricule, a des parois minces, garnies à la face interne de faisceaux musculaires entrelacés. Son orifice auriculo-ventriculaire est jHiurvu de valvules destinées à empêcher tout mouvement rétrograde dn sang, iji ventricule, très-variable dans sa forme suivant les types, offre le plus ordinairement la ligure d’une pyramide, dont la
Ivase est en avant. Ses parois, charnues et fort épaisses, présen-
Blaucharo. *7
9S IIISTOIHK (lÉNÈHAI.F. DES POISSONS,
lent deux couches do fil)res musculaires, presque toujours séparées runc de l’autre et constituant des colonnes charnues [iliis ou moins puissantes. Le xoliimc du cœur est loin d’étrc chez tous les Poissons, dans le même rapport axec la dimension du corps. Lacapacitédecetorftane parait être d'autant plusgrande, que les numvomentsde l'animal sont (iliis énergiques, la respiration plus active. Des obser\ationsbicn précises et bien comparatives sur ce sujet auraient un grand intérêt. Le bulbe n’est qu’un simple élargissement de l’artére. D’après dos recherches (jui méritent confiance, ses parois seraient le plus souvent dépourvues do fibres de nature à lui donner une contractilité propre, fibres dont l’existence chez certains Poissons(par exemple les Esturgeons) est incontestable. .\ son origine, le bulbe est garni cle valvules (lui empêchent le sang de retomber ilans le ventricule, et, à son extrémité, il offre un nombre plus ou moins considérable de ces reiilis chez la plupart des Poissons cartilagineux.
Un tronc artériel, en continuité avec le bidbe, Varlère branchitle, suivant la désigiuition adoptée, se porte en avant et se partage bientôt chez les Poissons osseux en cpialre branches, se distribuant aux arcs branchiaux qui sont en nombre égal. Dans les Cartilagineux, comme les Raies et les Squales, il y a cin(( paires de ces artères branchiales, sept chez les Lamproies et six chez d’autres Poissons appartenant à la mémo division que ces dernières. A l'égard de la longueur du tronc artériel commun, par conséquent îi l'égard du [xiint d’origine des artères jirojircs des Ivranchies, des différences extrêmes ont été constatées, mais jusqu'il présent, on n’est oint parvenu à apprécier rini|)ortancc de ces miHlifications sous le rap|iort jihysiologique.
Lej artères des branchies rampent d’ordinaire dans une gout-
CIHCrLATION Ul, SA.NO.
tièrc pratiquée au l)ord inférieur des arcs branchiaux, fournissant, sur tout leur trajet, une double série d’artérioles qui scdistribuent dans les lamelles branchiales, formant à la surface de ces feuillets si délicats, un réseau capillaire d’une merveilleuse richesse.' Le sang conduit dans ce réseau vasculaire passe ensuite dans un vaisseau qui règne au bord externe de chaque lanielle, d'où il est versé dans un système de vaisseaux efférents dirigés vers l’aorte dorsale. Ces vaisseaux, véritables racines du système artériel, recevant comme les veines pulmonaires de l'homme, le sang qui a respiré, c'est-à-direle sang artériel, sont habituellement désignés sous le nom de veines branchiales, terme vicieux, cominel’afait remarquer M. Xlilne Edwards, qui propose de les appeler artères cpibranchiales.
Ces vai.sscaux efférents des branchies courent parallèlement aux artères, mais en sens inverse, fournissant, sur leur trajet, les artérioles nourricières des branchies, l’artère coronaire du cœur, les artères de l'appareil hyoïde, des parties inférieures de la tète et des i>arüis abdominales cl formant les organes vasculaires connus sous le nom de pseudo branchies, d’où naît de leurs innombrables ramifications, un tronc destiné à [vorter le sang aux yeux. Parvenus à la base du crâne, les vaisseaux cfférc-nts s'anastomosent entre eux pour constituer les troncs d’origine de l'aorte, mais à leur sortie de l’appareil respiratoire, ils émettent une branche {artère eephalique), qui va se distribuer dans la région antérieure et sujR'rieure de la tète.
L’aorte dorsale règne dans toute la longueur du .corps, sous la colonne vertébrale, exactement sur la ligne médiane, envovanl au niveau de chaque espace intervertébral- une paire d’artères qui se ramifient dans tous les muscles du tronc et de laquelle, et, en outre, un vaisseau d’un volume considérable qui
mSTfJlUE (lÉNÉHAU-: DES POISSONS.
IDI)
londuit le sang à tous les viscères par des branches nombreuses ramifiées à l’infini.
Le sang ainsi porté par les artères sur. tous les points de l'économie, est repris par les veines que l’on distinguo en trois groupes : le sijshhne veineux rac/iiilien, dévolu aux muscles et aux dilTérentes parties do la chariiente solide ; le sijslème veineux viscéral, (nii ramène le sang dos viscères de l’abdomen, et enfin le système veineux bronchique, qui est limité h l’appareil hyoïilien. Ces trois groupes, diiréremment unis entre eux suivant les types, versent leur contenu dans un vaste réservoir en communication avec l’oreillette, réservoir désigné liabituellement sous le nom de sinus de Cuvier.
Les veines du premier système remontent en suivant le trajet des artères intercostales, pour atteindre de chaque côté de la ligne médiane au-dessous de l’aorte, un vaisseau longitudinal {veines cardinales) qui conduit le sang dans le sinus de Cuvier, après avoir reçu deux vaisseaux {reines juyulaires), chargés de ramener le sang de la tète. 11 faut ajouter qu’une portion de sang veineux retournant des parties postérieures du corps, principalement par la veine caudale (résultant de la fusion en arrière des deux veines cardinales) est d’abord porté dans les reins par une veine {veine porte rénale) qui se ramifie dans ces organes de la même manière que celle du foie. Les ramifications se rejoignent ensuite, deviennent les veines rénales (|ui se jettent dans les veines cardinales.
Le système veineux viscéral est plus compliqué; les petites veines qui naissent sur les parois des viscères abdominaux, s’abouchent successivement pour former un tronc {veine porte hépatique), qui traverse le foie, distribuant des branches et d’i nnombrablcs rameaux dans cet organe à la façon d’une ar-
tlHCI I.ATION Df SAN»;. • ICI
tùre. Les dernières runiifications, sc réunissant ensuite, constituent une veine (veine hépatique') qui se rend, comme les autres, dans le grand sinus.
Chez certains Poissons, des vcitics viscérales présentent des divisions nombreuses, avec d’infinies ramifications qui constituent des réseaux admirables comme les anatomistes les appellent. Particulièrement chez les Cartilagineux , il y a des dilatations des veines et parfois des communications entre elles ainsi que des sinus caverneux situés îi la partie supérieure de la cavité viscérale.
Les veines qui ramènent le sang de toutes les parties de l'appareil hyoïdien se déversent directement aussi dans le grand sinus commun à son entrée dans l’oreillette.
Le sinus de Cuvier, qui reçoit la totalité du sang noir ou sang veineux revenant de toutes les parties du corps, est un grand réservoir, une vaste jioche à parois minces. Ce réservoir situé en arrière du péricarde chez les Poissons osseux, est logé avec le cœur dans le péricarde lui-mème chez les Cartilagineux, comme les Haies et les Squales. Il s’ouvre toujours dans roreillettc, dont il est souvent séparé îi l’intérieur pardeux valvules.
Tel est, dans sa plus grande généralité, l’appareil de la circulation du sang dans les Pois.sons ; mais il est à jieine besoin de le dire, il existe, suivant les types, une foule de modifications secondaires qui acquièrent parfois une importance considérable. Des particularités pleines d’intérêt, dans la disimsition des vaisseaux, ont été constatées chez certaines espèces. Les recherches de MUller de Berlin et de .M. llvrtl de Vienne ont été à cet égard des plus fructueuses. Le sujet est si vaste cependant, d’une étude si longue et si difficile, que nous sommes
OluignO.s encore du temps où la connaissance parfaite de tons les détails de l'ajipareil circidatoire chez les types principaux de la classe des Poissons, permettra de s’élexer il l'exacte généralisation de tous les faits et de comprendre quelles sont les modiGcations phjsiologiques qui coïncident avec ces dispositions anatomiques *.
§ 15. — Des fonctions digestives et des organes de la digestion.
De tous les animaux, il n’en est guère qtii paraissent aussi occupés d'une manière incessante de la recherche de leur nourriture que les Poissons. \ l’époque de la reprmlnction seulement et [tour un espace de temps plus ou moins limité, leurs hahitndes, d’ordinaire si uniformes, se modifient sous ce ra|.port.
Ces animaux doués d’une puissance digestive remarquable, avalent presque indistinctement tout ce qui est à leur portée. La voracité de beaucoup d’entre eux est pour ainsi dire proverbiale. Ün les voit engloutir des proies énormes relativement à leur [tropre volume, et a[irès un repas qui semble prodigieux, on les trouve dis|tüsés à le renouveler si l’occasion est favorable, circonstance suffisante pour dénoter la singulière activité de leurs fonctions digestives. Cette voracité, on le comprend, se manifeste en raison de la dimension de leur bouche et de la
’ Il evisic clicï les Poissons, un système lymplmliqiie, mais ne pouvant enlrer ici dans tous les détails que comporterai! une description même assez succincte des principaux vaisseaux chylifères et lymphatiques, nous engagerons ceux qui voudraient acquérir les notions que l'on possède aclueltemenl sur ce sujet A recourir aux Lfçont sut la Phjsiotoÿie el t’Anatoiniê comparée de M. Milne Edwards (t. IV, p. 471). Ils y trouxeront un résumé précis des faits les mieux constatés.
FONCTIONS OICESTIVES.
puissance de son armature. Les Pois.sons sont carnassiers pour la plupart, mais parmi les es{)èces dont la bouche est dépourvue de dents, il en est beaucoup dont le régime est végétal ; ces dernières .néanmoins avalent encore des insectes, des vers, des mollusques, du frai, etc.
L'accroissement des Poissons se fait avec lenteur ou avec rapidité, selon l’abondance de la nourriture. Ces animaux en général peuvent subir un jeûne extrêmement prolongé sans jiérir; les personnes qui conservent des Poissons rouÿcs dans des vases, manquent rarement d’en faire une naïve expérience, en oubliant de prendre la jicine de les nourrir. Lorsque les Poissons sont ainsi soumis à un jeûne absolu, iis diminuent de volume jusqu'à ce que l’épuisement détermine la mort. S’ils ont pou de nourriture, leur accroissement marche avec une extrême lenteur, mais si les subsistances abond|$nt, ils grossissent avec une merveilleuse rapidité. Les personnes qui se proposent d'empoissonner des lacs ou des rivières, doivent donc se préoccuper avant tout de savoir si les eaux sont suffisamment peuplées d’animaux et de végétaux pour que les Poissons sur lesquels reposent leurs espérances y trouvent une alimentation suffisante ; condition essentielle pour que l’accroissement des nouveaux habitants ne vienne pas à languir.
Chez les Poissons osseux particulièrement, la mâchoire supérieure a presque toujours une grande mobilité, ce qui permet à la bouche d'offrir un vaste orifice. Les formes et le développement des pièces qui constituent la charpente buccale sont tellement variés qu’on ne saurait en donner une idée complète sans entrer dans une infinité de détails.
Rien de plus variable aussi que l’appaftil dentaire dans cette
10» HISTOIRE r.ÉNÉRAI.E DES POISSONS,
classe d’animaux. 11 y a des Puissons dont la bouche est d«:poiirvuc do dents; il y en a d'autres qui en ont sur toutes les parties de la cavité bucc.ale et pharyngienne, c’est-à-dire aux deux mâchoires, au vomer, aux [lalatins, au sphénoïde, à la langue, aux os pharyngiens, et même aux arcs branchiaux. Sous le ra[iport du motle d’implantation et des formes, les dents offrent également la i>lus grande diversité. Elles sont simplement engagées dans des parties molles chez les Poissons cartilagineux. Dans les Poissons osseux, où le plus souvent elltts sont insérées dans des alvéoles, on les trouve fréquemment ,soud(%s ou même confondues avec l’os qui les jiorte; dans quelques exemples, elles sont mobiles dans une direction déterminée.
Les dents qui garnissent les mâchoires, le \omer, les palatins de certains Poissons, sont souvent en nombre immense et si petites et si serK*es les unes contre les autres (chez la Perche par exemple), qu'il faut les examiner de prés (tour les bien distinguer. Ces dents três-sensihles au toucher présentent dans leur ensemble, l’apparence d’un velours; de là le nom, de dents en velours, introduit jvir Cu\ier. Lorsque les dents, dispo.sées d’une manière analogue, deviennent plus longues, ce sont des dents en ràpe{\mT exemple, les dents du xonicr chez le Brochet) ; plus effilées encore et recourbées vers le bout, ce sont des dents en corde. Chez divers Poissons, les dents ont l’aspect des canines des Mammifères ; chez d’autres, elles sont en forme do tubercules ronds ou ovales, en forme de cônes, en forme de lamelles avec tous les intermédiaires, toutes le, s modifications imaginables.
11 est un groupe ichlhyologique (les Lamproies), où la bouche est conformée d’une manière bien différente de celle des