‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 19 sur 132 · FONCTIONS DIGESTIVES · texte numérisé non relu

FONCTIONS DIGESTIVES

autres représentants de la classe, mais il est inutile de nous en occuper ici ; les remarquables caractères de cette bouche se trouveront exposés dans un chapitre spécial.

La langue existe chez le plus grand nombre de Poissons. Cet organe, toujours dur, peu mobile, porté par l'os hyoïde qui est plus ou moins avancé entre les deux branches de la m;ïchoire inférieure, ne se déplace guère que par les mouvements de l’appareil hyoïdien. La langue étant ainsi incapable de se projeter au dehors ne sert en aucune manière à la préhension des aliments. ■

Dans la cavité buccale, un voile membraneux qui se fait ordinairement remarquer on dedans de chaque mâchoire, paraît avoir pour usage d’empêcher les aliments et l’eau avalée pour • les besoins de la respiration, d'être rejetés par la bouche. Les dentelures des arcs branchiaux servent à leur tour, lorsque les ^^j^lments sont portés plus loin, à les empêcher de tomber entre fentes branchiales.

({^ On connaît le double rôle de la salive chez l’homme et les animaux supérieurs; la salive, agent mécanique, facilite la préhension des aliments et la déglutition, agent chimique, elle est le dissolvant de certaines substances. Pour des animaux qui avalent dans l’eau et qui ne mâchent point, ce liquide était inutile; les glandes salivaires manquent chez la plupart des Poissons, et s’il en existe, elles sont extrêmement rudimentaires. Les Cyprinides et plusieurs autres Poissons, ont le palais recouvert d’un tissu mou, épais, renfermant des cryptes que l’on considère comnae de petites glandes salivaires, et sous la membrane muqueuse du palais, il y a également de petites glandes chez les Raies. Mais dans les Lamproies, qui pondant la déglutition Délaissent pas pénétrer l’eau dans leur bouche, il

100 HISTOIRE r.ÉNÉHAI.E DES POISSONS.

existe une paire de glandes ayant des conduits excréteurs qui

s’ouvrent dans la cavité buccale.

Le pliar) nx est soutenu chez les Poissons par les os pharyngiens qui sont soment garnis de dents puissantes, de sorte que les aliments subissent une trituration avant de passer dans l’œsophage ; leur séjour un peu prolongé dans cette portion du tube digestif, étant sans danger pour des animaux à respiration branchiale, ün a même observé que des espèces herbivores, après avoir gorgé leur estomac, avaient la faculté d’en faire remonter le contenu pour le broyer entre les dents pharyngiennes.

Le canal intestinal est presque toujours contenu en entier dans la cavité abdominale. D’ordinaire, l’œsophage est un tube large qui se confond insensiblement avec l’estomac. L’estomac lui-méme, dans une infinité de Poissons (par exemple les Gyprinides) u’oITre point en arrière de limite nette, aucune valvule ne le séparant de l’intestin. Dans d’autres, il est plus ou moins renflé ou mémo globuleux et chez beaucoup d’espèces c^arnassières, il forme un sac parfois très-vaste, rejeté de côté, en sorte que l'orifice pylorique se trouve à l’extrémité d’une portion étroite et h peu près cylindrique, ün s’ex|)lique parfaiti^ment cette conformation pour des animaitx qui doivent retenir une proie souvent volumineuse dans leur estomac afin qu’elle soit digérée en entier. Des Poissons de plusieurs groupes ont un estomac dont la portion pylori(pie renflée ou pourvue de parois musculeuses fort épaisses, devient un organe triturant, h la façon du gésier des Oiseaux (les Muges, les .\loses, etc.).

L’intestin varie extrêmement sous le rapport de la longueur. Toujours un peu plus long que le corps chez les espèces car^

FOKCTIO>S DIGESTIVES.

nassièros, il pri'^entc quoIqiiCîi courbures. On ne connaît guère que les Lamproies, où le tube alimentaire se porte absolument en ligne droite de la Ixiuche à l'orifice anal. Il en est pour les. Poissons comme pour les animaux des autres elasses; ce sont les herbivores dont l'intestin fort long, se trouve nécessairement très-replié sur lui-même. Dans les Carpes, le tube digestif n’a pas moins de deux fois la longueur du corps.

Les parois de l’intestin des Poissons sont constituées, de même -que chez les animaux siq)érieurs, par une membrane externe musculeuse, et par une membrane interne dite nniqueuse. Seulement cette dernière n'offre pas, le plus souvent, de villosités analogues à celles qu'on rencontre dans les Mammifères et les Oiseaux. La surface de la muqueuse intestinale, presque lisse chez certaines es|)èccs, pn'^sente simplement dans les autres circonstances des cellules ou aréoles polygonales, CSHime la Perche et l’Anguille en fournissent des exemples dos plus caractéristiques. L’entrée du gros intestin est aussi pourvue d’un gros bourrelet fonctionnant îi la façon d’une valvule pour empêcher le retour des matières deseendues jusqu'à l'extrémité du tube alimentaire.

Une disposition -bien curieuse, destinée à allonger le trajet que doivent suivre les matières alimentaires, existe chez la plupart des Poissons cartila;4ineux. Cette disposition est fournie par une large bandelette contournée en spirale et adhérente par son bord externe à la muqueuse, dans presque toute la portion moyenne du canal. I<es anatomistes ont donné à celte sorte de rampe le nom do valvule spirale.

Comme chez les Vertébrés supérieurs, le tube digestif est accompagné de glandes particulières, les ‘appendices pyloriques, le foiCj le pancréas.

ins

iiisroïKi': r.É\f;iiAi,K i>ks poissons.

Lps apiRMidu'O-S j)yli)riqueÿ, tubes aveugles s’ouvrant dans l'intestin au voisinage du pylore, paraissent avoir un rôle analogue à celui de petites glandes (pie l’on trouve chez les Mammifères logées dans les parois mêmes de l’intestin (fçlandes de I.,ieberkühn). Il est des Poissons où les a]>pcndices jiyloriques sont en nombre énorme, comme les Truites et les Saumons; d'autres, où il n’y en a que deux ou trois, d'autres un seul. Ces orgpnes sécréteurs, aussi variés dans leurs jiroportions que dans leur nombre, débouchent en général isolément dans l’intestin, mais chez diverses espèces, ils se réunissent plusieurs ensemble pour s’ouvrir par un conduit commun.

Le foie est toujours assez voluminimx. Tantôt ramassé, tantôt plus ou moins allongé, il peut constituer une seule masse (Saumon, Brochet, etc.), ou présenter un lobe (Perche), ou offrir des divisions assez nombreuses. Le canal qui verse la bile dans l'intest in (canal cholédoque), s’ouvre en arrière du pylore. La vésicule du fiel a été observée d'une manière presque constante.

Le pancréas manque chez beaucoiq) de Poissons osseux, et dans les espèces où cette glande existe, elle est toujours trèspetite. Ses canaux se réunissent i>our former un setd conduit qui va déboucher dans l’intestin, près de l'orifiee du canal de la bile. Dans les Poissons cartilagineux, il est en général assez volumineux.

La rate, sorte de glande sanguine, dont le rôle dans l’économie est encore très-imparfuileinent connu, se trouve, chez la plupart des Poissons, accolée à l’estomac ou îi la portion antérieure de l'intestin. La rate est beaucoup jilus volumineuse chez les Poissons cartilagineux que chez les Poissons ordinaires, et dans les Estuigreons, elle est multiple.

Les intestins et les glandes sont enveloppés, comme chez les

SÉCKÉTION miNAMlE. hOl)

autres Vertébrés, par le péritoine et séparés ainsi île la caiité qui contient les reins. .

§ 16. — Des organes de la sécrétion urinaire.

Les organes urinaires ou les reins ont un volume très-eonsiilérable chez la plupart des Poissons. "En général, ils occupent toute la longueur de la cavité abdominale, s’étendent même chez certaines espèces entre la base du cn\ne et l’apparcH branchial ou jusque dans la région caudale. Dans tous les cas, ils sont fixés au-dessus des autres viscères de l’abdomen, de chaque côté de la colonne vertébrale, se montrant le plus souvent réunis l’un à l’autre, soit dans quelques parties de leur longueur, soit dans toute leur étendue.

Ces glandes sont composées, comme chez les autres Vertébrés, de tubes ou de canalicides urinifères communiquant entre eux et terminés chacun par une ampoule désignée sous le nom de corpuscule de Malpvjh!, du nom de l’anatoinislc qui le premier en reconnut l’existence.

Le canal collecteur du produit urinaire versé parles canalicules, l’uretère, règne près de la face inférieure du rein, s’en sépare en arrière et s’unit à celui du côté opposé pour former un seul conduit. Celui-ci débouche dirccteincnt au dehors par l’orifice des organes de la reproduction, ou par un orifice particulier situé un peu en arrière de ce dernier, après avoir formé une dilatation, une vessie, diversement conformée suivant les espèces *.

Chez les Poissons cartilagineux (Raies, Squales, etc.), les

' Pour pins do détails, voir Miliic Edwards, Leçons Sftr la Physiologie et rAiinloinie comparée, I. VII, p. ,151 cl suivanlos.

HISTOlUli GÉ.NÉHAI.E DES POISSONS.

reins sont médiorrement d^velopp<'‘s et très-ordinairement partagés en une snile de petits lobes.

ün n’a jusqu’à présent que peu de données sur la composition chimique de rurine des Pois.sons. Cependant, on a constatédans ce liquide, la présence de l’acide urique et de plusieurs sels alcalins.

Nous ne pouvons qu’indiquer ici la présence de glandes dont le rôle est encore complètement (d)scur et que l’on nomme, à raison de leur situation par rapport aux reins, les glandes surreuales. Elles consistent chez les Poissons os.seux en corpu.scules blanchâtres, arrondis et enveloppés d’une tunique. Dans [ilu- .sieurs Poissons cartilagineux, elles ont l’apparence d’une bandelette d’un jaune vif.

§ 17. — D« U. reproduction.

On est sans doute trop persuadé que les Poissons sont des créatures, non-seulement dénuées de tout \estige d’intelligence, mais encore privées de la plupart des instincts dont une foule d’autres animaux foiirni.ssent des exemples. Cette opinion a été reproduite sous mille formes, surtout avant l’éjaïquc où des observations précises sur l’industrie de quelques espèces ont pu donnera penser que beaucoup de Poissons étaient mieux i*artagés qu'on ne l’axait supjKxsé.

Les Poissons, chez lesquels, pour la plupart, aucun rapprochement intime ne s’oj)èrc entre les individus des deux sexes, nous semblent rester fort indifférents les uns pfiur les autres ; mais l’ojiinion conçue à cet égard est peut-être fort erronée, l'oiir ces animaux, dont la xie s’éçoulc hors de la portée de notre vue, les habitudes, les mœurs échappent à l’attention, si l’on n’a recours à certains moyens, toujours assez dillicih-s à luettre en pratique,

nKPUoincTioN.

pour bien observer. On so trompe souvent lorsqu’on croit qu’il ne se passe rien, là où l’on n’a rien su voir.

Avec les idées frénéralenient acceptées touchant la notion que les Poissons peuvent prendre des objets extérieui-s, comment s’expliquer les changements qui se manifestent chaque année chez ces animaux quand arrive l'époque de leur reproduction? Tout à coup, certaines espèces dont les coideurs étaient ternes SC parent des plus vives, des plus éclatantes nuances; comme les Oiseaux, elles revêtent leur parure de noce. Qui n'a remarque au printemps ce chétif Poisson si commun dans les ruis.seaux, et que tout le monde appelle le Vairon. 11 .est splendide alors : son dos brille de teintes métalliques bleues ou vertes; scs lèvres, ses joues, son ventre, scs nageoires, d’un magnifique ronge écarlate, le rendent éblouissant. A qieine a-t-il satisfait à cette grande loi.de la nature qui assure la [lerpétuité dtjs êtres, que ses brillantes couleurs s’effacent, les tons métalliques disiwraissent, le beau rouge des parties inférieures du corps s'affaiblit jusqu’à ce qu’il n’en reste plus de trace. L’animal a repris sa modeste livrée.

Desïransformations analogues, toutaussi saisissantes, chez les Ëpinoches, ont été décrites avec un soin et une élégance dignes du sujet. La Perche, qui charme les yeux par la beauté et la variété de sa coloration, ne' se montre dans tout son éclat qu’à l’époque du frai. C’est alors surtout que scs nuances vertes donnent le mieux leurs reflets dorés , que le rouge de ses nageoires est dans toute sa vivacité. Un pareil changement a lieu chez une infinité de Cyprinides, comme les Roches, les Rolcngles, etc. Parmi les Salmonidés, la parure de noce est encore bien sensible. L’Ombrc-chevalier, d’ordinaire d’un gris de jierle pâle, avec la partie inférieure du corps blancliâtrc , se colore sur

le (Iqs (l'une teinte bleiiAtre, sur Ui ventre d'un ton orangé.

Dans le momie des Poissons, il (ïst certain qu’à l’éjKiquo de la reprodiKJtinn un irrésistible instinct jwusse les individus des ,deu\ sexes à se rapprocher et à vivre en compagnie, au moins pendant un certain temps. Ou a dmitti de l'attrait (pie les individus d’un sexe [MUivaienl exoreer sur les individus de l’autre sexe, parce que, chez le plus grand nombre de ccis animaux, il u!y a jamais de raiiprochemcnt intime entre les mâles et les femelles ; mais ces parures de noce dont il vient d’étre quc.stion, ne témoignent-elles pas bien évidemment de sensations dont les(Hres d'un onire (diLs élevé éprouvent le charme?

Parmi les espèces qui construisent des nids plus pu moins [larfails et le nombre semble aujourd'hui en être assez considérable *, les mâles se (tortent avec ardeur à la recherche des femelles et réussissent à les attirer jus(pl'à l’endrojt préparé pour recevoir le dépéitdes œufs. Des Poissons vivant isolés pendant prescpie toute raiinoe, se montrent par tiviupes à l’époque du frai, les mâles poursuivant les femelles et nageant près d’elles sans les quitter d'un moment. Instinct indispensable pour assurer la propagation de l’espijce, ainsi qu’on en a acquis la preuve par une suite d’observations et d’expériences. Les œufs que déposent les femelles seraient perdus, s’ils n’étaient fécondés aussitôt api'ès la ponte. Si)allanzani, ce naturaliste plein d’idées ingénieuses, avait constaté que les œufs des Grenouilles |)crdaieut avec une étonnante rapidité la faculté d’étre fécondés MM. Prévost et Dumas se sont assures de l’exactitude

' On peut consulter 4 cet égard de nouvelles observalions sur des Poissons marins, ducs 4 M. f.crbe. Revue et Mayaeiu de Zooloÿie, p. 273 et 337, 1864.

’ Spallanzani, Expériencet pour tervir à l'histoire de la généralion, traduction française, p. 137. (ienéve, 1783.

■ . Digitizeerby Coogle

HKI’HODUr.TION.

de l’observation de l’auteur italien, tout en admettant encore une vitalité des œufe plus grande peut-être qu’elle ne l’est en réalité dans la plupart des circonstances M. Ck>steavu, chez les mêmes animaux, que très-ppu d’œufs restaient inféconds, si l'imprégnation avait lieu immédiatement ; que plus de la moitié étaient perdus au bout de cinq minutes, le tiers après dix minutes. Dans une expérience, sur 140 œufs, 5 seulement furent féconds après une demi-heure et pas un seul après une heure*. Pour les Poissons nous n’avons pas de chiffre aussi précis à dter, mais nous savons néanmoins que les œufs périraient également s’ils n’étaient imprégnés de la laitance, au moment même de leur émission, surtout lorsque la température est un peu élevée. Sans l’attachement des mêles pour les femelles, pendant une période de l’année, la propagation des espèces cesserait d'être assurée.

D’un autre cété, lorsque la laitance est répandue, ia vitalité des corpuscules fécondateur ne persiste dans l’eau, leur véhicule naturel, que durant quelques minutes. D’après les expériences de M. Coste, les corpuscules fécondateurs perdent leur motilité et en même temps leur propriété, au bout de deux à trois minutes pour le Barbeau, la Carpe, le Gardon, six à huit minutespour le Brochet, la Truite, le Saumon. D'après les expériences de M. Millet, la vie de ces corpuscules fécondateurs a une durée moindre encore, lorsque la laitance est complètement délayée dans l’eau.

Chez les Poissons osseux, les organes de la reproduction sont

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> Deuxiim* uiémuire êar la t/éiiéraitun. — Annales des sciences naturelles, t. Il, p. 134. 1824.

* Cotte, Sistoire ÿénirtile et partir ulière du développement des corps or-

fanûés, t. Il, p. 44. 18S0.

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Ili IllSTülUK (iÉNÉRALE DES l•OISSO^S.

d’une extrême simplicité. Ou les trouve jiresqiie toujoui's h^és en entier dans la cavité abdominale, où iis svint maintenus en place par des re[ilis du péritoine. Le.s ovaires consistent ordinairement en deux sacs ayanl des pawis constituées par deux tuniques, l’une musculeuse, l'autre membraneu.se, et ]K)urvues à l’intérieur de replis variables dans leur direction comme dans leur nombre. Chez beaucoup d’espèces, les ovaires sont en continuité avec des oviductesqui se réunissent bientôt en un ■canal commun s’ouvrant iiar un isire situé au voisinage de l’orifice anal ; tels sont le.s Epinoches, les Cv prinides, les Hrocliets, les Harengs, etc.

Il y a divers Poissons dont l’un des ovaires est atrophié, c’est le cas pour la Perche. 11 est des espèces, comme les Truites et les Saumons, où il y a absenci* d’oviductes, de sorte que les œufs tombent dans la cavité abdominale, d’où ils sont expulsés par deux ouvertures placées un peu eu arrière de l’anus, au moyen des contractions des muscles abdominaux.

Chez les Ganoïdes, les Esturgeons en particulier, il y a discontinuité entre les oviductes et les ovaires. Lorsque les œufs abandonnent les ovaires, ils descendent ainsi dans la cavité abdominale pour passer ensuite dans les oviductes; ceux-ci, évasés dans leur portion suiiérieure, se confondent dans leur portion inférieure avec les conduits des reins (uretères).

Dans les Cartilagineux, tels que les Haies et les Squales, il y a toujours solution de continuité entre les ovaires et les ov iductes, comme chez les précédents et comme chez tous les 'Vertébrés supérieurs, de sorte que les œufs doivent traverser une partie de la cavité limitée par le péritoine avant d’atteindre l’embouchure des oviductes, qui est en forme de trompe évasée.

Parmi les Plagiostomcs (Hequins, Squales, Raies, etc.), il y a

HEPRODliCTION.

ir:

des espèces ovipares et d'autres vivipares. Chez les premières, la coque de l’œuf parait être produite par un organe spécial, sorte de glande formée de canalicules pressés les uns contre les autres et située au sommet de Toviduete. Chez les espèces vivipares, les jeunes se développent dans une dilatation de l’oviducte (utérus) et sortent libres de toute enveloppe.

Les organes mftles des Poissons osseux ont la même simplicité que les organes femelles. Ce sont deux sacs ayant la même apparence générale que les ovaires, pouvant comme ces derniers présenter des lobules ou des divisions. Parfois il n’existe qu’un sac ; lorsqu'il y en a deux, leurs canaux déférents se réunissent en im seul conduit qui se jette dans le canal de l’urètre et s'ouvre au dehors, j)our donner passage à la laitance, soit dans une petite papille, soit dans une fossette placée en arrière de l’orifice anal.

Dans les Poissons cartilagineux les plus parfaits (Raie?, Squales, etc.), les organes mêles sont deux corps larges et aplatis divisés par loges contenant chacune une vésicule remplie de cellules. Ces organes en communication ]>ar des vaisseaux avec un épididyme composé de canaux flexueux, se lermineni parunconduit déférent qui déboiichedans la portion élargie des uretères (vessie). Chez les espèces où s’effectue un rapprochement intime entre les individus des deux sexes, on remarque an bord de l'orifice, des organes en forme de tenaille *.

' Nous n'avons pas parlé dans cet aperçu de l'organisation des Poissons, des organes électriques des Torpilles, des Gymnotes, etc. l'iie description de ces organes dont il n'y a pas d'exemple chez nos Poissons d'eau douce, nous aurait obligé é entrer dans de trop longs développements, mais ceux qui voudraient en faire une élude, pourront consulter: Matteucci et Savi, Truité des pliéiwménts éleclrii,uts, Paris, 1841, et surtout le beau travail de Max Scliulize, Ueber die eleetrisehen Organe

H6 histoire générale des poissons.

§ 18. — Du Développement.

Au mnmpiil de la ponte, l’œuf des Poissons osseux, se compose du \itellus (le jaune), de gouttelettes d'huile, de la vésicule et des taches germinatives, de la membrane vitelline et de la coque qui est percée de petits trous que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de micropyUs *. Cest par ces ouvertures microscopiques que les corpuscules fécondateurs de la laitance pt'nètrent dans l'intérieur de l’œuf. Peu d’heures après la fécondation, la membrane vitelline, par suite de la pénétration de l’eau, s’isole de la coque, de sorte que le vitellus tourne librement dans l’œuf. Le vitellus n’offre ni vésicules ni cellules, mais il a des globules libres en nombre moins considérable que dans l’œuf des autres animaux, à cause de I abondance du liquide albumineux et des particules huileuses qui se ramassent pour former de grosses gouttes. Bientôt les globules viU'llinsse porh'nt vers un point de la surface et le germe apparaît sous la forme d’une ampoule. Peu après, le germi; prend 1 a(>parence d’une vésicule diaphane, comptvsée de cellules globuleuses ; un fractionnement se produit, et la phase de sillonnement accomplie, le germe embryonnaire affecte une forme hémisphérique présent*' un aspect grenu. L'embryon s’isole de plus en plus de la vé-sicule vitelline, par suite du développement de la membrane (blastoderine)qui vient envelopper le viU'llus. (Kirtirile ce moment, les principales régions du corps commencent îi être distinctes ; un sillon dorsal se montre sur toute la loi\-

dfT Fisehf, IS’iS, c( Annales des sciences nalurelh s, 4* *ér., t. XI, p. :)75.

' On IrmiïC de* obsorvalions nombreuses sur le micropyle des Poissons dans un mémoire de M. Reicbcrl. .Mdller's Aicé.V, ISâfi, p. S.t.

l)ÉVEI,OPPKHt;NT.

giieiir de l'embryon, la tête sc renfle et semble être une vésicule vide. Un peu plus tard, le sillon dorsal se limite on avant, les divisions vertébrales deviennent sensibles, trois divisions se dessinent avec une netteté croissante dans la ré^jion céphalique. Ensuite, la corde dorsale devient distincte, les divisions vertébrales se prononcent davantage, les vésicules oculaires s'isolent sur les côtés de la région moyenne de la tête, et celle-ci se remplit de cellules nerveuses. Après ces formations, le cœur se montre sous l'apparence d'un petit cône solide, apjmyê sur le vitellus ; sa cavité se forme bientôt et l'on y ajierçoit des globules sanguins ; les vaisseaux apparaissent ; la eirculation du sang est établie ; l'intestin se constitue et prend sa forme tubuleuse ; la tête se dégage peu à peu du vitellus ; un pig-

Ftg. 3. — dCuf de saumon ap'és la fécondation, de gnindeur nulurelie. ~ ^17. 4. ~ Le même grossi.— S. — (Kuf de saumon dont rembrjoii est distinct eu entier, au travers de la coque. — Ftg. 6. — Saumon venant d'e* clore, grossi. — F>g. 6*. — Sa grandeur naturelle.

ment commence à se manifester sur les parties latérales du corps et sur la tête.

L’embryon tout entier est alors très-distinct au travers de la coque de l’œuf. 11 est arrivé à terme; le jeune pojsson éclôt.

ll« IIISTOIHK ^.KNÉRAI.E ItES POISSONS.

[wrtant apperidiie à son vcnlrp la vésicule \ itelliiie contenant des eouttes d'huile soment fort grosses, et des vaissfvmx sanguins élégamment ramifiés, l'eu à peu cette vésicule se résorbe. Tonies les parties du cor|)s, pièces oi>erc)daires, nageoires, se développent, et loisque la vésicule a entièrement dispani, l’animal doit commencer è chercher sa nourriture. Rien de plus joli que les jeunes Poiss(vns au sortir de l’œuf ; au travers de leurs tissus délicats et diaphanes, on |M'uI voir et compter les

battements de leur cœur, suivre tout le trajet de leurs artères >

et de leurs veines et observer ainsi la circulation entière du sang

La rapidité de la marche du développement est evtrémemcnl variable pour les dilTerentes espèces de Poissons; chez lK>aucoup d’entre elles, huit à dix jours seulement s'écoulent entre la inuite et l’éclosion (Perche, (Ihabol, Kpiinx-hes, etc.); chez d’antri's, environ deux mois (Salmonidés).

Dans l’cBuf des Poissons cartilagineux, le vitellus, bien différentde relui de l’œufdes Poissons osseux, est constitué par des cellules analogu(‘s à celles du jaune de l’œuf des Oiseaux ; seulement ces cellules, au lieu d’étre remplies dégranulés, reuferment des corpuscules quadrangulaires d’asjx-cl cristallin. La vésicule germinative est d’une élasticité telle qu’elle s<> rompt si l’on vient à la comprimer.

Il est des Pois,sons qui naissent et grandissent sous une forme particulière et subissent une transformation, une véritable métaraorphos<', après être arrivés plus ou moins |)rès du terme de leur croissance. Les Lanqiroies nous en fourniront un exemple.

' SI. Millet a observé le nombre des Imllerni'iils du cœur ebei les Truites et les Saumons nouveau-nés sous les dilTérenls degrv'sdc lemlicrature. Voir lirrue ilri Suriéiét savaiilf, I. VI, p. üO”. ISOt.

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