‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 23 sur 132 · PERÇU K · texte numérisé non relu

PERÇU K

[lalatin et l'on en trouve encore an pharynx plusieurs plaqnes. (l’est une armature très-propre à retenir une proie jusipi'à ce que les mouvements de déglutition 'raient fait passer dans l’œsophage.

Les narines ayant chacune, deux orifices assez rapprochés l’un de l’autre, sont situées au-devant des yeux, .\u-dessous, on ajK'rçoit distinctement sur les sous-orbitaires de petites fossettes plus ou moins apparentes. La joue, dépoumie do toute durasse, porte en arriôrede l’œil de très-petites écailles.

L’appareil operculaire appelle l’attention par la présence de mignonnes dentelures; une sorte d’armature d’une remarquable élégance. Le [)réopercule, long et étroit, lisse à sa surface, a son

bord postérieur pourvu de petites dents coniques, très-régulières. Ces dents qui parussent taillées avec une admirable perfection, surtout chez les jeunes indiv idus, s’affaiblissent vers la jxvrtiôn basilaire du préopercule. .\u bord inférieur de celte pièce, il existe encore cinq ou six dents, mais celjes-ci sont beaucoup plus fortes que les autres, un peu courbées et dirigées en avant. L'opercule garni de petites écailles dans sa moitié supérieure, pi-ésente de fines stries rayonnées qui disparaissent presque, sous une ponctuation noire assez serrée, il se termine par une forte pointe au-dessous de laquelle on aperçoit quelques dentelures peu prononcées et fort irrégulières. De petites dents .serrées et de fonne conique, très-semblables à celles du bord postérieur du préopereide, se font remarquer au bord inférieur du suboperculc ainsi que siœ une certaine étendue de l’interopercule. Sur i’animal frais, tous ces détails sont parfaitement visibles, mais ils se montrent avec une incomparable netteté, lorsqu’on a enlevé les téguments sur les pièces opcrculaires.

Ces ladites dents si délicates, si jolies d’aspect, et dont l’utilit.i

136 MISTOIKE 1> A HT ICLL ifiiy-: t)KS POISSONS, pour l’animal n’est cei>erKlant pas trè.s-manifeste à nos yeux, sans doute à cause de notre ignorance, n’existent pas seulement aux pifres operculaires. Fl y en a de toutes pareilles au bor<l supérieur de l'os huméral, au bord du scapulaire et du sus-sca])Ulaire qui apparaissent au-dessus .et en arrière des ouïes, sous la forme de deux grandes écailles. ■

Les nageoires contribuent pour une grande part aux allures élégantes de la Perche. La première dorsale qui commence presque exactement au-<lessus de la pointe de l'opercule et s’étend à peu près jusqu’au milieu du dos, est formée de quinze rayons, quelquefois de quatorze seulement ou même de treize; c’est alors un fait d’avortement. Ces rayons, tous très-forts, très-aigus, légèrement courbés en arrière, ont une, assez grande longueur, à l’exception des deux ou trois derniers qui restent invariablement beaucoup plus courts que les précédents. Leur membrane décrit une légère courbi' concave entre eux tous, de sorte que les pointes demeurant libres peuvent servir merveilleusement à la défense de l'animal. Lorsque la Perche est menacée, elle dresse sa nageoire etdevient redoutable. La fnain qui la saisit alors, sans précautiop, risque d’étre fort endommagée.

La seconde nageoire dorsale n’est guère moins haute (pie la première, mais elle est beaucoup moins longue. Son premiiT rayon qui est épineux est de moitié plus court (|ue les suivants. Cenx-ci au nombre de treize sont flexibles, divisés dans leur portion supérieure en deux branches, elles^mômes, pour la plupart, subdivisées au bout en deux rameaux, et ces rayons articulés, soumis à un examen attentif, semblent partagés en une multitude d’anneaux ré'guliers.

Les nageoires pectorales sont faibles,’ de forme ovale et de taille fort médioi're, relativement à la dimension de l’animal;

PEHCIIK.

elles sont composées do quatorze rayons prèles, articulés el branchus h l’eiicpption des deux premiers. Les ventrales insérées un peu en arriére des pectorales sont plus lonpues et surtout plus larges; elles ont un rayon épineux assez court, mais très-fort et extrêmement aigu et six rayons mous, très-ramifiés ; les deux derniers tout à fait contigus. La nageoire anale [)lacée au-dessous de la seconde dorsale, commence néanmoins un peu en arrière de celle-ci ; elle a, en totalité, dix rayons, deux épineux fort acérés et huit mous, articulés et trèsrameux.

Toutes les nageoires à l’exception des pectorales sont pour la l^erchc, de puissants instruments de défense, si la première dorsale est la plus terrible, les ventrales en s’écartant, l’anale en se dressant, peuvent blesser de côté et en dessous à l’aide de leurs rayons épineux .qui ont une grande résistance et une acuité parfaite.

Nous avons peu de chose à ajouter à ce qui a été dit précédemment des couleurs de la Perche. Sa coloration varie un peu suivant les localités et beaucoup suivant la saison. Nous avons déjà fait remarquer que la vivacité des nuances, que la teinte rouge des nageoires ventrales et anale se manifestaient dans tout leur éclat à l’ép(jque du frai. Parfois les bandes noirâtres des flancs s’étalent et prennent l’aspect de nuages capricieusement ilessinés. La première nageoire dorsale a souvent une teinte violacée et des ondes noirâtres formées par des points trèsrapprochés les uns des autres, et ordinairement ces jxjints plus pressés sur un certain espace entre les douzième et quatorzième rayons figurent une grande tache noire. La seconde dorsale tire en général sur le jaune verdâtre en offrant des nuages ou des taches noirâtres. Ces points noirs très-perceptibles sur

138 IIISTOIUF, l'AHTIf.l'U^llK n.KS POISSONS, les mcmhraiips des nageoires sont aussi fort nombreux sur les joues et sur les pièces operculaires. On a mi des individus de la Perche d’un jaune citron uniforme, mais cette variété est fort rare.

La Perche ne dépasse pas d’ordinaire des proportions assez raédiocrt'S. Un individu du i)oids d’un kilogramme et d’une longueur de fl”, .'10 à fl”, 40, est déjà une Perche d’assez belle taille. Les individus du poids d’un kilogramme et demi, n’étant déjà plus très-communs, sont considérés comme de fort beaux Poissons. Néanmoins, on cite des Perdics du poids de 2‘",.‘j00, 3 kilogrammes, et môme du poids de 4 kilogrammes à 4'"',‘i0fl et d’une longueur de 0"’,G0 ; mais ce sont des exemples bien rares de nos jours.

La Perche fraye depuis le mois de mars jusqu’à la fin de mai, c’est-à-dire au jirintemps, un peu plus tùt, un peu plus tard, suivant la température. Elle est extrêmement prolifique; Hloch, qui consenait un individu d’assez petite taille dans un vase où il effectua sa ponte, compta 280 000 œufs. Ce Poisson fray ant habituellement dans des endroits où le courant est assez rapide, on voit fixquemment dans les lacs, durant l’été, des myriades de Perchettes au voisin, ige de l’embouchure des petites rivières et des ruisseaux. C’est ce que j’ai eu l’occasion d’observer au lac Léman, et au lac du Bourget, où ces jeunes poissons étaient en telle abondance que les pécheurs les prenaient journellement pour amorcer les lignes qu’ils tendaient la nuit pour les relever le lendemain matin, et chaque soir une seule barque n’amorçait pas moins de six cents lignes de cette façon.

Les œufs de la’ Perche, au moment de la ponte, sont tous agglutinés par une matière mucilagineuse ; ils <adlièrcnt aux pierres et aux plantes aquatiques en formant de longs chape-

l’KRCHK.

Ic'tÿ. Cette partioiilarité est ronnue depuis l’antiquité, et comme elle est signalée par Aristote, on a la certitude que notre Perche de rixiéreest bien la Perche du naturaliste grec.

Au moment de l’éclosion, les alevins delà Perche portant leur grosse vésicide vitelline ont jiresque la transparence du verre, et cette circonstance permet d'observer avec la plus grande facilité les battements de leur cœur et le trajet de tous leurs vaisseaux sanguins.

La Perche si bien douée |iour sa défense est ardente îi l’attaque et elle est citée pour sa voracité. Après avoir remiili son estomac de façon h ne pouvoir plus rien y loger, on la volt encore chercher îi mordre ou il saisir une proie. On observe parfois des Perches qui, ayant pris un individu de leur espèce d’une taille un peu inférieure h leur propre dimension, font des efforts inouïs et très-prolongés [Kuir engloutir leur victime.

Cependant les Perches ont la réputation parfaitement justifiée de s'apprivoiser avec une facilité extrême. Placées dans des vases, dans un bassin quelconque, au bout de pou de jours, elles cessent de se montrer farouches ; elles ne témoignent plus aucune crainte h la v ne de ceux qui les regardent de très-près ; elles viennent résolûmcnt saisir une mouebe ou un ver entre les doigts qui se portent au-devant d’elles. La voracité chez ces Poissons l’emporte donc bientét sur la crainte.

On vante beaucoup la Perche comme aliment ; la délicatesse de sa chair est incontestable et la saveur en plaît généralement. .Aussi le beau Poi.sson do nos rivières a eu rhonneur d’étre célébré par les poètes ; selon .\usonc, il fait les (kdices des tables. On assure que les Lapons font une colle de poisson très-solide avec la peau de la Perche.

La Perche varie dans des limites assez larges, non-seulement

U(> IIISTOIHI; l'AllTICri.lÉlU; ItES poissons. sous le rapport de la coloration, mais un peu aussi sous le rapi>ort des proportiods générales du corjis et du nombre des dentelures du préopercule. MM. Cu\ier et Valenciennes ont décrit comme espèce partieidière, une Perche sans bandes, d Italie {Perça italica)' , q\n se distinguerait de notre Perche commune, par l'absence débandés noires et par la tête un peu plus forte. Le prince Ch. Bonaparte n’a pas ou de peine à montrer que ces dilféreuces étaient seulement individuelles. D’un autre coté, des naturalistes, et M. Agassiz lui-méme, avaient pensé que la Peodie de la région du Danube (Peren vulgaris, SchœfTer) était distincte de la Perche des autres parties de l’Allemagne et de la France. Ca'ttc opinion encore a dû disparaître devant l'observation attentive, comme M. do Sicbold en a donné des preuves multipliées Enfin, nous ferons connaître ici une variété très-remarquable, assez répandue dans l’un de nos dé|)artements, c'est

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