‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 33 sur 132 · I.ÉPINOCIIE ÉI.ÈGANTE · texte numérisé non relu

I.ÉPINOCIIE ÉI.ÈGANTE

(CAISTEBOSTECS ECEUANS)

Uetle Épinoche, comme la précédente, parait plus oblongue que celles du nord de la France. Par la comparaison, cette différence sur laquelle on ne saurait beaucoup insister, devient seii-

ÉPINOCHES. 23.-i

sible. Cette forme contribue encore à donner au Poisson de plus lieureuses proportions.

Si les variétés dans les couleurs, dans les nuances, ne se présentaient assez fréquemment, parmi les Poissons du genre qui nous occiqK*, on regarderait volontiers la coloration des individus que nous avons sous les yeux comme suffisante pour faire distinguer l’Épinoche élégante des esfièces voisines. Ces individus sont presque entièrement d’un blanc d’argent pur. Seide, la région dorsale est d’un gris verdâtre clair, rehaussé par un semis de points noirs qui ne descendent pas sur les parties latérales ; mais il faut répéter que cette coloration au moins jusqu'à un certain point, peut dépendre de circonstances particulières, du reste parfaitement indéterminées.

L'armure thoracique est à peu près semblable à celle de l’Épinoche argentée. Au contraire, les épines dorsales ont une autre forme ; plus grêles, plus longues, elles n’ont sur leurs

(r* epibc S* épioe Pointe veotnle

ilwnnle. dorule, üu c6t« ürait.

3'. Êpiue* de l'Ëpinoche eiefaiite.

bords que des dentelures très-faibles. Les pointes ventrales sont aussi remarquablement minces, comiwrativement à celles de

2;m IIISTOIUE PARTICUMÉRE DES POISSONS, rftliinnrhf! ni^'cntée ou ilo l'Épinochc à queue lisse. Elles n’offrent à leur oripine qu’un élargissement trés-oourt et leur boni supérieur est garni tie dentelures fort espr.cées et très-petites.

E’Épinoelie élégante se trouve dans les provinces du sudouest de la France.

J'en dois la connaissance à M. Lacaze-Dutliiers, qui, non content de rechercher lui-méme les Poissons qui pouvaient être utiles pour mon travail, a engagé plusieurs de ses parents à me prêter leur concours. C'est M. Joseph Lacaze, le frère du savant zoologiste, qui a pris l'Épinoche élégante entre Cadillac et Langnn, dans le département de la Gironde.

Deux Epinoches recueillies aux environs de Toulouse par ■M. le professeur Joly, appartiennent sans aucun doute à cette espèce, mais leur état de conservation se trouvant défectueux, il est difficile de savoir si leur coloration était semblable à des animaux qui ont été les sujets de notre description. On reconnaît pourtant que les points sont pdus disséminés sur les partielatérales du corps.

LES ÉPISOCIIETTES

Iæs Épinochettes ont les formes générales des Épinoches proprement dites ; mais elles sont encore plus petites et surtout plus effilées. Elles portent tout le long de leur dos, jusqu'à l’origine de la nageoire dorsale, une série de très-petites plaques osseuses, qui, à l’exception de la première, donnent insertion aux épines dorsales ; aucune de ces plaques ne dépasse la dimension des autres, aucune ne se rabat sur les cûtés. Les épines sont au nombre de huit, de neuf, de dix ou de onze, toutes égales, sans dentelures sur leurs bords, et munies en arrière, comme chez les vraies Épinoches, d'une jH'tite membrane.

ÉIMNOCHES.

iS-

Les épines ventrales sont aussi beaucoup moins fortes que chez les vraies Épinoches ; elles sont très-peu élargies à leur origine, et leurs bords n’offrent pas do dentelures.

Les Épinochettes manquent eutièreiuent d’armure thoraciipic ; leur peau est nue sur les côtés du corps.

Leurs nageoires sont un peu plus variables que cliez les Épinoches proprement dites. On compte dix ou onze rayons a la nageoire pectorale, di.x ou onze à la nageoire dorsale, neuf ou dix à la nageoire anale.

Les Épinochettes sont quelquefois aussi communes que les Épinoches dans nos départements du Nord, do l’Est et du Centre ; mais jusqu’ici nous n’avons pu en rencontrer dans nos départements jnéridionaiix, et personne n’a réussi à nous en procurer do cette région de la France.

Tous les auteurs qui ont écrit sur les Poissons d’Europe, à une exception près, n’ont reconnu qu’une seule espèce d’Épinocliettes. L’exception est fournie par Cuvier. Ce naturaliste, avec son tact habituel, a distingué deux espèces parmi les Éi>inochettes de notre pays ; il a indiqué le caractère infaillible pour ne jamais les confondre, et néanmoins il n’a pas été compris.

Aujourd’hui, nous connaissons en France, où il y en a sans doute d’autres encore, cinq espèces d'Épinochettes, parfaitement caractérisées; il suffira d’un peu d’attention pour que la confusion devienne désormais impossible.

HISTülllK PAUTICI I.IÉRK DES POISSONS.

l.’ÉPINOaiETTE PIQIANTE

(G.^^TEBO-IEL■S PU.VCITM S ')

Le nom d'Lpinoclictle piquante convient très-indifféreniincnt à toutes les espèces de celte division; toutes, en effet, sont aussi

Fig. 3S. ~ L'Kpinochctte piquante de grandeur naturelle.

parfuiternenl armées les unes que les autres; mais Linné cl la plupart des auteurs jusqu’ici, n'ayant distingué qu'une seule espèce d’Épinorhettes, n’ont pas eu à s’occuper de savoir si la qualification spéciale pouvait devenir générale. Au reste, dans la circonstance actuelle comme dans beaucoup d'autres, il convient de prendre le nom, comme une appellation, sans trop s’inquiéter, ou de son origine ou de sa signification primitive. •

L'Kpinochette à laquelle nous attribuons le nom imposé par Linné, est-elle vraiment l’espèce signalée en quelques traits par ce naturaliste? Il est difficile d’en avoir la certitude absolue; la plus grande probabilité est tout ce que nous avons à offrir. Cette probabilité se fonde sur le nombre des épines dorsales indiqué par l’auteur Scandinave et sur la présence ordinaire dans le Nord, de l'espèce [Kiur laquelle nous réservons le nom de fiosterosteiis pungitius. '

* l.iiiüé, Systema naUtro', 12“ édil., 1. 1, p. 491.

L’Épinnchette piquante est rime dos plus grandes espèces de cette division composée des plus petits Poissons connus. Certains individus atteignent 0",06 îi 0",07.

La couleur générale est d’un vert assez sombre, plusDu moins lavée de noirètro et parsemée sur tout le corps de points noirs,' qui se amvertissent en petites taches sur les parties inférieures. Ces détails décoloration n’ont certainement qu'une importance fort secondaire ; cependant ils ont une persistance assez générale pour qu’on ne les néglige pas absolument. Ils donnent h l’espèce une physionomie souvent suffisante pour la faire distinguer de ses congénères avant l’examen des particularités plus caractéristiques. Pendant la plus grande {lortion de l’année, la région ventrale est d'un blanc jaunâtre plus ou moins argenté; mais à l’époque de la nidifie, ition et du frai, comme cela est ordinaire chez toutes les espèces d’Epinoches, les joues, les lèvres, les opercules, l’origine des n.ageoires et le bassin se colorent de vives teintes rouges.

L’Épi nochette piquante peut être distinguée de la plupart des espèces que nous connaissons actuellement, par un caractère des plus faciles ù constater. L’extrémité postérieure de son corps, sa partie rétrécie, offre une carène formée d’une file de petites écailles, elles-mêmes carénées.

Chez celte es|)èce, l’oiicrcule a un peu plus de largeur que chez les autres Épinochettes, la nageoire pectorale a dix rayons, les nageoires dorsale et anale en ont également dix. Les épines dorsales sont presque toujours aussi au nombre de dix, comme je m’en suis assuré, en examinant une très-grande quantité d’individus, recueillis aux environs de Lille par M. Lacaze-Duthiers. Cependant quelques individus portaient onze épines, et dans un cas, je n’en ai compté que neuf. Alors, il est vrai, on

ïtO IIISTOIHE PARTICL’LIÉHE DES POISSONS. l•pm:^^qu.•ut qu’il y avait eu avortement d’une épine entre la ' sqeonde et la troisième.

La forme du bassin est encore très-caractéristi(jne. La portion ventrale 'est large et se rétrécit faiblement jusqu'à l’extrémité

Fig, 39. — Sternum de l’Epinochette piquante vu en dessous.

qui est en pointe obtuse. La branche montante est grêle et tronquée obliquement au sommet.

L’Lpinochette piquante est fort commune dans nos départements du Nord, mais je ne l’ai jamais vue aux environs de Paris.

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