‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 49 sur 132 · La Luclie Ue rivière [Coftttis tauia · texte numérisé non relu

La Luclie Ue rivière [Coftttis tauia

aussi des amateurs s’amusent-ils à emprisonner également des Poissons de cette espèce dans des globes de verre, comme on le

' Linné, Syitema naturir, édit. XII, t. I, p. W4; I76B. — Valenciennes, muoire naturelle des PoissojiSf i, XVIU, p. 58.— Heckel et Kner, Z)/e Süiswatierfische der Œ5tr«jcA«cAei<3/w«arrAie,p.308 ; 1858. — Siebold, Die Sûsiwasierfisehe von Miilelturupay p, 338; (863. — CobUis spiluta, Holandre^ Faune de la Mmelley p. 253; 183G.

M. Agassiz a formé avec cette espèce le genre AranthopfiSy mais cette division établie d'après la considération de la présence d'une épine au voisinage de l’œil^ n'a pas semblé être sufQsammcnt caractérisée.

28fl HISTOIRK PARTrClIUÈRE DES POISSONS.

fait pour les Poissons rouges pour le seul plaisir des yeux.

La Loche de rivière, beaucoup moins commune que la Loche franche, n’a pas pour les gourmets le même attrait que cette dernière. C’est une raison pour qu’on s’en soit beaucoup moins occupé. Ce Poisson est désigné dans plusieurs de nos départements sous les noms de Satouille et de Chatouille. Quelquefois on l'appelle Grande Moutelle, bien que sa taille soit en général un peu inférieure à celle de la Loche franche, la vraie Moutelle. En Allemagne, son nom le plus répandu, Steinbeisser, «qui mord les pierres, n lui vient de l’habitude de se tenir entre les pierres. La dénomination scientifique de l’espèce, rœnia, ruban, fait allusion à la forme longue et aplatie du corps.

La Loche de rivière, très-comprimée latéralement, est en effet remarquable au plus haut degré par 'son aspect rubané ; elle est remarquable aussi par sa jolie coloration, qui, tout en variant dans une certaine mesure suivant les indiridus, conserve toujours néanmoins ses principaux caractères. Sur toute la tête, à l’exception de la gorge, des taches brunes ou noirâtres, plus ou moins grandes et fort rappochées les unes des autres, produisent le plus agréable effet. Sur la ligne dorsale, court une série de larges taches de la même nuance, et plus ou moins bien délimitées. Au-dessous de cette suite de taches aecompagnées d'un sable très-fin, il y a des points très-rapprochés qui, se confondant ensemble, forment une teinte vermicellée. Après un étroit espace, succède une bande longitudinale, tantôt plus, tantôt moins interrompue ; puis, après un nouvel intervalle, une série de points confus, et enfin, exactement au-dessous de la ligne latérale, une rangée de quinze à dix-huit grandes taches, commençant derrière l’orifice de l’ouïe et s’étendant jusqu’à l’origine de la nageoire caudale. Ajoutons que les nageoires dorsale et caudale

LOCHES

sont agréablement mouchetées de brun noirâtre, et l’on aura une idée de la coloration attrayante de la Loche de rivière.

Chez ce petit Poisson, la tète s’abaisse du sommet à l’extrémité du museau, en décrivant une courbe assez prononcée ; la bouche est petite et munie de six appendices charnus ou barbillons, moins volumineux que chez la Loche franche. Il y en a quatre également espacés à la lèvre supérieure, et un de chaque côté à la base de la lèvre inférieure qui est épaisse et bilobée. Les yeux sont fort petits, saillants et situés très-près de la ligne frontale.

Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est en arrière de la narine, exactement au-dessous de l’œil, la présence d’une petite fissure de la peau, dans laquelle se trouve engagée une double épine mobile, dont la pointe supérieure est moins longue que l’inférieure. Lorsque le Poisson est calme, l’épine est entièrement couchée dans sa gouttière, mais, dans le danger, il la projette au dehors pour en faire une arme défensive. Nous ignorons, du reste, dans quelle mesure cette délicate armature peut devenir un moyen de défense tant soit peu efficace.

La ligne latérale est parfaitement droite, coupant chaque côté du corps en deux moitiés presque égales.

La nageoire dorsale s’élevanUiu milieu du dos, comme une jictilc voile a dix rayons, un premier dur et très-court, deux à la suite, simples, et les autres rameux ; les pectorales en ont sept dont un premier osseux ; les ventrales, sept, deux simples et cinq rameux, mais les deux derniers étant parfois réunis, des auteurs en comptent un de moins ; l’anale en a huit, et la caudale enfin, qui se termine carrément, en a quinze ou seize.

Les nageoires pectorales, ventrales et anale sont quelquefois d’une teinte uniforme, mais souvent aussi cette teinte est rele-

véeparde fines mouclictures noirâtre.s, toujours plus petites et moins nombreuses que celles des nageoires du dos et de la queue.

Holandre, l’auteur de la Faune de la Moselle, a décrit la Loche de rivière, qu’il pensait ne pas connaître, sous le nom de Loche à queue tachetée [Cobitis spilura) ; j’ai eu communication au Musée de Metz des individus qui ont servi à la description de cet auteur, et j’ai pu ainsi m’assurer de leur parfaite identité avec tous ceux de l’espèce, dont les caractères viennent d’être signalés.

Les habitudes de la Loche de rivière sont bien j)cu connues. Nous savons seulement que ce Poisson se trouve particulièrement dans les eaux courantes, où il se tient sous les pierres ou dans les intervalles étroits des pierres reposant au fond de l’eau; qu'il .se nourrit de vers, d’insectes, de petits mollusques; qu’il fraye pendant les mois d’avril et de mai. Nous ignorons si l’époque du frai et de la fécondation dos œufs amène quelques changements dans les mœurs de la Loche de rivière, si des soins particuliers sont pris pour le dépôt des œufs, etc. En résumé, l’observation nous fait encore tellement défaut ici, comme pour tant d’autres espèces, que toute histoire reste fort incomplète.

La Loche de rivière, qui ne paraît jamais se montrer mdle , part en grande abondance, est répandue dans une grande partie de la France. On la prend notamment dans la Seine, la Meuse, la Meurthe, la Moselle et les affluents. Elle se trouve en Angleterre, mais on assure qu’on ne l’a jamais vue en Irlande ; elle habite aussi la Belgique, presque toute l’Allemagne et le nord de l’Italie.

Autant la Loche franche est estimée, pour la table, autant

LOCHfiS.

l'est peu la Loche de risière ; eelle-ci très-mince, passe pour être atriare et fort désagi'éable à niaiificr à cause de ses liucs arêtes.

I,A LOCH K D'ÉTAMi

• (COB1TI9 KOSSIUS ')

La Loche detanjf, assez rare en France, est un Poisson fort remarquable par son aspect général comme par ses habitudes.

Cette espèce est désignée dans plusieurs ouvrages, et not imment duis celui de Lacépèdesous le nom vulgaire de Misijurne, du mot allemand Missrjitrn. Cependant en Allemagne on l'ai»pelle plus généralement liissgnrre ou Scfilambeisser, mangeur de vase, et, en .Alsace, on lui applique le nom de Mih-gruniiel, ce qui voudrait dire Goujon grondant, à cause du bruit particulier que fait entendre ce Poisson.

Avec une forme moins comprimée que la Loche de rivière et moins arrondie que la LfK-ho franche, la Loche d'étang a des dimensions bien supérieures à celles de ces doux espèces. Sa taille ordinaire est de 0"',20 à 0'”,2.a, et l'on en trouve des individus qui atteignent la longueur de 0”,H0 à 0”,3.j.

La Loche d’étang, sans ligue latérale apparente, couverte de petites écailles distinctes à la vue simple et ressemblant à de petites larnesovalaires, transparentes, pourvues de stries concentriques, est d’un brun verdâtre ou jaunâtre sur le dos et la tète.

' Linné, Syttetm nitura, édil. .XII, t. I, p. îiOO ; 17fi0. — Valenciennes, Histoire naturelle des Poissons, I. XVIII, p. 4li. — Ileckel et Kner, Die Sùssv-'asserfisclie (1er IK'treirhischcn ifonarchiey p. 2»8; I8a8. — SieboM, Pie Sùsssiasserfisclte von MUtelearopa, p. 33j ; 1813.

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Cette couleur s’atTaiblit sur les côtés où deux larges bandes noirâtres presque contiguës courent dans toute la longueur du

corps, commençant derrière l'œil pour se terminer à l’origine

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