LE BARBEAU MÉRIDIONAL
(SARers IIERIDIONAI.IS ')
Le Barbeau méridional, répandu dans une région assez limitée de la France, est bien facile à distinguer de notre Barbeau commun à l’aide de plusieurs caractères fort apparents. L’un
Fig. 6Î. — Le Barbeau inéridlonal.
des plus remarquables est fourni par la nageoire dorsale où l’on constate l’absence de gros rayon dentelé. La forme générale
' Barbus meriitionalis, Hisso, Histoire naturelle de l'Europe méridionale, I. III, p. *37; 1827. — Barbus caninue, Valenciennes, Histoire naturelle des Poissons, t. XVI, p. U2; 18*2. — licckel et Kner, Die Sûsswasser/isclie der Œslreicliitclien Monarchie, p. 88; ISS8.
3U HISTOUU: PAHTICUUÈME DES POISSONS.
<]u corps est moins effilée, pins ovalaire; la tête est plus courte, plus obtuse, et n'a point de dépression sensible entre le museau et la région nasale.
Tout le coips est d'un gris de perle, parsemé de taches bninâtres assez grandes, avec les parties ventrales d'un blanc d’argent. Au printemps, le dos présente presque toujours une teinte olivâtre et les cùtés des nuances tirant sur le bleu d’acier. A cette époque de l'année, les barbillons ont souvent une couleur rouge, ainsi que l’origine des nageoires. Les yeux, assez petits, ont l’iris doré.
Les écailles, plusgrandes que chez le Barbeau commun et d’une forme très-différente, sont presque aussi larges que longues avec leur bord libre arrondi, les stries circulaires très-espacées et les sillonslongitudinaux fort nombreux et ainsi extrêmement rapprochés surtout dans la région moyenne. Le conduit de la mucosité
Fig, 63. — Ecaille de la ligne latérale du Barlæau méridional.
des écailles de la ligne latérale est long, étroit, avec la paroi supérieure prolongée jusqu’à son extrémité. Ün voit, par cette description . combien il serait aisé de reconnaître les deux espèces de Barbeaux qui se trouvent en France par l’inspection d’une seule écaille.
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IIARBOAl X.
La nageoire dorsale plus large et moins élevée que chez le Barbeau commun, ornée de taches brunes éparses, manque, comme nous l'avons dit, de gros rayon osseux dentelé en manière de scie. Les rayons de cette nageoire se succèdent ainsi : un premier tout petit presque caché sous la peau, un second un peu plus long, un troisième de la longueur de la moitié du suivant, un quatrième aussi grand que le cinquième, mais simple jusqu’à son extrémité', et neuf hranchus dont les deux derniers contigus à leur origine.
Les autres nageoires n’offrent rien de bien caractéristique ; il faut remarquer cependant que l’anale est d’une longueur ordinaire, très-dépassée chez une espèce de Barbeau (Barbus Petenyi, Heck.), répandue dans une grande partie de l’Autriche.
Le Barbeau méridional, assez commun en Italie, ne se trouve en France que dans certains cours d’eau du Languedoc et de la Provence. On le pèche fréquemment dans le Lez et dans l’Hérault; il paraît ainsi sur 1e marché de Montpellier, d’une façon assez ordinaire. On le prend également dans la Sorgue, près d’Avignon, et il habite, d'un autre côté, toutes les eaux des Alpes-Maritimes, rivières ou torrents.
A Avignon comme à Nice, le Barbeau méridional porte le nom vulgaire de Ouryan, mais cette appellation, dans la langue des pêcheurs, s’applique sans doute indifféremment à toute espèce de Barbeau.
Nous n’avons aucune observation particulière sur les habitudes de ce Poisson *.
• Il existe en Europe plusieurs espèces de Barbeaux, qui Jusqu'ici n’ont Jamais élé rencontrées en France: le Barbui plebeius, Bonap. (B. liberinui, Bonap.) d'Italie et de Dalmalie ; le Barbus eques, Bonap., des mêmes contrées; le Barbus Peteuyi, lleckel, commun en Pologne, en Hongrie, en Transylvanie ; le B irbtu peluponnesius, Valenciennes, de la
HtSTOIRË PARTICl'LIÊRE DES POISSONS.
LE GENRE TANCHE (tinc.\, Cuvier)
Le genre Tanche a été établi pour une seule espèce, à raison de certains caractères assez nets et piar conséquent faciles à saisir.
Un corps assez large, couvert d'une peau épaisse et garnie de très-petites écailles, longues et étroites; une bouche .située à l’extrémité de la tête, pourvue à chaque angle d’un petit barbillon ; des nageoires arrondies, sans rayons osseux, sont les signes caractéristiques du genre.
Les auteurs modernes qui se préoccupent particulièrement des formes que présentent les dents pharyngiennes, constatent que ces dents, rangées en une seule série, au nombre de quatre d’un côté et de cinq de l’autre, sont renflées en massue et terminées à leur angle interne par un petit crochet. .Mais ces dents pharyngiennes peuvent varier dans une certaine mesure ; quelquefois il y a cinq dents des deux côtés.
Murée, et deux eipéces du Portugal, réceniment décrites par H. Steindacbner, les Bat but Bocagei et Comito [Calatoi/ue préliminaire det Poistons d'eau douce du Portugal, in-4. 1.isbonne, 1864.)
Près du genre Barbeau se place le genre Aulopyge, caractérisé par l'absence d’écailles et par les dents pharyngiennes en forme de couteau et au nombre de quatre seulement de chaque cAté. Le type, Aulopyge Hugeiii,Hei:iel,tc trouve dans les rivières de la Dalmatie et de la Bosnie.