TANCHE
qu’on vient à les détacher, on leur trouve une dimension qu’on n’avait pas soupçonnée. Elles sont en réalité fort longues et comme elles se recouvrent sur une grande étendue, on n’aperçoit que leur extrémité sur le Poisson. Ces écailles, assez étroites, sont arrondies à leur bord basilaire comme à leur bord libre ; elles ont de nombreuses stries longitudinales régulières convergeant vers un point très-rapproché de la base otdes stries concentriques extrêmement serrées et tout à fait confuses. Ces écailles diffèrent considérablement ainsi de celles de tous les autres Cyprinides.
La ligne latérale, à partir de l’épaule, se courbe en descendant au-<lcssous de la portion moyenne du corps et se continue ensuite en ligne droite jusqu’à l’extrémité du corps. Les conduits de la mucosité sont assez courts et à peu près cylindriques.
Sur la tète il existe une grande quantité d’orâfices' des c.anaux mucipares; ces pores en continuité avec la ligne laté'rale, sont rangés pour la plupart sur une file sinueuse qui s’étend sur le crâne, se courbe au-devant des narines et vient ensuite contourner l’œil. La masse demucus versée partons ces orifices est considérable, et ebacun sait que. la Tanche en «st liabituellement couverte comme d'un enduit.
Les nageoires s<mt de dimension très-médiocre. La dors.ile située au delà de la jiortinn moyenne du corps, a douze rayons, les deux premiers rudimentaires, le troisième d(! la longueur de la moitié des suivants, le quatrième simple, les autres rameux. Los ventrales insérées un peu plus en avant que la dorsale sont composées de dix rayons, le premier simple, très-épais chez les mâles et au contraire assez mince chez les femelles. Une différence de cette nature en coïncidence avec le sexe, n'est pas ordinaire, mais cependant elle paraît être constante chez la Tanche,
nu moins, lorsqu’elle a déjà atteint un certain volume, car M. de Siebold a trouvé le premier rayon des nageoires ventrdles, pareil dans les deux sexes chez de très-petits individus, où les organes de la reproduction étaient déjà parfaitement reconnaissables. Ou compte dix rayons à la nageoire anale, mais les deux premiers sont tout à fait rudimentaires, le troisième est assez court, le quatrième est long et simple et les autres rameux.
La Tanche se nourrit de végétaux, d’insectes, de mollusques, avalant aussi d’une manière habituelle de la vase qui contient toujours en plus ou moins grande quantité des corpuscules et des débris organiques. Elle fraye pendant le mois de juin, quelquefois un peu plus Wt, et souvent une seconde fois, au mois d’août. Ses œufs fixés aux herbes qui crois.sent près du rivage, sont très-petits et en nombre fort considérable. On en a compté de deux à trois cent mille chez des individus de moyenne taille. L’incubation s’effectue dans un très-court espace de temps ; il a été observé que les jeunes naissent six à sept jours après la ponte. Pourvu que la température soit un peu élevée, leur croissance marche avec rapidité ; ils atteignent la première année le poids d'environ 123 grammes, 1 kilogramme à 1 kilogramme et demi au bout de trois ans, et à l’àge de six à sept ans, ils peuvent peser de 3 à 4 kilogrammes.
La Tanche peut passer jusqu’à une journée entière hors de l’eau sans périr ; sa ténacité à la vie, comparable à celle de la Carpe, est du reste bien connue.
Ce Poisson n’est pas placé bien haut dans l’estime des gastronomes : beaucoup d’arétes, tinc chair fade, ayant souvent contracté un goût de vase, que l’on peut faire disparaître à la vérité, en plaçant l’animal quelques jours dans une eau vive, sont des motifs de dédain. 11 est pourtant, en Italie, des amateurs qui
CAHPKS.
prétendent que les Tanches du lac de Trasymène ne sont pas à dédaigner. N’assure-t-on point qu’à la table même de Léon X, un noble florentin eut l’audace d’affirmer que rien de ce qui nage dans la mer n'est comparable à une bonne Tanche de Toscane. Un éclat de rire des autres convives vint témoigner du reste en quelle pitié était prise une semblable opinion.
LK ÜKMUi CAHPK (cYPRi.vcs, Linné)
Ce genre, qui comprenait pour Linné tous nos Cyprinides, est aujourd’hui limité à quelques espèces faciles à reconnaître à leur nageoire dorsale fort longue, à leur nageoire caudale courte, l’une et l’autre commençant par un gros rayon osseu.v dentelé en scie, à leur bouche située à l'extrémité du museau, à la présence de quatre appendices charnus ou barbillons à leur mâchoire supérieure.
Les Carpes se font remarquer encore par leurs grandes écailles et par leurs dents pharyngiennes massives, en général au nombre de cinq de chaque côté, formant à trois ou à quatre une rangée principale.
Nous n’avons en France que deux espèces du genre Carpe proprement dit ; l’une la Carpe commune, offrant plusieurs variétés qui ont été décrites comme autant d’espèces distinctes, l'autre la Carpe de Kollar dont Hcckel a voulu former un genre distinct à cause d’une petite différence dans la disposition des dents pharyngiennes et dans les proportions exiguës des barbillons.
OtANCHArU.
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HISTOIRK PARTICn.IÈRE DES POISSONS.