LA CARPE COMMUNE
(CÏPBINCS CAHPIO ')
Entre tous les Poissons des eaux douces, il n’en est certes pas dont la réputation soit plus générale en Europe que celle de la Carpe. La Carpe est commune partout ; elle vit dans les fleuves, dans les petites rivières, dans les lacs aux eaux limpides, dans les étangs vaseux. Elle tient tant ii l’existence, qu’elle semble subir avec une indifférence parfaite toutes JeS conditions qui lui sont imposées. Aucun Poisson ne multiplie avec une facilité plus grande, ne s’élève mieux dans les pièces d’eau, sans qu’il en coûte de soins particuliers. De là, une industrie naguère fort étendue, aujourd’hui restreinte, consistant dans l’empoissonnement périodique des étangs.
La Carpe ne passe point pour constituer un mets des plus exquis, mais elle atteint une forte taille et en toutes choses, pour le grand nombre, la quantité supplée avec tant d’avantage à la qualité, qu’ici la compensation doit être jugée sulBsante. D'ailleurs, n’assure-t-on pas qu’un assaisonnement composé avec art donne toujours un attrait au Poisson qui ne se distingue pas lui-mème par une saveur des plus agréables. Tout le monde a entendu parler de ces familles parisiennes, qui entreprennent le dimanche de lointaines promenades sur les bords de la Seine ou de la Marne, comptant pour une bonne part dans les délices de la journée, le plaisir d’avoir au repas du soir une Carpe convertie en matelote suivant l’expression culinaire.
' Cyprinui earpio, Linné, SyiUma natura. Édit. XII*, 1. 1, p. 525 ; 1766.