I.E CYPRINOPSIS DORÉ
(CYPRINOPSIS AI RATCS *)
Aucun Poisson n'est aujourd’hui plus connu de tout le monde en Europe que le Cyprin doré. Il est partout. On le voit dans les bassins de Paris et des jardins ; on le voit surtout emprisonné dans des vases élégants pour contribuer à l’ornementa-
Fig. 71. — Cyprinopsit doré.
tion des vestibules et même des appartements. C’est le Poisson rouge, suivant l'appellation vulgaire, toute charmante de sim-
' Cÿprinus awatus, Linné, Sysl. rnüurv, t. I, p. 527; 1766. — Valeociennes, Hiitoire nalurellr des Poissons, t. XVI. p. lOI ; lS42.
3« HISTOIRE PARTICULIÈRE DES POISSONS, plicité. C’est la Dorade ou la Dorée de la Chine, ou encore le Cyprin doré de la Chine, suivant les désignations adoptées par ceux qui aiment à s’exprimer dans un langage plus capable de donner une idée avantageuse de leurs connaissances scientifiques.
Le Poisson rouge n’étant pas indigène à l’Europe, ne devrait peut-être pas figurer dans une histoire des Poissons de la France; cependant, pour ne point le passersous silence, une circonstance nous a paru décisive ; le Poisson rouge, animal domestique en Europe, est aussi un animai acclimaté dans l’acception juste de ce mot. Il vit et se multiplie comme les espèces indigènes dans plusieurs de nos rivières ; on le pèche assez fréquemment dans la Seine et ses affluents où beaucoup de personnes ne veulent plus le reconnaître. Le Poisson rouge devenu habitant de nos rivières, perd sa splendide parure. Sa belle couleur rouge, ses magnifiques reflets dorés que chacun admire, disparaissent ; il prend d’ordinaire les nuances brunes et verdâtres delà Carpe, du Carassin, de laGibèle; il devient, par son aspect triste, un véritable Poisson d’Europe.
Quelle que soit sa coloration, le Cyprin doré de la Chine conserve ses caractères essentiels.
Un corps assez épais, de forme oblongue et ainsi beaucoup moins élevé que chez les autres Cyprinopsis; une tête massive avec les mâchoires égales ; un opercule strié ; des écailles assez grandes, arrondies, au nombre de vingt-cinq à vingt-huit, dans la plus grande longueur du corps, formant quatre rangées audessus de la ligne latérale et sept au-dessous ; une nageoire dorsale avec quinze à dix-huit rayons rameux à lâ suite du gros rayon dentelé en scie ; une nageoire anale n’ayant que cinq rayons branchus, outre le.s trois rayons os.seux.
BOI VIÉRK.
Le Cyprin rouge vit de substances végétales aussi bien que de vers ou d'insectes. On le nourrit aisément dans des vases avec de la mie de pain et quelques débris de la table. Tout le monde sait que ce Poisson est originaire de la Chine. Au Céleste Empire on le voit dans toutes les maisons somptueuses où il est, paratt-il, l’objet de soins assidus. L’époque de son introduction en Europe est restée fort incertaine. Des auteurs la font remonter aux premières années du dix-septième siècle ; mais, suivant toute probabilité, les Cyprins dorés ne commencèrent à se répandre en Angleterre que vers le milieu du dixhuitième siècle, et les premiers que l'on vit en France furent reçus à Lorient par les directeurs de la Compagnie des Indes, qui en firent présent à madame de Pompadour.
LE GENRE BOUVIÈRE (rhodevs, Agassi: ')
Le genre Bouvière ne comprend actuellement qu'une espèce européenne dont il faut rapprocher, selon M. Valenciennes, une espèce du Mysore, mais c’est l'un des genres les mieux caractérisés de la famille des Cv^irinides.
Les Bouvières ont le corps large, très-comprimé latéralement, couvert d’écailles minces, grandes, avec des stries longitudinales nombreuses, grêles et légèrement ondulées ; la bouche sans appendices charnus; les nageoires dorsale et anale a.sscz larges à leur origine et sans rayon dentelé.
A ces caractères, on ajoute que les dents pharyngiennes
‘ MémoÎTSs de la Société des sciences naturelles de A’eu fchdlel,t- I, p.
34« HrSTOIRE PARTICULIÈRE DES POISSONS, au nombre de cinq de chaque côté, disposées sur un seul rang, ont leur couronne comprimée latéralement et taillée obliquement.