livre de Pline esj celui qui traite des Poissons
• Pierre Gilles ou né à Albi en l ilK), mort en 1333. — De
twminibui gallicis ethuinis Afamlicusiumf 1333.
Iii inSTOlIlE GÉ.NÉUAI.1-; DliS POISSONS. '
Ces trois ualurulistes, c’est Pierre Bclon, né vers lül8, qui se livre avec ardeur à l'étude des animaux, qui voyage en Grèce, dans l’Asie Mineure, en Égypte et ([ui est assassiné dans le boii» de Boulogne en c’est Salviani, de Cittadi Castello, dans
les Étals fM)ntificaux,néen l‘il3, médecin des papes Marcel II et Jules III, mort en 1;>72; c’est enfln Hondelet, né en 1307 à Montjiellier, qui devient professeur dans celle ville, qui voyage en i'rance, en Italie, dans les Pays-Bas, avec le cardinal de Tournon ; qui trouve un coHaborateur dans l’évéque de MontjK'llier, Guillaume Pellicier, et qui meurt en 1.7GG.
Belon, Salviani, Rondelet, ne sont plus des compilateurs, comme tous ceux qui les avaient précédés depuis Aristote, lis ont vu et examiné les Poissons dont ils iiarlent; sous leurs yeux, ils en ont fait tracer des représentations qui, sans être d'une vérité parfaite, iiermettent de reconnaitre les espèces qu'ils ont observées. Ces naturalistes, il est vrai, s<mt loin de s’étrcappli- ([ués à décrire avec toute la rigueur désirable les sujets dont ils s'occupaient. Ils subissaient l'influence de leur époque , en croyant qu'il importait surtout de déterminer les noms que les dilférents animaux portaient chez les anciens, en jugeant que leur histoire devait acquérir de la valeur par des fragments empruntés aux vieux auteurs, plutôt, que par le simple récit de leurs nb.scrvations. Mais Belon, Salviani, Hondelet, ont donné d(> nombreuses figures qui ont beaucoiq) contribué aux progrès de richth'yologie. Sous ce rapport. Rondelet aconservé un avantage très-marqué sur ses deux contemivorains.
On penserait volontiers que le champ préparé par ces naturalistes va ôtiv bientét cultivé avec plus de soin, que de nouvelles études vont jicrfcctionner une histoire encore à l’état d’ébauche. Il n'en fut rien cependant. De vastes compilations
DE LA HE.NAISSANCE Af XVIII* SIÈCLE. ‘ 17
qui n'ont pas été inutiles, comme celles de Conrad Gesner et d’Ulysse Aldrovande, des recherches particulières entreprises la plupart sur des animaux des pays lointains, sont pour une longue période les seuls ouvrages dont on trouve à faire mention.
D'un autre câté, vers le milieu du seizième siècle, on commença à s’occuper sérieusement de la conformation intérieure de l'homme et des animaux. Le célèbre professeur de Padouc, Fabrizio d’Aquapendcnte, entreprend des recherches anatomiques sur les Poissons, étudie leur mode de reproduction, leurs écailles, etc. Son élève, son successeur dans sa chaire, Casserio, porte scs investigations sur les organes des sens de ces animaux. Un professeur de Naples, Severino, examine différentes parties de leur organisation et s’attache à prouver que les Poissons respirent Pair dans l’eau, tout en se méprenant néanmoins d’une manière complète à l’égard de leur organe respiratoire. Borelli de Naples, successivement professeur à Pise et à Florence, s’attache à déterminer le mécanisme de la natation et indique l’usage de la vessie natatoire. Plusieurs antres anatomistes constatent des faits isolés.
Un peu plus tard, un savant français resté célèbre, Joseph Diivemey, membre de l’Académie des sciences, professeur au Jardin du roi, de 1679 à 1730, eut le mérite de faire connaître le premier, les organes et le mécanisme de la respiration des Poissons, ainsi que le cours du sang dans leurs branchies. Vers le même temps, divers auteurs enrichissaient la science d’obsenations particulières sur certaines espèces. On ne savait encore presque rien sur les formes du cerv eau de ces êtres aquatiques dont l’intelligence et les instincts paraissent si faibles;
un médecin anglais, Samuel Collins, combla cette lacune par Blanchadd. 8
HISTOIHK liÉNÉHALE DES POISSONS.
une publication accompagnée de [>lanches bien exécutées
Une foule de matériaux disséminés, de connaissances éparses, s’était formée pendant le seizième et le dix-septiéine siècle. Beaucoup d’écrits auraient pu facilement rester inconnus aux nouveaux scrutateurs de la nature; mais, par bonheur, surviennent le plus souvent des hommes animés du désir de satisfaire au besoin qui domine. Des recueils où se trouvaient rassemblés la plupart des mémoires relatifs à l’organisation des animaux furent mis au jour *.
Les animaux avaient toujours été décrits presque sans ordre ; l’idée de les grouper d’après des caractères communs s’était h peine manifestée depuis Aristote ; les avantages d’une véritable méthode n’avaient frappé l’esprit de personne, lorsque parut l’un des plus grands naturalistes du dix-septième siècle. C’était Rai, un tliéologien anglais, qui fut le premier à concevoir la pensée des classifications zoologiques.
Il poursuivit son œuvre de concert avec son élève et son ami, Willughby, et en 1686, ce dernier fit paraître une histoire des Poissons, qui marque une ép<jque pour l'Idithyologie *. Pour la première fois, les Poissons sont décrits d’après nature et avec une certaine précision ; ils sont classés d’après des caractères tirés de leur conformation. Si les faits ne sont pas toujours en
* A System of Anatomy treating of the body of man, beastSy birils^ ^hes, etc., 2 toI. in-fol. Lond., 108r>.
* Blasiu», Anatome animalium ierrestrium, volatüiumy aguatiliumy etc., structuram naturalem, ex veterum recenticrumque propriis observalionibiu exponem, în*i. Amsterdam, i6^U. — Valentin, Amphitheatrum lootomicum, in>fül. Francfort, 1720.
* Francisci Willughbeii, armigeri. De Historia Piseium Ubri /V, jussh et sumptibus Societatis regiœ Londinensis editif etc., tolum opus recognovUy coaptavity supplevitf librum etiam primum et secundum adjecit Job. Halus; Oxford, fol. 1686.
DE I.A RENAISSANCE AU XVIll* SIÈCLE.
lu
accord avec la méthode, si les genres ne sont pas encore nettement définis, l’heureuse inspiration qui a conduit l’auteur, n'en est pas moins appelée à porter ses fruits.
- Après la publication de Rai et Willughby, un demi-siècle s’écoule sans que l’histoire naturelle des Poissons se perfectionne d'une manière éclatante. Un certain nombre d’écrits et de figures viennent accroître le domaine des connaissances, sans porter le cachet d’aucune vue générale, le signe d’aucune véritable découverte.
Il fauf arriver vers le tiers du dix-huitième siècle pour voir la zoologie revêtir définitivement sa forme et prendre le caractère d’une vaste science; c’est l’époque de Linné et de Buffon : d’un côté la précision, l’ordre, la méthode; de l’autre, l’observation des détails caractéristiques et des particularités biologiques, revêtue de toutes les magnificences et de tous les charmes de la pensée.
Un contemporain de ces hommes illustres, un jeune Suédois plein de génie, Pierre Artedi, passionné pour l’étude des Poissons, va accomplir une tâche brillante. Il prend pour guide et pour point de départ l’ouvrage de Willughby; il en saisit les défauts et se donne pour mission de combler une lacune de la science. Il formule des règles pour les divisions zoologiques, pour la nomenclature des genres et des espèces, et répartit tous les Poissons dans quatre ordres, s’appuyant pour sa classification sur.la consistance du squelette, sur la forme des opercules et des branchies, sur la nature des rayons des nageoires, sans tenir compte des conditions de séjour qui avaient conduit les anciens naturalistes aux rassemblements les plus étranges. Artedi imagine pour désigner les ordres, ces noms de Malacoptérygiens,d’Acanthoptérygicns,de Chondroptérygiens,si géné-
rnlcmcnt employés depuis, qu'ils sont presque devenus des mots de la langue française. 11 caractérise les genres d’après le nombre des rayons de la membrane des ouïes, d'après le nombre et la position des nageoires, d’après les dents, la conformation des écailles et même les parties internes, comme l’estomac et les appendices pyloriques. On voit par ces détails que l’auteur comprenait son sujet tout autremfnt que sqs devanciers. Artedi, mort par accident, à l’âge de trente ans, laissa ses travaux inédiLs '. Ce fut Linné, qui, après avoirracheté ses manuscrits, les mit en ordre, les compléta et Ct paraître l'ouvrage à Leyde, en 1738 *.
Avec Lfnné, il est inutile de le rappeler tant le Gvit est connu, la zoologie descriptive revêt une forme toute nouvelle, elle acquiert un caractère de précision ignoré jusqu’alors, le système de nomenclature est désormais fixé d'une façon si heureuse, qu’on ne trouve rien d'aussi parfait à lui comparer. Les naturalistes avaient, sous un nom commun, constitué des réunions d'espèces, c'est-îv-dire des genres, et, afin de distinguer les espèces entre elles, ils n’avaient rien trouvé de mieux que de les désigner par une phrase plus ou moins longue, exprimant leurs particularités les plus manifestes. Linné imagine d'appliquer aux espèces un nom simple, qualificatif, qui s’ajoute au nom du genre. De là, cette nomenclature binaire, bientôt universellement adoptée, ayant l’avantage d'offrir pour tous les êtres une désignation étroite ct toujours claire, et de fournir en- même temps à l’esprit un aperçu plus large par le nom générique.
’ .Né dons la paroisse d'Anunds, en Angcrmanie, en 1705 ; il se noya dans un des canaux d'Amsterdam, le 5 septembre 173.5.
’ IchthyolOÿia sire Optra omiiia dt Piiribus, 8*. Leyde, 1738.