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L’ABLETTE DE FABRE

(AI.ÜURNUS PABRÆl)

L’.Ablette de Fabre, dont le corps est assez médiocrement allongé et le dos arrondi comme chez le Spirlin, la tête assez courte, la bouche un peu ascendante, les mâchoires égales, l’opercule plus court que chez l’Ablette commune.

Les écailles assez grandes, au nombre d’une cinquantaine dans la plus grande longueur du corps, sont un peu plus longues que chez l’Ablette commune, plus arrondies, d’une texture un peu moins délicate avec leurs canaliculcs plus saillants et ainsi, beaucoup plus distincts à la vue simple.

La nageoire dorsale médiocrement élevée est extrêmement reculée en arrière ; elle a huit rayons rameux à la suite des rayons simples, l’anale, chez tous les individus observés, a présenté dix-sept ou dix-huit rayons branchus.

ABLETTES

Cette espèce, d’un aspect bien différent de celui de nos autres Ablettes, a la même coloration que l’Ablette commune. Ses

Fig. 81. — Ecaille de la ligne latérale de l’Ablette de Fabre.

dents pharyngiennes ont une forme particulière; elles sont plus courtes et plus faiblement dentelées.

L’Ablette de Fabre se pêche dans le Rhône aux environs d’Avignon. Le savant auquel elle est dédiée m’en a fait parvenir plusieurs individus d’une identité parfaite, les plus grands individus ayant une longueur de 0",10 à 0",12. Les pêcheurs du département de Vaucluse appellent ce Poisson

ainsi que l’.tU)lettc commune la Nablo.

L'ABLETTE SPIRLI.N (albirnus bipcnctatcs ')

Cette espèce est l’une des plus faciles à reconnaître parmi tous les Poissons habituellement désignés par le terme de

> Cypriniis bipunctalus, Bloch, part, t, p. 50, pi. VIII, flg. I. — Lmeis'us bipunciatus, Valenciennes, Bhloire naliirelie des Poissons, t. XVII, p. 259; 1844. — Alburntss bipunctalus, Heckel et Kner, Die Sasswasserfische der ôstreichischen Monarchie, p. t35;1858. — .Sietwid, Die Sûss umserfische von Mitleleuropa, p. 153; 1863.

Btanchaxlle. Aussi trouve-t-on peu d’erreurs relativement à sa détermination spécifique dans les ouvrages d'Ichthyologie. Les pécheurs savent la distinguer. Dans plusieurs localités, ils l'ap-

Fig. 83. — Le Spirlin [Àlhurnus bipunclatus).

pcllent Spirlin ; aux environs de Paris, c’est VÉperlan de Seine^ bien que ce Poisson n’ait aucun rapport avec l’Kperlan, qui appartient à la famille des Salmonidés. Dans le département de l’Aube, les noms de Lorette ou de Lurette sont en usage; dans la Lorraine, ce sont ceux de Mésaigne et de Me'séine ; dans le département de la Côte-d’Or, ceux de Lugnot le ou de Lignotte, faisant allusion à la double raie noire qui court sur les flancs du Poisson. Au lac Léman on donne au Spirlin les noms de Platet ou de Boroche.

Le Spirlin, dont la plus belle taille ne dépasse guère 0”,10 à 0",12, est une charmante Ablette d’une physionomie toute particulière. Moins effilé , plus ovalaire que l’Ablette commune, le Spirlin avec sa longue nageoire anale et ses écailles minces, délicates, éclatantes, qui le désignent comme une véritable Ablette , présente certains détails de coloration très-fixes et très-caractéristiques. Le plus remarquable de ces détails de coloration, consiste dans la présence sur les

ABI.ETTES.

écailles de la ligne latérale de deux points, ou plutôt de deux petites lignes noires situées aux deux côtés du conduit de la mucosité, et formant ainsi deux raies interrompues qui régnent sur toute la longueur du corps. Le dos et la partie supérieure do la tête sont d’un brun verdfttre métallique, tandis que les côtés et la région inférieure du corps sont d’un magnifique blanc d’argent jaassant au jaunâtre sur les opercules. Sur ce blanc éclatant, de petites taches noirâtres plus ou moins nombreuses sont disséminées au-dessus de la ligne latérale. L’œil dont l'iris est brunâtre en haut, argenté en bas avec la pupille jaune, contribue encore à rehausser la beauté du Spirlin. Les nageoires, principalement les nageoires inférieures, ont une coloration jaune-orange à leur base. A l'époque du frai, les couleurs de ce petit Poisson prennent encore plus d’éclat ; le dos devient d’un vert plus vif, — le vert descend davantage vers la ligne latérale, et se dessine sur la teinte verte une bande bleuâtre ou violette ; en même temps la base des nageoires d’un jaune intense passe quelquefois au rouge. Le Spirlin dans sa parure de noce a été pris pour une espèce particulière par quelques naturalistes *.

La tête de ce Poisson est assez courte et semble un peu conique lorsqu’on la considère de profil. La bouche est grande relativement à la taille de l’animal avec les deux mâchoires égales.

Les écailles, dont nous comptons neuf rangées au-dessus de la ligne latérale et quatre au-dessous, sont au nombre de quarante-cinq à cinquante dans la plus grande longueur du corps. Un peu plus longues et plus arrondies que chez l’Ablette commune, elles ont aussi leurs stries concentriques plus régulières.

' M. Volencienaes, Bist, naturelle det Poissant, t. XVII, p. 162, l'a dé crit M>U8 le nom d'Ablede Baldner (Uuciscus Baldneri).

La nageoire dorsale du Spirlin, qui s’élève en arrière des ventrales, est remarquable par sa grande hauteur, presque double de sa longueur. Elle a trois rayons simples dont le premier trèspetit, et huit rayons rameux.

L’anale, également très-haute, a le plus ordinairement quatorze rayons branchus à la suite des rayons simples, mais parfois ce nombre est diminué de deux ou trois, ou porté jusqu’à quinze, seize ou dix-scpt.

Les dents pharyngiennes, terminées en crochet, sont trèsfinement dentelées comme chez les espèces précédentes.

Le Spirlin est connu pour un Poisson très-vorace, consommant peu de nourriture végétale, mais prenant avec beaucoup d'avidité des insectes, des vers, de petits mollusques, ainsi que des œufs des différents animaux aquatiques. Il fraye pendant les mois de mai et de juin.

Le Spirlin est commun dans les rivières de nos départements de l’Est, la Meuse, la Moselle, la Meurthe et leurs affluents, le Rliin, l’Dl, etc. On le trouve aussi dans la Somme et dans

lu Seine, dans tout le centre de la France, et même vers le cours inférieur du Rhône.

M. Fabre m’en a envoyé quelques individus péchés dans la Sorgue, près d’Avignon. Ces individus, d’assez petite taille, d’une couleur fauve dorée, m’avaient semblé d’abord pouvoir être d’une espèce particulière, mais un examen minutieux n’a pu laisser de doute sur leur identité spéficique avec nos individus du nord et du centre de la France.

Ce Poisson est aussi fort répandu en Angleterre, en Belgique, dans la plus grande partie de l’Allemagne, mais il parait ne point se trouver dans le nord de l’Europe.

Le Spirlin est, comme l’Ablette commune, recherché pour

ablettes.

ses écailles également employées à la fabrication de l’essence d’Orient.

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