LE CIIONUROSTOME DU RHONE
(CBONDBOSTOMA ROODANKNSH)
Cette espèce, que nous avons obtenue exclusivement du Rhône et de quelques-uns de ses aflluenLs, ressemble beaucoup à la précédente. Un aspect particulier permet cependant de la distinguer à la première inspection ; scs écailles sont plus brillantes et sa coloration est en général d’un ton jaunâtre, avec de très-petits points noirs plus ou moins nombreux, disséminés sur la tète et sur les régions supérieures du corps.
Ces caractères à la vérité seraient insuffisants pour voir, dans
CHONDROSTOMES.
le Chondrostome des eaii\ de l'Est, une espèce différente du Chondrostome des eaux de l’Ouest, du midi de la France; mais chez le premier, le Chondrostome du Rhône, la bouche est no-
Fig. 108. Télé, vue en dessous, du Chondrostome du Rhône.
tablement plus petite que chez le second et surtout plus en croissant ; les écailles ont leurs stries cencentriques beaucoup plus espacées et par conséquent moins nombreuses ; leurs dents pharyngiennes, trou\ées invariablement au nombre de six des deux côtés, sont notablement plus grêles.
Le Chondrostome du Rhône rappelle beaucoup par les formes le Chondrostome de Gcné (C/i. Genei, Bonap.); mais chez ce dernier il n’y a que cinq dents pharyngiennes de chaque côté, et ces dents sont beaucoup plus massives.
Nous avons eu de nombreux individus de cette espèce, provenant les uns du Rhône, près d’Avignon, de l’Ouvèze, de la Durance, les autres des environs de Lyon. On la nomme à Avignon la soffio et à Lyon hsoafe ou la seu/le *.
* On connaît plusieurs espèces européennes de Chondrostomes qui n'onl jamais été trouvées en France : I.e G. Genei, Bonaparte, commun en Italie ; le C. hysela, Agassiz, du Danube ; le G. Soitta, Bonap., dont les dents pharyngiennes sont au nombre de sept, des eaux de la Lombar-
HISTOlKK PAHTICrUÈHE DES POISSONS.
L,\ F.AMILLE DES S.VLMONIDES
(.S.U..MU.MDÆ)
Après les Cyprinides, les PomoHS blancs, c'est-à-dire les Poissons généralement assez dédaignés, se placent d’une manière très-naturelle, sous le rapport des afiinités zoologiques, les Salmonidés ; la famille qui comprend les Saumons, les Truites, l’Epcrlan, etc., ce qu’on appelle, sur les marchés, les Poissons fins, et, dans un certain monde, les Poissons nobles.
Malgré d’assez grandes différences dans les formes, dans l’aspect général des espèces des Salmonidés, un Poisson de cette famille est toujours facile à reconnaître à un caractère bien particulier. Le caractère consiste dans la présence d’une très-petite nageoire adipeuse située en arrière de la nageoire dorsale. Cette nageoire adipeuse, comme l'indique son nom, est formée d’une certaine quantité de matière grasse, interposée dans l’épaisseur d’un simple prolongement des téguments. Elle n’a aucune trace de rayons.
Mais les Salmonidés se distinguent encore par d’autres particularités. Ils ont, le plus souvent, les mâchoires, les os palatins, le vomer et môme la langue jMurvus de dents plus ou moins nombreuses et plus ou moins fortes, le bord de la mâchoire supérieure constitué îi la fois par les os intermaxillaires et les os maxillaires, les ou’ics fendues jusqu’à la gorge. Leurs nageoires ventrales sont situées, comme chez les Cyprinides, en
die; le C. Knerii, Heckel, de la Dalmalie; le C. /iharinus, Heckel, de la Dalmalie et de la Bosnie; le C. polylrpit, Steindaehner, du Portugal.
l'n prétendu hybride de ce dernier Cliondrostome et d’un Barbeau est cité par M. Steindacliner {CaMoyiie pntimiimre des t’oissom d'eau doiuv du Purtuyal, I86.Ï.)
Digül. ‘ by Coogk
COnÉGONES.
arriére des pectorales; leur membrane brancliiostège offre de sept à dix rayons ; leur corps est couvert d’écailles, très-petites cbez beaucoup d’espèces, de médiocre dimension chez les autres. .
Les Salmonidés se font aussi remarquer par plusieurs caractères de leur organisation interne. Ainsi leur estomac présente constamment une dilatation en forme de sac, leur intestin est accompagné à son origine de nombreux appendices pyloriques, leur vessie natatoire est simple, leurs ovaires sont dépourvus d’oviducte, de telle sorte que les œufs mûrs, pour effectuer leur sortie, tombent d’abord dans la cavité abdominale.
Les Salmonidés, ayant une chair délicate et de goût extrêmement agréable, sont tenus en très-haute estime pour la table. Leur abondance dans toutes les parties de l’Europe, la grande taille de quelques-uns d’entre eux, leur donnent une véritable importance au point de vue économique. Les différences dans les caractères, et surtout dans les conditions d’existence des espèces de cette famille, offrent un intérêt considérable au point de vue de l’histoire des animaux.
Parmi ces Poissons, les uns, habitants des mers, remontent chaque année les cours d’eau à des époques déterminées : ce sont les migrateurs ; les autres sont sédentaires, et ceux-là vivent ou dans les grands fleuves, ou dans les lacs aux eaux pures et transparentes, ou même dans les ruisseaux limpides.
LE GENRE CORÉGONE
(cuHECoscs Ar/e<fi').
Les Corégones sont d’élégants Salmonidés, un peu comprimés latéralement, couverts J’écaillcs très-faciles à détacher.
S2i inSTOlHE PAHTICUMÉRE DES POISSONS, assez grandes, arrondies, {Mmrvucs de fines stries concentriques, ayant une bouche, soit garnie de dents d'une extrême finesse, soit totalement privée de dents ; une nageoire dorsale, haute en avant, très-oblique vers la partie postérieure, s’élevant moins en arrière que les nageoires ventrales.
Une singulière jiarticularité se manifeste chez les Corégones à l’époque du frai. C’est une sorte d’éruption cutanée, qui détermine sur chaque écaille une saillie blanche, allongée. Tout disparaît bientôt lorsqu’est passé le temps de la reproduction.
La jilupart des Corégones habitent les lacs des régions alpines, quelques-uns vivent dans les eaux du nord de l’Europe ; d’autres sont des animaux marins qui remontent les fleuves [lériodiquement. Jusqu’ici on n’en a observé que peu d’espèces dans les lacs de la France, mais il est des lacs, ceux des Pyrénées par exemple, encore peu explorés par les naturalistes, où peut-être on rencontrera de nouveaux Poissons de ce genre. Les auteurs anglais ont décrit diverses espèces de Corégones des lacs de leur pays qui n'ont pas été rencontrées en France. Deux espèces du nord de l'Europe {Coregonm marœna, Bloch, et C. al/tula, Linné) paraissent aussi être étrangères aux eaux de la France.
Les Corégones comptent parmi les Poissons les plus estimés jMuir la table, leur chair est blanche et d’une extrême délicatesse.
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