‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 80 sur 132 · I.E COHÉr.ONE I.AVAHET · texte numérisé non relu

I.E COHÉr.ONE I.AVAHET

(rOREGOXCS LAVABETCS ')

LYirangfir venu pour la première fois à Aix en Savoie ou dans quelque autre localité voisine du lac du Dourget, ne manque pas d’entendre bientôt parler du Lavaret. Vous ne connaissez point le Lavaret ; vous n’avez jamais mangé du Lavarct, lui répètent à l’envi les indigènes. Comme bien souven l’étranger tend une oreille frappée d’un mot nouveau, l’habitant de la Savoie jouit de sa surprise et, heureux d’en remontrer, peut-être à un Parisien, en fait de bons mets, il daigne lui apprendre que le Lavaret est le Poisson le plus parfait qui existe, un Poisson sans égal pour la délicatesse de sa chair, pour son parfum ; un Poisson auprès duquel la Féra des Genevois nè mérite même pas grande considération.

Le Lavaret se distingue au premier abord des autres Corégones par la forme de son cori)S comprimé à peu près également de l’extrémité antérieure à l'extrémité postérieure. 11 se fait aussi remarquer par une tête projiortionnellement [letile, dont le museau atténué et tronqué au bout ne forme qu’une faible saillie au-dessus de la mAcboire inférfeure.

Ce Poisson est d’un magnifique blanc d’argent sur lescétés et sur les jiarties inférieures, avec le dos d’un gris bleuâtre ou verdâtre, les nageoires pâles chez les jeunes individus, lavées

‘ Salmo L'irareliif, l.iimé, Syst. ««/., édit. XII, t. 1, p. 512 ; (7hl!. — Snlmn ll'iirlmaiini, Bloch, part, lit, n“ 3*. — Coregonxis iararfOij, Valenciennes, Hisl. nal. lies Poissons, 1. XXt, p. 4^6, pl. 627. — Cor. Pnlea, p. 477, pl. 62S, et Corogonus lieisingeri, p. 499 ; I84S. — Coregonus U^ar/inanni, tleckclet Kner, Siissivasserfisrhe der ûslreichisthen Monarrhit, p.235 ; lAliS. — Sii’bold, DieSinswniserfischevonMilleleurojia. p.2 43 ; 1863.

426 HISTUIHK PAHTICLMÉHli DES POISSONS.

di‘ gris vers leur extr6mitê et teintées de noirâtre chez les adultes, l’iris argenté. La région supérieure du corps est toujours pointilléc ou sablée de noir ainsi que la tête, mais, à cet égard, on observe de grandes dillérences entre les individus selon leur âge et surtout selon les localités où ils ont vécu. Les points noirs, lorsqu’ils sont nombreu.v, donnent à l’animal une teinte plus sombre, comme on le voit principalement chez les individus du lac de Neucliâtel, que les naturalistes considéraient autrefois comme appartenant à une es])èce distincte du Lavaret {Coregonus Palea).

Les écailles du Lavaret sont de médiocre dimension ; elles sont courtes surtout relativement à leur largeur; aussi n’en compte-tTOn pas moins de quatre-v ingt-qu^ltre à quatre-vingtquinze, et le plus souvent quatre-vingt-sept ou quatre-vingt-huit dans la longueur du corps. 11 y en a de neuf à dix rangées audessus de la ligne latérale et huit ou neuf au-dessous. La nageoire dorsale qui s’él ‘ve vers le milieu de la longueur du corps a quatre rayons simples et onze rameux, quelquefois dix seulement ; les ventrales, deux simples et dix ou onze rameux ; l’anale, quatre- simples et onze ou douze rameux.

Le Lavaret atteint quelquefois, assure-t-on, le poids de 1 kilogramme et demi à 2 kilogrammes, mais la plupart des individus que l'on pèche n’ont pas plus de la moitié de ce poids et ne dépassent gu'-re la longueur do 0",30 à 0",3.o. Ce Poisson se nourrit de très-petits animaux nageurs, comme certaines larves d’insectes, de crustacés et, en même temps, de frai et de débris organiques de toutes sortes. Les Lavarcts se tiennent habituellement dans des eaux profondes, mais, vers la seconde moitié de novembre, ils se rapprochent des rivages et se réunissent

Digiti.

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