PELLONULA VORAX
GünTu. Cat. Fish. VII p. 452 (1868); Srsinp. Sitzb. Ak. Wien, LXI, I, 1870, p. 570, pl. VII, fig. 3; PEruGrA, Ann. Mus. Genova (2) X, 1891, p. 977; STEIND. Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 83.
Pellonula modesta, J. G. Fiscner, Jahrb. Hamb. Wiss. Anst. Il, 1885, p. 75.
La hauteur du corps est comprise 3 1/6 à 4 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. Le profil supérieur de la tête est presque droit et horizontal; le museau, pointu, est aussi long que le diamètre de l'œil, qui est compris 3 à 3 1/3 fois dans la longueur de la tête ; le menton dépasse plus ou moins le bout du museau; le maxillaire s'étend un peu au delà du bord antérieur de l'œil ; la paupière adipeuse est bien développée; l’espace interoculaire mesure les 2/3 ou les 3/4 du diamètre de l'œil. Branchiospines longues et minces, à peu près aussi longues que les filaments branchiaux, au nombre de 27 à 30 au premier arceau. La dorsale, à 15 à 17 rayons, dont 2 rudimentaires, commence au-dessus dela base des ventrales, à égale distance du bout du museau et de la racine de la caudale, ou un peu plus près de celle-la. L’anale, à 17 à 19 rayons, dont 2 rudimentaires, est plus rapprochée de la caudale que de la base des ventrales et commence immédiatement en arrière de la dorsale. La pectorale mesure les 2/3 ou un peu plus des 2/3 de la longueur de la tête, et n’atteint pas la ventrale, qui mesure la moitié de la longueur de la tête. La caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est aussi long que haut. 42 à 46 écailles en série longitudinale, 13 ou 14 en série transversale: 13 ou 14 scutelles épineuses en avant des ventrales, 9 ou 10 entre celles-ci et l’anale.
Coloration dorée, avec une large bande latérale argentée; nageoires blanches: jeunes argentés, transparents, piquetés, comme poudrés de noir. Iris doré, la pupille entourée d’un cercle orange.
Longueur totale : 12 centimètres.
Cette petite espèce est connue du Sénégal, du Niger, du Gabon, du Benito et du Congo, où elle est très répandue. J’en ai examiné des exemplaires de Banana (Delhez), Boma (J. J. Monteiro, Delhez), Matadi (Wilverth et Wagenaar), Vivi (cap. Bove), Coquilhatville (Delhez), Monsembé (J. H. Weeks), Stanley-Falls (W.H. Bentley), de Bikoro, lac Tumba, et de Kutu, lac Léopold Il (Delhez).
D'après Delhez, les noms indigènes sont Weheli à Bikoro, Losera à Bikoro et à Coquilhatville, Lovensé à Banana, Sengé à Boma. Ce poisson se nourrit surtout de petits crustacés et vit en bandes nombreuses. A Bikoro, en décembre 1808, les jeunes étaient pêchés en quantités prodigieuses à l’aide d’un grand panier traîné par deux
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femmes, et les enfants du village se livraient aussi à leur pêche; ces petits poissons, mesurant de 2 1/2 à 4 centimètres, étaient destinés à la friture, tout comme les jeunes Clupéides de la Tamise fournissent le plat si connu en Angleterre sous le nom de Whitebait.
C’est sans doute le poisson auquel M. Cornet (1) fait allusion sous le nom de Dogara où Doga!a : « Poisson qui, bien que fort petit, contribue plus que tout autre à l'alimentation des indigènes. C’est une espèce de blanquette (2), qui se prend dans de grands filets où elle se jette par milliers d'individus. Son abondance pérmet d'en faire un sujet d'exportation. On le met sécher au soleil ou on le sale, et on l'envoie au loin. Il émet, dit-on, ses œufs par la gueule (3); l’éclosion est immédiate et les jeunes pourvoient à leurs besoins dès leur naissance. Des gens disent avoir vu les œufs rester dans la gueule jusqu’au moment où ils vont éclore. Jamais les Dogalas n'atteignent plus de 5 à 7 centimètres. Ils ont un goût piquant et amer, pas trop désagréable, et qui tient à leur genre de nourriture et à la bile, très abondante chez eux. Dans toutes les eaux courantes, ces petits poissons, genre Clupea, pullulent à la façon des sardines sur les côtes de France. »