XXVIII INTRODUCTION
A Matadi, on ne pêche pas. Matadi est une ville bâtie sur la montagne par les blancs, loin des villages indigènes; d'un côté est établie l’administration du chemin de fer avec ses nombreux et coquets pavillons : de l’autre se trouvent les bâtiments de l’État et les factoreries. Tous les noirs habitant Matadi sont employés et n’ont aucun loisir pour se livrer d’une façon constante à la pêche, ce qui fait que le poisson est chose absolument rare ici. Pourtant, ce n’est pas qu'il fasse défaut dans le fleuve! C’est à Vivi et à l'embouchure de la M’Pozo, que j'ai souvenance d'une de mes plus abondantes pêches; ce fut tout un événement à Matadi, ce jour-là, de voir figurer au dîner du poisson frais.
Les nombreux cours d'eau traversés par le chemin de fer recèlent d'excellents poissons, voire des crustacés. Les écrevisses de la M’Pozo sont renommées et les ingénieurs du chemin de fer ont souvent pris énormément de poissons lorsqu'ils travaillaient aux environs du Kwilu, de la Lufu, de l'Unionzo, de la Lukunga, etc. Moi-mèême, j'ai eu la chance d'en capturer quelques-uns dans la torrentueuse Inkisi.
Chute de l'Inkisi (Région des Cataractes).