PÉCHE XXXIII
gueurs ; quelques-uns atteignent 100 mètres et sont hauts de 2 à 3 mètres. Comme flotteurs, on met des blocs de bois léger; comme lest, des pierres, des morceaux de fer (rarement) ou des tubes de poterie fabriqués spécialement pour cet usage. Lorsqu'on pêche sur les bancs de sable, le poids du lest entraîne le filet afin de drainer le fond. Au moyen de pirogues, les indigènes font un large circuit qu'ils rétrécissent de plus en plus, emprisonnant le poisson qui est bientôt rejeté sur la grève. A certaines époques, on fait ainsi des pêches très abondantes.
Les grands filets sont aussi employés d’une autre façon. Les flotteurs sont plus puissants que le lest et soutiennent les filets à la surface de l’eau ; deux pirogues, une à chaque bout, descendent le courant de la rivière avec ce rideau déployé ; des rabatteurs effrayent le poisson qui vient s’empêtrer dans les mailles du piège qui lui est tendu.
La pêche à la ligne est peu pratiquée au Congo. Les noirs placent au bout d’une ficelle légère un petit hamecon sans barbillons et emploient des boulettes de chicwangue comme amorce.
Lorsque l’on pêche le petit poisson au moyen d’une ligne suspendue au bout d’une gaule, la victime en frétillant parvient souvent à se dégager faute de barbillons à l’hameçon. Afin d'éviter la perte de leur capture, les pêcheurs, dès que le poisson est pris, le font tournoyer vivement au bout de la ficelle; la bête étourdie cesse de se débattre et ne risque plus de retomber à l’eau.
Les Upotos pratiquent aussi la pêche au poison. Le toxique généralement employé est une légumineuse du genre Acacia, la Ptéphrosie de Vogel. Les feuilles de cet arbuste sont écrasées, puis mises dans un récipient ; après plusieurs jours de macération dans l’eau, la décoction est jetée par les indigènes dans les petits ruisseaux ou dans les mares. Aussitôt que le poisson a absorbé de cette substance, il devient malade et flotte à la surface.
Dans le Congo et le Lomami, les natifs emploient des nasses qu'ils disposent de façon que l'ouverture soit tournée vers l'aval. Quant aux gens de l’intérieur, ils prennent également beaucoup de poissons dans les ruisselets et les mares. A cette fin, ils isolent certaines parties des cours d’eau au moyen de barrages en terre et les mettent à sec, de telle sorte qu’ils n’ont qu’à prendre le poisson à la main. [ls emploient aussi les feuilles d’une légumineuse qu’ils pilent dans un mortier et dont ils se servent pour étourdir le poisson.
Lorsque, après les inondations périodiques, les eaux se sont retirées, les femmes vont déterrer une sorte de silure (1) dont la chair est très appréciée des indigènes.
(1) Clarias. — G. A. B.
INTRODUCTION
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