‹ Les poissons du basin du CongoChapitre 271 sur 463 · ARIUS · texte numérisé non relu

ARIUS

tèbres précaudales ont les parapophyses jointes par un pont osseux, formant arc hémal. Les neurapophyses antérieures sont paires, divisées en deux jusqu'à la base, pour embrasser les interneuraux, tout comme chez les Loricariidæ.

On sait que les espèces américaines et indiennes de ce genre transportent leurs œufs dans la gueule jusqu’à éclosion, comme cela a également lieu chez le Galeichthys feliceps de l'Afrique australe (1). C’est généralement le mâle qui s’acquitte de cette fonction, mais le Dr v. Ihering a pu observer au Brésil, sur l’espèce À. Commersonü, que la femelle s’en charge parfois (2). Ces œufs sont remarquables pour leur grandeur, qui égale celle d’une cerise (18 millimètres de diamètre) chez l'espèce que je viens de citer.

Les Arius sont plutôt marins que d’eau douce, mais comme ils fréquentent surtout les estuaires et les lagunes et qu'ils remontent parfois assez loin les cours d’eaux, j'ai cru devoir traiter ici de l’espèce unique (A. latiscutatus) qui a été rencontrée dans le Congo près de son embouchure.

L'espèce dont nous avons à nous occuper rentre bien dans les Arius typiques de Valenciennes (A. arius, C et V.), caractérisés par « leurs dents palatines formant deux plaques distinctes et éloignées, … portées sur le palatin seul ». Pourtant, pour « palatin » il faut lire « ptérygoïde »; le palatin est ici en forme de bâtonnet, comme chez la plupart des Silurides, et ne porte pas de dents. Dans ses descriptions de ces Arius, Günther (3) parle de dents « vomériennes » et « palatines ». Le fait est que ni le vomer ni le palatin ne portent de dents chez ces poissons. Les dents du palais, quelle que soit leur disposition, en un ou plusieurs groupes de chaque côté, sont insérées sur un os pair qui n'est autre que le ptérygoïde antérieur (entoptérygoïide - ectoptérygoïde). Les dents du palais de Genidens doivent également être considérées comme ptérygoïdiennes ; mais ici les éléments qui les supportent ne sont pas ossifiés. Chez Galeichthys (feliceps, C. et V.), que certains auteurs (4) ont eu tort de réunir aux Arius, bien qu'ils en soient extrêmement voisins, la bande de dents est formée par le vomer et par les ptérygoïdes, comme chez Chrysichthys. Pour apprécier l'importance taxonomique de la dentition chez ces poissons, il est nécessaire d’en comprendre la valeur morphologique, ce qui ne peut se faire que sur des crânes bien préparés.

(1) Boulenger, Proc. Zool. Soc. 1891, p. 148. (2) Biol. Centralbl. VIII, 1888, p. 298.

. (3) Cat. Fish. V, p. 151 (1864).

(4) Jordan et Evermann, Fish. N. Amer. [, p. 119 (1896).

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