‹ Les poissons du basin du CongoChapitre 283 sur 463 · SYNODONTIS GRESHOFFI · texte numérisé non relu

SYNODONTIS GRESHOFFI

SCHILTHUIS, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1891, p. 87. Synodontis Afro-Fischeri (non HizGenD.), VaiLLanT, N. Arch. Mus. (3) VII, 1896, p. 152, pl. XIV, fig 2.

Le corpsest faiblement comprimé, sa hauteur égale ou un peu supérieure à la longueur de la tête et comprise 3 à 4 fois dans la longueur totale. La tête est aussi large que longue, finement granulée en dessus; la fontanelle frontale est petite, 3 ou 4 fois plus longue que large; le museau, arrondi, mesure les 2/5 ou un peu moins de la moitié de la longueur de la tête; l'œil est supéro-latéral, son diamètre est compris 3 1/2 à 4 1/2 fois dans la longueur de Ia tête, 1 1/2 à 2 fois dans l'espace interoculaire; la région interoculaire est presque plate, l'occiput dépourvu de carène, le bouclier nuchal lui-même ne portant qu’une carène très obtuse. La bouche a les lèvres médiocrement développées ; le barbillon maxillaire, simple, est au moins deux fois aussi long que la tête et atteint ou atteint presque la base de la nageoire ventrale; les barbillons mandibulaires sont branchus, les externes, plus longs que la tête, mesurent le double des internes et sont insérés un peu plus bas. Les dents prémaxillaires sont très petites et forment une large bande; les mandibulaires, crochues, mesurant à peine le tiers du diamètre de l'œil, sont au nombre de 40 à 65. La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire pectorale. Le bouclier occipito nuchal, finement granulé, est une demi-fois plus long que large; il se termine en arrière en deux pointes obtuses ou arrondies qui atteignent le niveau du premier rayon mou de la dorsale. Le prolongement huméral, au moins deux fois aussi long que hauüt, est strié et caréné et se termine en pointe aiguë qui atteint ou dépasse le niveau de l'extrémité du bouclier occipito-nuchal. La peau est couverte de villosités, plus sensibles chez les adultes que chez les jeunes, et les tubules de la ligne latérale sont tentaculiformes et dressés. La nageoire dorsale a 6 ou 7 rayons branchus; l'épine est forte, 1 2/3 à 1 3/4 fois la longueur de la base de la nageoire, striée et munie de quelques dents très faibles à l’arrière de la moitié supérieure. La dorsale adipeuse est 3 1/2 à 4 fois aussi longue que haute et 2 à 3 fois aussi longue que la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. L’anale a 11 à 13 rayons, dont 8 à 10 branchus. L’épine pectorale est au moins aussi longue que la tête, à serrature forte; 17 (jeune) à 48 dents dirigées en arrière au bord externe, 11 à 32 dents plus longues et dirigées en sens inverse au bord interne. La ventrale n'atteint pas l'anale. La caudale est profondément échancrée; son lobe supérieur est souvent prolongé en filament.

SYNODONTIS 317

Le corps et la nageoire adipeuse sont marbrés de brun foncé sur un fond brun pâle ou jaune vif; les nageoires rayonnées sont tachetées de brun foncé. L'iris est bronzé, la pupille orange. Les très jeunes individus sont d'un brun foncé, avec deux ou trois bandes transver-

sales onduleuses jaunes.

Longueur totale : 24 centimètres.

Cette espèce a été décrite du Stanley-Pool et du Congo français. J'en ai examiné, outre le type conservé au British Museum, de nombreux individus provenant de Matadi et de Nouvelle-Anvers (Wilverth et Wagenaar), du lac Léopold IT et du lac Tumba (PORT 2 indigènes : N'Nio et Zkoko à Kutu, Zkoko à Bikoro.

Un individu de Kutu contenait dans l'estomac un Petersius Lebsotdianus mesurant 7 centimètres, en partie digéré.

L. Vaillant (1. c., p. 123) a rapporté auS. schall, BI. Schn , espèce du Nil et du Sénégal, de jeunes exemplaires de Mobaka sur la Sanga et de Diélé sur l’Alima (coll. de Brazza). Ayant pu, grâce à l'obligeance de M. Vaillant, examiner ces exemplaires, je suis convaincu que le plus petit, de Mobaka, mesurant 30 millimètres, est un S. Greshoffi, tandis qu’un second, long de 45 millimètres, semble devoir être rapporté à S Alberti; quant aux deux autres, de Diélé, je n'ai pu les déterminer, mais je suis absolument certain qu'ils n'appartiennent pas à S. schall, dont je connais bien le jeune âge; ils ne sont pas assez bien conservés pour qu’on puisse, à mon avis, en faire les types d’une espèce nouvelle.

g. SYNODONTIS .ALBERTI.

ScrLruuis, Tijdschr. Nederl, Dierk. Ver. (2) II, 5891, p. 88; VaiLLanT, N. Arch. Mus, (3) VIN, 1806, p. 118, pl. XII, fig. 1

Le corps est fortemement comprimé, sa largeur 1 1/2 à près de 2 fois dans sa plus grande hauteur, qui est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale. La tête, dont la longueur est comprise 3 1/2 à 4 fois dans la longueur totale, est d'un tiers ou d’un quart plus longue que large et rugueuse à partir de la région interoculaire, qui est à peine convexe; la Hama frontale est étroite, 3 ou 4 fois plus longue que large; l’opercule est lisse; le museau, arrondi, mesure le tiers où les 2/5 de la longueur de la tête; l'œil est supéro latéral, son diamètre est compris 3 à 3 1/2 fois dans la longueur de la tête, et égale la largeur interoculaire; l'occiput ne forme de carène qu’à partir du bouclier nuchal. La bouche a les lèvres peu développées; le barbillon maxillaire

318%. SILURIDÆ

est très allongé et atteint le pédicule caudal ou le milieu de la nageoire caudale; les barbillons mandibulaires externes sont insérés un peu en arrière des internes et atteignent presque l'extrémité des nageoires pectorales, ou un peu au delà; ils sont 2 fois plus longs que les internes, et tous deux sont garnis de branches longues, minces, non ramifiées. Les dents prémaxillaires, petites et assez serrées, forment 4 à 6 séries transversales ; les mandibulaires, petites et crochues, mesurent à peine 1/5 du diamètre de l’œil et sont au nombre de 18 à 25. La fente operculaire ne s'étend pas en dessous au delà de Ja base de la nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, rugueux et grêlé, forme une carène obtuse; sa largeur est comprise 1 1/2 fois dans sa longueur ; ses processus postérieurs sont arrondis ou obstusément pointus et s'étendent jusqu’au niveau du premier rayon mou de la dorsale. Le prolongement huméral, rugueux, strié dans sa partie inférieure, est assez large et s’atténue en pointe obtuse ou tronquée ; il s'étend à peine aussi loin en arrière que le bouclier nuchal. La peau du corps est dépourvue de villosités. La nageoire dorsale a 7 rayons branchus: l'épine est forte, striée, armée de très faibles serratures réclinées sur la moitié supérieure de sa face postérieure; sa longueur égale ou excède un peu celle de la tête et mesure moins du double de la base de la nageoire. La dorsale adipeuse est 3 à 4 fois aussi longue que haute et séparée de la dorsale rayonnée par un espace peu considérable. L’anale a 12 rayons, dont 8 branchus. L'épine pectorale est très forte, aussi longue que la tête ou un peu plus courte, à serrature très forte : 24 à 38 dents dirigées en arrière au bord externe, 13 à 17 plus grandes et dirigées en sens inverse, au bord interne. La nageoire ventrale n’atteint pas tout à fait l’origine de l’anale. La nageoire caudale est profondément échancrée, à lobe supérieur plus ou moins prolongé en filament.

Olive ou brunâtre, cuivré, uniforme ou tacheté de brun foncé; dos parfois violacé; nageoires dorsales, anale et caudale avec de petites taches foncées très nombreuses disposées en séries transversales.

Les types de cette espèce, conservés au British Museum, proviennent du Stanley-Pool (Collection Greshoft). Vaillant a décrit le même poisson du Congo français, et 4 spécimens en ont été rapportés de Manyanga et de Léopoldville par les officiers de l’État Indépendant. La collection Delhez en contenait 4 spécimens, recueillis à Léopoldville. Enfin le Rév. J. H. Weeks m'en a envoyé un individu de Monsembé (Haut-Congo). Noms indigènes : Zkoko à Léopoldville, Likoko ja mosamba na kamba à Monsembé.

Delhez a pris note d’un cri rauque, semblable à l’aboiement d’un jeune chien, que produit ce poisson lorsqu'il est hors de l'eau.

SYNODONTIS 319

Page 1