SPHYRÆNA
ArTent, Synon. Pisc. p. 112 (1738); GünrTHer, Cat. Fish. Il, p. 334 (1860).
Deux grandes dents en avant du prémaxillaire, dont le bord est armé de dents petites et nombreuses en une seule série ; une série de grandes dents palatines ; la plus grande dent mandibulaire en avant, suivie de très petites dents puis de grandes, formant une seule série. Tête allongée ; yeux parfaitement latéraux. Corps allongé, faiblement comprimé, couvert d'écailles petites et cycloïdes; ligne latérale complète, formée de tubes droits. Dorsale antérieure à 5 épines minces, située au-dessus des ventrales ; seconde dorsale et anale opposées l’une à l’autre, sans épine proprement dite. Caudale fourchue.
Des vingt espèces dont ce genre est composé, une seule a été rencontrée au Congo, où, d’après les renseignements qui m'ont été fournis, certains individus remonteraient le fleuve jusque dans la région des cataractes. C’est pourquoi je crois devoir en donner une description, quoique ce genre soit réellement marin.
J. SPHYRÆNA GUACHANCHO.
Cuv. et VaL. Hist. Poiss IIT, p. 342 (1829); Poev, Mem. Cuba, IT, p. 166 (1860); MEex et NEWLAND, Proc. Ac. Philad. 1884, p. 70; Jorp. et EverM. Fish. N. Am. p. 824 {1896); BouLexc. Ann. Mus. Congo, Zool. I, p. 22 (1898).
Sphyræna afra, Peters, Mon. Berl. Ac. 1844, p. 82, et 1876, p. 872.
Sphyræna dubia, BLeex. Nat. Verh. Vet. Haarlem, XVIII, 1863, n° 2, p. 70, pl. XV, fig. 2; Srernpacan. Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 32.
Sphy-ræna Guentheri, Hay, Ann. & Mag. N. H. (4) XV, 1875, p. 270.
La hauteur du corps est comprise 7 à 7 1/2 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 à 3 1/2 fois. Le diamètre de l'œil est compris 2 1/2 à 3 fois dans la longueur du museau, 5 1/3 à 6 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 à 1 2/3 fois dans la largeur interoculaire; le maxillaire, dont la largeur à l'extrémité égale la moitié ou les 2/3 du diamètre de l'œil, s'étend jusqu’au-dessous du bord antérieur de celui-ci; le menton, dépourvu d'appendice cutané, dépasse fortement le museau ;
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la joue est couverte de très petites écailles ; il y en a de plus grandes sur l’opercule, qui porte une seule pointe. Des cinq épines de la nageoire dorsale, la seconde est la plus longue et mesure à peu près le tiers de la longueur de la tête ; la seconde dorsale et l’ahale ont ro et 9 rayons respectivement, le dernier beaucoup plus long que celui qui le précède. La nageoire pectorale mesure les 3/7 ou les 2/5 de la longueur de la tête. La nageoïire ventrale est beaucoup plus rapprochée de l'œil que de l’anale. La nageoire caudale mesure à peu près les 2/3 de la tête. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut. Les écailles sont au nombre de 110 à 130 en série longitudinale, es en série transversale.
D’après une aquarelle de Delhez, ce poisson est olive foncé sur le dos, jaunâtre sur les côtés, blanc sur le ventre ; de nombreuses bandes olives foncées, arquées, à convexité dirigée en avant, sur les côtés du corps; nageoires brunes, anale et caudale jaune orangé à la base; iris orange.
Longueur totale : 70 centimètres. Atteindrait, d’après les indigènes du Bas-Congo, une longueur de près de 2 mètres.
Cette espèce habite la zone tropicale de l'Atlantique. Delhez en a rapporté un exemplaire de Banana, pris à l'embouchure du fleuve en eau saumâtre, et la collection Wilverth et Wagenaar en renferme un autre indiqué comme provenant de Manyanga, région des cataractes. Peters renseigne l'espèce de Chinchoxo, localité située à l'embouchure du Chiloango.
Nom indigène à Banana : M'Tobo.
Le nom de Guachancho est celui que porte ce poisson à Cuba, où il a été découvert par feu Poey. D’après ce célèbre naturaliste, il est très recherché, d’un très bon goût et n’a jamais les qualités vénéneuses de certaines espèces voisines du même genre (1). Contrairement au brochet, auquel on a si souvent comparé les sphyrènes, « /ucio marino » des Italiens, la chair est presque sans arêtes, ce qui ajoute naturellement beaucoup à sa valeur. Cette espèce voyage en société et on prend quelquefois ensemble plus de deux cents individus, tous de même taille.
(1) Je ferai remarquer à ce propos que j'ai moi-même mangé, en octobre, plusieurs poissons de l'espèce dite picuda des Antilles, réputée vénéneuse, sans en ressentir aucune indisposition. D'après Poey, ce poisson ne serait dangereux qu’à certaines époques et l'on pourrait reconnaître les individus à rejeter à ce que la racine de leurs dents prend alors une couleur noirâtre.
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OPHIOCEPHALIDÆ