CONSERVATION XLVII
des voyageurs qui ne se seraient pas pourvus d'avance d'étiquettes chiffrées du type figuré à côté.
Les instructions suivantes ont été rédigées pour l'usage des voyageurs au Congo. |
A l'exception de très grandes pièces, les poissons doivent être conservés à l'alcool. La force de l’alcool à employer doit être réglée selon la nature des spécimens. Ainsi, s’il s’agit de petits poissons à peau nue, on fera bien de les jeter en premier lieu dans un liquide faible (50 p. c. d'alcool absolu) et de les transférer après un jour ou deux à de l'alcool plus fort (70 p. c.). Pour les poissons écailleux on se servira d'alcool fort (80 p. c.) qui devra être renouvelé une ou deux fois, à quelques jours d'intervalle, selon le cas. On évitera, pour la première immersion, de placer beaucoup d'individus dans le même réservoir, à cause de la quantité d’eau rejetée par les poissons qui vient affaiblir l'alcool. Et, afin de faciliter l’échange des liquides, il est bon de faire, à l’aide de ciseaux acérés ou du scapel, une incision le long du ventre, qui permette à l'alcool de pénétrer plus rapidement; incision dont la longueur variera, selon la taille de l’animal, de 2 à 10 centimètres. Tout exemplaire chez lequel la putréfaction aurait commencé avant la mise définitive en alcool, doit être rejeté, car il pourrait, par son contact, gâter le contenu du flacon ou réservoir.
Quand, après quelques jours, les spécimens seront bien imprégnés d’alcoo!l, ils pourront êtres transférés aux bocaux ou caisses destinés à leur expédition, en ayant soin de les séparer les uns des autres à l’aide de loques de tissu fin non-teint ou de papier de soie blanc, afin d'éviter le frottement pendant les secousses du transport. Ne jamais se servir, pour la fermeture des bocaux, de cire à cacheter, celle-ci se dissolvant par l’alcool.
“Mettre une étiquette à la queue ou à une nageoire paire du poisson. Répéter l'étiquette et placer la seconde sous l’oue gauche.
De très petits poissons (3 à 6 centimètres) seront placés dans des tubes de verre, la tête en bas.
Les grands poissons (mesurant plus de 70 centimètres) peuvent être conservés en peau. Écorcher avec soin, faisant d’abord une incision tout le long du ventre, depuis la gorge jusqu’à l’origine de la nageoïre anale, puis au-dessus de celle-ci jusqu’à la racine de la nageoire caudale. Détacher la peau des muscles sous-jacents, ne laissant en fait d’os que ceux qui servent à soutenir Les nageoires. Enlever aussi peu que possible des parties molles de la tête et conserver la langue et les arceaux des branchies qui sécheront avec la peau. Enduire la surface interne d’arsenic, bourrer modérement d’ouate ou d’étoupe et bien sécher dans un courant d’air chaud au soleil. Avoir soin de conserver les nageoires intactes. Ne pas étaler celles-ci en faisant sécher, mais
XLVITI INTRODUCTION
les laisser repliées contre le corps, à cause de la fragilité des épines et des rayons ; la peau devant de toute façon être ramollie à l’arrivée pour l’empaillage définitif.
De grands poissons à peau nue, tels que les silures, pourront, après avoir été écorchés comme ci-dessus, être mis en alcool, la peau du corps roulée autour de la tête, ou placés dans de petits tonneaux remplis de sel. Ces peaux seront propres à l’'empaillage.
Tous renseignements relatifs à la coloration, la forme de la pupille oculaire, les mœurs et surtout l’époque et le mode de propagation seront fort utiles et pourront être consignés dans un journal spécial, avec signe de renvoi à l'étiquette attachée au spécimen.
On a beaucoup vanté l'usage, comme liquide conservateur, de la formaldéhyde, souvent nommée formol ou formaline, certes ce produit, tel qu'on le trouve dans le commerce, a l'avantage de se transporter facilement, puisqu'il suffit de l’étendre de 25 volumes d’eau pour en faire usage. Mais les résultats, s'ils sont satisfaisants pour certains groupes d'animaux, sont bien inférieurs, pour les poissons, à ceux qu’on peut obtenir par la conservation en alcool. La formaldéhyde a le désavantage de raidir les tissus mous, de les fixer d’une façon absolument désavantageuse pour les manipulations nécessaires à l'étude ; elle est plus ou moins instable, et exposée à la lumière elle produit une solution acide qui peut aller jusqu’à décalcifier les tissus osseux ; enfin, si elle conserve bien quelques pigments, elle décolore ou même noircit certains spécimens au point de nuire beaucoup à leur aspect. C'est ce qu'on a pu constater sur un grand nombre des poissons qui ont été exposés à Tervueren en 1897 et sur l'apparence desquels on avait tant compté. Je désapprouve donc la formaldéhyde comme liquide conservateur pour les poissons, et je n’en recommanderais l'emploi que dans des expéditions au cours desquelles les difficultés de transport s’opposeraient absolument à Fusage de l'alcool.
Vue du Congo à Matadi.
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE D 4] Là