‹ Les poissons du basin du CongoChapitre 34 sur 463 · V. ÉTUDE SYSTÉMATIQUE · texte numérisé non relu

V. ÉTUDE SYSTÉMATIQUE

La détermination exacte des poissons ne peut se faire que par une analyse, souvent assez minutieuse, des caractères extérieurs, tels qu'ils sont indiqués dans les descriptions, et qu’on peut diviser en trois catégories principales : la forme et les proportions, les rayons des nageoires, l’écaillure; la coloration, souvent fugace et variable, et même le dessin, fournissent des indications auxquelles il est bon de n'avoir recours qu'après épuisement des caractères morphologiques. Plus tard, quand l'œil s’est exercé sur un grand nombre de spécimens d’un même district, l'analyse devient superflue; c’est ainsi qu’on arrive à reconnaître les espèces à première vue et très sûrement sans faire appel à autre chose qu’une impression générale dont il serait souvent difficile de rendre compte. Mais c’est toujours aux caractères analytiques qu'il faut avoir recours quand il s’agit de motiver une détermination ou de comparer des formes nouvelles à celles déjà connues. Afin de faciliter au commençant cette étude, je passerai ici en revue les principaux caractères dont il est fait usage et les termes techniques qui servent à les désigner, en ajoutant qu'une loupe et un compas sont les seuls instruments indispensables pour s'y livrer. Pour ce qui est des caractères anatomiques, leur étude exige une préparation plus longue et l’aide d'ouvrages spéciaux, dont les principaux sont cités en notes dans le corps de cet ouvrage pour guider ceux qui voudraient acquérir des connaissances plus roles sur ce sujet, connaissances qui, elles sont nécessaires pour se rendre compte des rapports qui existent entre les divers groupes de poissons, ne sont toutefois nullement requises pour la détermination des genres et des espèces. Que ceux qui pourraient s’effrayer des détails anatomiques, qu'il m'eût été impossible d'éviter, veuillent bien se borner à les passer ; ils n’en réussiront pas moins, j'en suis sûr, à tirer parti de cet ouvrage pour arriver à connaître les poissons. Les figures à la page suivante sufhront, dans la plupart des cas, à l'élucidation de la nomenclature des os du crâne suivie par moi dans cet ouvrage, et serviront en quelque sorte de glossaire pour les termes usités dans les définitions d'ordres et de familles et dans les descriptions anatomiques.

FORME, PROPORTIONS. — La hauteur du corps, à son point le plus élevé, est prise comme terme de comparaison pour exprimer le - degré d’allongement du poisson. Par longueur totale s'entend la distance du bout du museau à la racine de la nageoire caudale; celle-ci

L INTRODUCTION

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Crâne de Polypterus Palmas, vu en dessus, en dessous et de profil; les plaques osseuses du côté droit ont été enlevées sur la figure de la face supérieure de la tête.

ar. Articulaire. n. Nasal.

bo. Basioccipital. n. a. Nasal antérieur.

d. Dentaire. o. Plaque occipitale.

ecpt. Ectoptérygoïde. op. Operculaire.

eo. Exoccipital. 0po. Opisthotique.

ept. Entoptérygoïde. p. Pariétal.

eth. Ethmoïde. paro. Paroccipital.

J. Frontal. pm. Prémaxillaire.

g. Plaque gulaire. pop. Préoperculaire.

hm. Hyomandibulaire. por. Préorbitaire (lachrymal). hy.s. Hyoïde supérieur. prf. Préfrontal.

J. Jugal. ps. Parasphénoïde.

m. Maxillaire. psp. Plaques préspiraculaires.

mpt. Métaptérygoïde.

. Post-temporal.

. Postorbitaire.

. Plaques postspiraculaires.

. Quadrate.

. Quadrato-jugal.

. Sous-operculaire.

. Plaques spiraculaires, . Sphénoïde.

. Splénial.

. Squamosal.

. Sur-temporal.

. Turbinal.

. Vomer.

Crâne de Lates niloticus, vu en dessus et de profil.

Articulaire. mpé.

Rayons branchiostèges. n.

Dentaire. Op.

Ectoptérygoïde. os.

Exoccipital. P.

Entoptérygoïde. paro.

Ethmoiïde. pl.

Frontal. pm.

Hyomandibulaire. pop.

Interoperculaire. por.

Maxillaire. pri.

Métaptérygoiïde.

Nasal.

Operculaire.

Orbitosphénoïde, Pariétal.

Paroccipital.

Palatin.

Prémaxillaire.

Préoperculaire.

Préorbitaire.

Préfrontal.

Ps.

pte.

UE

sbo.

sm, so.

sor.

sq.

ste.

SV

Parasphénoiïde.

Post-temporal, Post-frontal.

Quadrate Sous-operculaire.

Sur-maxillaire.

Sus-occipital.

Sous-orbitaire.

Squamosal.

Sur-temporal.

Symplectique.

IBjte INTRODUCTION

étant exclue pour la mème raison que la hauteur des nageoires dorsale et anale n’est pas comprise dans les mensurations du corps. Mais dans l'indication de la taille à laquelle parvient chaque espèce, la longueur totale comprend la nageoïre caudale, mesurée jusqu’à l’extrémité des rayons médians.

Le museau est la partie antérieure à l'œil, mais sans compter le menton lorsque celui-ci dépasse la mâchoire supérieure. La longueur de la tête est mesurée du bout du museau à l'extrémité de l’opercule osseux, ou à défaut d’opercule distinct (Protoptères, Tetrodons), à l’orifice branchial, sauf chez les Silurides à casque osseux, où tantôt l'occiput, tantôt le sinus occipito-huméral est pris comme limite postérieure, L’œil, dont le diamètre comparé à la longueur de la tête et à la largeur interoculaire donne d'excellentes indications pour la comparaison d'individus au même degré de développement, varie beaucoup avec l'âge, étant presque toujours beaucoup plus grand relativement chez les jeunes que chez les adultes. Les parties de la tête qui fournissent des caractères importants pour l'étude dépendent du squelette et leur terminologie est suffisamment expliquée par les figures qui précèdent, représentant le crâne d'un Crossoptérygien (Polypterus) et celui d'un Téléostéen Perciforme (Lates). L'opercule est bordé d’un repli membraneux, membrane des ouïes, le plus souvent soutenu par des rayons nommés branchiostèges. L'espace gulaire entre les cavités branchiales, souvent recouvert par la membrane en question, se nomme l'istnme.

Le côté concave des arcs branchiaux, le côté opposé aux branchies, porte une série de protubérances cornées, de râtelures nommées branchiospines, dont la forme et le nombre au premier arceau fournissent souvent des caractères importants pour la distinction des espèces; il suffit pour s’en rendre compte de soulever l’opercule. Les antérieures de ces branchiospines peuvent être rudimentaires, de simples tubercules, elles sont néanmoins comprises dans le nombre total, à moins d'indication contraire.

La limite entre le corps et la queue est établie par l’orifice anal.

La partie libre de la queue, entre le dernier rayon de la nageoire dorsale ou de l’anale et la racine des rayons médians de la caudale est désignée comme pédicule caudal.

NAGEOIRES. — Elles se divisent en nageoires paires : pectorales et ventrales, et nageoires impaires : dorsale, anale et caudale. Elles sont soutenues par des rayons, simples et rigides (rayons épineux), simples et articulés, ou branchus (ceux de ces deux catégories désignés comme rayons mous). Dans les formules souvent insérées dans les diagnoses et les synopsis, les rayons épineux sont indiqués par des

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