‹ Les poissons du basin du CongoChapitre 48 sur 463 · CALAMICHTHYS CALABARICUS · texte numérisé non relu

CALAMICHTHYS CALABARICUS

J. À. Suit, 1. c. et Tr. R. Soc. Edinb. XXIV, 1866. p. 457, pls. XXXI et XXXII; À. Dux. I. c.; Günrtx. Cat. Fish. VIII, p. 328 (1870); TRAQUAIR, Journ. Geol. Soc. Ireland (2) II, 1871, p. 240.

La tête est petite, faiblement déprimée, 1 2/3 à 2 fois aussi longue que large, sa longueur comprise 11 à 14 fois dans la longueur totale; le bout du museau dépasse la mâchoire inférieure; la fente buccale

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s'étend assez peu en arrière de l’œil ; le diamètre de l’œil est compris 71/2 à 8 1/2 fois dans la longueur de la tête, 2 fois dans la longueur du museau, 2 à 2 1/2 fois dans la largeur de la région interoculaire, qui est convexe; une série de 2 à 4 écussons en avant des écussons de l'évent; la distance entre celui-ci et l’œil égale au moins le double du diamétre de ce dernier; les plaques gulaires forment ensemble un triangle équilatéral échancré en forme de cœur. La nageoire dorsale se compose de 7 à 13 épines (1) très éloignées les unes des autres et dont la longueur n’égale pas plus du double du diamètre de l’œil. 12 à 14 rayons à l’anale chez les mâles, 9 à 12 chez les femelles. 18 à 21 rayons à la pectorale. Comme chez Polypterus, la caudale, arrondie chez les adultes, est pointue chez les jeunes, Les écailles sont un peu rugueuses, grélées et sillonnées concentriquement; on en compte 106 à 114 en une série longitudinale et 30 à 34 autour du milieu du corps.

La coloration est un brun olive uniforme en dessus, passant graduellement au jaunâtre en dessous; une grande tache noirâtre sur la nageoire pectorale.

Les caractères ci-dessus sont relevés sur onze spécimens, mesurant de 18 à 37 centimètres, dont deux des plus jeunes sont porteurs de branchies externes telles que les a décrites M. Clemens en 1894, branchies qui diffèrent de celles de Protopterus en ce que les filaments branchiaux ne sont pas portés par l’axe mais par de courtes branches de celui-ci (2).

Découvert en 1864 à Creek Town, Vieux-Calabar, par un missionnaire écossais, M. Alexandre Robb, ce curieux poisson a été retrouvé dans le delta du Niger, à la côte de Cameroun, et à l'embouchure du Chiloango. D'après les notes de M. Robb, le Calamichthys habite les petites rivières boueuses qui se jettent dans les estuaires, où on le trouve souvent parmi les racines entrelacées des palmiers mimbo, qui croissent dans les marécages; il en est du moins aïnsi pendant la saison des pluies (juin-septembre au Vieux-Calabar) qui est aussi celle de la reproduction. Il disparaît pendant la saison sèche et M. Robb soupçonne qu'il se retire alors dans les parties profondes des rivières. Doué d’une grande agilité, il nage comme un serpent. La nourriture consiste d'insectes et de crustacés.

(1) Le nombre des épines n’a aucun rapport avec le sexe, comme l'a cru A. Duméril.

(2) Comme c’est également le cas chez Poly-pterus.

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Ordre II. DIPNEUSTI.

Nageoires paires lobées, parfois réduites à un axe endosquelettique. Segment supérieur de l’arc mandibulaire confluent avec le crâne (autostylie). Des poumons, au moins chez les formes vivantes. Cœur surmonté d'un bulbe artériel musculaire portant, à sa face interne, plusieurs rangées de valvules qui peuvent être confluentes et former des replis longitudinaux.

Les Dipneustes (1) diffèrent des Crossoptérygiens, outre l’autostylie et la présence de vrais poumons, recevant du sang directement du cœur sans passer par les branchies, par le squelette en grande partie cartilagineux, à colonne vertébrale non segmentée en vertèbres, par la disposition des plaques osseuses du dessus du crâne, s’il en existe, dont plusieurs pièces sont impaires, disposition qui s’écarte de l'état normal qu’on retrouve aussi chez les Ganoïdes les plus primitifs. Sous ce rapport, les Dipneustes connus ne diffèrent des Crossoptérygiens qu’au même degré que les Sturionides de leurs ancêtres les Paléoniscides (2). C'est des Holoptychides, de tous les Crossoptérygiens, qu'ils se rapprochent le plus. La dentition si remarquable de la plupart des Dipneustes, consistant en de grandes plaques paires de substance dentaire recouverte d'émail (dentition cténodonte), sur les éléments ptérygopalatin et splénial, concurremment avec l’absence des os prémaxillaire et maxillaire et l’absence ou la réduction du dentaire, ne constitue pas un caractère diagnostique universel de ce groupe (3).

Les deux orifices de chacune des narines sont situés sous le pli labial supérieur et cachés quand la bouche est close. Les clavicules

(1) I1 me semble absolument nécessaire d'adopter le nom de Dipneusti (Haeckel, Gener. Morphol. II, p. CXXIX, 1866) pour cet ordre de préférence à celui de Dipnoi (J. Müller, Arch. f. Naturg. 1845, p. 120), ce dernier ayant été créé par Leuckart (Isis, 1821, Ber. p. 259) pour désigner les Batraciens, longtemps avant la découverte des Lépidosirènes.

(2) Traquair, Ganoïid Fish. Brit. Carb. Form., Palæontogr. Soc. 1877.

(3) Puisque les Uronemidwæ ont la région antérieure du palato-ptérygoïde couvert de petites dents arrondies et isolées ; et les Phaneropleuridæ, du Dévonien, feraient exception pour certains auteurs par la série de dents coniques qu’on a cru s'étendre le long du bord des mâchoires et représenter les vestiges de la dentition des Crossoptérygiens. Il résulte cependant des observations de Traquair que ces dents marginales de Phaneropleuron ne sont que le bord externe des plaques cténodontes. Voir Geol. Mag. (3) X, 1893, p. 264.

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coexistent avec les cleithrums. Les écailles sont cycloïdes, rarement rhomboïdales à angles arrondis (Sagenodus), avec ou sans ponctuations de ganoïne.

Les Dipneustes peuvent être divisés en cinq familles : Uronemidæ, Dipteridæ, Ctenodontidæ, Ceratodontidæ et Lepidosirenidæ. Les deux premières diffèrent des autres par la présence de plaques gulaires (1) semblables à celles des Crossoptérygiens.

Après avoir étè assez richement représenté dans les cinq parties du monde, cet ordre n’a plus aujourd’hui que trois genres survivants : Ceratodus, ou mieux Neoceratodus (2), en Australie, Protopterus en Afrique et Lepidosiren dans l'Amérique du Sud. Ces deux derniers constituent ensemble la petite famille des Lepidosirenidæ (3), famille très spécialisée, dont on ne connaît pas de types fossiles et qui se distinguent des Ceratodontidæ (4) par l’absence de rayons cartilagineux endosquelettiques formant une frange de chaque côté de l'axe des nageoires paires, par la réduction de l’angulaire et l'absence de dentaire à la mandibule, par le poumon double, par la présence, au moins à l'état larvaire, de branchies externes, qui coincide avec l'absence de pseudobranchies, enfin par la conformation interne du bulbe artériel du cœur, dont les deux replis longitudinaux représentent les séries de valvules caractéristiques des poissons les plus primitifs.

La découverte du premier Dipneuste (Lepidosiren paradoxa, Fitz.) ne remonte qu’à 1836; il fut d’abord placé parmi les Batraciens. Cette découverte fut suivie de près de celle de Protopierus annectens, Owen, à laquelle vint s'ajouter, en 1870, le Ceratodus Forsteri, Kreft, objet du célèbre mémoire de Günther démontrant les liens d'affinité, déjà entrevus par Huxley, qui relient les Dipneustes aux Crossoptérygiens. Tout en séparant ces poissons des Batraciens, on les a cependant considérés pendant longtemps comme établissant le passage entre ces deux classes de vertébrés. Si cela est vrai au point de vue physiologique, il n’en est pas de même au point de vue morphologique ou phylogénique, et les zoologistes modernes semblent se mettre d'accord pour considérer les Dipneustes comme une branche très modifiée des Téléostomes les plus primitifs, parallèle aux Batraciens mais en aucune façon la souche de ceux-ci (5).

(1) Si toutefois elles manquent réellement chez les Cfenodontidæ; s'il en était autrement les Dipteridæ devraient être réunis à ces derniers et nous n’aurions plus que quatre familles.

(2) Castelnau, Journ. de Zool. V, 1876, p, 132. — Epiceratodus, Teller, Abh. Geol. Réïchsanst. XV, H. 3, 1891, p. 37.

(3) Sous-ordre des Dipneumones, Gegenbaur, Grundr.d.Vergl. Anat., p.431(1878).

(4) Monopneumones, Gegenbaur, 1. c.

(5) Voir plus haut les remarques au sujet des Crossoptérygiens, avec les indications bibliographiques relatives à Ceratodus.

LEPIDOSIRENIDÆ

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