‹ Les poissons, les reptiles et les oiseauxChapitre 10 sur 34 · Squelette de reptile (tortue · texte numérisé non relu

Squelette de reptile (tortue

sable, et confient à la chaleur solaire le soin de; les faire éclore Les batraciens se contentent de les répandre dans l’eau des

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BATRACIENS ET REPTILES

cl avantage chez les espèces ovovivipares , c’est-à-dire chez lesquelles les œufs éclosent dans le corps de la mère-, les jeunes sont , pour ainsi dire , pondus vivants et tout préparés pour la bataille de l’existence.

Les amours de ces animaux ne présentent pas ce caractère d’affection mutuelle et de tendre sympathie qui distingue ceux des mammifères et surtout des oiseaux. Dès qu’ils ont assuré la perpétuité de leur espèce, ils se séparent, et reprennent leur existence solitaire.

Certains reptiles atteignent des dimensions vraiment extraordinaires, et qui les rendent parfois très-redoutables. On rencontre des tortues marines qui pèsent jusqu’à 800 kilogrammes, et dont la carapace mesure jusqu’à 2 mètres de long. La taille o rdinaire du crocodile est de 3 à 4 mètres, mais on en a vu de 8 et même de 10 mètres, qui ouvraient une gueule de 2 à 3 mètres de largeur.

On trouve dans l’Inde et en Amérique d’énormes boas, qui sont gros comme la cuisse d’un homme, et n’ont pas moins de 1 6 mètres de longueur. Les annales romaines font mention d un serpent de 40 pieds de long, qui fut rencontré par Régulus en A fri que, lors de la guerre punique.

Ces gigantesques reptiles ne sont cependant pas les plus à craindre pour l’homme. Leur taille même les désigne à 1 attention, de sorte qu’il est facile de les éviter. Bien autrement terribles sont les vipères, longues de 60 centimètres seulement, qui se glissent auprès de leur proie, sans être vues, et la moident cruellement, en laissant dans la plaie un venin, qui détermine la mort avec une rapidité foudroyante. Cette fatale puissance est sans doute l’origine du culte qui fut accordé à certains reptiles par quelques nations de l’antiquité, et qui leur est voue encore par plusieurs peuplades sauvages.

Les reptiles et les batraciens ont inspiré, de tous temps, à l’homme une répulsion insurmontable. M. Daudin cite 1 exemple d’une femme qui tomba sans connaissance, pour avoir mis la main sur un crapaud dont elle ne soupçonnait pas la présence . Combien de personnes ne peuvent retenir un mouvement d effroi

r 1. Histoire naturelle générale et particulière des reptiles. Paris, an x; tome Ier, in-8". Introduction.

BATRACIENS ET REPTILES

à la vue d’une couleuvre, d’un lézard ou d’une grenouille, animaux bien inoffensifs pourtant ! Plusieurs causes concourent à cette aversion. En premier lieu, la basse température de leur corps, dont le contact communique à celui qui en éprouve l’effet, un frisson subit, involontaire ; puis l’humeur gluante qui découle de leur gueule , comme chez les serpents, ou qui suinte de leur peau, comme chez les grenouilles, les crapauds et les salamandres. La fixité et l’atonie de leur regard impressionnent péniblement. L’odeur écœurante qu’ils exhalent, est d’une telle âcreté, qu’elle provoque quelquefois, à elle seule,

1 évanouissement. Ajoutons la crainte d’un danger, réel ou souvent exagéré, et nous aurons le secret de cette sorte d’horreur instinctive que fait naître en nous la vue d’un reptile.

Cependant les espèces nuisibles sont exceptionnelles parmi les reptiles, et il n’en est aucune chez les batraciens; car c’est à tort

qu on a pris pour un venin l’urine que le crapaud lance en s’enfuyant.

S il est vrai que ces animaux soient, en général, d’un aspect repoussant, on ne peut néanmoins méconnaître leur utilité incessante dans l’économie de la nature. Habitants du limon, de la vase et des fanges impures, ils font une guerre incessante aux vermisseaux, aux insectes qui pullulent dans ces cloaques et qui altéreraient l’atmosphère, si la nature n’y avait pourvu par leur salutaire présence dans les mêmes lieux.

Ils trouvent, à leur tour, des ennemis acharnés dans les ciseaux des marais, qui mettent un frein à leur prodigieuse multiplication. Ainsi s’établissent l’équilibre et l’harmonie des

C LF G S «

Les animaux qui nous occupent, rendent des services plus directs a 1 homme, par la part que celui-ci leur accorde dans on alimentation. Ou mange les grenouilles dans le midi de Europe; et dans quelques parties du même pays, on mange les

des temps Lrbares PreCOmS StemPS ** ,e* HW°crat<*

Comme nous l'avons déjà fait remarquer, la nature particulière

BATRACIENS ET REPTILES

de leur organisation porte les reptiles et les batraciens à rechercher les régions où le soleil verse constamment des torrents d’une ardente lumière. C’est là qu’ils atteignent ces dimensions énormes qui distinguent les serpents africains; c’est là qu’ils distillent leurs poisons les plus subtils; c’est là qu’ils se parent de ces vives couleurs, qui, pour être moins riches que celles des oiseaux et des poissons, n’en sont pas moins d’un effet saisissant. Les serpents et les tortues brillent de reflets métalliques très-divers ; les corps des iguanes et des lézards présentent des combinaisons et des nuances de couleurs extrêmement variées. C’est dans ces mêmes parages que vit le caméléon, animal remarquable par ses changements de coloration, phénomène qui se retrouve aussi chez nos grenouilles, mais à un degré extiêmement affaibli.

Les reptiles et les batraciens ont été extrêmement nombreux dans les premières périodes de l’existence de notre globe. C est alors que vivaient ces sauriens monstrueux, dont les dimensions seules effrayent notre imagination. Chez les reptiles et les batraciens des premiers âges de la terre , les formes étaient bien plus nombreuses, les dimensions bien plus grandes, les moyens d’existence bien plus variés, que chez ceux de la création contemporaine. Les reptiles des temps actuels ne sont que les fils dégénérés de ceux des temps géologiques. Tandis qu’autrefois ils remplissaient les eaux de leurs effrayantes et gigantesques masses, et semaient la terreur au sein de la création vivante, tant par leurs armes redoutables que par leur nombre prodigieux, aujourd’hui ils sont réduits à un nombie d’espèces véritablement infime. On ne compte guère plus de 1500 espèces de reptiles et de batraciens, dont 100 seulement appartiennent à l’Europe.

C’est pour cela que nous abrégerons, dans cet ouvrage, 1 histoire des batraciens et des reptiles.

BATRACIENS

Les animaux qui composent cette classe ont été longtemps confondus avec les reptiles, dont ils diffèrent par une particularité fondamentale d’organisation. A leur naissance, ils respirent par des branchies, et ressemblent, par conséquent, aux poissons. Autant par leurs formes que par leurs mœurs et leur organisation, ces animaux sont, au point de vue physiologique, des poissons , à cette époque de leur vie. Par les progrès de lâge, ils subissent une métamorphose essentielle : ils acquièrent des poumons, et dès lors ont une respiration aérienne. Il est donc facile de comprendre que cette classe d’animaux ne saurait se ranger, comme on l’a fait longtemps, parmi les reptiles qui sont des animaux à respiration aérienne, mais qu’ils doivent former une classe particulière de vertébrés.

Les Batraciens établissent la transition entre les Poissons et les Reptiles. Ils sont comme un trait d’union entre ces deux groupes animaux. On le voit, les classifications sont souvent en défaut : les savants font des divisions, la nature fait des transitions.

, es katrac*ens’ à 1 état adulte, sont des animaux à sang froid, a circulation incomplète, à respiration peu active, et dont la Peau est nue. Nous avons donné, dans le chapitre qui précédé, les caractères généraux qui leur appartiennent.

Les Grenouilles, les Rainettes, les Crapauds, les Pipas, les Sala-

familles ? i f Tn,üm' sont les représentants des principales es de batraciens dont nous ferons l’histoire.

renouille. — La grenouille a reçu un irréparable dommage

BATRACIENS

de sa ressemblance avec le crapaud, car cette circonstance fait naître , dans l’esprit de beaucoup de personnes, de fâcheuses préventions contre ce petit et innocent batracien. Si le crapaud n’existait pas, la grenouille nous paraîtrait d’une conformation curieuse, et nous intéresserait par les phénomènes de transformation qu’elle présente dans les diverses époques de son développement. Nous y verrions un animal utile, inoffensif, aux formes sveltes, aux membres déliés et souples, au corps paré de cette couleur verte qui plaît tant à la vue et qui se confond harmonieusement avec le tapis de nos prés.

Le corps de la Grenouille commune (fig. 1 18) peut atteindre plus de deux décimètres de longueur, depuis l’extrémité du museau jusqu’au bout des pattes de derrière. Son museau se termine en pointe ; ses yeux sont gros, brillants et entourés d’un cercle couleur d’or. Sa bouche est grande; son corps, rétréci par derrière, présente, sur le dos, des tubercules et des aspéiités. Il est d’un vert plus ou moins foncé en dessus et blanc en dessous. Les deux couleurs, qui s’accordent très-bien, sont relevées par trois raies jaunes, qui s’étendent le long du dos, et par des marbrures noires éparses.

Ce serait donc obéir à une prévention regrettable que de détourner le regard quand on rencontre dans la campagne ce petit être sautillant, à la taille légère, aux mouvements prestes et à l’attitude gracieuse. Il ne faut pas voir avec déplaisir les bords de nos ruisseaux embellis par les couleurs de ces petits êtres, et animés par leurs gambades. Suivons des jeux leuis manœuvres, au milieu de nos étangs, dont ils égayent la solitude

sans en troubler la tranquillité.

Les grenouilles sortent souvent de l’eau, non-seulement pour chercher leur nourriture, mais encore pour se chauffer au soleil. Lorsqu’elles se reposent ainsi, la tète haute, le corps relevé sur les pattes de devant, et appuyées sur les pattes de dei rière, elles présentent plutôt l’attitude d’un animal d une espèce élevée, que celle d’un reptile bas et fangeux.

Les grenouilles se nourrissent de larves, d’insectes aquatiques, de vers, de petits mollusques. Elles choisissent toujours une proie vivante et en mouvement; elles se mettent à 1 aflùt pour la guetter, et quand elles l’ont aperçue, elles fondent sur

elle avec vivacité.

BATRACIENS

Bien loin d’être muettes, comme plusieurs quadrupèdes ovipares, les grenouilles donnent de la voix. Les femelles ne font entendre qu’un grognement particulier et peu élevé, produit pai 1 aii qui vibre dans 1 intérieur de deux poches vocales, situées sur les côtés du cou ; mais le cri des mâles est sonore, et porte très-loin. C’est un coassement que le poète grec Aristophane a cherché à imiter, par des consonnes inharmoniques : brekekeukoax , coax! C’est principalement lors des temps de

Fig. 118. Grenouille.

grenouille anS ^ chandes j°urnées. le soir et le matin, que les et h “ ‘“““fnt C6S SOnS confl,s' E1Ies chantent en chœur

h monotome de cette triste mélopée est des plus fatigantes’

> ' 7“ feodal> Pédant ce bon vieux temps du moyen teanvT Certames gens ™»draient nous ramener, les châ-

d“ osst rdcrnm 6t h?bereMX de k contl'ée étaient e^Î s

«ntes grenouï ' 71! T’ f ^ "" Peuple de coas-

hattre, matin L soir I °^°”ne aux vassaux et vilains de ' 6t S01r’ leau de ces fossés, afin d’empêcher les

batraciens.

grenouilles de troubler le sommeil des seigneurs et maîtres desdits châteaux.

Indépendamment des cris retentissants et longtemps pro longés dont nous venons de parler, la grenouille mâle se sert, à certaines époques, pour appeler sa femelle, d’une voix sourde’ et comme plaintive, que les Romains nommaient ololo ou ololyçio,

; tant ü est dit Lacépède, que l’accent de l’amour est toujours mêlé de quelque douceur. »

Quand l’automne arrive, les grenouilles cessent de se livrer à leur voracité habituelle. Elles ne mangent plus ; et pour se garantir du froid, elles s’enfoncent assez profondément dans la \ase, réunies par troupes, dans le même lieu. Ainsi enfouies, elles passent 1 hiver dans un état continu d’engourdissement. Quelquefois le froid gèle leur corps sans les faire périr.

Cet état de torpeur se dissipe aux premiers jours du printemps. Dès le mois de mars, les grenouilles commencent à se réveiller et à s’agiter. C’est à cette époque qu’elles se multiplient. Leur race est si féconde, qu’une femelle peut pondre annuellement de six cents à douze cents œufs.

Ces œufs sont globuleux et formés d’une sphère glutineuse et transparente, au centre de laquelle est un petit globule noirâtre. Les œufs flottent, en formant comme des chapelets à la surface de l’eau.

lous ceux qui ont regardé avec quelque attention, à cette époque, les petites mares des campagnes, ont vu nager, à la surface de 1 eau, ces élégantes et légères embarcations. Au bout de quelques jours, plus ou moins, suivant la chaleur atmosphérique, le petit point noir qui était l’embryon et qui s’est développé à l’intérieur de l’œuf, aux dépens de la masse glaireuse qui l’enveloppe, se dégage et s’élance dans l’eau : c’est le têtard de grenouille.

Le corps du têtard, de forme ovoïde, se termine par une longue queue aplatie, qui forme une véritable nageoire. De chaque côté du cou, sont deux grandes branchies, en forme de panache. Le têtard n’a point de pattes. Bientôt ses panaches branchiaux se flétrissent, sans que la respiration cesse d’être aquatique, car le têtard possède en outre des branchies in térieures comme les poissons. Peu de temps après, les pattes commencent à se montrer. Ce sont les pattes postérieures, qui

BATRACIENS

apparaissent les premières ; elles acquièrent une grande longueur, avant que les pattes antérieures commencent à se montrer. Celles-ci se développent sous la peau, qu’elles percent plus tard. Lorsque les pattes sont développées, la queue commence à se flétrir et s’atrophie peu à peu, de façon à disparaître com-

Fig. 119. Développement du têtard.

1. Œuf de grenouille — 2. Œuf fécondé et entouré d’une vésicule. —3. Premier âge du têtard N.4;, AppaIlll°n d“ branchies respiratoires. - 5. Développement des branchies du têtard. — 6. Formation des pattes postérieures du têtard. - 7.' Formation des pattes anterieures, suppression graduelle des branchies. — 8. Développement des poumons réduction de la queue. — 9. Grenouille parfaite. 1

plétement chez 1 animal parfait. Vers la même époque, les poumons se développent et commencent à fonctionner. On peut suivre sur la figure 119 les phases successives de la transformation de l’œuf de grenouille en têtard, puis en batracien parfait.

A travers ces admirables modifications, on voit le poisson evenii peu à peu batracien. Pour suivre jour par jour cette étrange métamorphose, il suffit de recueillir des œufs de grenouille, et de les placer, avec quelques herbes aquatiques, ans un afiuarium, ou dans un bocal à poissons rouges. C’est là

BATRACIENS

un spectacle des plus intéressants, et nous engageons nos lecteurs à se donner ce plaisir, ce délassement instructif et facile.

On admet aujourd’hui l’existence de deux espèces de grenouilles européennes : la Grenouille verte et la Grenouille rousse.

La Grenouille verte est celle que nous avons décrite et représentée (fîg. 118). Elle se trouve dans les eaux courantes et dormantes. C’est cette espèce que la Fontaine met en scène dans une de ses fables :

Grenouilles aussitôt Je sauter dans les ondes;

Grenouilles de rentrer dans leurs grottes profondes !

La Grenouille rousse, un peu plus petite que la précédente, habite les lieux humides, dans les champs et les vignes. Elle ne se rend dans l’eau que pour se reproduire ou pour hiverner.

La chair des grenouilles est très- tendre, très-blanche, trèsdélicate. C’est un mets peu estimé, mais à tort, nous en donnons l’assurance. Accommodées à la poulette , les grenouilles vertes ont un goût qui rappelle celui de la volaille très-jeune. Dans presque toute la France on dédaigne ce manger; ce n’est guère que dans le Midi que l’on ose avouer ce goût, et que l'on pêche des grenouilles, pour les vendre au marché. Aussi n’ai-je jamais bien compris pourquoi nos bons voisins les Anglais, quand ils veulent se moquer de leurs amis les Français , les appellent mangeurs de grenouilles ! C’est un reproche que l’on pourrait tout au plus adresser à des Provençaux et à des Languedociens , comme le très-humble auteur de ce livre.

On distingue aisément la Raine verte, ou Rainette (fig. 120) des Grenouilles, par de petites plaques qu’elle a sous ses doigts. Ces petits organes sont des espèces de ventouses, qui permettent à l’animal de s’appliquer fortement à tous les corps, quelque polis qu’ils soient. La branche la plus unie, la face inférieure d’une feuille, suffisent pour donner une prise et un point d’appui suffisant à ce délicat organe.

Le dessus du corps de la rainette est d un beau vert: le dessous, où l’on voit de petits tubercules, est blanc. Une raie jaune, légèrement bordée de violet, s’étend de chaque côté de la téh et du dos, depuis le museau jusqu’aux pattes de derrière. Une raie semblable règne depuis la mâchoire supérieure jusqu’aux pattes de devant. Sa tète est courte, sa bouche ronde, ses yeux

BATRACIENS

élevés. Beaucoup plus petite que la grenouille, elle n’en a que plus de gentillesse. Elle vit pendant l’été sur les feuilles des arbres, dans les bois humides, passe l’hiver au fond des eaux, et n’en sort vers le mois de mai qu’après y avoir déposé ses œufs. Elle se nourrit de petits insectes, de vers, de mollusques nus, et se place à l’affût, dans le même lieu , pendant des journées entières. Tant que brille le soleil, elle reste cachée sous les feuilles des arbres ; mais dès que le crépuscule commence, elle se met en mouvement et grimpe aux arbres.

Il faut répéter pour les rainettes ce que nous avons dit sur

les grenouilles : il faut se défaire de tout préjugé à leur sujet, et alors on examinera avec le plus grand plaisir leurs couleurs vives, qui se nuancent si bien avec le vert des feuilles; on remarquera leurs ruses et leurs embuscades; on les suivra des yeux dans leurs petites chasses; on les verra se tenir renversées sur les feuilles, dans une situation qui paraîtrait merveilleuse si I on ne connaissait pas l’organe qui leur a été donné pour s’atacher aux corps les plus unis. On prendra à ce spectacle autant de plaisir que si l’on considérait le plumage, les manœuvres et te vol de plusieurs oiseaux.

Le coassement des rainettes est assez semblable à celui des grenouilles, quoique moins aigre et quelquefois plus fort dans tes males; il peut assez bien se traduis par les syllabes carac -

BATRACIENS

carac , prononcées du gosier. Ce cri se fait entendre principalement le soir et le matin. Dès qu’une rainette a commencé de pousser son coassement, toutes les autres l’imitent. Dans les nuits tranquilles, la voix d’une troupe de ces petits batraciens parvient quelquefois jusqu’à plus d’une lieue.

Les Crapauds sont de forme ramassée et désagréable. On comprend difficilement comment la nature, qui a donné aux grenouilles et aux rainettes une parure élégante et une sorte de grâce, a pu imprimer aux crapauds une forme aussi repoussante.

Ces êtres disgraciés occupent une grande place dans l’ordre de la nature; ils sont répandus avec profusion, mais on ne saurait dire exactement dans quel but.

Le Crapaud commun (fig. 121) est lourd et trapu. Sa couleur est ordinairement d’un gris livide, tacheté de brun et de jaunâtre. Il est encore enlaidi par un grand nombre de pustules ou de verrues. Une peau épaisse et dure couvre son dos aplati. Son large ventre paraît toujours enflé; sa tête est un peu plus grosse que le reste du corps , sa gueule est grande , ses yeux gros et saillants. Il habite ordinairement au fond des fossés, surtout dans ceux où une eau fétide et corrompue croupit depuis longtemps. On le trouve dans les fumiers, dans les caves, dans les parties obscures et humides des bois. Combien de fois n’a-t-on pas été désagréablement surpris, lorsque, soulevant quelque gros caillou, on a découvert un crapaud, accroupi contre terre, affreux à voir, et, comme honteux de lui-même, se dérobant avec tristesse aux regards étrangers.

C’est dans ces divers asiles obscurs et fétides que le crapaud se tient renfermé pendant le jour. Il sort de préférence le soir, et marche, plutôt' qu’il ne court. Quand on veut le saisir, il vide dans la main tout le contenu de sa vessie uiinaiie. Si on l’irrite davantage , une humeur laiteuse et venimeuse suinte des cryptes de son dos.

Une particularité de sa structure le défend un peu des attaques du dehors. Sa peau, très-extensible, adhère faiblement aux muscles, et peut, au gré de l’animal , laisser entre ce tégument et les chairs une notable quantité d’air, qui ballonne le corps, et le place au milieu d’une couche élastique de gaz, grâce a laquelle il est moins sensible aux chocs.

batraciens.

Les crapauds se nourrissent d’insectes, de vers et de petits mollusques. Ils font entendre, le soir, surtout à l’époque des amours, un chant plaintif et flûte. Ils se rendent dans les eaux des étangs ou dans de simples flaques d’eau, pour s’accoupler et y déposer leurs œufs. Après l’éclosion, les petits suivent les memes phases que les têtards de grenouilles.

Leur vie peu active est néanmoins très-tenace, ils respirent

peu sont susceptibles d’hibernation, et peuvent ainsi rester

pendant un temps assez considérable renfermés dans un espace tres-resserré. 1

Il faut bien se garder toutefois de prendre à la lettre ce qu'on

Fig- 121. Crapaud.

animiuxTrm dU Crapaud’ et sur découverte de ces

d’observation ^ui^provient j"'"’1' ‘'“i CaÜI°U' C’est lme erreur

«ne facilité siniüière 1 i “ qUe ® craPaud se blottit avec

les plus petites^anfracttste^!éTndreS du terrainou d»s sombres. S‘teS des p,erres Placées dans des lieux

cace, ce lépreux misér-œm . 1Jensive et défensive très-effi-

l’homme, comme s’il comprenait qu’flVflT1^ qUi fUit la VUe de ‘ableau de la nature es”,»^!' tad,e dans le ballant

ce, est pourtant susceptible d’éducation. 11 Se

210 BATRACIENS

familiarise et s’apprivoise à l’occasion. Hélas! cette occasion est bien rare pour lui !

Le zoologiste Pennant a rapporté des détails curieux sur un pauvre crapaud qui, réfugié sous l’escalier d’une maison, s était accoutumé à venir, tous les soirs, dès qu’il apercevait de la lumière, dans une salle à manger voisine du lieu de sa retraite. Il se laissait prendre et placer sur une table, où on lui donnai! des vers, des cloportes et des insectes. Comme on ne lui aval!

Fig. 122. pipa d’Amérique.

jamais fait de mal. il ne s’irritait point lorsqu on lelouch i ■ Il devint bientôt par sa gentillesse (la gentillesse d un ci apauc .) l'objet d'une curiosité générale. Les dames memes tenaient a

voir cet animal familier. .. .

Le pauvre batracien vécut ainsi trente-six ans. U ™ra'”e plus longtemps encore, si un corbeau apprivoise, e , lui, l’hôte de la maison, ne l’eût attaque a 1 en ree ( e s ■

et ne lui eut crevé un œil. Dès lors il devint languissant, et n

rut au bout d’une année.

BATRACIENS. 2

A côté des crapauds se placent les Pipas , dont la physionomie est aussi hideuse que bizarre. Leur tête est aplatie, triangulaire. Un cou très-court la sépare du tronc, qui est lui-même déprimé et aplati. Leurs yeux sont d’une petitesse extrême d une couleur olivâtre plus ou moins claire, et semée de trèspetites taches rousses ou rougeâtres. Ils n’ont pas de langue.

"’e“Ste q.U’“n,e ,Se"le esPèce de Pipa, le Pipa d'Amérique ' (!m ia " c Ia Guyane et plusieurs provinces du Brésil

Ce qui rend surtout ce batracien remarquable, c’est son mode de reproduction. Il est ovipare, mais il n’abandonne pas ses œufs dans eau comme les poissons. Quand la femelle a pondu le male prend les œufs et étale sur le dos de sa compagne l’espoir de sa poster, té; puis il les féconde. Les femelles, portant toujours sur le dos les œufs fécondés, gagnent ensuite les marais y p ongent. Mais bientôt la peau du dos qui supporte les œufs éprouvé une inflammation érysipélateuse, sorte d’irrite ' ion determinee par la présence des œufs, lesquels sont alors ng o les dans la peau, et disparaissent sous ce tégument Les jeunes pipas se développent dans ces refiles ,1 '■ , maternelles. Bientôt ils éclosent et restent dan * Ve°leS jusqu’à ce qu’ils aient pris un développement suffisant Lor'8 qu ils en sortent, ils ont la forme des adultes Ce n’est

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BATRACIENS

tion, a conduit plus loin encore. On est allé jusqu à prétendre que le feu le plus violent s’éteint quand on y jette une salamandre. Au moyen âge, cette opinion avait cours cliez la plupart des hommes, et l’on aurait été mal venu de la contredire. La salamandre était l’animal obligé des conjurations des sorciers et sorcières. Les peintres ne manquaient pas de faire figurer dans leurs représentations symboliques une salamandre résistant au feu du plus violent brasier. Il a fallu que des physiciens, des philosophes, prissent la peine de prouver par l’expérience l’absurdité de pareils contes.

La Salamandre terrestre , ou tachetée (fig. 123), a le corps noir,

verru queux, à grandes taches jaunes irrégulières reparties sur la tête, le dos, les flancs, les pattes et la queue. Elle recheicl les lieux humides et obscurs et ne sort guère de sa retraite que le malin ou la nuit. Marchant lentement et se traînant avec peine à la surface de la terre, elle vit de mouches, de scarabées, de limaçons et de vers de terre. Elle se tient dans 1 eau pour pondre des petits, qui naissent tout vivants, et déjà munis de branchies

‘TataTamanto, du reste, a un privilège qui la fait redouter comme un animal malfaisant. Elle fait sortir de U i surface de son corps une humeur gluante, acre et laiteuse, dune

BATRACIENS

forte, qui lui sert de défense contre plusieurs animaux qui voudraient l’attaquer. On s’est assuré par expérience que cette liqueur introduite dans le système circulatoire, par une petite plaie, est un poison très-actif pour de petits animaux et peut déterminer la mort.

Cette espèce se trouve dans toute l’Europe ; on l’a prise, hnais rarement, aux environs de Paris.

La Salamandre noire , qui ne présente aucune tache, se trouve dans les hautes montagnes de l’Europe, au voisinage des neiges, principalement dans les Alpes.

Les Triions ou Salamandres aquatiques n’ont pas la queue ar-

Fig. 124. Salamandre aquatique, ou Triton.

die et conique des salamandres, mais comprimée Iatérale- Teuse et J!? prindpaIement les à la crête membra-

r étend 16 l0ng du dos> deP™ b tête

jusqu a 1 extrémité de la queue.

JST oieT (flg; 124) S°,nt des animaus essentiellement aquati-

e taries et UV6 "S leS f°SSéS ’ dans les tarais , les

ë‘ , et qui viennent rarement à terre. Ils sont très corna s

de de -sectes, du frai de’

propre es pèce T 1 f T meme P&S les individus de leur

îixent au 'dessous dert ,lP°n1ent d“ œUfS ÎS°lés' <lu'eIles

dessous des feu, Iles des végétaux aquatiques. Les

BATRACIENS

jeunes têtards qui conservent longtemps leurs branchies, ne naissent qu’une quinzaine de jours après.

Ces animaux font entendre un petit bruit particulier, et lors qu’on les touche, ils répandent une odeur tout à fait caractéristique

On a constaté que les tritons peuvent vivre assez longtemps, non-seulement dans une eau très-froide, mais même au milieu de la glace. Ils sont quelquefois saisis dans les glaçons qui se forment dans les fossés, ou dans les étangs qu’ils habitent. Lorsque ces glaçons se fondent, ils sortent de leur engourdissement et reprennent leurs mouvements, en même temps que leur liberté. Lacépède raconte qu’on a même trouvé, pendant l’été, des salamandres aquatiques renfermées dans des morceaux de glace tirés des glacières, et où elles avaient dù rester sans mouvement et sans nourriture, depuis le moment où on avait recueilli la glace des marais, pour en remplir ces glacières.

Les tritons présentent un autre fait remarquable, dans la facilité étonnante avec laquelle ils réparent les mutilations qu’on leur fait subir. Non-seulement leur queue repousse quand on l’a coupée, mais leurs pattes mêmes se reproduisent de la même manière, et plusieurs fois de suite.

On trouve très-fréquemment aux environs de Paris le Triton a crête , dont la peau du dos est rugueuse, d’un brun verdâtre avec de grandes taches noires et des points blancs saillants et dont le ventre présente des taches noires sur un fond orangé.

Le voyageur hollandais Sieboldt a fait connaître une espèce de salamandre aquatique qui habite les montagues du Japon, et qui est remarquable par sa taille gigantesque. Au lieu d’ètre de la grosseur du doigt, comme nos espèces indigènes, ce bâti acien a plus d’un mètre de long et pèse plus de neuf kilogrammes.

Il existe actuellement une magnifique salamandre dans la ménagerie des reptiles du Muséum d’histoire naturelle de Pai is.

Les reptiles sont, comme on l’a dit dans un chapitre précédent, des animaux vertébrés, respiran t par des poumons, ayant le sang rouge et froid, c’est-à-dire ne produisant pas assez de chaleur poui que leur température ne soit pas sensiblement supérieure à celle de l’atmosphère, dépourvus de poils, de plumes, de mamelles, et ayant un corps garni d’écailles.

G est à l’cccasion des espèces remarquables dont nous ferons l'histoire, que nous décrirons les allures si diverses, les mœurs si singulières, les formes extérieures si variées et si remarquables des reptiies.

On divise la classe des reptiles en trois ordres : les Ophidiens les Sauriens, les Chéloniens.

Nous allons considérer successivement chacun de ces trois ordres. Seulement, pour ne pas effrayer nos jeunes lecteurs par ces noms quelque peu rébarbatifs, nous dirons tout de suite que les Ophidiens comprennent les serpents, les Sauriens le ezaïc, le crocodile, etc., et les Chéloniens les tortues. Que cette nomenclature vulgaire rassure ceux que pourraient rebuter les terminologies scientifiques qui précèdent.

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