SERPENTS NON VENIMEUX
Ces serpents ont les dents fixes et pleines, c’est-à-dire sans canal ni gouttières : tels sont les Couleuvres , les Pithons et les Boas.
Les Couleuvres n’ont aucun venin mortel, aucune arme funeste. Quand on se familiarise avec elles, on les rencontre sans déplaisir dans les bois, dans les champs et dans les jardins. Lœil peut se complaire à admirer la beauté des nuances de leur robe et la vivacité de leurs mouvements. Elles n’ effarouchent point les oiseaux, qui les laissent se mêler à leurs jeux, et ne font point tache dans le tableau de la nature.
OPHIDIENS
La Couleuvre à collier (tîg. 125) se trouve souvent dans la belle saison auprès des habitations. Elle dépose quelquefois ses œufs, qui sont en chapelet et au nombre de dix à quinze, dans les meules de blé placées dans les champs. On la trouve aussi dans les prés humides, auprès des cours d’eau, où elle aime à se plonger. G est pour cela qu on l’a appelée Serpent d’eau , Serpent nageur, Anguille de haies
Elle parvient quelquefois à la longueur de un mètre et plus. Le sommet de sa tête aplatie est recouvert de neuf grandes écailles , disposées sur quatre rangs. Le dessus du corps est d’un gris plus ou moins foncé, marqueté, de chaque côté, dè
Fig. 125. Couleuvre à collier.
Mies noires irrégulières. Au milieu de deux rangées formées iw ces taches, s'étendent, depuis la tête jusqu'à la queue, deux res rangées longitudinales de taches plus petites. Le dessous i ventre est varié de noir, de blanc et de bleuâtre. On voit sur
coml 4 8 ^’Un jaune ljâle 011 blanchâtre, qui forment
et ces ne n ce™'colller (de la cst venu le nom de ce serpent);
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vitesse0 r?r ?'"n|,<; SUr Ia terre avec une très-grande saison dans)0 <îv0 °"tlersà la nage. On la voit pendant la belle les lieux humides comme dans les buissons ou sur
les hautes branches sèches des saules , des érables ou sur les saillies des vieux bâtiments. Elle se nourrit d’herbes, de fourmis et d’autres insectes, comme aussi de lézards, de grenouilles, de petites souris. Elle peut même aller surprendre les jeunes oiseaux dans leurs nids, car elle grimpe avec facilité sur les arbres. Lorsque arrive la fin de l’automne , elle se rapproche des lieux les moins froids, vient auprès des maisons et se retire dans des trous souterrains , souvent au pied des haies, et presque toujours dans un endroit élevé audessus des plus fortes inondations.
La couleuvre à collier, que l’on trouve dans presque toutes les contrées de l’Europe, peut être, en général, maniée sans danger. Lacépède donne d’intéressants détails sur la douceur de ses mœurs. On peut la nourrir dans les maisons. Elle s’accoutume si bien à l’homme qui la soigne, qu’au moindre signe elle s’entortille autour de ses doigts, de ses bras et de son cou. Elle insinue sa tête entre ses lèvres, boit sa salive, et peut se cachei et glisser sous ses vêtements.
Lorsque la couleuvre à collier n a pas été éle\ ée ainsi en domesticité, qu’elle a vécu dans les champs et à 1 état sau\age, qu’elle est adulte et forte, elle s’irrite si on 1 attaque. Alors ses yeux s’animent, elle agite sa langue, se redresse avec \i\acité, et mord même la main qui cherche à la saisir; mais sa moi sure est tout à fait inoffensive.
La Couleuvre verte et jaune , longue d’environ un mètre, se trouve dans le midi et dans l’ouest de la France. On l'a prise quelquefois dans la forêt de Fontainebleau. Les belles couleurs dont elle est revêtue, la font aisément distinguer desM'pèies. Ses yeux sont bordés d’écailles dorées; le dessus du corps est d’une couleur verdâtre très-foncée, sur laquelle on voit s’étendre, d’un bout à l’autre, un grand nombre de raies, composées de petites taches jaunâtres de diverses figures, les unes allongées, les autres en losange, etc. Le ventre est jaune. Ghacune des grandes plaques qui le couvrent, présente un poin noir à ses deux bouts et se montre bordée d’une très-petite ligne noire.
Cet inoffensif animal se tient presque toujours caché, et s met à fuire avec rapidité quand* il se voit découvert. Il se laisse
apprivoiser aisément.
OPHIDIENS
La Couleuvre vipérine (fîg. 126) a le corps d’un gris verdâtre ou d’un jaune sale, portant au milieu du dos une suite de taches noirâtres très-rapprochées ou unies entre elles et formant
Fig. 125. Couleuvre vipérine.
une ligne sinueuse; les flancs sont garnis de taches isolées en losange dont le centre est d’une teinte verdâtre. Elle est plus
petite que la couleuvre à collier, et habite comme elle toute 1 Europe.
Les Pithons sont de grands serpents de l’Inde et de l’Afrique. L’est à une espèce de ce genre qu’il faut rapporter le fameux serpent de Régulus, dont nous avons parlé plus haut, et auquel on a attribué treize mètres de longueur. On s’explique l’exagéralon des récits des anciens concernant les serpents d’Afrique et es assertions extraordinaires de certains voyageurs modernes
Sn ™ sait, '‘"j1 ef,te dans collections des serpents Pithons longs de plus de huit mètres.
Les pithons ont le corps gros et arrondi. Ils vivent sur les
ou des’)!"18 v “ Clm'dS Gt humides< au bord d« fontaines
désaltérer A d attaquent les animaux qui viennent s’y
«altérer. Accroches par leur queue , au tronc d'un arbre
proie , rnenUmrbUeS en embuscade- et s'élancent sur il passe a leur portée, la saisissent et la broient entre
les replis de leur corps. Des animaux dont la taille égale celle des gazelles, et même des chevreuils, deviennent ainsi leurs victimes. C’est que leurs mâchoires sont extrêmement dilatables et que, dépourvus de sternum et de fausses côtes, ils peuvent aisément accroître le diamètre de leur corps, pour ingurgiter de volumineuses proies.
Le genre Pithon renferme actuellement cinq espèces, qui semblent toutes porter la même livrée. Sur leur corps se dessine une sorte de grande chaîne, brune ou noire, à mailles presque quadrangulaires, qui s’étend sur un fond clair, ordinairement jaunâtre, depuis la nuque jusqu’à l’extrémité de la queue. La région suscéphalique est en partie couverte par une énorme tache brunâtre ou noirâtre. Sur chaque côté de la tète est une bande noire, qui s’étend souvent depuis la narine, en passant par l’œil, jusqu’au-dessus de la commissure des lèvres.
Nous citerons comme type de ce genre le Pithon de Séba , nommé communément Boa , ou Boa constriclor , que l’on peut voir vivant dans la ménagerie des reptiles du Muséum d’histoire naturelle de Paris, et qui est propre à l’Afrique.
Les Boas ont le corps comprimé , la queue longue et prenante ; la tête relativement petite, renflée en arrière , rétrécie en avant , terminée par un museau court et par une bouche légèrement fendue. Les plus grands ont trois mètres de longueur. Ils vivent sur les arbres, loin des eaux, presque toujours au milieu des forêts.
Ce sont là les Boas proprement dits. D’autres genres du même groupe vivent au bord des fleuves et des ruisseaux, pour y guetter les animaux qui viennent boire; ou bien ils se suspendent aux rameaux des arbres qui pendent sur 1 eau, et lancent leur corps autour de leur victime. Celle-ci, pressée, écrasée dans les anneaux qui l’étreignent et se ressenent de plus en plus, n’est bientôt qu’un amas informe, que le reptile engloutit peu à peu.
Bien qu’ils ne soient pas venimeux, bien qu’ils n’attaquen que de petits animaux tels que de jeunes chèvres, des agoutis, des pacas, etc., les boas sont des serpents redoutables.
Ils pondent dans le sable des œufs membraneux, de forme elliptique, et de la grosseur d’un œuf d’oie. Les petits qui en
OPHIDIENS
sortent, sous l’influence de la chaleur solaire, n’ont que vingt à trente centimètres de longueur.
On connaît quatre espèces de boas.
Le Boa comtrictor , ou devin (fig. 12V), recherche de préférence
ig. 127. Pithon de 'Séba, ou Boa constrictor,
e ocal.tes seches des forêts, à une certaine distance dans l’in-
Brésn ie^0Pre 1 “ haWte surtout Ia G«5™e, le
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" gns vlolace’ »vec ou sans mouchetures noirâtres sur
les deux premiers tiers de sa longueur et avec du blanc sur le dernier tiers. Les flancs sont d’un brun fauve ou grisâtre, et le dessous uniformément blanchâtre. On voit, en outre, des lignes brunâtres sui la tête, et le corps est marqué de taches noires plus ou moins développées et de formes variables. Sa longueur totale est de près de quatre mètres.
Les trois autres espèces sont le Boa diviniloque des Antilles, le Boa empereur du Mexique, et le Boa chevalier du Pérou.