‹ Les poissons, les reptiles et les oiseauxChapitre 14 sur 34 · ORDRE DES SAURIENS · texte numérisé non relu

ORDRE DES SAURIENS

La dénomination de Saupo; (Saurien) donnée par Aristote au groupe des Lézards a été appliquée à un ensemble de reptiles qui ont le corps allongé, couvert d’écailles ou d’une peau fortement chagrinée; qui ont le plus souvent quatre pattes et les doigts garnis d’ongles crochus ; dont les paupières sont mobiles et les mâchoires armées de dents enchâssées ; qui ont un tympan distinct, un cœur à deux oreillettes et à un seul ventricule, quelquefois partiellement cloisonné; qui ont des côtes et un sternum , et ne présentent pas de métamorphoses ; et qui tous enfin sont munis d’une queue.

Cet ordre comprend plusieurs familles, que nous désignerons par les noms de leur principal représentant. Telles sont, en remontant la série animale, les familles des Orvets, des Lézards, des Iguanes , des Varaniens (comprenant le Basilic et le Dragon volant), des Geckos, des Caméléons et des Crocodiles.

Orvets, — L’Orvet est un petit animal en forme de cylindre, allongé , ayant l’apparence extérieure des serpents. Les écailles qui garnissent le dessus et le dessous de son corps, sont trèspetites, brillantes, bordées d’une couleur blanchâtre, et rousses dans leur milieu. Le ventre est d’un brun très-foncé, et la gorge marbrée de blanc, de noir et de jaunâtre. Deux taches plus grandes paraissent, l’une au-dessus du museau, et l’autre sur le derrière de la tête, et il part de ce point deux raies longitudinales noirâtres, qui s’étendent jusqu’à la queue, ainsi que deux autres raies, d’un brun châtain, qui partent des yeux. Cette livrée varie du reste avec le pays, et peut-être selon l’âge et le sexe.

L’orvet vit dans les bois, les landes, les endroits incultes et pierreux, un peu secs et sablonneux. Il se retire dans des trous,

SAURIENS

souvent sous La mousse, au pied des arbres. Vif, timide, et se cachant dès qu’on s’approche, il se nourrit de vers de terre d’insectes et de petits mollusques. Complètement inoffensif, il ne saurait exciter la moindre méfiance, ni mériter les mauvais traitements des gens de la campagne. Chose singulière, il ressemble cà un serpent, parce qu’il est sans membres, mais il suffit de le toucher avec une baguette pour s’apercevoir qu’il n’a pas la souplesse des Ophidiens, et qu’il est au contraire, pour ainsi dire fragile. Les muscles courts qui meuvent sa queue, peuvent se

1 ig. 134. Orvet.

détacher aisément de leur insertion. Aussi l’annpllp-t n

SOn n0m SCientifîqUe’ et de son imm

On place à côté des orvets, les • »

SSÎS-1*^

quant au nombre des L^sreT'6' dlm.entlures - incomplètes Sauriens parfait! M e fie f TT ^ communément dans le m' l L aade’ clu 011 rencontre assez 'u Médité” né en E n **”“> ^ t0utes les «e»de Barbarie. ’ ESpaS"e’ et sm côtes africaines de la

Lézards. —

fi* Sr0U,’e <le Sauriens comprend les Sauvegardes,

les Amèiva , genres propres à l'Amérique et que nous nous bornons à signaler, et les Lézards proprement dits.

Fig. 135. Seps.

La tête du Lézard gris, ou Lézard des murailles, est triangulaire et aplatie. Le dessus est couvert de grandes écailles, dont deux surmontent les yeux. Son petit museau est arrondi. Les ouvertures des oreilles sont assez grandes. Les deux mâchoires, garnies de larges écailles, portent des dents fines, un peu crochues et tournées vers le gosier. Il a à chaque pied, cinq doigts, déliés et garnis d’ongles recourbés, qui lui servent à grimper aisément sur les arbres, et à courir avec agilité le long des murs. Le dessus de sa tête est d’un gris cendré, ainsique le dos, qui est, en outre, régulièrement marqué de points et de traits bleuâtres. Son ventre et le dessous de la queue sont d un blanc luisant, verdâtre et quelquefois piqueté de noir. Sa longueur totale peut atteindre 20 centimètres, sur lesquels la queue représente 4 centimètres.

Ce petit et inoffensif animal, si commun dans nos contrées, es svelte et agile. Sa course est tellement prompte, qu’il échappe a l’œil aussi rapidement que l’oiseau. Ayant besoin d’une température douce, il cherche les abris. Lorsque le soleil frappe en plein un mur, on le voit s’étendre avec délices sur cette surface échauffée. 11 se pénètre de cette chaleur bienfaisante, et marque son plaisir par les molles ondulations de sa queue.

SAURIENS

On dit communément que le lézard est ami de l’homme parce que loin de s’enfuir à son approche, il paraît le regarder avec complaisance.

Le lézard passe l’hiver au fond d’un trou qu’il creuse dans la terre. Il s’y engourdit, et en sortpour s’accoupler, au commencement du printemps. Il ne va que par paires ; le mâle et la femelle vivent, dit-on, dans une union fidèle pendant plusieurs années, se partagent les arrangements du ménage, le soin de faire éclore les œufs, de les porter au soleil et de les mettre à l’abri du froid et de l’humidité.

Le lézard se nourrit d’insectes et principalement de fourmis et de mouches. Pour les saisir, il darde, avec vitesse, une langue rougeâtre, assez large, fourchue, et garnie de petites aspérités à peine sensibles, mais qui suffisent pour retenir leur proie.

Tous les enfants ont remarqué que la queue du lézard gris dont les tendres vertèbres peuvent aisément se séparer, est extrêmement fragile, et reste dans la main de celui qui veut le saisir. Cette queue repousse quelquefois. Lorsqu’on cherche à le prendre sur un mur, le lézard gris se laisse tomber à terre et y reste un moment immobile, avant de s’enfuir de nouveau ’

Le lézard gris peut s’apprivoiser facilement, et semble se plaire en captivité. Par suite de la grande douceur de son caractère il devient familier avec son maître. Il cherche à rendre caresse pour caresse; il approche sa bouche de sa bouche, et il suce la sahve entre les lèvres, avec une grâce que beaucoup de per sonnes ne lui laissent pas déployer impunément.

Nous signalerons deux autres espèces de lézards ■ le «net le Lézard ocellé (fig. i36). ’ le U‘ari

«nnvh fUS|bri!!ant’de plus diapré’ <Iue la parure du Lézard «« Il vit dans les lieux peu élevés, boisés, mais où le soleil

pénétré aisément; on le trouve aussi dans les prairies 11 se

nourrit de petits insectes , ne redoute pas la prés^ce de

lomme, et s arrête pour le regarder. Au contraire il craint

::zTe; s n r/eut ies ^ a -«

vec courage. Sa taille est d’environ 40 centimètres et sur Tr te r Vm danS l6S COntrées laudes de l’Europe

- 'n iïZ ™

d“S l6S envir0ns de Montpellier, les manques 'co^

leurs du lézard vert, qui rivalise avec le vert, des prairies, et qui reluit au soleil comme un écrin d’émeraudes resplendissantes.

Le Lézard ocellé a le dessus du corps vert, varié, tacheté, réticulé ou ocellé de noir. De grandes taches bleues arrondies sont

Pig. 136. Lézard vert et Lézard ocellé.

sur les flancs : le dessous du corps est blanc, glacé de sert, il atteint une taille de 43 centimètres. On le trouve à »»™bleau dans le midi de la France, et en Espagne. Il s établit dans un sable dur, souvent entre deux couches d’une roche calcaire, et sur une pente rapide, exposée plus ou moins directement au midi On le trouve aussi entre les racines des vieilles souches, soit dans les haies, soit dans les vignes. 11 se nourrit presqu exclusivement de vers et d'insectes. On dit cependant qu i attaque les souris, les musaraignes, les grenouilles et meme es serpents. On l’élève quelquefois en domesticité, en c il saut avec du lait.

Iguanes. — L'Iguane tuberculeuse, qui habite une grande paitie

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de l’Amérique méridionale, est l’espèce la plus connue de cette famille. Il est aisé de reconnaître ce reptile à la grande poche qu’il porte au-dessous du cou, et à la crête dentelée qui s’étend depuis la tête jusqu à 1 extrémité de la queue. Cette queue, les pattes et le corps, sont revêtues de petites écailles. Sa couleur est, en- dessus, d’un vert plus ou moins foncé, devenant quelquefois bleuâtre, d autres fois ardoisé, et en dessous, d’un vert jaunâtre. Les côtés présentent des roues en zigzag, brunes,

Fig. 137. Iguane tuberculeuse.

«mètres dejaUne U l0n8'Ueur totale de est de 75 cen-

n^r trèS'd0UCe' ne cherche point à nuire, et ne se m . ,t que de végétaux et d’insectes. On la chasse en Amérique,

L ar Sa est excd>ente. Elle est surtout commune à »urinam, aux environs de Cayenne et du Brésil

V aranicns. le Basilic et le

Nous signalerons dans la famille des Yaraniens Dragon volant.

D’après les auteurs de l’antiquité, reproduits par les écrivains du moyen âge, le Basilic , quoique de petite taille, pourrait occasionner, par sa piqûre, une mort instantanée. L’homme, dont la prunelle venait à rencontrer la sienne, était tout à coup, disaient des anciens, dévoré d’un feu intérieur. Telles sont les fabuleuses idées que la tradition nous a transmises sur cet animal.

Celui qui porte aujourd’hui ce nom, n’est qu’un être inoffensif, vivant sous les arbres de la Guyane, du Mexique, de la Martinique, etc., et qui saute débranché en branche, pour cueillir les graines ou saisir les insectes dont il se nourrit.

Le Basilic à capuchon (fig. 136) est long d’environ 70 à 80 cen-

Fig. 138. Basilic.

timètres; sa queue, comprimée, a trois fois l’étendue de son corps. Sa tête porte, sur l’occiput, une sorte de corne, en forme de jcapuchon arrondi à son sommet, et un peu penchee sur le cou. Le dos et la queue sont ordinairement surmontés, chez les mâles, d’une crête élevée, soutenue dans son épaisseur par les apophyses épineuses des vertèbres. Il est dun biun famé en dessus et blanchâtre en dessous. Sa gorge porte des bandes d’un brun plombé; et de chaque côté de l’œil, règne une raie blanchâtre, lisérée de noir, qui va se perdre sur le dos.

Le Dragon des anciens auteurs grecs était un serpent ou un lézard, à la vue très perçante, qui gardait les trésors et qui °

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rait les hommes. Le dragon des artistes du moyen âge était un être effrayant et bizarre, moitié chauve-souris, moitié quadrupède et serpent. Le petit saurien qui porte aujourd’hui le nom de Dragon, pour n’être pas un monstre, n’en est pas moins intéressant. J1 se distingue de tous les autres reptiles par des espèces d’ailes que forme de chaque côté du corps un large repli de la peau. Ces ailes sont tout à fait indépendantes des membres, et soutenues par les six premières fausses côtes, qui n’entourent pas l’abdomen, mais s’étendent horizontalement.

Fig. 139. Dragon volant.

“T-1 6’ "nique de 1108 j°urs- “tte disposition organique qui distinguait les reptiles des temps géologiques

tu, sont connus sous le nom de Ptérodactyles, et qui appart'en-

' a pei îo e jurassique. Le dragon volant actuel se sert de

jorsiTm116’ TTl d’Un parachute- P°ur ^ soutenir en l'air or qu ,1 saute de branche en branche, mais il ne peut le moul

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eau, presque toujours de couleur sombre est rnnvprm & ’ 1 Ltltes’ e8'ales> Parsemées d’autres écailles

tuberculeuses. Leur tête est large, aplatie, à bouche grande, à gros yeux saillants, à peine entourés par des paupières courtes. Leurs pattes, munies en dessous de lames imbriquées, qui peuvent adhérer solidement sur la surface des corps même les plus lisses, leur permettent de courir avec rapidité sur tous les plans et dans toutes les directions. Le plus habituellement, des ongles crochus et rétractiles, comme ceux des chats, leur donnent la faculté de grimper le long des arbres, de gravir les rochers et les murailles à pic, et d’y rester immobiles pendant des heures entières. Leur corps flexible se moule dans les dé-

Fig. 140. Gecko.

pressions des surfaces, n’y formant presque aucune saillie, et se confondant souvent avec elles par sa couleur. Leur prunelle qui peut se dilater et se contracter, leur permet de se préserver de l’action des rayons du soleil , et de voir dans l’obscurité.

• Les Geckos émettent] des sons qui rappellent le bruit que produit un écuyer lorsque, voulant flatter son cheval, il fait claquer sa langue sur son palais. Ils recherchent les habitations, dans lesquelles ils trouvent à se nourrir. Ils sont timides,, inoffensifs, incapables de nuire par leur morsure et par leurs ongles; mais leur aspect repoussant en fait un objet de répugnance ou d’horreur, et leur a fait attribuer, à tort, des propriétés malfaisantes. Aussi cherche-t-on à les détruire par tous les moyens possibles.

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On connaît environ soixante espèces de Geckos répandues dans les régions chaudes du globe.

Le Gecko des murailles (fîg. 140), d’un gris cendré et comme poussiéreux sur les parties supérieures du corps, et blanchâtre en dessous, habite les îles de la Méditerranée, ainsi que les pays cpii forment le bassin de cette mer, tels qu’une partie de l’Italie, de la France, de l’Espagne, de l’Afrique, etc. Il se tient ordinaiment dans les vieux murs ; on le voit cependant quelquefois courir sur ceux des habitations. Il se nourrit de toutes sortes d insectes, particulièrement de diptères et d’arachnides.

Caméléon. Des métaphores sans fondement, mais profondément arretees dans l’esprit du vulgaire, ont singulièrement altéré l’idée qu’il faut se faire de ce reptile. On croit communément que le caméléon change souvent de forme, qu’il-n’a point de couleur en propre, et prend celle de tous les objets dont il approche. Cette singulière idée nous vient des anciens, qui avaient lait du caméléon un animal vraiment fantastique. Par une de ces comparaisons familières à la littérature, cet être fabuleux a des lors servi de type, pour désigner la mobilité morale, pour peindre ces hommes vils et rampants qui, sans caractère et sans

individualité , savent se plier à toutes les formes et embrasser toutes les opinions.

J1;1’0? é.Cal’te ‘f attributs imaginaires accordés au caméléon par la fantaisie des anciens, et si on le peint tel qu’il est, on y

na ,r Hst1’6 ? , leS plus dignes d’intéresser les

tant par Ia sin^re conformation des diverses même n S°n Corps’ que par des habitudes remarquables, et

ditos^r qUe!P?PriétéSparÜCUlièreS’ qui ont P” accré-

Les LT “mi ? , err6l'rS 6t ICS préjl'Sés dn vulgaire.

peau Lrr , °nt 6 C°rpS comPrimé’ le dos saillant et la

poSe snrn "r têtC angUleUSe' à oeciput saillant, est

vées ,C°U S!'°S et courL Leurs Pâtes sont grêles et éle-

^ queue est prenante et arrondie

desMrtSrU entgénéral étant d°nné. étudions quelques-unes sL yeux” sont IespIusPraPpantesdecetanimal.

recouvert par une sen ^ très-SaillaI*’ Le Slobe en est

resserrer à volonté m ' paupiere’ que l’animal peut dilater ou volonté, ma, s qui ne laisse guère de libre qu’un

petit trou percé au centre, au travers duquel on aperçoit une prunelle vive et brillante. Le caméléon a donc l’œil véritablement enveloppé, comme si cet organe était chez lui tellement délicat, qu’une lumière trop éclatante pût le blesser. Mais ce n’est pas tout : ses yeux jouissent d’une mobilité singulière. Par des dispositions musculaires spéciales, ils peuvent être dirigés ensemble ou séparément, vers des points différents. Quelquefois l’animal tourne ses yeux de telle manière, que l’un regarde en arrière et l’autre en avant. Avec un œil, il peut voir les objets placés au-dessus de lui, tandis qu’avec l’autre il aperçoit ceux qui sont situés au-dessous. C’est du caméléon, que l’on peut prétendre, selon le dicton vulgaire, « qu’il regarde en Champagne si la Picardie brûle. »

Sa langue offre une disposition non moins remarquable. Elle est ronde, longue de cinq à six pouces, et se termine par un appendice charnu, et comme englué, à l’aide duquel le caméléon attache les insectes, et les attire en sa gueule.

Les pattes offrent cinq doigts, très-longs, presque égaux, et garnis d’ongles forts et crochus. Mais la peau des jambes s étend jusqu’au bout de ces doigts et les réunit d’une manière encoie toute particulière. Non-seulement cette peau attache les doigts les uns aux autres, mais elle les enveloppe, et en forme comme deux paquets, l’un de trois doigts et l’autre de deux.

D’après cette structure, on doit s’attendre à l’extrême différence qui existe entre les habitudes des caméléons et celles des lézards. Ses deux paquets de doigts allongés sont placés de manière à pouvoir saisir aisément les branches sur lesquelles il aime cà se percher. Il peut empoigner ces rameaux, en tenant un paquet de doigts devant et l’autre derrière, de la même manière que les pics, les coucous et les perroquets, saisissent les branches, en mettant deux doigts devant et deux derrière.

Les caméléons se trouvent donc dans une meilleure position d’équilibre sur les arbres que sur le sol. Aussi les oit-on lt plus souvent dans ce domicile aérien. Au reste, leur queue longue, forte et prenante , leur sert de cinquième membre. Ils la replien comme le font les singes. Ils en entourent les petites branches, et s’en servent pour ne pas tomber du haut des arbres. Toutefois ils ne se déplacent qu’avec lenteur, pour aller d’un rameau à un .autre. Leur marche devient encore plus difficile lorsqu’ils repo-

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sent sur une surface plane. Ce n’est qu’en tâtonnant à plusieurs reprises, qu’ils s’avancent sur le sol. Us posent leurs pattes sur la terre, l’une après l’autre, avec la plus grande circonspection, et ils explorent également le terrain, à l’aide de leur queue. Dans sa marche, 1 animal a une sorte de gravité, qui contraste avec la petitesse de sa taille et l’agilité qu’on pourrait lui supposer. Même lorsqu il est perché sur un arbre, ses mouvements sont dune lenteur et d’une paresse que l’on dirait affectées. Il est vrai que la disposition de ses yeux et les mouvements rapides de sa langue lui îendent toute agilité superflue pour la recherche de sa nourriture. Il aperçoit de loin et dans toutes les directions

Fig. 14!. Caméléon.

sa proie et ses ennemis. Il peut éviter ces derniers, et quant à sa proie, il la saisit rapidement à l’aide de sa langue gluante qu'il

peut allonger à une distance qui dépasse quelquefois la longueur de son corps.

Chez les caméléons, la peau n’adhère pas partout aux muscles.

“J6 - eS rPaCeS llbres’ dans Iesïuels Pénètre l’air, qui

che! e L ZF C6tte Pei*U' Ce méCanisme «* volontaire

d’un r«! ’ T Peut Se gonner considérablement et tout

s'™t in b ", r °Uand C6tte gl'°SSe 'essie vivante

druchedans ! T “ ressemble qu’à un sac de bauruche dans lequel dansent quelques os.

Les caméléons peuvent varier beaucoup dans leur coloration,

c’est-à-dire être tantôt presque blancs, tantôt jaunâtres, d’autres fois verts rougeâtres etmême noirs, soit partout, soit dans quelques parties de leur corps seulement. On a longtemps attribué ces changements de couleurs à la distension plus ou moins grande des vastes poumons de cet animal, et à des modifications correspondantes dans la quantité de sang envoyée à la peau. Mais cette explication est aujourd’hui abandonnée. Selon M. Milne Edwards, les causes de ces variations de teinte résident dans le mode particulier de structure de la peau du caméléon.

« On trouve dans cette membrane, dit M. Milne Edwards, diverses matières colorantes, dont les unes peuvent tantôt se montrer à la surface et masquer en quelque sorte les autres, d’autres fois se retirer en dessous et se cacher sous le pigment superficiel '. »

On connaît plusieurs espèces de caméléons. Le type est le caméléon ordinaire (fig. 141) qui présente deux variétés : l’une de l’Afrique septentrionale, de la Sicile et du midi de l’Espagne,

1 autre particulière aux Indes orientales et à Pondichéry.

Crocodiles.' — Si l’aigle est le roi des airs, le tigre et le lion les ' tyrans des forêts, et la baleine le monstre des mers, le crocodile a, pour étendre sa redoutable puissance, les rivages maritimes et les bords des fleuves. Vivant sur les confins de la terre et des eaux, cet énorme reptile est le fléau, tout à la fois, des habitants des plages marines et des riverains des fleuves. Plus grand que le tigre, le lion et l’aigle, il serait le plus énorme animal terrestre, si l’éléphant, l’hippopotame, et quelques serpents d’une longueur démesurée, n’existaient pas.

Les crocodiles ont la tête déprimée, qui s’allonge en un museau, au devant duquel se voient des narines rapprochées sur un tubercule charnu et garni de soupapes mobiles. La gueule s’ouvre jusqu’au delà des oreilles. Les mâchoires, d’une longueur démesurée, sont armées de dents coniques, pointues, courbées en arrière, et disposées de façon que quand la gueule est fermée, elles passent les unes au-dessus des autres. Ces dents sont implantées sur une seule rangée, et continuellement maintenues en bon état, par un système organique qui

1 Éléments de zoologie, in-8% 1841.

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assure leur réparation immédiate. En effet, chaque dent est creuse à la hase, de manière à devenir la cellule ou la gaine d’une autre dent, d’un plus fort calibre. La dent qui pousse, exerce une sorte d’absorption sur la hase de la vieille dent creuse, de sorte qu’à mesure que la première se développe, la seconde dépérit. Dans quelques espèces, les dents placées au devant de la mâchoire inférieure sont tellement aiguës et allongées, qu elles perforent le rebord de la supérieure, et apparaissent au-dessus du museau, quand la gueule est fermée. La mâchoire inférieure seule est mobile, et n’a qu’un mouvement de haut en bas. La gueule est dépourvue de lèvres; aussi le crocodile, lorsqu il nage ou marche, laisse voir ses dents, es2Dèce d’avertissement sinistre pour les victimes qu’il menace.

Toute cette conformation donne au crocodile un air terrible, qu augmentent encore deux yeux étincelants, très-rapprochés lunde 1 autre, placés obliquement, et surmontés comme d’une espèce de sourcil , au terrifiant aspect.

La queue de ces animaux est très-longue, aussi grosse que le corps à son origine, et semblable, par sa forme aplatie, à un aviron ; ce qui leur permet de se gouverner facilement dans l’eau et d’y nager avec vitesse.

Les crocodiles ont quatre pattes courtes, dont les postérieures ont les doigts réunis par une membrane natatoire, et trois ongles seulement à chaque patte. Leur peau est coriace, épaisse résistante, protégée par des écussons très-durs, entremêlés de plaques de grandeur différente, suivant les régions du corps. Au crâne et a la lace, la peau est intimement collée aux os, et n’offre aucune trace d’écailles.

La nature a pourvu à la sûreté de ces animaux, en les revêtant une cuirasse, dont la résistance est à toute épreuve, au moins n certains points. Ainsi les écailles qui défendent le dos et le

s2“ ni ‘‘Tv S°nt Carré6S et forment des b™des transver- ■ le El es sont d une grande dureté, et jouissent d'une flexibi-

e crTt dureemp ■ * “ h™" E'’ leur milie“ * sorte crete dure, qui ajoute a leur solidité. Cette cuirasse est en

Plusieurs points à l'épreuve de la balle d’un fusil. Les 1“

I garnissent le ventre, le dessous de la tête du cou de I ,

en ^ ^

S, mais moins dures etsans crêtes. C'est par ces parties plus

faibles que les habitants des eaux, ennemis des crocodiles, les attaquent et peuvent leur nuire.

La couleur générale des crocodiles est un brun obscur ; quelquefois le vert se montre sur le dos ; la tête et les flancs sont mêlés de verdâtre ou d’une teinte verte , avec des taches noirâtres; le dessous des pattes et le ventre sont d’un gris jaunâtre. Toutes ces nuances varient avec l’âge, le sexe et la nature des • eaux dans lesquelles séjourne l’animal.

Les crocodiles sont ovipares, et leurs œufs sont pourvus d’une coque résistante. Ces œufs, déposés par les femelles, dans des lieux favorables, éclosent sans que la mère les couve, par la seule chaleur ambiante. Les femelles des crocodiles du Nil les déposent dans le sable sur les rivages : la chaleur solaire • les fait ensuite éclore. Dans certaines contrées, comme aux environs de Cayenne et de Surinam, elles les ensevelissent sous des espèces de meules, qu’elles élèvent dans les lieux humides, en accumulant des feuilles et des tiges herbacées. Une sorte de fermentation se fait dans ces végétaux ; et il en résulte une élévation de température, qui, jointe à celle de l’atmosphère, fait éclore les œufs.

Lacépède a décrit un œuf qui se trouvait au Muséum d’histoire naturelle de Paris , et qui provenait d’un crocodile de 14 pieds de longueur, tué dans la haute Égypte, au moment où il venait de pondre. Cet œuf n’a que deux pouces et cinq lignes dans son grand diamètre, et son petit diamètre est d’un pouce et onze lignes. Il est ovale et blanchâtre. Sa coque est d’une substance crétacée semblable à celle des œufs de poule, mais moins dure.

Au moment de leur naissance, les petits crocodiles n'ont que ] 5 centimètres environ de longueur ; mais leur accroissement est très-rapide.

Les crocodiles se trouvent dans les grands fleuves et dans les endroits marécageux. Ils viennent souvent à terre, car d'après leur organisation ce sont de véritables amphibies.

La nuit, ils se mettent à l’affût, pour guetter et saisir leur proie. Ils se nourrissent exclusivement de chair, c'est-à-dire de poissons, de petits mammifères, d’oiseaux aquatiques ou même de reptiles. Quand ils ont saisi une proie volumineuse, ils 1 entraînent sous l’eau, et, après l’avoir asphyxiée, ils la laissen macérer dans quelque endroit retiré, et la mangent ensuite par

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lambeaux. C’est ainsi que les hommes sont parfois enlevés par les crocodiles; on croit à tort qu’ils sont immédiatement dévorés par ces animaux. Quand un crocodile a pu saisir un nègre ou un habitant des rives d’un fleuve africain, il ne le dévore pas sur-le-champ. Il le maintient sous l’eau pendant quelques jours, puis il le dépèce et s en repaît tout à son aise. Aussi ce féroce animal répand-il la terreur sur les bords de tous les fleuves qu’il habite.

Pcti suite de la structure générale de leur charpente osseuse, les crocodiles ont de la peine à se mouvoir de côté. Cette circonstance donne à l’homme quelques chances d’échapper à la poursuite de cet ennemi vorace. Quand on est poursuivi par un crocodile, on le dépiste assez facilement en décrivant des cercles et revenant sur ses pas.

Sur les bords du lac de Nicaragua, en Amérique, un alligator poursuivait un Anglais, qu’il avait surpris sur le rivage. L’animal gagnait sur lui du terrain, et il allait atteindre sa proie lorsque des Espagnols crièrent à l’Anglais de courir en décrivant un cercle. Heureusement averti, et ayant mis l’avis en pratique, notre Anglais parvint à dérouter le crocodile et à échapper à tout danger (fîg. 142).

Les Crocodiles vivent en Afrique, en Asie et en Amérique. Il n en existe ni en Europe, ni dans l’Océanie.

Les diverses espèces actuellement vivantes sont réparties d une manière déterminée à la surface du globe. - Les Caïmans ont propres a 1 Amérique, - les Crocodiles proprement dits

pronre PrmT, ment ™ Afrique> - enfîü les &>»•'<* sont propres aux Indes orientales.

Les Caïmans , ou Crocodiles américains, ont pour principaux caractères : tête d’un tiers plus large que lonn e et à museau court; -dents inégales entre eUes/ies qZiémes

riete ™andrrh nf°nCéeS d“S ^ tr°US de la mâciloil'e «>péh ZlcZro r fermée ' - les premières dents de

cichoire inferieure perçant la supérieure à un certain âffe •

jambes et pieds de derrière arrondis et n’ayant ni crêtes & ni

St^rb°rdS;Tin“S deS **#» -5 s a" On admet aé .e membrane courte en Pattes semi-palmées.

généralement cinq espèces de ce genre, toutes

exclusivement américaines et dont le type est l 'Alligator ou Caïman à museau de brochet. Ce crocodile, désigné par les naturalistes sous le nom d’ Alligator de la Floride de Catesby , appartient en propre à l’Amérique septentrionale, dont il habite toute l’étendue. Il vit presque toujours en grandes troupes, dans les eaux du Mississippi et de ses affluents. On le trouve aussi dans les lacs et marais de la Louisiane, dans la Caroline et jusqu’au 32e degré de latitude nord.

Les Alligators ne semblent pas quitter les eaux douces. Pendant la mauvaise saison, ils s’ensevelissent dans la vase des marais, et attendent, dans un état de torpeur, le retour du printemps, qui est le signal de leur activité.

Dans le voisinage de Bagon Sarah, sur le Mississipi, s’étendent de vastes bas-fonds, des lacs et des marais. Chaque année, ces réservoirs sont submergés par les terribles débordements du fleuve, et reçoivent alors des myriades de poissons. La chaleur dessèche bientôt une partie de ces lacs, en n’y laissant que deux pieds de profondeur, et découvre ainsi une proie toute préparée aux oiseaux de rivage et aux crocodiles. Des millions d ibis, de hérons, de grues, de cormorans, marchent dans l’eau, à la poursuite des poissons. Dans la partie la plus basse du lac s’accumulent les plus grandes quantités de poissons, et cette partie du marécage se nomme dans le pays le trou des Alligators. Là, en effet, se pressent ces reptiles, serrés les uns contre les autres, à la curée facile du poisson qui remplit les marécages, et qui s’y trouve emprisonné par l’évaporation de la plus grande partie de l’eau. Les alligators les poursuivent et les dévorent, tandis que l’ibis détruit ceux qui cherchent à fuir vers le rivage.

Les alligators pêchent surtout pendant la nuit. Ils se rassemblent par grandes troupes, aux heures de silence et d’obscurité, chassent le poisson devant eux, et le poussent dans quelque crique retirée. C’est alors qu’ils se donnent à cœur joie, des malheureux habitants de l’eau, qu’ils amènent par le mou\ einent de leur queue, jusque dans leur gueule, largement ouverte. On entend à un mille de distance le cliquetis de leurs màchoiies.

Les alligators se trouvent par milliers aux Mexique, dans les eaux belles et transparentes du Claro, qui s’épanchent en un lac tranquille. Ils sont tellement serrés les uns contre les autres, qu’ils ressemblent à des trains de bois ou à des arbres récem-

Fig- 142. L’Anglais et le Caïman, ou la fuite en cercle.

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ment tombés, et revêtus de leur verte écorce. Lorsque réunis et immobiles ils attendent leur proie, ils ne se dérangent pas si un bateau vient à tomber au milieu de leur troupe. Ils ne cherchent point à envahir ces bateaux; seulement ils se jettent sur tout ce qui tombe ou est jeté dans le lac. Combien d’enfants de pauvres femmes, de nègres, sont devenus dans ces parages la proie des caïmans. Ces reptiles monstrueux ne poursuivent pas homme, mais ils ne manquent pas de le dévorer lorsqu’une

imprudence le met à portée de l’arsenal dentaire de leurs terribles mâchoires.

Les indigènes du Mexique chassent le caïman. Quand ils rencontrent un individu isolé, endormi ou renversé sur le dos apres un repas copieux, ils jettent un lacet (lasso) autour du corps du reptile endormi, Avec des bâtons, ils maintiennent les coi des, bâillonnent le caïman et lui brisent la tête Il est un autre moyen dont les Indiens font usage pour s’empai ei d un caïman. Que l’on se figure quatre pièces de bois dur

cimu'ebo U? n i’ Sr0sses COmme le petit doigt’ et l)0intues 4 a que bout. On les noue autour d’une corde de telle manière

pie si on se représente cette corde sous la figure d’une flèche

■autïa tut de°h *”7”? ^ de h flèche’ Puis 011 attaclm

ai tre bout de la corde autour d’un arbre, et l’on amorce cette

sorte d hameçon avec de la viande. Lorsqu’un caïman a banni

a pi oie, les pointes de l’hameçon pénètrent dans ses chairs

Alors on attend que l’animal soit mort pour le tire! de L

on 1 achevé à coups de pierres et de bâtons aU’ °U

Les alligators sont très-voraces, mais, comme les serpents et les tortues, ils peuvent supporter de longs jeunes m,

Histoire naturelle- de la Jamaïque, Browne assure T™

caïmans vivre plusieurs mois’de su7te Z lourZrl ZTl

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en temps, à la surface de i>! "lesvmts’ elever de temps

attendre. Ajoutons que les ld üZuet beaUC°Up

vité dans la ménagerie d„ », 1 eleve en capti-

Paris, demeurent un i r * "seum d’hlstoil'e naturelle de mangh ‘ <|UdqUef°1S 'dusieu‘'s “ois de suite sanl

La femelle de l’alligator prend plus de soin de ses petits que ne le font les femelles du crocodile proprement dit et du gavial. Elle les conduit à l’eau et dans la vase. Là, elle dégorge une nourriture à demi digérée, qui sert à leur alimentation.

Les vrais Crocodiles sont propres à l’Afrique; mais ils existent aussi en Amérique et dans l’Inde. Leur tête a une longueur a peu près double de sa largeur. Les quatrièmes dents de a mâchoire inférieure, les plus longues et les plus grosses de toutes, passent dans des échancrures creusées sur les bords de la mâchoire supérieure, et restent apparentes au dehors. Les pattes de derrière ont leur bord externe garni d une crete dentelée et les intervalles de leurs doigts, au moins les externes,

it entièrement palmés. # ,

Le principal type est le Crocodile vulgaire , qui peut atteint

us de trois mètres de longueur. Tout le dessus du corps c e énorme reptile est d’un vert olive, piqueté de noir sur la "g et le cou, jaspé de la même couleur sur le dos et la queue ,

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deux ou trois larges bandes obliques noires se montrent sur les flancs. Le dessous du corps est d’un jaune verdâtre.

Ce crocodile est extrêmement répandu en Afrique ; on le trouve dans toute l’étendue du Nil, dans les fleuves Sénégal et Niger, en Cafrerie, à Madagascar. La plupart des auteurs le nomment Crocodile du Nil. On trouve cette espèce jusque dans l’Inde.

Le crocodile était dans l’ancienne Égypte un animal sacré. On trouve encore aujourd’hui, dans les temples en ruine, des momies de crocodiles en parfait état de conservation. Les Romains faisaient paraître des crocodiles vivants dans les jeux nautiques du Colisée. Les premiers furent apportés, au nombre de cinq seulement, sous l’édilité de Scaurus. Sous l’empereur Auguste, on en fit périr trente-six dans le cirque de Flaminius. Diverses médailles anciennes représentent ce même reptile, dont le corps est parfaitement semblable à celui qui vit aujourd’hui dans les eaux et sur les rivages du Nil.

Il y a dans l’histoire naturelle du crocodile un fait vraiment merveilleux. Écoutons, à cet égard, le plus ancien des historiens : nous avons nommé Hérodote.

)# " Lorsque le crocodile, dit Hérodote, prend sa nourriture dans le Nil, l’intérieur de sa gueule est toujours couvert de bdella- (mouches). Tous les oiseaux, à l’exception d'un seul, se sauvent du crocodile; mais cet oiseau unique, le trochylus , bien loin de fuir, vole vers le reptile avec le plus grand empressement et lui rend un très-grand service. Chaque fois que le Crocodile gagne la terre pour dormir, et au moment où il git étendu les mâchoires ouvertes, le trochylus entre dans la gueule du terrible animal et le délivre des bdella qui s'y trouvent. Le crocodile se montre reconnaissant, et ne fait jamais aucun mal au petit oiseau qui lui rend ce bon office. »

Le fait rapporté par Hérodote fut longtemps considéré comme une fable. Mais le naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, qui faisait partie de la Commission de savants que le général Bonaparte emmena avec lui dans l’expédition d’Égypte, eut plusieurs

fois 1 occasion de reconnaître la vérité de la narration d’Hérodote.

«11 est parfaitement vrai, dit GeofTroy Saint-Hilaire dans un mémoire lu

oui vnianVler i?28nl 1,Académie des sciences, qu’il existe un petit oiseau T Z Perpétuellement çk et là, cherchant partout, même dans la gueule

tare » 6’ ^ lnS6CteS qU' f°rment la partie PrinciPale de sa nourri-

Cet oiseau, qui est très-commun sur les rives du Nil, Geoffroy Saint-Hilaire l’a reconnu pour une espèce déjà décrite sous le nom de’ Charadrius ægyptius.

Il existe en France un oiseau qui ressemble extrêmement au Charadrius ægyptius : c’est le Pluvier.

Les b déliés , qui tourmentent le crocodile et même lui font une guerre acharnée, ne sont autre chose que nos cousins d’Europe. Des myriades de ces insectes bourdonnent sur les bords du Nil, et lorsque le géant de ce fleuve repose, se chauffant au soleil, il devient la proie de ces misérables pygmées : c’est la guerre du Lion et du Moucheron, décrite par la Fontaine. Les bdelles s’introduisent dans sa gueule, en si grand nombre, que la surface du palais en est couverte, et y forme comme une croûte brunâtre. Tous ces petits suceurs lardent de leurs aiguillons la langue du reptile. C’est alors que le petit oiseau vient les chasser jusque dans la gueule du monstre, qu’il délivre ainsi de ses innombrables ennemis. Le crocodile, d’un coup de dent, croquerait sans peine l’oiseau, mais il sait trop, pour en agir ainsi, ce qu’il doit à cet ami familier.

Les crocodiles du Nil sont plus voraces que l’alligator de l’Amérique. Hasselquist rapporte que dans la haute Egypte ils dévorent souvent les femmes qui viennent puiser de l’eau dans le Nil, et les enfants qui jouent sur les bords de ce fleuve. Geoffroy Saint-Hilaire dit, de son côté, que l’on rencontre fréquemment dans la Thébaïde des Arabes à qui il manque une jambe ou un bras, et qui accusent les crocodiles de ce méfait.

Le célèbre voyageur Livingstone , qui a malheureusement péri en 1867, après avoir exploré avec tant de succès l’Afrique équatoriale, a eu bien des occasions de se rencontrer avec ce féroce habitant du Nil. Écoutons l’un de ses récits.

i Le crocodile, dit le célèbre voyageur, fait chaque année beaucoup de victimes parmi les enfants qui ont l’imprudence de jouer au bord du Liambie quand ils vont chercher de l’eau. Le crocodile étourdit sa pioie d’un coup de queue et l’entraîne dans le fleuve, où elle est bientôt noyée.... En général, quand un crocodile aperçoit un homme, il plonge et se dirige furtivement du côté où l’homme se trouve ; quelquefois néanmoins il se précipite avec une agilité surprenante vers la personne qu’il a découverte, ainsi qu’on en peut juger par les rides qu’il imprime à la surface de la rivière. Une antilope que l’on chasse et qui prend l’eau dans les lagunes de la vallée Barotsé, un homme ou un chien qui vont y chercher leur

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gibier, n manquent jamais d’être saisis par un crocodile dont ils ne soupçonnaient pas la présence. Il arrive souvent qu’après avoir dansé au clair de lune, les jeunes gens qui habitent les bords du fleuve vont se plonger dans l’eau pour se débarrasser de la poussière qui les couvre, et ne reparaissent jamais. »

Les crocodiles qui n’ont jamais mangé de l’homme, sont, du reste, beaucoup moins dangereux que ceux qui, en ayant mangé, ont pris goût à cette proie. C’est ce qui résulte des renseignements pris sur les lieux par plusieurs voyageurs.

« Un habitant de Khartoum, dit M. Combes, m’assura qu’avant l’arrivée des troupes égyptiennes, c’est-à-dire avant les horreurs commises par le desterdar (il s’agit ici de Mehemet-Bey, qui avait été gouverneur du Soudan quelque temps avant le voyage de M. Combes), les Crocodiles se montraient peu friands de chair humaine ; mais depuis les noyades ordonnées par Mehemet-Bey, me dit l’homme que j’interrogeais, depuis que le Nil a charrié les cadavres de mes frères, les monstres qui l’habitent se sont habitués à une nourriture substantielle qu’ils connaissaient à peine; et aujourd’hui on s’expose à des dangers imminents en traversant le fleuve à la nage, et même en se baignant sur ses bords, j

Les nègres d’Afrique chassent le crocodile à coups de fusil, ou avec une espèce de javeline dentée : ils visent à l’attache des pattes de devant. Certains Égyptiens sont assez hardis pour nager jusque sous le Crocodile, et lui percer le ventre d’un coup de poignard.

Les nègres du Sénégal ont le même courage. S’ils surprennent 1 animal dans des parties du fleuve qui ne renferment pas assez d’eau pour qu’ils puissent y nager, ils vont droit au monstre, armés d’une lance, et le bras gauche enveloppé d’un lambeau de cuir. Ils commencent par l’attaquer à coups de lance, dans les yeux et au gosier. Puis ils enfoncent dans sa gueule leur bras gauche, enveloppé de cuir, l’empêchent ainsi de la refermer et la maintiennent ouverte jusqu’à ce que leur ennemi soit suffoqué ou qu’il expire sous les coups de leurs compagnons.

La ruse et les pièges remplacent quelquefois ces attaques audacieuses. En Egypte, on creuse un fossé profond sur la route ( un crocodile, route que l’on reconnaît facilement aux traces I laisse sur le sable. On couvre cette fosse de branchages

revenant'a fl" ï<! T*”16 4 grands cris Ie crocodile venant au fleuve, par la même route qu’il avait suivie pour

s’écarter de ses Lords, passe sur la fosse et y tombe. Là on l’assomme où on le prend dans des fdéts.

D’autres fois, on attache une grosse corde à un gros arbre, et on lie à l’autre extrémité de cette corde un agneau retenu par un crochet saillant. Les cris de l’agneau attirent le crocodile qui, en voulant enlever cet appât, se prend au crochet.

Les Gavials , ou crocodiles de l’Inde, ont le museau rétréci , cylindrique, extrêmement allongé, un peu renflé à l’extrémité. Les dents sont presque semblables, par le nombre et par la forme sur l’une et l’autre mâchoire; les deux premières elles quatrièmes de la mâchoire inférieure, passent dans des échancrures de la supérieure, et non dans des trous. Les pattes de derrière sont déntelées et palmées comme dans les crocodiles d’Afrique.

Ce genre remarquable, surtout par sa tête très-allongée, a pour type le Gavial du Gange ou Gavial longirostre. Il est d’un vert d’eau foncé en dessus, avec de nombreuses taches irrégulières brunes; il est jaune pâle en dessous, et sa longueur totale peut aller jusqu’à cinq mètres ou six mètres.

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