‹ Les poissons, les reptiles et les oiseauxChapitre 15 sur 34 · ORDRE DES CHÉLONIENS · texte numérisé non relu

ORDRE DES CHÉLONIENS

Les Tortues qui composent l’ordre des Chéloniens, se reconnaissent au premier coup d’œil à la singulière armure dont la nature les a pourvues. Un double bouclier enveloppe de toutes parts leur corps, ne laissant passer que la tête, le cou, les quatre

pattes et la queue. Tous ces organes peuvent se cacher dans cette double cuirasse.

Si I on rencontrait pour la première fois une tortue, ne seraiton pas profondément surpris ?

.Le double bouclier des tortues est composé d’os élargis et intimement soudés entre eux. Le bouclier supérieur, qui se nomme carapace, résulte de la réunion des côtes et des vertèbres dorsales; le plastron, ou bouclier inférieur, n’est que le sternum très -développé. Ces organes ne sont qu’une portion du squee e, qui, au lieu d’être logé dans la profondeur des parties molles, est devenu superficiel et n’est recouvert que par une peau seche et mince.

Pour présenter cette disposition si insolite, la charpente osseuse de l’animal a dû être profondément modifiée. Cepenan on y retrouve les mêmes pièces que chez les vertébrés

maires; seulement la forme et le volume de plusieurs de ces pièces ont été changées.

JlT- T r0UVre t0Ut le C0rps de Ces anim™*. conserve r q“! °1S , m0llesse et n’est r,oint revêtue d'écailles. Mais tri. i T® t0US dle est garnie d’une couche cornée, d’une S mtr “r Sur le plast™ et 1» carapace, ce krgeSlameS’ ^Indisposition et l'aspect morquable °S eSpeCeS’ et <1U1 souvent sont d’une beauté re-

^ Carai’ace de !a tortuc est un objet d'ornement, qui donne

lieu à une grande industrie. Convenablement redressée, travaillée et polie, elle porte le nom <ï écaille.

On divise les tortues en quatre groupes : les Tortues terrestres , les Tortues cle marais , les Tortues de fleuve et les Tortues de mer.

Les Tortues terrestres se reconnaissent à leurs pattes, en forme de moignons. Ces organes sont gros et courts. Leurs doigts, presque égaux et immobiles, sont réunis par une peau épaisse, en une masse arrondie, et ne se montrent au dehors que par des ongles courts, gros et coniques. Dans ce groupe, la carapace est très-bombée et quelquefois plus haute que large ; elle forme une voûte solide, le plus souvent immobile, sous lequel l’animal peut retirer entièrement ses membres et sa queue. Ce bouclier est recouvert de grandes plaques cornées.

Les Tortues terrestres ont été connues de tout temps. On les voit représentées sur une foule de monuments, produits de 1 art antique. Personne n’ignore que la carapace de la tortue était considérée chez les anciens comme ayant servi à former les premières lyres, et qu’elles avaient été en conséquence consacrées à Mercure, dieu de la musique et inventeur de la lyre.

Les Tortues terrestres forment plusieurs genres qui comprennent plus de trente espèces. Nous parlerons seulement des principales, c’est-à-dire de la Tortue bordée , la Tortue mauresque , la

Tortue grecque et la Tortue êléphantine.

La Tortue bordée , que l’on a longtemps confondue avec la Tortue grecque, se trouve assez abondamment répandue en Morée, et se rencontre également en Égypte et sur les côtes de Barbarie. Sa carapace est de forme ovale, oblongue, bombée, à bord postérieur très-dilaté et presque horizontal. Le plastron est mobile en arrière, la queue grosse et conique dépasse à peine la carapace. Les plaques du disque sont d’un brun noirâtre, présentant vers le centre des taches d’une belle couleur jaune; les lames marginales offrent le plus habituellement deux taches triangulaires l’une jaune et l’autre noire; le dessous du corps est d un jaune sale avec une large tache triangulaire noire sur six ou huit des écailles sternales; sa taille est moyenne.

La Tortue Mauresque se trouve communément aux environs d’Ah-er d’où sont envoyées toutes celles qui se vendent aujourd’h’ui, chez les marchands de comestibles de Pans. Sa ca-

CHELONIENS.

rapace est ovale, bombée, son sternum mobile en arrière. Sa coloration générale est olivâtre. Les plaques du disque sont marquées de taches noirâtres, eL parfois d’une boucle de même

Hg. 144. Tortue mauresque (tortue terrestre).

couleur, qui couvre leur pourtour au devant et sur les côtés seulement. Les plaques du plastron dont le fond est olivâtre, présentent chacune une large tache noire. Cette espèce est un peu plus petite que la Tortue bordée. ,

Lu Tortue grecque est de petite taille, car elle ne dépasse pas 28 centimètres de longueur. Elle habite la Grèce, l'Italie quelques îles de la Méditerranée, et le midi de la France, où elle fut importée d'Italie. Elle se nourrit d’herbes, de racines, de limaces et de lombrics. Elle s'engourdit pendant l’hivêr, et passe cette saison dans des trous, qu’elle creuse dans le sol, parfois à plus de 60 centimètres de profondeur. Elle en sort vers le mois de

^ni i? SC “ J™ ray0ns du solei1’ daus les üeux sablonneux a boises. Vers le mois de juin, les femelles pondent de

uze a quatorze ceuls, blancs, sphériques, gros comme de pelles noix. Elles déposent ces œufs dans un trou qu'elles recouvrent de terre, et qui est exposé au soleil.

, carapace est ovale, très-bombée. Ses plaques marmmlpc »nt au nombre de vingt-cinq; son plasl " ;'*

long que sa carapace, est séparé en deux grandes J. Z

un sillon longitudinal. Les plaques de la carapace sont tachetées de noir et de jaune verdâtre, par de grandes marbrures. Le centre des plaques du disque est, en outre, relevé par une petite tache noire irrégulière. Les plaques du plastron sont jaunes à tache noire centrale.

Ces trois espèces sont recherchées à cause de leur chair, qui donne un bouillon d’un goût agréable.

Nous citerons encore parmi les Tortues terrestres, la Tortue êléphantine , dont la longueur totale est de plus de 1 mètre, et qui habite la plupart des îles situées dans le canal de Mozambique, c’est-à-dire entre la côte orientale de l’Afrique et de Pile de Madagascar. Le Muséum d’histoire naturelle de Paris a possédé des échantillons de cette espèce, qui vécurent pendant plus d’un an, et qui pesaient environ 300 kilogrammes. Leur

chair était très-bonne à manger.

Chez d’autres tortues terrestres, dont on a formé le genre Dixides , la portion antérieure du plastron est mobile, et peut, lorsque la tête et les pattes sont rentrées, s’appliquer contre les bords de la carapace comme une porte sur son chambranle. Telle, est la Dixide arachnoïde du continent et de 1 aichipel indien.

Il est aussi des tortues terrestres dont on a formé des genres particuliers. La carapace est flexible et peut s abaisser en arrière comme le plastron : ce sont les Cinixys.

Enfin chez d’autres, il n’existe à toutes les pattes, que quatre doigts, tous onguiculés : tels sont les Homopodes.

Les Tortues de marais établissent le passage des loi tues terrestres aux tortues essentiellement aquatiques. Elles ont une carapace plus ou moins déprimée, ovalaire, évasée en arrière. Leurs pieds ont des doigts distincts, flexibles, garnis d’ongles crochus, et dont les phalanges sont réunies à la base, au moyen d’une peau élastique, qui leur permet de s écarter es uns des autres, tout en conservant leur force et en prenant une plus grande surface. Aussi peuvent-elles marcher sur la tein, nager à la surface ou dans. la profondeur des eaux, et gi imper sur les rivages des lacs ou des autres eaux tranquilles, qui soi

leur demeure habituelle. ^ I

Ces tortues sont ordinairement de petite taille. Carnassier elles se nourrissent de petits animaux vivants Comme

GHÊLONIENS.

exhalent une odeur nauséabonde, on ne les recherche pas pour s’en nourrir; et d’autre part, leur carapace n’est ni assez épaisse, ni assez belle, pour qu’on puisse s’en servir pour fabriquer l’écaille. Elles sont donc peu recherchées.

On connaît une centaine d’espèces de tortues de marais, qui sont réparties dans toutes les parties du globe, mais principalement dans les régions chaudes et tempérées. Telles sont : les Cistulcs, les Emycles , les Trionyx , etc.

La Cislule commune , qui porte les noms de Tortue bourbeuse ou Tortue jaune (fig. 145), est très-répandue en Europe. On la trouve en Grèce, en Italie, en Espagne, en Portugal et dans les pays

Fig. 145. Tortue cistule (tortue de marais).

méridionaux de la France; on la trouve aussi en Hongrie, en Allemagne et jusqu’en Prusse. Elle habite les lacs, les marais et les étangs, au fond desquels elle se tient enfoncée dans la vase. Elle vient quelquefois à la surface de l’eau, et y reste des heures entières. Elle vit particulièrement d’insectes, de mollusques, de vers aquatiques et de petits poissons. Bien que la chair de la Cislule soit loin d’avoir un excellent goût, on la mange partout où elle est commune.

Nous nous contenterons de représenter ici, YÈmyde Caspienne (hg. 146), et la Tortue Matamata (fig. 147), dont l’aspect est si singulier, en raison de ses narines prolongées en trompe, de son

cou garni de longs appendices cutanés, et des deux barbillons qu’elle porte au menton. C’est une tortue qui a de la barbe !

Fig. 146. Emyde Caspienne (tortue de marais).

Les Tortues de fleuve ont la carapace très-élargie et très-plate, les pattes déprimées, et les doigts réunis jusqu’aux ongles, par de

Fig. 147. Tortue Matamata (tortue de marais).

larges membranes flexibles. Ces membranes changent les mains elles pieds en véritables palettes, qui font l’oftîce de rames.

GHÉLONIENS.

Ces tortues si bien accommodées au milieu qu’elles habitent, font une guerre continuelle aux poissons, aux reptiles et aux mollusques. Leur carapace est molle, couverte d’une peau flexible et cartilagineuse, soutenue sur un disque osseux très-déprimé, à surface supérieure ridée par des sinuosités rugueuses. Comme elles sont dépourvues d’écailles, ces tortues sont dites molles.

Les tortues de fleuve ne se trouvent pas en Europe; elles habitent les rivières, les fleuves ou les lacs d’eau douce, des régions chaudes du globe, tels que le Nil et le Niger en Afrique , le Mississipi et l’Ohio en Amérique, l’Euphrate et le Gange, en Asie. Elles peuvent atteindre une grande taille, et par conséquent un grand poids. Elles nagent avec facilité pendant le jour, en poursuivant leur proie. Elles viennent, pendant la nuit, s’étendre et dormir sur le sol. Comme leur chair est très-

estimée, on leur fait une chasse active, dans les pays qu’elles habitent.

; iN'ous citerons parmi les espèces de ce groupe, le Trionyx d Égypte (fig. 1 48), tortue d’assez grande taille, qui vit dans le Nil, et le Trionyx spinifere caractérisé par une rangée d’épines sur le bord antérieur du limbe, qui vit dans les rivières de la Géoigie et des Florides (Amérique septentrionale).

Les Tortues de mer se distinguent surtout par la conformation des membres, dont les extrémités libres sont aplaties Ces pattes sont tellement déprimées, que les doigts, quoique formés de pièces distinctes, ne peuvent exécuter les uns sur les autres aucune sorte de mouvement, et constituent de véritables rames admirablement disposées pour la natation. Leur carapace est aussi excessivement aplatie ; elle s’échancre en avant, s’allonge et se rétrécit en arrière, et est disposée de telle sorte que la ete et les pattes ne peuvent complètement s’y cacher.

Les tortues marines sont celles qui présentent la plus grande taille. Elles nagent et plongent avec une aisance surprenante et peuvent rester longtemps sous l’eau. L’orifice externe de leur Canal nasal est, en effet, muni d’une sorte de soupape que

ousTea u°n n™ ‘T"’” f d“S rair’ et ferme est

? 1 f U’ 11 ne sort guere de l’élément liquide qu’à l’époque de

la ponte. Cependant quelques espèces se ‘train L, pendant la

nuit, sur les rivages des îles désertes, pour y brouter quelques plantes marines , quoique leur marche soit difficile et même pénible. Dans les mers tranquilles, on les voit parfois flotter comme une barque, et dans l’immobilité la plus absolue, à la surface des eaux. Elles dorment. Avec leurs gencives cornées, dures et tranchantes comme le bec d’un oiseau de proie, les unes broutent des algues marines, telles que les varechs, les algues; tandis que d’autres se nourrissent d’animaux vivants, c’est-à-

Fig. 148. Trionyx d'Égypte (tortue de fleuve).

dire de crustacés, de zoophytes et de mollusques, par exemple des sèches.

Les Tortues de mer sont ovipares. Les femelles, accompagnées des mâles, parcourent souvent, pour aller déposer leurs œufs, des espaces de plus de 200 kilomètres. D’autres femelles se rendent, à des époques à peu près fixes, sur les bords sablonneux de quelque île déserte. Là, elles se traînent, pendant la nuit, assez loin du rivage, et avec leurs pattes de derrière, fonctionnant comme de larges pelles, elles creusent des trous

CHÉLONIENS

de soixante centimètres environ de profondeur. Elles y pondent jusqu’à cent œufs. Elles les recouvrent ensuite, avec le sable amoncelé derrière elles, en nivellent parfaitement le sol, puis elles retournent à la mer.

Les œufs des tortues marines sont arrondis, déprimés, et munis d’une coque coriace. Grâce à la température élevée que les rayons du soleil communiquent au sable du rivage, ils éclosent quinze jours après la ponte. Les petites tortues, faibles, blanchâties, grosses comme des grenouilles, se hâtent de gagner la mer, cette puissante nourrice, et s’y développent rapidement. Les femelles font jusqu à trois pontes, à deux ou trois semaines d’intervalle.

On rencontre les tortues marines en bandes, plus ou moins nombreuses, dans toutes les mers des pays chauds, principalement vers la zone torride, dans l’Océan équinoxial, sur les rivages des Antilles, de Cuba, de la Jamaïque, de Saint-Domingue cans 1 océan Indien, aux îles de France et de Madagascar, aux Sechelles, dans le golfe du Mexique, etc. , comme dans l’océan Pacifique, aux îles Sandwich et Galapagos. Celles que les navigateurs trouvent, assez rarement d’ailleurs, isolées, dans le grand Océan et dans la Méditerranée, semblent s’être égarées et provenir de bandes voyageuses.

1'hl‘r neS TleS’ les l0rl,,es t,e mer sont les ««les à

1 homme. Dans les pays ou elles sont communes, et où elles a eignent des dimensions énormes, on se sert de leur carapace omme de pirogue, pour naviguer le long des côtes. Leur chair constitue un aliment sain et nutritif. La graisse de plusieurs es peces lorsqu’elle est fraîche, peut remplacer le beurre et l’huile Q d odeur mu squee de ce corps gras le fait repousser pour apprêt des aliments, on l’emploie à la préparation des cuirs u a 1 éclairage. Les œufs de presque toutes les tortues sont recherches pour leur saveur. Enfin les c inmm a,, r espèces constituent une substance précieuse tîès-employ^te

SC;..: * ■■ î.

On emploie différents procédés pour s’emparer des tortues.

Dans certains parages, on profite de l'époque de la ponle. On descend dans les îles désertes, afin d’y guetter les tortues qui s’y rendent à cette époque. On les suit, à la piste, sur le sable. Quand on les a rencontrées, on leur coupe la retraite, en les cernant, et on les renverse sur le dos, soit avec les mains, soit avec des pieux. Comme en cet état elles ne peuvent plus se relever, on est certain de les retrouver dans la même position, lorsqu’on viendra les chercher, pour les tuer et les emporter. On les laisse donc sur le sable du rivage, le ventre en l’air, et on continue la chasse jusqu’au soir (fig. 149). Le lendemain, les chasseurs procèdent au massacre de ces pauvres animaux, coupables d’être utiles à l’industrie de l’homme.

En 1802, une tortue femelle fut surprise dans l’île de Lobos, par l’équipage d’un navire français. Les hommes eurent beaucoup de peine à la renverser sur le clos-, car elle était si forte, qu’elle les entraînait, en voulant fuir vers la mer. On en vint enfin à bout. Sa tête était grosse comme celle d’un enfant et son bec quatre fois plus grand que celui d’un perroquet. Elle pesait 1 30 kilogrammes et fournit à manger à tout 1 équipage. Elle avait dans le corps 347 œufs.

On prend encore les tortues en tendant de grands filets k larges mailles, dans lesquelles la bête engage sa tête et ses nageoires. Ainsi prisonnière, elle ne peut venir respirer à la surface de l’eau, et périt asphyxiée.

Certains pêcheurs harponnent les tortues marines lorsqu’elles viennent respirer l’air, à la surface des eaux de la pleine mer. Le harpon, attaché à une corde, pénètre dans les écailles. On laisse aller la corde quelque temps, puis on l’attire à bord.

Une méthode de pêche plus curieuse encore se pratique sur les côtes de la Chine et du canal de Mozambique. Ici les chasseurs ne sont plus des hommes, mais des poissons. Ces poissons, voisins du Rémora dont nous avons parlé en son lieu, sont connus sous le nom de poissons pécheurs ou Sucels. Ils portent au sommet de la tête une plaque ovale, qui offre une vingtaine de lamelles parallèles, formant deux séries, garnies, sur leurs bords, de petits crochets. Les pêcheurs tiennent plusieurs de ces sucels vivants, dans des baquets d’eau. Quand ils voient une tortue endormie, ils s’en approchent et jettent un sucet a a mer. Le poisson se précipite sous le reptile, et s y cramponne,

Fig. 149. Chasse à la Tortue.

CHÉLONIENS

à l’aide de son disque céphalique. Comme il est attaché par une longue corde, au moyen de l’anneau dont sa queue est garnie, on tire à bord le poisson pêcheur et sa victime. C’est, on le voit, une pêche à la ligne d’une nouvelle espèce, dans laquelle l’hameçon est vivant, et poursuit lui-même sa proie au sein des eaux.

On ne connaît encore qu’une dizaine d’espèces de tortues

de mer, que 1 on répartit en deux genres : les Chélonêes et les Sphargis.

Les Chélonêes ont le corps recouvert d’écailles cornées, et un ou deux ongles à chaque patte.

La Chèlonèe franche , ou Tortue franche (fig. 150), était connue des anciens. Pline dit que les habitants des bords de la mer Rouges en nourrissaient presque exclusivement. Sa carapace est en forme de cœur, peu allongée, de couleur fauve, avec un grand nombre de taches de couleur marron, mais glacées de verdâtre. Son dos est arrondi, ses écailles vertébrales sont hexagones. Sa longueur totale est de 1 mètre 60 centimètres à 2 mètres, sur

une largeur moindre d’un quart. Son poids varie de 350 à 450 kilogrammes.

Ce dernier poids est celui d’une tortue franche qui fut rejetée par la mer dans le port de Dieppe, en 1752. On en prit une autre, en 1754, dans les parages d’Antioche, qui pesait à peu pies autant, et qui mesurait 2", 60 depuis le museau jusqu'à la queue La carapace seule avait plus de l-,50 de longueur Elle fournit cinquante kilogrammes de graisse.

La Tortue franche, que l’on nomme encore Tortue verte en

tirne" Eli I ,7,leUî Vert<!fde Sa S1'aiSSe’ Vit dans 1,océan Atîan- |ue. Elle habite de préférence le voisinage des îles et des

et œil .eSe,rteS' !;'est lespèco la m*eux connue de cette famille

taiîs des miqU SC rapportent presfn>e exclusivement les déa ls des mœurs que nous avons donnés plus haut. On l’amène

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uire naturelle de Pans en a possédé plusieurs

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dont les’ Anglais sont sHclalT ‘0r'“C>

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, aïs son invention est récente ; c’est l’amiral

Anson, qui, en 1752, apporta la première tortue qui fut mangée à Londres. La soupe à la tortue fut longtemps un plat coûteux. Mais les progrès de la navigation ont rendu l’animal qui la fournit infmement plus commun qu’ autrefois , car il abonde aujourd’hui sur les marchés de Londres.

La plus grande partie de l’écaille du commerce provient de la

Fig. 150. Tortue franche.

Tortue franche. C’est la carapace, c’est-à-dire la partie supérieure, qui sert à préparer l’écaille : le bouclier, ou la partie inférieure,

i3st rcjctcG.

Le Caret , ou Chèlonée imbriquée (fig. 151) fournit une écaille plus estimée encore que celle de la tortue franche. Chez cet animal, les plaques du disque sont imbriquées, et non simplemen juxtaposées, c’est-à-dire qu’elles se prolongent en arrière les unes au-dessus des autres , se recouvrant comme les tuiles d un toit. Les mâchoires de la tortue caret sont fortes, allongées e recourbées vers leur extrémité; ses nageoires sont pourvues e deux ongles. Sa taille et son poids sont un peu moins considérables que celle de la tortue franche.

On rencontre la Tortue caret dans l’océan Indien , ainsi qu

CHÉLONIENS

dans les mers d’Amérique. Elle se nourrit de plantes marines, de mollusques et de petits poissons. Ses œufs sont bons à manger, mais sa chair est mauvaise. On ne la recherche que pour sa carapace.

L écaille qui forme la carapace des tortues est une substance qui diffère de la corne des ruminants, en ce qu’elle n’est point libreuse ni lamelleuse. Elle est aussi plus transparente et plus

duie. Elle parait consister en une exsudation de matière muqueuse et albumineuse, parfaitement homogène dans sa nature, et qui affecte pourtant les couleurs les plus agréables.

Dans les pays où l’on chasse la tortue franche ou le caret, on arrache la carapace de l’animal, et on l’envoie en Europe.

bour obtenir l’écaille , on ramollit cette carapace par la chaleur de l’eau bouillante. Ensuite on la redresse et on l’aplaen la mettant sous des presses. Les tablettes que l’on obtient ainsi, constituent l’écaille brute, qui est ensuite polie et tra-

lje“e éCi,iUe brute’ ramollie par la chaleur, prend

d'ob i n rrS.déSiréeS- E'le entre dans la composition objets d 1S‘e 1 <leS peignes’ des boîtes et autres petits

u Tortm Caouane (%• 152) a. comme la Tome franche , des

écailles simplement juxtaposées. De couleur brune ou marron foncé, elle habite la Méditerranée et 1 océan Atlantique. Sa lon-

Fig. 152. Tortue caouarie.

gueur est d’environ l-,25, et son poids varie de 150 à 200 kilogrammes.

La tortue caouane est très-vorace et se nourrit principalement de mollusques. Sa chair est mauvaise, et l’on ne se sert de sa graisse que comme d’huile à brûler.

Les tortues du genre Spharyis ont le corps enveloppé d une peau coriace, tuberculeuse chez les jeunes sujets, complètement lisse chez les adultes. Les pattes sont dépourvues d ongles On ne connaît qu’une seule espèce de ce genre, le Sphargis luth ou Tonue lulh (fig. 153), ainsi nommée à cause de la forme de sa carapace, qui a plus ou moins de ressemblance avec le luth des anciens, ou parce que cette meme carapace aurait, dit-on, servi à composer les premiers luths chez les

Grecs

Cette tortue marine, qui se trouve clans la Méditerranée et l’océan Atlantique, a les mêmes Habitudes que la tortue francl^ Son corps est d’un brun clair, avec les carénés de la carapace

CHÉLONIENS

fauves. Sa tête est brune, ses membres noirâtres nordés de jaune. Elle atteint de 2 mètres à 2n’,50 de longueur totale sur

Fig. 153. Tortue luth.

une largeur d environ un cinquième de sa longueur. Son poids est considérable, car il s’élève jusqu’à 700 ou 800 kilogrammes.

OISEAUX

OISEAUX

Los Oiseaux sont les enfants gâtés de la nature, les favoris de la création. Eeur brillante parure étincelle souvent des plus resplendissantes couleurs. Ils ont l’heureux privilège de se mouvoir dans l’espace, soit pour voltiger, cherchant l’insecte qui butine de fleur en fleur; soit pour planer au plus haut des airs, et fondre sur la victime qu’ils convoitent; soit enfin pour franchir, avec une prodigieuse rapidité, des distances considérables. Les hommes se sont pris d’une profonde sympathie pour ces petits etres ailés, qui les charment par l’éclat de leurs ormes par la mélodie de leur voix et par l’impétuosité gracieuse de leurs mouvements.

Les oiseaux se rattachent aux mammifères, par la structure

intérieure du corps. Leur squelette peut se comparer à celui des

ammifeies, car ce sont à peu près les mêmes os, seulement modifies pour le vol.

deC,!r leS °(iSeT’ la circulati0n est d0l,ble- Le cœur est formé est mêmTn , Part‘e gaUche et Ia partie d™‘e, et leur sang

uu'il eT h , r 6 “ g‘°bules c‘ue de l'homme, parce les poumons co mment. ^ Pair' "“bernent dan.

niers rame» r6 U* eS mammifères, mais dans les dern ers rameaux ue 1 arbre artériel, du tronc et des membres. Ce

quadrupèdes ’ “ n’est P» le vol, car certains

sons, comme vZ t chau''e-souris, et même certains pois-

mode de respiration’ parC0llnr Ics airs i mais bien son

cloison mobUc ntr.' 6 m «"« les oisea“ celte

appelée diaphragme, qui, chez les mammifères,

OISEAUX

arrête l’air à la poitrine-, de sorte que l’air extérieur pénètre dans toutes les parties de leur corps, par les voies respiratoires, qui se ramifient dans tout le tissu cellulaire, et jusque dans les plumes, dans l’intérieur des os, et môme entre les muscles.

Fig. 154. Squelette de Cygne.

Leur corps , dilaté par l’air inspiré, étant allégé d’une portion considérable de son poids, ils se trouvent comme ballonnés, et peuvent nager, pour ainsi dire, dans l’élément gazeux.

Les ailes seules n’auraient pas suffi à l’oiseau pour se mainte- ; nir dans l’espace. Il lui fallait une respiration double, pour donner à son corps une suffisante légèreté spécifique, et de plus une circulation activée, réchauffée, par l’oxygène de l’air, qui pénètre dans toutes les cavités de son corps; car la chaleur vitale est, chez les animaux, toujours en rapport avec la res-i piration. Aussi les oiseaux, grâce à leur riche organisation, peuvent-ils vivre dans les régions les plus froides de 1 atm

sphère. . . ,, •

Nous représentons ici les organes respiratoires c un »

savoir (fig. 155) : la trachée-artère, conduit qui appor e

OISEAUX

aux deux poumons, et qui se subdivise en deux branches, à l’intérieur de la poitrine, pour aboutir aux sacs aériens , et (fig. 156) les deux poumons d'un pigeon. L’air apporté par la

l ;g. Iod. Trachée-artère de Pigeon et sa distribution aux deux poumons dans les sacs aériens.

trachée artère, et qui doit agir sur le sang, à travers la faible épaisseur des cellules qui composent le tissu pulmonaire, tra-

Fig. 156. Poumons de Pigeon.

a Côté antérieur. - b Côté postérieur.

■verse ce tissu dans une infinité de petits vaisseaux, dont la mince tunique est perméable au gaz.

0Utett]rT7l nt de rameS aUX °iSeaUX 1,0Ur se diri8'ei'-

OU d cendre a leur gre, su, vent l'impulsion qu'ils leur donnent, ■ous les oiseaux ne volent pas : citons en exemple l'Autruche

OISEAUX

Cet oiseau possède une sorte d’ailes rudimentaires, qui ne lui servent qu’à repousser l’air en marchant.

Les ailes des oiseaux sont aiguës ou obtuses. Plus l’aile est

Fig. 157. Aile de Rapace.

aiguë, c’est-à-dire plus les longues pennes vont en décroissant à partir du bord de l’aile, plus l’animal est bon voilier et peut se

Fig. 158. Aile de Gorfou.

mouvoir énergiquement dans toutes les directions. La queue, composée de douze pennes, appelées rectrices, sert de gouvernail pour diriger la marche.

Fig. 159. Aile de Kamichi.

Les oiseaux réunissent tous les degrés d’organisation ; car ils: volent, ils marchent, ils nagent, suivant leurs habitudes aériennes, ou terrestres, ou aquatiques. Toutes les parties ce leur corps, quoique se ressemblant dans toutes les espèce.-, modifiées suivant le genre de vie que la nature leur a dépar ^ . Il est à remarquer que partout où la peau de 1 oiseau es ie vêtue de plumes, cette peau consiste en un derme peu dense; an

OISEAUX

dis qu’elle est plus forte et même recouverte d’écailles, dans toutes les parties où les plumes n’existent pas.

Avant de parler des fonctions physiologiques des oiseaux, nous devons dire quelques mots des organes qui les caractérisent, c’est-à-dire des plumes , du bec, des ongles, etc.

Fig. 160. Plumes de Hocco. Fig. ici. Plume de Marabout.

Les plumes sont des productions cornées, composées d’un tube ou tuyau, d une tige, qui lui fait suite, enfin de barbes et de bar-

Plume de Faisan.

Fig. 163.

Plume de Manucode.

Fig. 164.

Plume de Canéliphagt

* .U..... uc caueupai

0'“’ P°"rïues de c™hets qui relient ces barbes entre appelle pennes les plumes des ailes et de la queue

des cl!^X^“Se "T”™1 ChCZ kS °i:

chaudes, plus leur’ plul^a TZSTf

OISEAUX

quelques espèces, les mâles ont une parure étincelante, tandis que les femelles portent une robe terne et sombre. Cependant le plumage est souvent le même dans les deux sexes. Les jeunes ne ressemblent aux adultes qu’après leur première mue.^

Tous les oiseaux quittent leurs vieilles plumes aumoins une fois l’an, pour en endosser de plus brillantes. C est ce qu on appelle la mue, qui se fait ordinairement en automne, et quelquefois au printemps et à l’automne. Pendant tout le temps de la mue le volatile est plongé dans la tristesse et le silence. Mais

Fig. 165.

Doigts de Rapace.

Fig. 166.

Doigts de perroquet.

Fig. 167.

Doigts de Casoar.

auand il est sorti de cette période critique, il étalé fièrement les vives couleurs qui le font rival des fleurs qui l'environnent. Dans les Gallinacés, et surtout dans les especes aquatiques,

existe au-dessus du coccyx quelques crypta ; °" peau, distillant une matière huileuse, que 1 animal pieu

son bec pour oindre et lustrer ses p urnes- . Ainsi, la

Les ongles varient suivant les mœur . , 1 r<jngie chez

serre d’un oiseau de proie est puissante et c , l’oiseau marcheur, est droit, n'est

L'ongle du pouce est ordinairement le plus foit, ma

pas une loi absolue. Un ongle qui se trouve parfois au poignet de l’aile de certains oiseaux, est désigné sous]le nom d’éperon ■ c est une arme redoutable dans quelques espèces. Quand cet ongle est saillant au tarse du pied, on le nomme ergot (fig. 168, 169)& Le bec est composé de deux pièces osseuses, appelées mandi-

Fig. 170. Bec d’Aigle.

Indes, entourées elles-mêmes d’une substance

cornée. Il diffère

Fig. 171. Bec de Toucan.

suivant les habitudes de l'animal, et prend une inimité de

Fig. 172. Bec de Cormoran.

formes,

selon qu’il est destiné

à déchirer une proie, à triturer

Fig. 173. Bec de Grue.

^sHT ,°U à briser un corps dur. C 1 oiseau, pour attaquer sa vi<

’arme la plus séou se défendre

OISEAUX

contre ses ennemis. C’est encore avec son bec qu il prépare la couche où ses petits doivent éclore.

Fig. I7i. Bec d’Oie.

Fig. i75. Bec de Moineau.

Fig. 176. Bec d’Engoulevant.

Le bec n’est, avec la langue, que l’accessoire de l’appareil digestif, car si le bec sert à la préhension et a la trituration, la

langue ne sert qu’à la déglutition.

La digestion est si active chez les oiseaux, que quelques-uns

peuvent engraisser dans un temps exces sivement rapide. Les ortolans et les grives s’engraissent au bout de cinq ou six joui s.

Dans un renflement de 1 œsophage, appelé jabot (Sg. 177, a), ou premier estomac, qui est extrêmement développé chez les oiseaux granivores, les aliments séjournent d’abord, pour y subir quelques modifications, propres à faciliter la digestion. n ; passant dans un second estomac, le venin- : culc succenturic (b), les aliments s’imbibent de suc gastrique. Enfin, ils se transformen I en chyme dans le gésier ( c ), ou troisième estomac, qui jouit d’une puissance musculaire énorme ; car il peut agir sur les coi ps les plus solides, et triturer jusqu aux cai loux, que les Gallinacés avalent et broient

Fig. 177. Tube digestif et foie pour aider à leur digestion., ce

de ia poule commune. Un fait curieux , c’est qu une seme »

introduite dans l’estomac, peut être d. gérée sans altération, e

OISEAUX

rejetée dans des pays où elle se développera, si elle ne rencontre pas d’obstacles à sa végétation. C’est pour cela que l’on trouve quelquefois certains arbres dans des contrées où leur espèce paraît étrangère.

Le chyle est reçu par l’intestin grêle, où se rendent aussi la bile du foie et la salive du pancréas.

Fig. 178. Ensemble du tube digestif chez le Dindon.

L'appareil de dépuration urinaire est composé des reins gui sont au nombre de deux, gros et irréguliers, distincts l'un de ■autre, aboutissant à l'intestin qui se termine lui-même par une espece de poche, ou cloaqm. C'est par là que s'évacuent allerativement 1 urine, les excréments et les œufs

peu dêvtr dU tT”e,r’ de 1,0<l0rat’ du g0Ùt' de l’ouïe, sont très-

est vrai lur !CZ °iSeaUX' Certains historiens °nt vanté, il ai, la délicatesse de l’odorat des oiseaux de proie, que l’cn

voit accourir en quelques heures sur un champ de bataille, clans un lieu où se trouve un cadavre. Mais des expériences faites par de savants voyageurs , tels qu’Audubon et Levaillant, ont prouvé que ces animaux étaient alors attirés surtout par leur vue.

La vue possède, en effet, un grand degré de perfection chez les oiseaux; ce sens est plus remarquable dans cette classe d’animaux que dans toute autre. D’abord, le volume de l’œil est trèsgrand, comparé à la tète. Il renferme un organe particulier, qui semble n’appartenir qu’aux oiseaux, \e peigne, de forme généralement carrée et lamelleuse. C’est une membrane noire, plissée, très-riche en vaisseaux sanguins, située au fond du globe oculaire, et qui s’avance vers le cristallin. L’anatomie n’a pu encore en expliquer l’usage, mais on suppose que son but est de donner à l’oiseau la faculté de voir de loin ou de près, en faisant avancer ou reculer le cristallin. Les autres parties de l’œil, telles que la choroïde, l’iris, la rétine, n’offrent rien de remarquable. Le blanc de l’œil est entouré d’un cercle de matières osseuses ou cartilagineuses, qui le protègent, en formant un anneau assez dur.

Outre les deux paupières ordinaires, l’une supérieure, l’autre inférieure, les oiseaux en possèdent une troisième, qui consiste en un repli fort étendu de la conjonctive. Ce repli transparent, disposé verticalement, vient recouvrir l’œil comme un rideau, et le garantir d’une lumière trop vive. C’est cette paupière, ou membrane clignotante , qui permet a 1 aigle de regai dei en face le soleil, et aux rapaces nocturnes de ne pas être éblouis lorsqu’ils affrontent l’éclat du jour.

La perfection de la vue des oiseaux est surabondamment prouvée, quand on voit le vautour, perdu comme un point dans l’espace, fondre tout à coup sur la victime qu’il a aperçue du haut des airs; ou l’hirondelle distinguer, malgré la rapidité de son vol, le petit insecte qu’elle happe au passage. D’après Spallanzani, le martinet a une vue tellement perçante, quil peut apercevoir un objet de cinq lignes de diamètre, à la distance de plus de trois cents pieds.

L’oiseau est le seul être de la création qui puisse parcourir d’immenses distances avec une rapidité surprenante. Tandis que les meilleurs coureurs, parmi les mammifères, fournissent a

OISEAUX

peine cinq ou six lieues à l’heure, certains oiseaux franchissent facilement vingt lieues dans le même intervalle de temps. En moins de trois minutes , on perd de vue un gros oiseau , un milan, ou un aigle qui s’élève, et dont le corps a plus d’un mètre de longueur. 11 faut conclure de là que ces oiseaux parcourent plus de 1460 mètres par minute ou 86 lieues par heure.

En Perse, selon Pietro Delle Valle, le pigeon messager fait en un jour plus de chemin qu’un piéton ne peut en faire en six jours. Un faucon de Henri II s’étant emporté à la poursuite d’une outarde, à Fontainebleau, fut pris, le lendemain, à l’île de Malte. Un autre faucon, envoyé des îles Canaries au duc de Lerme, en Espagne, revint d’Andalousie au pic de Ténériffe, en seize heures, ce qui représente un trajet de 250 lieues.

Du reste, tout contribue à donner à l’oiseau la remarquable légèreté qui facilite son vol. Sans parler des plumes qui le couvrent partout, ses os sont creusés de vastes cellules, nommées sacs aériens , qui se remplissent d’air à volonté, et son sternum est pourvu, à sa face antérieure, d’une crête osseuse, appelée bréchet. Cette crête en forme de carène de navire, sert d insertion aux muscles pectoraux, qui sont très-développés et d une contractilité extrême chez les oiseaux voiliers.

L’appareil vocal des oiseaux (fig. 1 79 et 180) est assez compli-

Fig. 179.

Fig. 180.

Cartilages du larynx supérieur et premiers anneaux de la trachée, séparés, vus de profil et de face.

Glotte et partie supérieure de la trachée de l’Aigle royal.

<l«é et différent de celui de l'homme. Il consiste en une espèce üe cllambre osseus,e> n’est qu’un renflement de la trachée-

OISEAUX

artère, à l’endroit où celle-ci se bifurque, en pénétrant dans la poitrine, pour former les bronches. C’est cet organe, nommé larynx inférieur, qui constitue l’organe du chant chez les oiseaux. Cinq paires de muscles attachés aux parois de cette chambre tendent ou relâchent les cordes vocales par leurs contractions ou leur relâchement, agrandissant ou diminuant ainsi la cavité du larynx. C’est en modifiant de mille manières les dimensions et la tension des cordes vocales et du larynx, que les oiseaux font entendre ces modulations merveilleuses dont la puissance et la perfection sont pour nous un sujet d’étonnement continuel.

Le chant des oiseaux est l’expression de leurs sentiments. Les oiseaux chantent, autant pour leur plaisir particulier, que pour charmer ceux qui peuvent les entendre. Pendant qu’ils font retentir les bois de leurs mélodieux accents, ils semblent se complaire, comme de gracieux artistes qui seraient fiers de leurs talents, à faire admirer leur voix : ils regardent de tous les côtés, pour attirer l’attention.

Les oiseaux varient leurs chants selon la saison ; mais c est surtout dans les premiers jours du printemps que l’on admire la grâce de leurs accents, et l’harmonieux ensemble de leurs concerts. Est-il rien de plus délicieux que le gazouillement de la fauvette, retentissant sous la feuillée, au lever de l’aurore; ou les mélodies cadencées du rossignol, qui troublent, d une manière si poétique, le silence des bois, pendant les nuits sereines du mois de juin?

Nos paysages seraient tristes et' muets sans ces gracieux habitants de l’air , qui donnent 1 animation et la vie aux cam pagnes et aux forêts solitaires. Lorsque, dans le silence de la nuit, tout dort dans la nature, et que la vie semble partout suspendue, tout à coup des accents s’élèvent de l’épaisseur du feuillage, comme pour protester contre la mort apparente de la création animée. C’est tantôt un cri plaintif, qui se pi olon0e comme un soupir étouffé; tantôt un gazouillement contenu, comme un rêve de tendresse; tantôt des chants vifs, gais et nié

lodieux, que répètent avec joie les échos.

Quand les ténèbres de la nuit ont disparu pour faire place aux premières clartés de l’aube, quand les douces lueurs de l’aurore naissante ont apparu à l’horizon, tout se transforme,

OISEAUX

tout se vivifie, tout renaît sur la terre, tout à l’heure endormie, et déserte en apparence. Les grands oiseaux planent au plus haut des airs et se perdent dans les nuages. Les petits oiseaux des bois sautillent de branche en branche, et prenant leurs ébats joyeux, communiquent à la nature le mouvement et le bonheur. Quelle variété de tons, quel brillant éclat, dans leurs parures diverses! Quel charme dans ces espèces de fleurs vivantes et volantes, aux splendides couleurs, qui parsèment, traversent et embellissent les airs ! C’est la mésange, toujours suspendue aux rameaux des arbustes; le gobe-mouche, toujours perché, au contraire, sur la cime des arbres; l’alouette, qui décrit dans l’air ses cercles gracieux; le merle, qui court sur le gazon, guettant et poursuivant les moucherons qui volent, le grillon qui s’enfuit, ou les vers qui se cachent sous une motte de terre. Partout ces petits vagabonds ailés animent et remplissent le paysage de leurs délicieux ébats.

Les oiseaux possèdent assurément un langage qu’ils compriment seuls. Quand un danger les menace, il suffit que l’un d eux fasse entendre un cri particulier, pour que tous les individus de la même espèce, ainsi avertis, se tiennent cachés, jusqu à ce que leurs craintes soient dissipées. La présence d’un oiseau de proie, annoncée par le sifflement plaintif d’un merle,

fait tenir dans une immobilité complète tous les volatiles des lieux d’alentour.

Les oiseaux de proie, aux instincts carnassiers, vivent dans des lieux solitaires, parce que leur nourriture est difficile à découvrir. L aigle habite toujours seul, retiré dans son aire inabordable, suspendue aux flancs de quelque montagne escarpée, ou cachée dans les profondeurs d’un inaccessible ravin. On ne voit aller de compagnie que les oiseaux de proie se repaissant de voiries : ils vont en foule se disputer un funèbre butin.

Il est difficile pour nous d’apprécier le degré d’intelligence ties oiseaux. Les mammifères, dont l’organisation a de plus grands rapports avec celle de l’homme, nous font comprendre leurs joies ou leurs douleurs; tandis que nous sommes réduits a es conjectures pour expliquer les sensations des oiseaux Ne pouvant expliquer ce profond mystère, on a inventé un mot qui satisfait les esprits peu difficiles : on a appelé instinct le senti fui porte les oiseaux aux actions admirables dont nous

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sommes témoins. La tendresse de la mère pour ses petits, celte affection si remplie de délicatesse et de prévenances, n’est, dit-on , que le résultat de l’instinct. Il faut convenir que cet instinct ressemble singulièrement à de 1 intelligence, et, selon nous, n’est pas autre chose.

La reproduction s’opère chez les oiseaux à des époques régulièrement fixées par la nature. Les oiseaux se distinguent parmi tous les autres êtres vivants par la fidélité de leurs amours. On voit fréquemment un mâle s’attacher à une femelle , et vivre avec elle jusqu’à la mort de l’un d’entre eux.

Quand arrive l’époque de la ponte, la femelle modifie ses habitudes. Elle enchaîne sa liberté, et reste invariablement sur ses œufs, malgré la faim ou malgré les dangers, jusqu’à ce que la

Fig. 181. Nid de Roitelet.

Fig. 182. Nid d’Oiseau-mouche.

chaleur égale et prolongée que leur communique le contact de son corps ait amené leur éclosion. Le mâle prend soin de sa femelle, occupée à la couvée, ensuite des petits, encore dans le nid, ou qui commencent à essayer leurs ailes.

La sollicitude de l’oiseau pour ses petits se manifeste dès que l’emplacement du nid est choisi, et qu’il a commencé la construction du berceau futur de sa progéniture. Mais toute cette tendresse disparaît dès que les petits n’ont plus besoin de a protection maternelle.

C’est au printemps que les oiseaux, réunis par couples, se mettent à l’ouvrage, pour recueillir les matériaux nécessaires a la fabrication de leur nid. Chacun apporte son brin d herbe, ou sa tige de mousse. Les grands oiseaux se contentent d un ni de structure grossière : quelques gros copeaux ou fffje /ju J grandes ramures entrelacées au milieu d’un buisson, aïs ,

OISEAUX

petites espèces déploient un art admirable pour façonner une charmante miniature de corbeille, qu’ils garnissent, à l’intérieur, de laine, de crin ou de duvet. Le mâle et la femelle travaillent en commun. Ils veulent que l’œuf à venir puisse être

Fig. 183. Nid de Moineau.

Fig. 184. Nid de Pie.

déposé sur une couche moelleuse , chaude et solide. La mère imagine des ruses sans nombre , pour dérober son nid aux

Fig. 185. Nid de Chardonneret.

Fig. 188. Nid de Hibou.

regards indiscrets, pour le cacher dans un buisson ou sur une branche fourchue, au pied ou dans le creux d’un arbre, sur les cheminées, contre les murs, sur les toits, etc.

œs nids d’une même espèce sont toujours façonnés de la uieme manière.

OISEAUX

Quelles merveilles produisent ces petits architectes ! On dirait que c’est en prenant pour modèles ces charmants édifices, que les hommes ont appris à être maçons, charpentiers, mineurs, tisserands, vanniers, etc. Le loriot suspend, par quelques brins de racine, son nid en forme de panier, à 1 extrémité flexible d’une branche horizontale , pour le mettre hors de l’atteinte de tout petit quadrupède ravisseur. La pie creuse le sien dans le tronc des vieux arbres. Les nids des hirondelles salanganes, mets délicat, très-recherché par les gourmets dans l’extrême Orient, sont dé naturé toute végétale. Ils sont faits avec un fucus ou plante marine du genre gelidium , dont la sub-

Fig. 187. Nid d’Orthotonie.

Fig. 188. Nid de Républicains.

stance gélatineuse, cimentée avec la salive de l’oiseau, forme

une sorte de pâte très-bonne à manger.

Quand le nid est terminé, quand l’oiseau en a cimenté les parois, avec une sorte de mastic fait avec de 1 argile, et une sa live visqueuse, que sécrètent les glandes placées sous la langue, la ponte a lieu.

Les œufs sont d’autant plus nombreux que l’espèce est plus petite. L’aigle, par exemple, ne pond que deux œufs, tandis que

la mésange en pond quinze à dix-huit.

Arrive ensuite, pour la femelle, le travail long et pénible e l’incubation. Le mâle se tient aux aguets, dans les environs, pour défendre sa couvée contre l’ennemi qui voudrait 1 attaquer, ne craint pas même d’engager des combats avec des animaux

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plus grands que lui : l’amour de la famille lui crée des armes nouvelles. La femelle ne quitte son nid que pour aller chercher sa nourriture. Souvent même l’époux protecteur lui apporte sa subsistance pendant qu’elle reste accroupie sur les œufs.

Bien des dangers menacent ces doux produits d’une mutuelle tendresse. Les oiseaux de proie, les petits quadrupèdes, les serpents, qui s’insinuent traîtreusement, et les enfants, aux instincts destructeurs, sont leurs ennemis naturels.

Si rien ne vient à troubler le bonheur calme et paisible dont il jouit, le mâle, perché sur une branche voisine, exprime sa félicité par ses chants. Il semble adresser à sa compagne un hymne de remercîment et d’amour, pour son dévouement et sa constance. Dans certaines espèces, le mâle lui-méme remplace la femelle, et couve les œufs, quand elle s’absente pour chercher sa nourriture.

Enfin les petits sont éclos. Incapables de se servir de leurs pattes, sans plumes et les yeux encore fermés, ils sont nourris dans le nid par les parents, jusqu’à ce que, couverts de plumes, ils puissent commencer à essayer leurs ailes, et trouver euxmêmes la nourriture qui leur convient. La mère dirige leurs premiers pas, et pousse un cri particulier, pour les appeler, quand elle a découvert du butin. Elle- les défend avec acharnement s’ils sont attaqués, et déploie une admirable sollicitude, une abnégation sans égale, pour donner le change à l’impitoyable ennemi. Quelquefois elle pousse le dévouement jusqu’à s’offrir pour victime. Entendez-vous les lamentables accents, les cris de détresse, de cette pauvre hirondelle, dont le nid est accroché près du toit d’une maison qui vient d’être atteinte par un incendie! Elle ne craint pas de traverser les flammes, pour voler au secours de ses petits; elle veut les sauver ou périr avec eux, sous le toit embrasé. Voyez encore cette malheureuse perdrix que le chasseur a surprise. Elle n’hésite pas à s’offrir au chasseur, pour éviter à sa couvée la mort qui la menace. Elle fuit loin du sillon où ses petits sont réfugiés, et se montrant à l’extrémité du champ, elle cherche à entraîner, au prix de sa vie, l’impitoyable ennemi de sa progéniture !

Quand les petits sont assez forts pour s’envoler, ils échappent aux liens de la famille, et vont se perdre dans le grand monde de la nature, peu soucieux des angoisses paternelles. L’ingra-

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titude de leurs premiers-nés ne décourage point le couple abandonné. Le père et la mère vont bientôt s’occuper d’une nouvelle ponte , et ils auront les mêmes soins , les mêmes sollicitudes, la même affection , pour ceux qui vont éclore. La nature est une intarissable source, un éternel foyer de tendresse et d’amour.

La plupart des espèces d’oiseaux se livrent à des voyages périodiques. Ces migrations sont presque toujours si régulières, qu’elles ont donné lieu à une sorte de calendrier naturel.

On attache divers pronostics, dans les campagnes, au passage ou au retour de certaines troupes d’oiseaux. Les unes annoncent la fin de l’hiver et le retour du printemps. Les autres permettent de faire de véritables prédictions météorologiques. En effet les oiseaux, qui traversent constamment les couches supérieures de l’atmosphère, peuvent apprécier mieux que nous les modifications qui se préparent dans la température, ou dans l’état d’humidité de l’air. Ils nous font ainsi connaître ce qui se passe dans les régions inaccessibles à l’homme.

Le principal mobile qui pousse les oiseaux à partir, c’est le désir de trouver des conditions climatériques appropriées aux besoins de leur vie. A l’approche de l’hiver, ils désertent les régions du nord, pour aller demander aux contrées méridionales une chaleur tutélaire. D’autres fois c’est pour fuir la chaleur qu’ils entreprennent leur émigration régulière.

Cependant tous les oiseaux n’abandonnent pas le sol natal. S’il est des oiseaux migrateurs, il en est beaucoup de sédentaires, qui se fixent, pour toute la durée de leur vie, dans le pays qui les a vus naître, ou ne s’en écartent qu’à de très-faibles distances.

Les migrations sont tantôt annuelles et régulières, tantôt irrégulières ou accidentelles, c’est-à-dire entreprises par nécessite, ou par suite d’une perturbation atmosphérique.

Il n’est pas rare de voir de nombreuses troupes d’oiseaux, réunies sous la conduite d’un chef de bandes, franchir de prodigieuses distances, traverser les mers, et passer d’un continent à l’autre, avec une étonnante rapidité. Ils partent quand le temps leur convient et que le vent leur est favorable, se dirigeant, dans l’ancien monde, vers le sud-ouest en automne et le nordest au printemps; et en Amérique vers le sud-est. Ces bandes

OISEAUX

voyageuses savent toujours retrouver la même contrée, souvent le même canton; et quelquefois chaque femelle vient pondre dans le même nid.

Comment de si petits êtres peuvent-ils exécuter de si lointains voyages, ne s’arrêtant qu’à certaines stations pour chercher leur nourriture , et passant sans un instant de sommeil toute une route, longue et fatigante? Comment la caille, par exemple, peut-elle se hasarder à traverser, deux fois par an, la Méditerranée; comment peut-elle, partie de la côte d’Afrique, venir s’abattre sur les rivages de la Provence ou du Languedoc, et vice versa? C’est un fait inexpliqué, malgré les hypothèses, plus ou moins vraisemblables, qui ont été mises en avant par divers naturalistes.

L’homme a peu d’influence sur les oiseaux. Il lui est donc difficile cl’étudier leur vie intime et leurs mœurs, comme il étudie celles des mammifères. Il peut retenir certains oiseaux en captivité; mais, sauf deux ou trois espèces, il ne réussit pas à en faire des animaux domestiques, de dociles serviteurs. On ne possède donc que des données assez restreintes sur la vie et les mœurs des oiseaux.

La durée de leur vie, par exemple, est très-peu connue. Des auteurs anciens, comme Hésiode et Pline, attribuent à la corneille neuf fois la vie de l’homme, et au corbeau trois fois la même durée ; en d’autres termes, sept cent vingt ans à la corneille et deux cent quarante ans au corbeau. Le cygne peut, dit-on, vivre jusqu’à deux cents ans. Cette longévité est plus que douteuse, et l’on doit reléguer parmi les contes de telles affirmations. On a vu jDourtant des perroquets vivre plus d’un siècle, et des chardonnerets, des pinsons, des rossignols, rester plus de vingt-quatre ans en cage. Un héron, dit Girarclin, vécut cinquante-deux ans, ce qu’attestaient les anneaux qu’il portait à l’une de ses jambes; et encore vint-il à perdre la vie accidentellement, dans toute sa vigueur. On a vu aussi un couple de cigognes nicher au même lieu, pendant plus de quarante ans. Tout ce que l’on peut affirmer, c’est que les oiseaux vivent beaucoup plus longtemps que les mammifères.

On peut facilement fixer à l’habitation des mammifères une ■circonscription géographique, en d’autres termes, assigner une patrie à chaque espèce : peut-on imposer aux oiseaux une distri-

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bution semblable? Cela paraît difficile au premier abord, car leurs puissants organes de locomotion leur permettent de voyager rapidement; et d’un autre côté leur nature, essentiellement mobile, et leur humeur vagabonde doivent les porter au déplacement; enfin, leur organisation les rend capables de supporter des températures extrêmes. Tout cela pourrait donc les faire considérer comme cosmopolites. Cependant beaucoup d’oiseaux ont une résidence habituelle dans une étendue de pays bien limitée. On dirait qu’une main souveraine a tracé les limites du globe qu’ils ne doivent pas dépasser. Les colibris ne se trouvent que dans une partie très-bornée de l’Amérique du Sud. Le rossignol ne se voit pas en Écosse; tandis qu’on le trouve en Suède, pays cependant plus froid, plus avancé dans le nord. Le toucan, au brillant plumage, n’habite que l’Amérique méridionale. L’hirondelle, au vol si rapide, car elle fait jusqu’à vingt lieues par heure, pourrait, en désertant nos climats, atteindre aussi bien l’Amérique que l’Afrique; mais elle ne dévie jamais de la route qui semble lui avoir été tracée au milieu des airs par un maître souverain.

On peut donc avancer que les grandes zones de la terre diffèrent par les oiseaux, comme par les mammifères auxquels elles donnent asile : ce qui veut dire qu’on trouve dans les régions comprises dans ces zones climatériques, des oiseaux ou des groupes d’oiseaux d’espèce distincte, et qu’on n’en trouve plus hors de cette même zone. En jetant les yeux sur les diverses contrées d’une même région, on reconnaît des types particuliers d’oiseaux. Ainsi l’Afrique seule possède la grande autruche, mais l’Amérique du Sud possède une espèce plus petite, le nandou. L’Afrique a les sauïmeongas, aussi brillants que des pierres précieuses, et l’Amérique jouit exclusivement des colibris et des oiseaux-mouches , remarquables par l’éclat de leur plumage. Si l’Afrique est la patrie du vautour, l’Amérique est celle du condor.

Cependant l’acclimatation des oiseaux n’est pas hors de notre puissance. L’expérience a prouvé qu’en portant un oiseau loin de son pays natal , et en le plaçant dans des conditions qui se rapprochent de celles qui lui sont naturelles, il peut vivre et se multiplier, puis servir aux besoins de l'homme, s’acclimatei , en un mot, dans sa nouvelle patrie.

OISEAUX

L’Europe ne possède aucun type ornithologique qui lui soit spécial. Ce n’est qu’en Afrique, en Asie et en Amérique, qu’on trouve cette riche variété de formes et de couleurs qui caractérisent les habitants de l’air. L’île de Madagascar est la terre qui nourrit le plus grand nombre de types ornithologiques peut-etre simplement parce que cette vaste contrée renferme plusieurs espèces d’oiseaux dont les ailes rudimentaires ne leur permettent pas de se disperser bien loin. Quoi qu’il en soit ces especes ne se trouvent dans aucun autre pays. C’est dans l’île de i adagascar qu’existait le dronte, ou dodo , animal dont l’espèce est eteinte depuis la fin du siècle dernier.

L oiseau ne servirait-il qu’à égayer notre esprit, à charmer nos oreilles et a flatter nos yeux, que nous devrions déjà une entable reconnaissance a ces gracieux et brillants habitants de lair Mais ils ne bornent pas à cela les services qu’ils nous ren en es oiseaux de basse-cour fournissent à l’homme une nourriture excellente. Les œufs, qu’ils produisent avec “ cance, donnent lieu a un commerce de plusieurs milliards de francs chaque année. Certaines contrées trouvent pour la vl animale, une ressource inestimable dans la chasse aux oiseaux sauvages, soit résidants, soit passagers. Du reste tous les oiseaux en général servent d'ail, neuf à l’homme LeS n v pauvres ou peu civilises n’ont pas, comme le nôtre, la faculté de loisir les oiseaux qui servent à les nourrir - il est des wn, i, i sauvages qui sont heureuses de recueilli; f it profit ! especes que méprise l’homme civilisé 1 1

une ”ure

un moelleux et délicat duvet , sans’ parler de 1,^^™?“°™ brillantes couleurs et aux lumineux reflets • nlnm 1 i aUX bouts, de paons, d'oiseau x de parais et ' n T VT' gantes parures à nos dames ’ ’’ ?U1 d°nnent délé-

lestmetfre” LtT ‘ » Nuisant

ment ses cultures. Sans’ eux Wct,qU' ,nfestent eontinuellea longtemps accusé certains ’paSeaux de °n

pretexte qu’ils ravageaient les champs noutTleteitTsetimt

OISEAUX

Mais on a été forcé de revenir sur ce préjugé fâcheux. On n’a pas tardé à reconnaître cjue l’absence des petits oiseaux li\re les moissons à la formidable multitude des insectes voraces. On s’est ainsi convaincu que ces vives et joyeuses créatures, ces gamins effrontés qui voltigent dans les airs, font plus de bien que de mal aux produits de la terre. La chasse aux petits oiseaux ne doit donc s’exercer que sous le bénéfice d’observations antérieures et intelligentes.

On croirait, à le voir agir, que l’homme est né pour détruire. Rien ne trouve grâce devant lui, pas même ces oiseaux chanteurs, dont les échos de nos jardins et de nos bois répètent à j l’ envi les cris joyeux et les concerts d’harmonie. Heureusement, il commence à comprendre qu’il agit avec une grande imprudence en s’attaquant à ces hôtes inoffensifs des campagnes, et la 1 conscience de son intérêt arrête quelquefois un plomb meurtrier.

Quelques échassiers purgent la terre de serpents et d’autres animaux immondes et venimeux. Les vautours et les cigognes, se 1 jettent en grandes troupes sur les charognes et sur les nnmon- | dices et débarrassent le sol de tous les objets en putréfaction. Ainsi’ de concert avec les insectes, les oiseaux assainissent la terre; ils nous préservent de maladies pestilentielles, et sont, pour ainsi dire, les gardiens de la santé publique. . I

Le faucon servait autrefois à une chasse aristocratique, privilège des grands seigneurs et des nobles dames, qui su sise! encore en Perse et dans quelques autres contrées de 1 Orient. Les Persans font même avec le faucon la chasse a a gaze e^ I En Chine et au Japon, le cormoran et le pélican serve

pêcher dans les rivières. . .

Il n’y a pas longtemps encore, certains oiseaux, les p g j par exemple, étaient employés comme messagers rapides

En Amérique, on dresse l’agami pour garder ■les ■ tioupeau et il s’acquitte de ses tondions avec autant de fidélité et d inte tence que le chien. A Cayenne, on confie, le matin, a cet oiseau docile une bande d’oiseaux de basse-cour, dindons ou canal. -, il les mène au pâturage, ne les laisse pas secar c ’

les ramène, le soir, comme le ferait le me.l eur chien JW On pousse quelquefois la confiance jusqu a le charge peau de moutons; et il manifeste son plaisir par des J 3

OISEAUX

quand, pour toute récompense de son zèle, il obtient une caresse du maître. Le kamichi, qui appartient, comme l’agami, à l’ordre des échassiers, possède les mêmes caractères d’intelligence. Sociable et susceptible de recevoir le même genre d’éducation, il devient un auxiliaire très-utile pour l’habitant de l’Amérique du Sud.

Après ces considérations rapides sur l’organisation et les mœurs des oiseaux, nous décrirons particulièrement chaque espèce. Pour que cette revue soit plus régulière et que nos observations soient mieux détachées, nous suivrons la classification adoptée par les naturalistes. Seulement, comme nous le faisons toujours dans cet ouvrage, nous remonterons la série zoologique, c’est-à-dire l’échelle de la perfection relative des êtres.

Nous allons donc considérer successivement:

1° Les Palmipèdes , ou oiseaux de rivage;

2° Les Échassiers, ou oiseaux de marais;

3° Les Gallinacés , ou oiseaux de basse-cour ;

4° Les Grimpeurs ;

5° Les Passereaux ;

6° Les Rapaces , ou oiseaux de proie.

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