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ORDRE DES PLECTOGNATHES

Par leur organisation, les poissons de cet ordre établissent le passage des Poissons cartilagineux aux Poissons osseux. Leur squelette, qui demeure quelque temps plus ou moins mou, finit par se durcir. Le principal caractère distinctif des poissons de cet ordre, c’est que l’os maxillaire est soudé ou fixement attaché sur le côté de l’os intermaxillaire, qui forme seul la mâchoire, et que l'arcade palatine s’articule avec le crâne, de manière à ne conserver aucune mobilité.

En outre, les opercules et les rayons des branchies sont cachés sous une peau épaisse, qui ne laisse à l’extérieur qu’une petite fente branchiale. Ces poissons n’ont pas de vraies nageoires ventrales, et n’ont que des vestiges de côtes.

Cet ordre comprend deux familles très -naturelles, caractérisées par la manière dont leurs mâchoires sont armées : les familles des Gymnodontese t des Sclèrodermes.

Gymnodontes. — Chez les poissons de cette famille, les mâchoires n’ont point de dents apparentes, mais sont garnies d’une espèce de bec d’ivoire qui les représente. On range dans cette lamille les Diodons , les Tétroclons, les Môles, etc.

Les Télrodons (fîg. 21) sont ainsi nommés parce que leurs màchoiies larges, dures, osseuses, saillantes, sont chacune divisées sur le devant par une fente verticale, en deux portions, qui simulent deux dents. Ces quatre portions de mâchoires osseuses qui débordent les lèvres, ressemblent aux mâchoires dures et dentelées des tortues. Leur partie antérieure se prolonge parfois en pointe, comme les mandibules du bec d’un perroquet. Elles sont parfaitement disposées pour écraser les coquillages des mollusques et l’enveloppe résistante des crustacés. La peau de ces poissons est hérissée de petites épines peu saillantes, dont le nombre compense la brièveté, et qui éloignent leurs ennemis

ou blessent la main qui veut les retenir. Ils jouissent en outie d’une singulière faculté : ils peuvent enfler la partie inférieure de leur corps, et lui donner une extension si considérable, qu elle devient comme une grosse boule soufflée, au haut de laquelle disparaît, pour ainsi dire, le corps proprement dit. G est en introduisant une énorme quantité d air dans son estomac que le poisson se gonfle ainsi à volonté, lorsqu il veut s élever ■seis la surface de l’eau pour résister à une attaque. En effet, dans cet état de tension des téguments, les aiguillons qui garnissent sa peau sont aussi tendus qu’ils le peuvent être.

Fig. 21. Tétrodon et Môle.

On connaît plusieurs espèces de ce genre. Nous citerons e Tahaca , poisson assez commun dans le Nil. Le fleuve jette souvent sur les terres pendant les inondations beaucoup de Tabacas, qui servent alors de jouet aux enfants des fellahs.

Les Diodons (fig. 22) ne diffèrent des Tètrodons que par la forme de leurs mâchoires osseuses, dont chacune ne forme qu'une seule pièce : ils semblent donc avoir deux dents : de là leur no deux, ttofc, aSov-coc, dent), ils en diffèrent encore par leurs piquants qui sont beaucoup plus gros et plus forts que ceux

des Tètrodons.

POISSONS OSSEUX

Tous ces poissons sont, pour ainsi dire , les porcs-épics et les hérissons des mers. Comme les Tétrodons, ils redressent leurs aiguillons en se gonflant.

On connaît un assez grand nombre d’espèces de Diodons qui sont répandues dans toutes les mers, surtout dans celles des pays chauds.

Hg. 22. Liiodon pilosus.

Le Poisson-lune , ou Mâle, Se distingue aisément de ceux que nous venons de nommer, par son corps comprimé, sans épines, et qui n’est pas susceptible de s’enfler. Comme il est très-arrondi dans le contour vertical qu’on aperçoit, quand on regarde un de ses côtés, on l’a comparé à un disque, et plus poétiquement, à la lune, dont sa grande surface circulaire rappelle en quelque façon 1 éclat blanchâtre et argenté. Mais c’est surtout pendant la nuit qu’il mérite le nom qu’on lui a donné. Alors, en effet, il brille de sa propre lumière, d’une lueur phosphorescente. Cette apparence paraît d autant plus vive, que la nuit est plus obscure. Quand on le regarde sous une eau un peu profonde, la lumière qui émane de son corps, et qui est rendue ondulante par les couches d’eau qu’elle traverse, ressemble à la clarté tremblante de la lune a demi voilée par la brume. On éprouve une véritable surprise quand on voit nager au plus profond des eaux ce disque doucement lumineux; et sans y songer, on le

prend pour l’image de la lune, qui pourtant est absente du ciel. Quand plusieurs de ces poissons voguent ensemble et confondent leurs sillons argentés, on croit assister à la danse des étoiles.

Le Poisson-lune se trouve assez fréquemment chez les marchands de comestibles de Paris ; il est commun dans la Méditerranée. Il atteint, dans cette mer, 1“,30 de longueur et un poids considérable. Il se nourrit de petits poissons, de ’seis, de mollusques ; sa chaire grasse et visqueuse n’est pas bonne à

manger.

Sclérodermes. — Les poissons qui font partie de cette famille, se distinguent aisément à leur museau conique ou pyramidal, prolongé depuis les yeux, et terminé par une petite bouche armée de véritables dents. Leur peau est généralement âpre et

revêtue de dures écailles.

Nous signalerons ici les Balisles et les Coffras.

Les Balistes (fig. 23) ont le corps comprimé. Leur mâchoire est pourvue de huit dents, disposées en une seule rangée a chaque

Fig. 23. Baliste.

mâchoire, et couvertes de véritables lèvres. Leuis yeux sont presque à fleur de tète. Leur bouche est petite, et leur corps enveloppé d’écailles très-dures qui sont réunies par groupes distribuées par compartiments plus ou moins réguliers et forteimn

attachées à un cuir épais. L’animal est ainsi caché sous une sorte de cuirasse et de casque très-difficile à entamer.

Les diverses espèces de Balistes présentent les couleurs les plus vives, les plus agréables à l’œil. Elles habitent les climats les plus chauds. A l’exception d’une espèce, elles n’ont été vues que dans les contrées équatoriales.

Ces brillants habitants des eaux s’assemblent en troupes nombreuses et produisent d’admirables effets, quand ils se jouent au sein des mers équatoriales, faisant reluire, comme des pierres précieuses et des diamants, les mille reflets de leur corps azuré. Leur chair, en général, est peu estimée; elle devient même, dit-on, dangereuse à certaines époques de l’année.

Les Coffres , ou Ostrcicions (fig. 24), n’ont pas le corps écailleux,

Fig. 24. Coffre.

mais couvert de compartiments osseux et réguliers. Ces compartiments sont si bien joints les uns aux autres, que le corps est comme enfermé dans une espèce de boîte ou de coffre allongé, qui ne laisse a découvert que les organes extérieurs du mouvement, les nageoires et une partie plus ou moins grande de laqueue. Il y a des Coffres à corps triangulaire, sans épines ou avec épines, d autres à corps quadrangulaire avec ou sans épines, etc.

Ces singuliers poissons se trouvent dans les mers des Indes et de 1 Amérique. Us sont de taille médiocre et ne sont jamais

recherchés pour l’alimentation de l’homme, car leur chair est peu abondante et quelquefois malsaine.

ORDRE DES LOPHOBRANGHES.

Cet ordre ne comprend qu’un petit nombre de types, mais des espèces fort nombreuses. Ici, les branchies, au lieu d’êlre en forme de lames ou de peignes, se divisent en petites houppes rondes, disposées par paires, le long des arcs branchiaux. C est une structure toute particulière, et dont on ne trouve d’exemple dans aucun autre poisson. Ces branchies sont enfermées sous un grand opercule, attaché de toutes parts par une membrane qui ne laisse qu’un petit trou pour la sortie de l’eau ayant servi à la respiration.

Ces petits poissons peu charnus et cuirassés, comprennent deux genres : les Syngnates et les Pégases.

Fig. Q5. Syngnates.

Les Syngnates présentent une très-curieuse particularité organique. Leur peau, en se boursouflant, forme sous le ventre ou sous la base de la queue, suivant les espèces, une poche dans laquelle les œufs glissent, éclosent, et qui se fend pour laisseï

sortir les petits.

POISSONS OSSEUX

Les Syngnates proprement dits , ou aiguilles de mer , ont le corps très-mince, très-allongé, et d’un diamètre à peu près égal dans toute la longueur. La plupart des espèces sont étrangères à l’Europe; quelques-unes seulement habitent nos côtes.

Le Syngnaie-trompette a la tête petite, le museau très-allongé, presque cylindrique, un peu relevé par le bout. À ce bout estime bouche très-petite, sans dents. L’animal, long d’un demi-mètre, est enveloppé dans un étui d’une couleur jaune variée de brun. Il vit dans l’Océan et la Méditerranée , où on le pêche pour l'employer à amorcer les hameçons.

Le Syngnale-aiguille habite les mêmes parages, et se distingue de l’espèce précédente par la longueur de son corps et surtout de sa tête.

A ce même genre appartiennent les Hippocampes.

Les Hippocambes tous de petite taille, présentent un aspect particulier, surtout après leur mort. Le tronc et la tête se recourbent par la dessiccation, et prennent quelque ressemblance avec l’encolure d’un cheval. D’autre part, les anneaux qui com-

posent l’étui du corps et celui de la queue, ont très-vaguement rappelé la structure d’une chenille. C’est en combinant ces

idées que l’on a fait le mot Hippocampe (fonroç, cheval, xa[«roç, gros poisson ), très-anciennement adopté. Ce petit être singulier parvient à la longueur de trois ou quatre décimètres et ses couleurs sont très-variables. On le trouve dans l’Océan, la Méditerranée, la mer des Indes. Nous représentons (fig. 26) l 'Hippocampe pointillé.

U Hippocampe au nez court est connu de ceux qui ont visité Naples et la Sicile, où on les nomme chevaux-marins. Quand nous parcourions les rivages de Pouzzoles, aux environs de Naples, les petits paysans de la contrée n’avaient à nous offrir, comme curiosité naturelle, que les petits Cavalli di mare secs et ratatinés , avec leur cou recourbé et leur aspect quelque peu hideux.

Les Hippocampes vivent dans l’Océan, autour des côtes d Espagne; ils visitent même de temps à autre les rivages de la

Manche.

M. Lukis a élevé en captivité deux femelles d’Hippocampes, et a constaté chez eux une certaine intelligence.

« Quand les Hippocampes nagent, dit cet observateur, ils consenent une position verticale; mais leur queue cherche à saisir tout ce qui peut se rencontrer dans l’eau. On les voit alors s’enlacer autour des tiges des roseaux. Une fois fixé, l’animal observe attentivement tous les objets qui l’entourent, et il s’élance sur sa proie avec une grande dextérité., Quand l’un s’approche de l’autre, ils entrelacent souvent leurs queues, et c est ensuite une lutte lorsqu’il s’agit de se séparer. Pour en venir a bout ils s’attachent aux roseaux par la partie inférieure des joues ou du menton. Ils se servent de la même monœuvre lorsqu’ils ont besoin d un point d’appui pour soulever leur corps, alors qu’ils désirent entortiller leur queue autour de quelque objet nouveau. Leurs yeux se remuent indépendamment l’un de l’autre, comme cela a lieu chez le caméléon. Les sont brillants et bordés de bleu . »

Les Pégases ont les nageoires pectorales conformées et étendues de manière à les soutenir aisément, non-seulement dans les eaux, mais encore au milieu de l’atmosphère. Ce sont en effet des poissons volants ou du moins ailés. Dans sa fureur de chercher des analogies , le vulgaire a comparé ces petits êtres tout à la fois au coursier fameux de la mythologie, qui habitait la double colline, et au monstre fantastique connu sous le nom de dragon. De là le nom de Pégase-Dragon donne a

l’espèce principale de ce genre.

Le Pégase-Dragon n’atteint guère qu’un décimètre de longueur.

POISSONS OSSEUX. 49

Couvert d’écailles triangulaires et communément bleuâtres il vit tout simplement de vers, d’œufs de poissons et de débris de substances organisées qu’il trouve dans la terre grasse du fond des mers. De telles habitudes ne sont ni poétiques , ni féroces, et le Pégase-Dragon ne mérite guère que par ses ouïes et ses écailles le double nom qu’on lui a donné.

MALA.C0PTÉRTG1ENS.

Le caractère principal des Poissons qui composent 1 ord Malacoptérygiens, c’est, comme nous lavons dit, dai les rayons des nageoires mous, excepte rayon de la nageoire dorsale ou des nageon 1 .

Ces poissons habitent l’eau de mer ou Veau do“e , de

cet ordre eue nous trouverons des poissons de la plus 0nu SX»e, c’est-à-dire le Hareng, la Morue, le Sau-

ventrales sous les branchies; les Abdominaux , qui ont geoires ventrales suspendues sous 1 abc on , jcs ,dus

° Nous passerons successivement en revue te le* / curieux ou les plus utiles qui appartiennent a chacun

trois ordres.

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