‹ Les poissons, les reptiles et les oiseauxChapitre 20 sur 34 · ORDRE DES GRIMPEURS · texte numérisé non relu

ORDRE DES GRIMPEURS

On s’abuserait étrangement si l’on croyait que tous les oiseaux rangés clans cet ordre possèdent la faculté de grimper. Elle n’est, en réalité, le privilège que de quelques-uns , auxquels elle n’appartient même pas exclusivement, car on la retrouve chez certains passereaux. Le caractère essentiel des Grimpeurs réside dans cette disposition organique , que le doigt externe , au lieu d’être dirigé en avant, comme chez les autres oiseaux, est placé à l’arrière , à côté du pouce. C’est pour cela qu’on a substitué à la dénomination de grimpeurs celle de Zygoclcictyles , qui a l’avantage d’exprimer parfaitement le caractère distinctif de 1 ordre, car ce mot veut dire doigts disposés par paires.

Grâce à la conformation de leur pied, les Grimpeurs peuvent étreindre fortement les branches des arbres; aussi sont-ils presque continuellement perchés. Leur vol est médiocre; il n’a ni la puissance de celui des Rapaces, ni la légèreté de celui des Passereaux. Ces oiseaux se nourrissent de fruits ou d’insectes , suivant la force de leur bec. Ils habitent, pour la plupart, les pays chauds, et leurs couleurs sont assez généralement brillantes. Enfin ils sont tous monogames, à l’exception du coucou. Cet ordre est un des moins nombreux de la classe des oiseaux : il ne comprend que quelques familles, parmi lesquelles nous citerons : les Perroquets , les Toucans , les Coucous , les Pics et les Jacamars.

Pamille des Perroquets. — Les Perroquets ont le bec gros , robuste et arrondi ; la mandibule supérieure, fortement recourbée ai0uë à 1 extrémité, déborde 1 inférieure, qui présente une ec îancrure assez profonde. La langue, épaisse , charnue et moe5 est terminée par un faisceau de papilles nerveuses, ou

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par un gland cartilagineux. Les tarses sont très- courts et les pieds perfectionnés à ce point, qu’ils deviennent de véritables mains capables de saisir, porter et retourner en tous sens, les objets d’un petit volume, ce qui a valu aux perroquets le nom de Préhenseurs. Leurs doigts sont munis d’ongles forts et crochus qui font de ces oiseaux les grimpeurs par excellence.

Sauf une seule espèce, la Perruche ingambe, dont les tarses sont assez longs et les ongles assez droits pour lui permettre de courir avec quelque vitesse , les perroquets marchent difficilement ; ils se traînent avec tant de peine sur le sol, qu’ils n’y descendent que rarement, et sous l’empire de circonstances graves. C’est sur les arbres, d’ailleurs, que se trouvent réunies toutes les conditions de leur existence. Ils ne sont pas favorisés , non plus , sous le rapport du vol , et l’on comprend qu’il en soit ainsi : vivant dans des bois épais , ils n’ont à effectuer que des déplacements insignifiants, pour passer d’un arbre à l’autre. Cependant certaines espèces , surtout les petites, sont susceptibles d’un vol assez rapide. Il en est même , d’après Levai liant, qui émigrent, et parcourent chaque année des centaines de lieues. Mais c’est là une exception. En général les perroquets sont sédentaires et se cantonnent volontiers dans des zones qu’ils ne quittent jamais.

Sociables, ils se rassemblent en bandes, plus ou moins nombreuses, qui font retentir de leurs cris assourdissants les échos des forêts. Quelques espèces éprouvent même un besoin si impérieux de se rapprocher, pour vivre en commun, qu’elles ont reçu des naturalistes le nom d’ inséparables.

A l’époque des amours, les couples s’isolent, pour se consacrer à l’œuvre de la reproduction. Le mâle et la femelle montrent le plus grand attachement l’un pour l’autre. Celle-ci dépose ses œufs dans les creux des arbres , ou les anfractuosités des rochers.

Les petits naissent tout nus, après vingt jours d’incubation; c’est au bout de trois mois seulement qu’ils revêtent toutes leurs plumes. Les parents veillent sur eux avec la plus grande sollicitude, et deviennent menaçants lorsqu’on les examine de trop près.

Èssentiellementfrugivores, les perroquets recherchent surtout les fruits du palmier, du bananier, du caféier, du goyavier, pour

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en dévorer les amandes. On les voit alors, perchés sur un pied, se servir de l’autre, pour porter les aliments à leur bec, et les retourner jusqu’à ce qu’ils puissent être brisés facilement. Après qu’ils ont extrait l’amande, ils la débarrassent de ses enveloppes, et l’avalent par petits morceaux. Us s’abattent souvent sur les plantations avoisinant leurs retraites, et y causent de grands ravages.

En domesticité, ils sont à peu près omnivores. Outre des semences et des graines , ils mangent du pain et même de la viande, cuite ou crue, et c’est avec un plaisir manifeste qu’ils reçoivent des os à ronger. Ils sont aussi très-friands de sucre.

Tout le monde sait que les amandes amères et le persil sont ,. pour eux, des poisons très-violents.

Ils boivent et se baignent très-fréquemment; en été, ils éprouvent une véritable volupté à se plonger dans l’eau. Les perroquets capti fs s’habituent très-bien à l’usage du vin. Cette boisson produit même sur eux le même effet que sur l’homme : elle excite leur bavardage et leur gaieté.

Ils grimpent d’une manière toute particulière, qui n’a rien de la brusquerie apportée dans cette fonction par d’autres oiseaux du même ordre. Leurs mouvements, lents et méthodiques, s’accomplissent à l’aide du bec et des pieds, qui se prêtent un appui réciproque.

Comme presque tous les oiseaux des régions tropicales, les perroquets sont ornés des plus belles couleurs ; c’est le vert qui domine, puis vient le rouge, enfin le bleu et le jaune. Ils ont assez souvent la queue très-développée.

Malgré leur caquetage bruyant et désagréable, les perroquets ont su captiver la faveur de l’homme, par leur remarquable talent d’imitation. Us retiennent et répètent, avec une grande facilité, les paroles qu’on leur apprend, ou qu’ils ont entendues par hasard. Us imitent aussi, quelquefois, avec une vérité saisissante, les cris des animaux, les sons de divers instruments de musique, etc.

Par les mots qu’il lance d’une manière inattendue, le perroquet contribue à l’amusement et à la distraction de l’homme , et devient pour lui un véritable compagnon. II ne faut donc pas s’étonner que cet oiseau ait été avidement recherché, dès son introduction en Europe. C’est Alexandre le Grand qui’rap-

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porta en Grèce le perroquet, qu’il avait trouvé dans l’Inde. Ces oiseaux étaient devenus si communs à Rome , au temps des empereurs, qu’on les faisait figurer dans les repas somptueux. Ils sont aujourd’hui fort répandus dans toute l’Europe à l’état de domesticité.

Les espèces les plus remarquables sous le rapport des facultés mnémoniques, babillardes et imitatives, sont le Perroquet cendré , ou Jaco, le Perroquet vert et les Perruches.

Au dix-septième siècle, un cardinal paya cent écus d’or un perroquet, parce qu’il récitait correctement le Symbole des apôtres. M. de la Borde raconte qu’il a vu un perroquet suppléer l’aumônier sur un navire. En effet, il récitait aux matelots la prière et le rosaire. Levaillant a entendu une perruche dire le Pater , en se tenant couchée sur le dos, et joignant les doigts des deux pieds, comme nous joignons les mains, dans l’action de la prière.

Willoughby cite un perroquet qui, lorsqu’on lui disait : Riez , perroquet! éclatait de rire aussitôt, et s’écriait un instant après : O le grand sot qui me fait rire!

Un marchand de cristaux en possédait un qui, lorsqu’un commis brisait ou heurtait quelque vase, disait invariablement, en simulant un ton de colère : Le maladroit! il n’en fait jamais d'autres!

a Nous avons vu un perroquet, dit Buffon, qui avait vieilli avec son ■maitre, et partageait avec lui les infirmités du grand âge : accoutumé à ne plus guère entendre que ces mots, je suis malade, lorsqu’on lui demandait, ■qu'as- tu, Perroquet, qu as-tu?— Je suis malade, répondait-il d’un ton douloureux et en s’étendant sur le foyer, je suis malade.

a Un perroquet de Guinée, dit le même auteur, endoctriné en route par un vieux matelot- , avait pris sa voix rauque et sa toux, mais si parfaitement, qu’on pouvait s’y méprendre. Quoiqu’il eût été donné ensuite à une jeune personne, et qu’il n’eût plus entendu que sa voix, il n’oublia pas les leçons de son premier maitre, et rien n’était si plaisant que de l'entendre passer d’une voix douce et gracieuse à son vieux enrouement et à sa toux du matin. »

Goldsmith raconte qu’un perroquet appartenant au roi Henri VIII, et toujours renfermé dans une chambre donnant sur la Tamise , avait retenu plusieurs phrases, qu il entendait répéter par les mariniers et les passagers. Un jour qu il s était laissé choir dans la Tamise , il cria d’une voix forte : Un ba-

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teau! à moi, un bateau! vingt livres pour me sauver! Un batelier se précipita aussitôt dans le fleuve, croyant que quelqu’un se noyait, et il fut bien surpris de ne trouver qu’un oiseau. L’ayant reconnu pour le perroquet du roi , il le reporta au palais, en réclamant la récompense promise par l’oiseau en détresse. On raconta la chose à Henri VIII, qui rit beaucoup et paya de bonne grâce.

Le prince Léon, fils de l’empereur Basile, ayant été condamné à mort par son père , ne dut la conservation de sa vie qu’à son perroquet, dont les accents lamentables en répétant plusieurs fois : Hélas ! mon maître Léon ! finirent par toucher le cœur de ce père barbare.

« Dans une ville de Normandie, dit M. Lemaout, une bouchère battait impitoyablement tous les jours son enfant, à peine âgé de cinq ans; l’enfant succomba sous les mauvais traitements. La justice des hommes ne s’en émut pas ; mais un perroquet gris qui habitait la maison d’un cordonnier, située en face de celle de la bouchère, se chargea du châtiment de cette mère dénaturée. Il répétait continuellement le cri que poussait le pauvre enfant, quand il voyait sa mère courir sur lui, la verge à la main : A cause de quoi? à cause de quoi? Cette phrase était articulée par l’oiseau avec un accent si douloureux et si suppliant, que les passants indignés entraient brusquement dans la boutique du cordonnier et lui reprochaient sa barbarie; le cordonnier se justifiait en montrant son perroquet et en racontant 1 histoire de l’enfant ; après quelques mois, la bouchère, poursuivie par la phrase accusatrice et parles murmures de l’opinion publique, se vit obligée de vendre son fonds et d’abandonner la ville. •

Dans son Voyage en Espagne, le marquis de Langle s’exprime ainsi :

« J ai vu à Madrid, chez le consul d’Angleterre, un perroquet qui a retenu une foule de choses, un nombre incroyable de contes, d’anecdotes qu il débite, qu il articule sans hésiter. Il parle espagnol, il écorche le français, il sait quelques vers de Racine, le Bénédicité et la fable du Corbeau. Il a coûté trente louis. On ose à peine suspendre sa cage aux fenêtres : lorsqu’il y est, qu’elles sont ouvertes et qu’il fait beau, ce perroquet ne cesse de parler ; il dit tout ce qu’il sait, apostrophant tous les passants (excepté les femmes); il parle politique. En prononçant le mot Gibraltar i rit aux éclats ; on jurerait que c’est un homme qui rit. »

, Un gentilhomme anglais avait acheté, à Bristol, un perroquet cendre, dont l’intelligence était vraiment extraordinaire.il demandait tout ce dont il avait besoin, et donnait ses ordres II chantait plusieurs chansons, et sifflait très-bien quelques airs

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en battant la mesure; lorsqu’il faisait une fausse note, il recommençait et ne se trompait plus.

J’ai bien souvent entendu, à Montpellier, en passant dans la rue Four-des-Flammes , un perroquet, qui chantait et articulait de la manière la plus distincte, les deux vers de cette chanson :

Quand je bois du vin clairet,

Tout tourne , tout tourne au cabaret.

Les perroquets imitent non-seulement les paroles, mais encore les gestes des personnes avec lesquelles ils sont en contact. Scaliger en a connu un qui répétait les chansons des jeunes Savoyards et contrefaisait leurs danses.

Ces oiseaux sont tous plus ou moins susceptibles d’éducation. Les uns, d’un naturel paisible, se familiarisent promptement; d’autres, plus récalcitrants , supportent difficilement la servitude. En général, et lorsqu’ils sont pris jeunes, ils s’attachent fortement aux gens qui les soignent.

Les perroquets ont la manie d’exercer leur bec sur tout ce qu’ils trouvent à leur portée. Si on les enferme, pour prévenu leurs déprédations , ils poussent des cris insupportables, ei tournent leur fureur contre les barreaux de leur cage, ou contre eux-mêmes : on les voit alors s’arracher les plumes et les mettre en pièces. On ne parvient à les calmer qu en leur fouinissant un hochet, c’est-à-dire en leur donnant quelque moiceau de bois, sur lequel ils puissent s’acharner tout à leui aise.

Ces grimpeurs sont doués d’une longévité remarquable. Les Mémoires de l’Académie des Sciences de Paris font mention d’un perroquet qui vécut, à Florence, plus de cent dix ans, dans la fa mille du grand-duc de Toscane. Veillot dit en avoir vu un près de Bordeaux, qui était âgé de quatre-vingts ans. On ne peut cependant déterminer exactement la durée moyenne de leur vie.

Les perroquets se reproduisent rarement en Eui ope , 1 s pondent assez souvent, il est vrai, mais leurs œufs sont clairs ou inféconds. On en a vu pourtant quelques-uns, sous l’influence de circonstances favorables, perpétuer leur espèce en France. En général, tous ceux qu’on voit dans nos régions tempérées, sont apportés des contrées où ils vivent en liberté. Laplupait

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ont été prisau nid. Quant aux adultes, on emploie, pour s’en emparer, divers procédés qui ont tous pour but de les étourdir pendant un instant, afin de paralyser leurs mouvements.

La famille des perroquets comprend quatre groupes princi-

Fig. 297. Ara.

paux : les Aras , les Perruches , les Perroquets proprement dits et les Kakatoès.

Les Aras , les plus gros de tous les perroquets, sont reconnaissables à leurs joues nues et à leur queue longue et étagée. Ils habitent l’Amérique méridionale, et sont parés des plus éclatantes couleurs. Les principales espèces sont Y Ara rouge , Y Ara bleu, V Ara vert et Y Ara noir. Leur nom provient du cri assourdissant qu’ils font entendre. Très-familiers, ils s’apprivoisent

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facilement et n’abusent pas de la liberté qu’on leur accorde, car, s’ils s’éloignent du logis , ils y reviennent toujours. Ils aiment les caresses et les soins des gens qu’ils connaissent, mais n’accueillent pas celles des étrangers. L’Ara vert est remarquable par son aversion pour les enfants. Ce sentiment provient sans doute de ce qu’il est très-jaloux, et de ce qu’il voit souvent les enfants recevoir les caresses de sa maîtresse.

Les aras n’ont qu’à un faible degré le don de l’imitation ; ils parviennent à peine à retenir quelques mots , qu’ils articulent mal.

Fig. 298. Perruche à épaulette.

Les Perruches, beaucoup plus petites que les aras, ont également la queue longue et étagée, mais leurs joues sont emplumées. Quelques espèces , qui se rapprochent du groupe précédent, par le tour des yeux plus ou moins dénué de plumes, ont reçu, pour cette raison, le nom de Perruches-Aras.

Les perruches sont recherchées pour leur vivacité, leur gentillesse, et la facilité avec laquelle elles apprennent à parler. Leur plumage est le plus souvent d’un vert uniforme; quelquefois il est varié de rouge ou de bleu. Elles habitent 1 Amérique

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méridionale, les îles de l’Océanie, les Indes et, en Afrique, le Sénégal.

C’est au groupe des perruches qu’on rattache le Pêzopore , ou Perruche ingambe , de Levaillant, qui habite l’Australie. Cet oiseau constitue une exception curieuse dans l’ordre des grimpeurs par ses habitudes toutes terrestres. D’après M. J. Verrea.ux , il

Fig. 299. Perruche à tète bleue.

ne perche jamais; lorsqu’on le poursuit, il se réfugie, non sur les arbres, mais parmi les herbes.

Les Perroquets proprement dits se distinguent des autres groupes de la même famille, par leur queue courte et carrée. Ils ont les joues emplumées comme les perruches, et varient, pour la taille, entre celles-ci et les aras. Ils sont fort appréciés à cause de leur mémoire et de leur habileté à répéter tout ce qu’ils entendent.

On divise les perroquets en plusieurs sections , fondées sur la taille et la couleur dominante du plumage. La première est celle des espèces dont la teinte générale est grise. Elle ne corn-

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prend que le Perroquet cendre , ou Jaco , indigène de la côte occidentale d’Afrique, auquel se rapportent la plupart des anecdotes que nous avons racontées dans les pages qui précèdent. Viennent ensuite les espèces dont le fond du plumage est vert. La plus remarquable de ces espèces est le Perroquet amazone. Les Loris sont des perroquets dont la couleur saillante est le rouge: ils

Fig. 3oo. Perroquet Jaco.

habitent les Moluques et la Nouvelle-Guinée. Les Psillacules sont les plus petits oiseaux du groupe ; leur plumage affecte des nuances diverses suivant les climats. On les rencontre dans 1 Amérique et l’Afrique méridionales et dans les îles de l’Océanie.

Les Kakatoès ont la queue médiocrement longue, les joues emplumées et la tête surmontée d une huppe blanche , jaune ou rouge , qu’ils peuvent abaisser et relever à volonté. Ce sont les plus gros perroquets de l’ancien continent : ils habitent les Indes et les îles de l’Océanie.

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Iis sont très-jolis, très-gracieux , très-dociles et très-caressants ; mais ils ne peuvent parvenir à parler.

Une espèce très-remarquable de ce groupe est le Microglosse

Fig. 3 u I . Perroquet vert.

(petite langue) , appelé par Levaillant Ara à trompe, à cause de

la conformation de sa langue. Cette langue est cylindrique et terminée par un petit gland, légèrement creusé à son extrémité. Lorsque l’oiseau a réduit en petits fragments , à l’aide de ses

l' ig. 302. Kakatoès.

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mandibules, les amandes des fruits dont se compose sa nourriture , il saisit ces fragments au moyen du creux qui termine la langue, et en perçoit ainsi la saveur; puis, projetant sa trompe en avant , il la fait passer sur une saillie du palais qui a pour fonction de dégager et de faire tomber dans le gosier les aliments que contient le petit vide de la langue. Ce curieux mécanisme a été dévoilé par Levaillant.

Famille des Toucans. — Ce qui caractérise les oiseaux qui composent la famille des Toucans , c’est leur bec, démesurément grand et volumineux. Ce bec, plus long que la tête, est courbé . à son extrémité, dentelé sur ses bords et -présente une arête saillante, sur le milieu de la mandibule supérieure. Il n’est pourtant pas aussi lourd qu’on pourrait le supposer, et gêne peu les ' mouvements de l’oiseau, car il est formé d’un tissu spongieux, dont les nombreuses cellules sont remplies d’air. Aussi est-il très-faible et ne peut-il servir à briser quoi que ce soit, nimême à écraser des fruits , malgré l’idée qu’on se fait tout d’abord de l

sa force. Il n’est pas davantage capable d’attaquer l’é- | corce des arbres, comme l’ont avancé certains auteurs.

Ce bec étonnant renferme \ une langue plus étrange ’ encore. Prodigieusement étroite et aussi longue que j le bec, elle est garnie, de chaque côté, de barbes ser- I rées en tout semblables à > celles d’une plume, et constitue ainsi elle-même une \ véritable plume, dont le rôle j reste complètement mystérieux pour nous. Cet instrument bizarre a tellement frappé les naturalistes du Brésil, où se trouvent beaucoup de toucans , qu’il leur a servi à nommer ces oiseaux, car en brésilien , toucan veut dire 'plume.

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Les toucans, qui se nourrissent de fruits et d’insectes, vivent par bandes de six à dix individus, dans les lieux humides où fleurit le palmier; carie fruit de cet arbre est leur aliment favori. Pour manger, ils saisissent le fruit ou l’insecte, avec l’extrémité du bec, le font sauter en l’air, le reçoivent dans le gosier, et l’avalent d’une seule pièce. S’il est trop gros, vu l’impossibilité où ils sont de le diviser, ils le rejettent, et en prennent un autre. On les voit rarement à terre ; et bien que leur vol soit lourd et pénible, ils s’élèvent jusqu’à la cime des plus grands arbres , où ils sont sans cesse en mouvement. Leur voix est une sorte de sifflement, qu’ils font entendre assez fréquemment. Très-défiants, ils se laissent difficilement approcher. Pendant la saison des couvées, ils attaquent les oiseaux plus faibles qu’eux, les chassent de leurs nids, et dévorent les œufs ou les petits nouvellement éclos qu’ils renferment.

Ils font leur nid dans les trous des arbres creusés par les pies, et y déposent deux œufs. Ils ont tous un plumage très-brillant et habitent le Paraguay, le Brésil et la Guyane.

On divise cette famille en Toucans proprement clils et en Aracaris. Ceux-ci se distinguent des premiers par leur plus petite taille, par leur bec plus solide et par leur queue plus longue. L’espèce la plus belle de la famille est le Toucan du Brésil, décrit par Buffon sous le nom de Toucan à gorge jaune FiS- 304. Toucan à gorge jaune.

(fig. 304). On employait autrefois, pour la parure des dames, les belles plumes orangées qui couvrent la gorge de cet oiseau.5 Du Brésil et du Pérou , cette mode passa en Europe , et l’on y vendit fort cher des manchons faits de gorges de toucans.

Famille des Coucous. — Les caractères généraux des oiseaux ranges dans cette famille, sont : un bec légèrement courbé, de dimensions moyennes, des ailes ordinairement courtes et

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concaves, une queue étagée. On y comprend les genres Coucov , Ani, Barbu, Couroucou, Tovraco.

Les Coucous ont des formes élégantes, le bec presque aussi long que la tête, largement fendu, comprimé et peu courbé, la queue assez longue et arrondie. Contrairement aux autres oiseaux de la même famille, ils ont les ailes longues et aiguës.

Ils varient, pour la taille, entre celle des merles et celle de l’alouette. Leur vol est rapide et léger, mais ils sont incapables de résister aux vents un peu forts; aussi ne peuvent-ils accomplir de longs trajets sans se reposer.

On en connaît un grand nombre d’espèces appartenant toutes à l’ancien continent. L’Afrique entière, l’Asie méridionale et certaines îles de l’Océanie, sont habitées par les coucous. L’Europe n’en possède qu'une espèce, le coucou gris, qui a ete étudiée avec soin, et à laquelle se rapporte ce que nous avons a : dire de ce groupe d’oiseaux.

Le coucou est essentiellement voyageur. Il passe la belle sai son en Europe, et l’hiver en Afrique, ou dans les parties chaudes de l’Asie. Il arrive en France au mois d’avril, et repart à la fin d’août, ou dans les premiers jours de septembre. Il voyage : pendant la nuit, non par bandes nombreuses, mais seul, ou par groupes de deux ou trois individus au plus. Il se tient dans J les parties les plus touffues des bois; mais souvent aussi il parcourt la campagne, pour chercher sa nourriture, qui se compose d’insectes et principalement de chenilles. Il est dune loiaci e effrayante , ce qui tient à l’énorme capacité de son estomac D’un naturel hargneux et tyrannique, il ne souffre aucun riva de son espèce dans le canton qu’il a choisi; si quelque intrus élève la prétention de s’y installer, il le poursuit sans treve ni ; merci jusqu’à ce qu’il ait abandonné la place. , |

Avec des dispositions aussi peu sociables, il doit peu s accommoder du joug de l’homme. En effet, les adultes seJ sent mourir de faim dans la captivité. Les jeunes son moins rétifs et s’accoutument peu à peu a la servitude , mai toujours désagréables à cause de leur humeur querelleuse, empêche de vivre en captivité avec aucun autre 1 Lee coucous sont célèbres par leur maniéré toute partmuhc, d’élever leur progéniture. Les femelles ne font pas de nid. ne couvent pas e‘t nW pas soin de leurs petits. Elles déposent

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leurs œufs dans les nids des autres oiseaux , généralement dans ceux des petits passereaux insectivores , tels que l’alouette, la fauvette, le troglodyte, le rouge-gorge, le rossignol, la grive, le merle, etc., quelquefois aussi dans ceux de la pie, de la tourterelle et du ramier. Elles confient à ces étrangers le soin de faire éclore leurs œufs , puis de nourrir leur progéniture, jusqu’à son complet développement. On a proposé diverses explications pour justifier cette anomalie, qui semble

Fig. 305. Coucou gris.

faire du coucou femelle une vraie marâtre. C’est à M. Florenf- Prevost qu’on doit de posséder des renseignements certains sur ce point, resté longtemps obscur.

Suivant ce naturaliste, les coucous sont polygames , mais en sens inverse des autres oiseaux. Tandis que parmi ceux-ci les mâles ont plusieurs femelles, ce sont, chez les coucous, les femelles qui ont plusieurs mâles, parce que le sexe fort y est beaucoup plus nombreux que le faible. Ces dames n’ont pas de domicile fixe. A l’époque des amours , elles errent d’un canton à 1 autre, résident deux ou trois jours avec le mâle de l’endroit, puis l’abandonnent, pour obéir à leur inconstance. C’est à ce moment que les mâles font entendre si fréquemment je cri que tout le monde connaît, et d’où ces oiseaux ont tiré leur nom. C’est une sorte d’appel ou de provocation pour les

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femelles , qui répondent, à leur tour, par un gloussement particulier.

Celles-ci pondent huit ou dix œufs , dans l’espace de six ou sept semaines. Elles en déposent ordinairement deux, presque simultanément, sur le sol, à deux ou trois jours d’intervalle. Lorsqu’elle a pondu un œuf, la femelle du coucou le saisit dans son bec, et va le porter furtivement dans le nid de quelque petit oiseau du canton, mais [en profitant de l’absence des propriétaires, qui s’opposeraient certainement à son entreprise. On a vu des rouge-gorges , survenus à l’improviste, forcer l’étrangère à s’enfuir avec son fardeau. Le second œuf est également placé dans un nid du voisinage, mais jamais dans le même que le premier. La mère a sans doute conscience de la mauvaise situation qu’elle ferait aux deux nourrissons si elle agissait autrement; car les pauvres petits passereaux seraient assurément dans l’impossibité de subvenir aux besoins de deux êtres aussi voraces que les jeunes coucous.

Nous ferons connaître à ce propos un fait que nous n’avons trouvé cité dans aucun ouvrage d’histoire naturelle. Il arrive souvent que la femelle du coucou a l’attention de tirer du nid un des œufs de passereau, de le briser avec son bec, et d’en disperser les coquilles, afin que la mère, en rentrant, retrouve le même nombre d’œufs qu’elle avait laissé au départ. C’est pour cela qu’aux alentours des nids où les coucous ont déposé leur progéniture, on voit fréquemment des morceaux de coquilles d’œufs. Cette action dénote de la part de l’oiseau qui nous occupe, un raisonnement parfait, et par conséquent une véritable intelligence, quoi qu’en disent les grands philosophes qui refusent cette faculté aux animaux.

Quand elle a ainsi placé ses œufs en nourrice, la femelle du coucou vient plusieurs fois vérifier s’ils sont bien soignés, et elle ne quitte le canton que lorsqu’elle a acquis une certitude à cet égard. Elle n’est donc pas aussi dépourvue de sollicitude à l’endroit de sa progéniture qu’on pourrait le croire tout d’abord.

On comprend maintenant pourquoi la femelle du coucou ne remplit pas elle-même ses fonctions maternelles. Pondant ses œufs à des intervalles très-éloignés, elle se trouverait dans la nécessité de couver plusieurs œufs et d’élever un petit dans le

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même temps; or, ces deux occupations sont incompatibles, car la dernière entraîne des sorties fréquentes, dont s’accommodent fort mal les œufs, auxquels il faut, pendant l’incubation, une température égale et constante. Ce n’est donc pas par indifférence, mais par une action réfléchie, qu’elle confie à d’autres les soins maternels.

A peine éclos, le jeune coucou emploie ses forces naissantes à se débarrasser des véritables enfants de sa nourrice, afin d’être le seul à profiter de ses soins. Il se glisse sous les frêles créatures, les charge sur son dos, où il les maintient au moyen de ses ailes relevées, et se traînant jusqu’au bord du nid, il les précipite, l’un après l’autre, dans le vide. Le plus souvent la mère, si péniblement frappéê dans ses affections, conserve sa tendresse à ce perfide enfant d’adoption, et pourvoit à tous ses besoins jusqu’à l’époque du départ. Quelquefois pourtant elle ressent une telle colère de la perte de ses petits, qu’elle n’apporte aucune nourriture au monstre, et le laisse périr d’inanition.

A côté des coucous, se placent les Indicateurs , petits oiseaux qui habitent l’intérieur de l’Afrique. Ils se nourrissent d’insectes, et recherchent surtout les nymphes d’abeilles. Ils emploient, pour se les procurer, un manège fort curieux, qui dénote une parfaite intelligence.

Lorsque l’un d’eux a découvert une ruche, il s’efforce d’attirer 1 attention de la première personne qu’il rencontre, par des cris fréquemment répétés. Puis il la précède, en volant, et la conduit ainsi quelquefois à de fort grandes distances, jusqu’à l’emplacement de la ruche, qu’il prend. soin de lui indiquer par tous les moyens dont il dispose. Pendant qu’on s’empare du miel, il reste aux alentours, observant ce qui se passe, et quand le travail est tei miné, il vient recueillir le fruit de ses peines. Il s’émeut fort peu du bourdonnement des abeilles, qui voltigent autour de lui en cherchant à le piquer, car sa peau est à l’épreuve de l’aiguillon. Pourtant ces insectes l’attaquent souvent aux yeux, et parviennent quelquefois à l’aveugler. Le malheureux, incapable de se diriger, périt alors devant les lieux témoins de son triomphe. Les Hottentots estiment beaucoup les Indicateurs , à cause des services qu ils leur rendent, en leur révélant les demeures des a icilles, aussi se font-ils scrupule d’attenter à leur vie.

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Le groupe des coucous est complété par plusieurs genres, très-voisins du genre coucou proprement dit, sur lesquels il est inutile de nous étendre. Ce sont les Malcohas , les Courols , les Coucals , les Couas, les Tciccos et les Guiras. Tous ces oiseaux sont étrangers. Les trois premiers genres appartiennent à l’ancien continent, et les trois derniers au nouveau monde.

Les Anis ont le bec gros, court, très-comprimé, surmonté d’une crête mince et tranchante. Ils habitent les contrées de l’Amérique équatoriale, et vivent par troupe de trente à quarante, au milieu des savanes et des marécages. Ils se nourrissent de petits reptiles et d’insectes; on les voit souvent s’abattre sur les bestiaux, pour dévorer les insectes parasites qui les tourmentent. De là leur est venu le nom scientifique de Crotophages , ou mangeurs d’insectes. Ils sont d’un naturel très -doux, trèsconfiant, et la vue de l’homme ne les épouvante pas; il n’y a d’ailleurs aucun avantage à les tuer, car leur chair exhale une odeur repoussante. Pris jeunes, ils deviennent très-familiers et aussi habiles que les perroquets dans l’art de parler.

Ils possèdent au plus haut degré l’instinct de la sociabilité, à ce point qu’ils ne s’isolent même pas, comme tous les autres oiseaux, à l’époque de la pariade. Ils construisent, soit dans les arbres, soit dans les buissons, un nid commun, dans lequel toutes les femelles viennent pondre et couver leurs œufs. Ce nid est quelquefois partagé, par des cloisons, en un certain nombre de cases, dont chacune appartient à une femelle : mais la plupart du temps tous les œufs sont mélangés, et les femelles les couvent tous indistinctement.

Cette admirable entente ne cesse pas après la naissance des petits : ceux-ci sont nourris par toutes les mères, qui considèrent chacun d’eux comme son propre enfant. Ces petites républiques ne sont-elles pas des modèles de paix et de concorde, et l’homme n’y trouverait-il pas de salutaires exemples de concorde et de sociabilité?

Les deux principales espèces du genre sont 1 Ani des savanes et Y Ani des palétuviers : le premier, de la grosseur d un merle, le second, de la taille du geai.

Les Barbus (fig. 306) doivent leur nom aux faisceaux de poils

GRIMPEURS

roicles qu’ils portent sous le bec. Leurs formes sont massives et leur vol lourd. Habitant les contrées chaudes des deux con-

Fig. 30S. Barbu à gorge jaune.

tinents, ils se tiennent dans d’épaisses forêts, solitairement, ou par petites bandes. Ils se nourrissent de fruits, de baies et d’insectes ; certaines espèces attaquent et dévorent même les jeunes oiseaux. Ils nichent dans les troncs d’arbres et y déposent un petit nombre d’œufs.

Levaillant prétend que les barbus vieux et infirmes sont soignés et nourris par ceux qui jouissent de toute leur vigueur. Il dit qu’ayant pris, dans un nid de républicains, cinq barbus, dont l’un était si vieux qu’il était incapable de se tenir sur ses jambes, et les ayant renfermés dans une cage, il vit « les quatre barbus bien portants s’empresser de donner à manger au moribond, relégué dans un des coins de la cage. » Il ajoute que le nid où il avait pris les barbus était rempli de noyaux et de débris d’insectes ; ce qui donne à penser que le vieil invalide était depuis longtemps nourri par les compatissants oiseaux. Si le fait est vrai, il est digne d’attirer l’attention des moralistes !

Les Couroucous ont, comme les barbus, la base du bec garnie de poils. Leur plumage, doux et soyeux, brille des couleurs les plus éclatantes, et leur queue est extrêmement longue. Ils se

OISEAUX

Fig. 307. Couroucou resplendissant.

rapprochent beau coup des oiseaux de nuit , par leur naturel peu sociable , par leur humeur triste, par leur vie solitaire, qui se passe dans les parties les plus sauvages des bois. Comme eux aussi ils ne sortent que le matin et le soir , pour chercher les insectes et les chenilles, dont ils font leur principale nourriture. La présence de l’homme ne les effarouche pas, et cette confiance entraîne souvent leur trépas , car on les chasse très -activement pour leur chair qui est, dit-on, excellente , ainsi que pour leurs belles plumes. Leur nom leur vient du cri qu'ils poussent dans la saison des amours.

Les couroucous habitent les régions intertropicales des deux conti nent s . L’espèce la plus remarquable est le Couroucou resplendissant (fig. 307), indigène

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au Mexique et au Brésil. Cet oiseau, dont le plumage est d’un magnifique vert d’émeraude, glacé d’or, a la tête surmontée d’une belle huppe de même couleur. Les filles des caciques du nouveau monde utilisaient autrefois ses plumes dans leurs parures.

Aujourd’hui encore les créoles les font servir aux mêmes usages. L’espèce la plus commune est le Cnrucui (fig. 308).

Les Touracos sont des oiseaux d’Afrique , dont les formes générales ont une certaine analogie avec celles des hoccos. Us vivent dans les forêts, et se plaisent sur les plus hauts arbres, dont ils parcourent les branches en sautillant, avec une légèreté surprenante; mais leur vol est lourd et peu soutenu

Famille des Pics. — Les oiseaux qui composent cette famille , sont caractérisés par un bec assez long, conique, pointu, et par

une langue très-extensible. Ils forment deux genres : les Pics et les Torcols.

Les Pics excellent dans l’art de grimper, mais ils ne grimpent pas à la manière des perroquets. Ils accomplissent leurs ascensions en étendant leurs doigts, munis d’ongles recourbés, sur les troncs des arbres, et s’y maintenant accrochés; puis se portant un peu plus loin, par un saut brusque et saccadé, et ainsi de suite. Ces mouvements sont facilités par la disposition de la queue , formée de pennes roides, résistantes, et légèrement usées à leur extrémité, lesquelles, s’appuyant contre i arbre, servent, pour ainsi dire, d’arcs-boutants à l’oiseau. Grâce a cette organisation, les pics peuvent parcourir les arbres çans tous les sens, aussi bien de haut en bas que de bas en naut, ou horizontalement.

Les plcs sont d’un naturel timide et craintif. Ils viven tso-

Fig 308. Curucui.

litairement, au milieu ou sur la lisière des grandes forêts. Les insectes et leurs larves composent leur nourriture. C’est dans les troncs et les fentes des arbres qu’ils les cherchent. Leur langue est merveilleusement appropriée à ce travail d’exploration. Elle est très-longue, et peut, par un mécanisme spécial, être projetée assez loin au dehors, pour atteindre des corps éloignés du bec de plus de cinq centimètres. Elle se termine, à

Fig. 309. Fie noir.

son extrémité libre, par une pointe cornée, hérissée de petits crochets; de plus, elle est enduite d’une humeur visqueuse, sécrétée par deux glandes volumineuses, dont l’effet est d’engluer, pour ainsi dire, les insectes qui s y aventurent. Lors que l’oiseau darde cette langue dans les anfractuosités qui rencontre, il la retire plus ou moins chargée d’insectes. Ml '.en aperçoit un qu’il ne puisse atteindre au moyen de cet or-

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gane, il a recours à son robuste bec. Frappant 1 arbre à coups redoublés , il entame l’écorce et s empare de la proie convoitée. Souvent aussi il donne des coups de bec pour sonder l’arbre, et s’assurer s’il n’y existe pas intérieurement quelque cavité qui serve de refuge aux insectes. Si le tronc rend un son creux, il l’examine de toutes parts, pour trouver l’issue du trou ainsi dévoilé. Lorsqu’il l’a découverte, il y introduit sa langue, et si le canal n’est pas assez large pour lui permettre d’explorer la cachette avec cassp-,

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succès, il l’agrandit, au moyen de son bec, jusqu’à ce qu’aucun coin ne puisse échapper à ses investigations.

Ce n’est pas seulement pour chercher leur nourriture que les pics pratiquent des trous dans les troncs d’arbres ; c’est aussi pour y établir leurs nids. Certaines espèces, il est vrai, s’accommodent des anfractuosités naturelles qu’elles rencontrent ; mais d’autres tiennent essentiellement à creuser des nids sui-

Fig. 3iu. Pic mar.

vant leurs goûts. C’est alors qu’on les voit inspecter les arbres de bois tendre, tels que les hêtres, les trembles, etc., pour

reconnaître ceux qui sont intérieurement viciés. Lorsqu’ils ont lait leur choix, le mâle et la femelle attaquent, à tour de rôle, 1 écorce de l’arbre, et ne cessent de perforer que lorsqu’ils ont atteint la partie cariée. Le conduit qu’ils percent est ordinaiîement si oblique et si profond que l’obscurité la plus complète y îègne. C est là sans cloute une mesure de sûreté contre les petits mammifères, et surtout contre les rongeurs, ennemis naturels de leur famille. La femelle dépose ses œufs sur un lit de mousse, ou de poussière de bois vermoulu.

Les petits croissent lentement, et reçoivent longtemps, dans

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le nid, les soins de leurs parents. En général, ils n’ont pas de voix, ou ne poussent que des cris désagréables. A l’époque des amours, ils emploient fréquemment, pour s’appeler, un langage qui leur est propre : ils frappent de leur bec les troncs des arbres morts, et ces coups, qui s’entendent de très-loin, suffisent pour attirer tous les pics du voisinage.

On considère généralement les pics comme des oiseaux nuisibles, parce qu’ils dégradent, dit-on, les arbres des forêts et des vergers; et on leur fait, pour ce motif, une guerre acharnée. On devrait au contraire les protéger, car ils détruisent les insectes, les véritables ennemis des arbres. D’ailleurs ils n’attaquent presque jamais les arbres sains; ils réservent leurs coups pour ceux qui sont vermoulus.

On connaît un grand nombre d’espèces de pics, qui sont répandues sur les deux continents. L'Europe en possède huit, sur lesquelles sept vivent en France, soit à l’état sédentaire, soit comme oiseaux de passage. Les principales sont le Pic noir, le Pic éjjeiche, le Pic mar et le Pic vert.

Le Torcol doit son nom à la curieuse propriété qu’il possède détordre son cou, de manière à tourner la tête dans tous les

sens. Il répète ce mouvement à chaque instant, surtout sous l’influence de la surprise ou de la colère. En même temps ses yeux deviennent fixes, les plumes de sa tète se hérissent et sa queue s’épanouit.

Il peut, comme les pics, s’accrocher aux arbres, et s’y tenir verticalement, pendant un temps assez long; mais il est incapable de grimper.

La faiblesse de son bec ne lui permet pas non plus de fouiller les arbres. Aussi cherche-t-il sa nourriture à

Fig. 311. Torcol.

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mouvement et ne s’écartent que rarement du canton où ils ont élu domicile. Toutes les espèces ne fréquentent pas les mêmes lieux : les unes affectionnent les bois épais, les autres préfèrent les plaines, d’autres enfin se plaisent dans les lieux humides; mais toutes sont insectivores. Par leurs mœurs, comme par leurs caractères physiques, les jacamars paraissent se rapprocher des martins-pêcheurs, dont nous parlerons dans l'ordre suivant.

terre, principalement parmi les fourmilières. Il mène une existence solitaire, dont il ne sort qu’au moment de la pariade, pour se rapprocher de sa femelle. Il conserve cependant un caractère confiant, n’évite guère la présence de l’homme, et devient trèsfamilier en captivité. Il niche dans les trous naturels des arbres, ou dans ceux creusés par les pics. Son plumage est agréable, et sa taille égale celle de l’alouette. Il habite tout l’ancien continent, et n’est pas sédentaire en France.

Les Jacamars (fig. 312) habitent l’Amérique équatoriale. Ils sont caractérisés par un bec long et pointu, des tarses courts et des ailes courtes ou obtuses. Ils ont trois ou quatre doigts, suivant les espèces.

Leurs mœurs sont peu connues. On sait seulement qu’ils vivent isolés ou par paires; qu’ils sont lourds, se donnent peu de

Fig. 312. Jacamar vert.

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