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ORDRE DES PASSEREAUX

Les Passereaux (de passer , nom latin du moineau franc) loi- • ment la division la moins naturelle de la classe des Oiseaux. On chercherait vainement dans cet ordre le caractère d’homogénéité qui distingue les précédents. Il est bien diffiicile d apercevoir lesJ liens qui rattachent, par exemple, les corbeaux aux hirondelles et surtout aux oiseaux-mouches. Ces volatiles si divers appartien-« nent tous cependant à la famille des Passereaux. On peut dire que cet ordre ne présente que des caractères négatifs : il réunit, en un bizarre assemblage, tout ce qui n’est ni Palmipède, ni Échassier, ni Gallinacé, ni Grimpeur, ni Rapace.

Le seul trait physique, mais sans grande valeur, qui soit commun à tous les Passereaux, c’est d’avoir le doigt extern?) uni à celui du milieu , sur une longueur plus ou moins

étendue. 1

En général, les grains, les insectes ou les fruits subviennent

à leur nourriture. Ils vivent seuls, ou par paires, volent avec aisance, marchent en sautillant, dorment et nichent sur les

arbi*6S

C’est parmi les Passereaux qu’on trouve ces aimables chan teurs, dont les concerts nous charment si délicieusement sous la feuillée. On en rencontre même quelques-uns qui possèdent à un certain degré, le don d’imiter le langage humain, et les cris des autres animaux. Beaucoup d’entre eux flattent agréablement la vue par leurs brillantes parures; quelques especes constituent d’excellent gibier, fort apprécié des gourmets. L’homme a réduit en captivité un grand nombre de Passereaux, mais il n’a pu parvenir à en faire des oiseaux domestiques.

Cuvier a divisé les Passereaux en cinq grandes familles : Syndactyles, les Tènuiroslres, les Cornirostres , les Fissirostres, et les

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Dentirostres. La première est fondée sur la structure du pied, les quatre autres sur la forme du bec. Mais ce dernier caractère est assez arbitraire et il n’est pas toujours facile dassignei une place à tel ou tel Passereau dans la classification, si l’on se borne à la seule inspection du bec. Nous suivrons toutefois cette distribution, qui est encore généralement adoptée.

Famille des Syndactyles. — Les Syndaclyles (à doigts unis ) sont des oiseaux chez lesquels le doigt externe, presque aussi longque le doigt du milieu, lui est soudé, jusqu’à 1 avant-dernière articulation. Les oiseaux qui composent cette famille ont entre eux peu d’analogie, le caractère physique que nous venons de signaler étant purement artificiel.

Dans cette famille se trouvent les genres Calao , Todier, Martinpêcheur, Ceyx , Guêpier, Mo mot.

Les Calaos sont remarquables par l’énorme développement de leur bec, qui est dentelé, et surmonté, chez certaines espèces, de proéminences volumineuses. Ce bec est cependant léger, car il est de nature celluleuse, comme celui des toucans.

Les calaos ont quelque chose du port des corbeaux; ils marchent mal, ne volent pas mieux, et se tiennent presque constamment perchés sur les arbres élevés. Ils habitent, en troupes nombreuses, les forêts des contrées chaudes de l’ancien continent, principalement de l’Afrique, des Indes et de l’Archipel océanien, et nichent dans les creux des arbres. Ils sont omnivores, et quoique les fruits, les graines et les insectes, forment le fond de leur nourriture, ils se repaissent aussi de chair vivante ou morte. Dans les Indes, on les élève en domesticité, à cause des services qu’ils rendent en purgeant les habitations des rats et des souris. Leur plumage est de couleur noire ou grise, variée de blanc. Leur chair est délicate, surtout lorsqu’ils se nourrissent de graines aromatiques.

On en connaît un grand nombre d’espèces, très-variables de taille. La plus digne de fixer l’attention est le Calao rhinocéros (fig. 313). Cet oiseau est ainsi nommé parce qu’il a le bec surmonté d’une sorte de casque énorme, rappelant la corne du rhinocéros. II habite les Indes orientales.

Les Todier s ont le bec long, grêle, aplati, les tarses assez éle-

vés et la queue courte. Ils vivent presque toujours à terre, et se nourrissent d’insectes, qu’ils attrappent en volant. Ils établissent

Hg. 3U.. Calao rhinocéros.

leur nid sur le bord des rivières, dans des crevasses, ou dans des pierres tendres, qu’ils creusent à l’aide du bec et des pieds. Ils sont de petite taille ; d’où leur nom de Todiers ( tcdus , petit oiseau). On les rencontre dans les régions équatoriales de l’Amérique.

Les Martins-pêcheurs (fig. 314) sont des oiseaux assez singuliers. Leur bec, droit, anguleux et robuste, d’une longueur et d'une grosseur hors de proportion avec leur petite taille; leur tête forte et allongée ; leurs formes épaisses et trapues; leurs ailes et leur queue médiocres; leurs tarses courts, placés à l’arrière du corps; leurs riches couleurs, où domine le bleu: tout, chez eux, contribue à attirer les regards. Ils ne sont pas moins intéressants par leurs mœurs que par leurs dehors physiques. \ ivant sur le bord des eaux, ils se nourrissent, comme leur nom l’in-

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dique, presque exclusivement de poissons, qu’ils savent attendre et saisir avec une patience et une adresse admirables. Perché sur une branche morte, ou sur une pierre qui surgit du milieu de l’eau, le martin-pêcheur reste des heures entières dans , une immobilité absolue. Dès qu’il aperçoit une proie à la surface, il fond sur elle, l’étreint de ses puissantes mandibules, et,

Fig. 314. Martin-pécheur.

après l’avoir brisée, soit par compression, soit par choc contre une pierre ou un tronc d arbre, il l’avale, la tête la première. Lorsque les poissons lui font défaut, il se rabat sur les insectes aquatiques; mais alors il chasse en volant. Ses mouvements dans l’air sont vifs et peu soutenus ; il se déplace par saccades, et s élève peu au-dessus du sol. La brièveté de ses tarses lui rend la marche fort difficile.

Les martins-pêcheurs sont anti-sociables; ils vivent constamment dans la solitude, excepté au printemps, où les sexes se rapprochent.

Comme les todiers, ils nichent sur les berges des rivières, dans les anfractuosités naturelles ou les trous creusés par les

rats d’eau, et ils encombrent leur demeure des restes de leurs repas.

Le père et la mère couvent alternativement, et nourrissent les petits du produit de leur pêche. Ces oiseaux ne chantent point, et leur chair est désagréable.

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Les martins-pêcheurs sont les alcyons des anciens. Quantité de fables ridicules ont couru sur leur compte. On leur attribuait autrefois la propriété d’indiquer le vent après leur mort, de faire sécher le bois sur lequel ils s’arrêtaient. On accordait à leur corps desséché la faculté d’écarter la foudre , de donner en partage la beauté, d’amener la paix et l’abondance. Aujourd’hui encore, dans certaines provinces, on s’imagine que leur dépouille préserve les draps et autres étoffes des attaques des teignes : les dénominations d ’ oiseaux-teignes, de drapiers, garde-boutique , qu’on leur a données, consacrent cette

croyance. „ ,

Les martins-pêcheurs sont répandus sur toute la surface du

^^'comprennent un grand nombre d’espèces, qui habitent surtout les régions chaudes de l’Afrique et de l’Asie. L’Europe en possède une espèce qui n’est pas plus grosse qu’un moineau et qui est une des plus jolies, sous lepoint de vue des

couleurs.

Quoi de plus brillant que de voirie martin-pecheur tracer un sillon d’azur et d’émeraude, en partant subitement le long d un

ruisseau !

Il faut distinguer les Martins-pêcheurs proprement dits, ou riverains, des Martins-chasseurs, ou sylvains. Ces derniers, en tout semblables aux premiers par les caractères physiques en diffèrent essentiellement par leurs habitudes. En effet, ils habitent les bois, se nourrissent d’ensectes et nichent dans les trous

creusés par les pics.

Les Ceux sont des martins-pêcheurs dont le doigt interne est upprimé. Ils ont le même régime et les mêmes mœurs que les

précédents.

Les Guêpiers ont le bec long, mince, arqué et pointu, pourvu d'une arête tranchante ; les tarses très-courts; les aües ongu et aiguës; la queue développée, égale, etagee ou fourchue C sont des oiseaux sveltes, légers et criards, qui parcourent i cessamment les airs d'un vol rapide et soutenu. Ils ment leur nom de leur genre de nourriture, qui se compose d hymenop fes, et surtout d'abeilles et de guêpes. Ils saisissent ces m-

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sectes, soit au vol, à la manière des hirondelles, soit en s’embusquant à l’entrée de leurs demeures, et happant tous les individus qui entrent ou qui sortent. Us sont, d’ailleurs, assez habiles pour éviter leurs piqûres. Vivant par bandes nombreuses, même au temps de la reproduction, ils purgent rapidement un canton des espèces d’hyménoptères qu’ils recherchent ; ils passent alors dans un autre, pour subvenir à leur alimentation.

Ils établissent leur nid sur les berges des fleuves et des rivières , à l’extrémité de profondes galeries, qu’ils creusent

Fig. 315. Guêpier commun.

eux-mêmes et qui atteignent parfois jusqu’à deux mètres de longueur. Certaines espèces sont de très-estimables gibiers.

Les guêpiers habitent les régions brûlantes de l’ancien continent, particulièrement le Sénégal, le Cap et le Bengale. On en trouve en Europe une espèce, le Guêpier commun (fig. 315), qui émigre régulièrement chaque année. Elle arrive en mai', repart en automne et s’aventure rarement plus haut que le midi de la France.

On désigne sous le nom de Momols (fig. 316) des oiseaux ncore peu connus , qui se distinguent par des formes massives, par un vol lourd et difficile, par un bec long, robuste,

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crénelé sur les bords, et par une langue étroite et barbelée comme celle des Toucans. Ils sont très-sauvages, vivent isolés

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Fig. 3i6. Momot.

dans les épaisses forêts de T Amérique du Sud, et nichent dans des trous creusés par certains mammifères.

Famille des Ténuiroslres. — Les Passereaux Ténuirostres sont caractérisés par un bec long et grêle, droit ou arqué, mais toujours sans échancrure. C’est dire qu ils sont insectivores. Ils comprennent les genres Huppe, Colibri , Grimpereau et SUlclle. Les Huppes ont le bec très-long, grêle, triangulaire et un peu

On a placé dans ce genre un certain nombre d’oiseaux dont les formes générales présentent la plus grande analogie, mais qui empruntent chacun aux dispositions particulières de leui plumage une physionomie spéciale. C’est ce qui a nécessité sa subdivision en plusieurs sous-genres : les Huppes proprement dites , les Épimaques, les Promérops et les Cravcs.

Les Huppes proprement dites sont facilement reconnaissables à la double rangée de longues plumes qui surmontent leur tête, et qu’elles peuvent redresser à volonté. Elles vivent solitairement, dans les terres basses et humides, à la recherche des vers, des insectes et des petits mollusques terrestres. On les voit souvent fouiller les excréments des bestiaux, pour y saisir les insectes qu’ils renferment. Elles marchent avec grâce et lé-

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gèreté; aussi passent-elles presque toute leur existence sur le sol. Elles ne perchent que rarement, et ne se soutiennent en l’air que par de visibles efforts. Elles, ne chantent point, et poussent assez souvent deux cris, qui peuvent se rendre par zi, zi; houp , houp. Elles nichent dans les fentes des rochers ou des murs et dans les trous des arbres ; c’est là aussi qu’elles se retirent pour passer la nuit. Leur nid exhale une odeur infecte, due aux déjections des jeunes. Prises très-jeunes, elles s’apprivoisent facilement et sont susceptibles d’un grand attachement pour la personne qui les soigne.

Les huppes habitent les parties chaudes de l’Afrique. L’une d’elles, la Huppe commune ou Puput (fig. 317), vient chaque

a^fe ljasser la belle saison en Europe. Pendant le printemps e été, elle est assez répandue en France. A l’époque de son

Fig. 317. Huppe commune.

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départ, c’est-à-dire au mois de septembre, elle possède assez d’embonpoint pour être un morceau délicat.

Les Épimaques sont de beaux oiseaux, chez lesquels les plumes des flancs sont développées en fils déliés ou en panaches élégants. Leur plumage, richement coloré, brille des reflets métalliques les plus éclatants. On ne connaît rien encore de leurs mœurs. Ils habitent la Nouvelle-Guinée et l’Australie. L’espèce

la plus remarquable est YÊpimaque à douze filets ou Multifû (fig. 318), qui porte six longs filets de chaque côté du corps.

Les Promèrops se distinguent des Huppes proprement dites par l’absence de huppe, par leur queue très-longue et par leur langue fourchue et extensible. Ils habitent l’Afrique et n’ont pas été plus étudiés que les précédents.

Enfin les Craves ont quelque chose des allures et des habitudes des corbeaux. C’est ce qui a déterminé plusieurs naturalistes à les placer à côté de ces derniers , malgré leur bec long et grêle.

Le genre Colibri se subdivise en Oiseaux-Mouches, ou espèce à bec droit, et vrais Colibris , ou espèce à bec arqué. Saul cette légère différence, les oiseaux-mouches et les colibris sont parfaitement semblables : ils ont la même exiguïté, le même éclat, les mêmes habitudes. Parler des uns, c’est en même temps décrire les autres : on nous permettra donc de ne pas sépai ti ltui

histoire.

Les oiseaux-mouches sont les plus ravissants des èties ailés. La nature s’est plu à les combler de tous ses dons. En les créant, elle semble avoir fait effort sur elle-même, et épuisé pour eux toutes les séductions dont elle dispose : giace, élégance, célérité, costume splendide, courage indomptable, elle leur a tout dispensé. Qu’on ne lui demande pas davantage.

Fig. 318. Épimaque multifi!.

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après un pareil tour de force ! Elle a mis toute son âme dans ces délicieux bijoux, et en voulant les surpasser,- elle se montrerait peut-être inférieure à elle-même. Quoi de plus adorable, en effet, que ces petits lutins, étincelant des feux réunis du rubis , de la topaze, du saphir et de l’émeraude, qui voltigent de fleur en fleur, au milieu de la riche végétation des tropiques, et qui semblent, par leur bourdonnement continu, venir en aide à la chaleur du jour, pour plonger dans un repos bienfaiteur et réparateur les habitants de ces régions brûlantes ! Leur légèreté est si grande, leur vol si rapide, et leur taille si faible, dans certaines espèces, que l’œil ne peut suivre les battements précipités de leurs ailes effilées. Lorsqu’ils planent, ils semblent complètement immobiles : on les croirait suspendus par d’invisibles fils.

Gréés spécialement pour une vie aérienne, ils sont sans cesse en mouvement, occupés à chercher leur nourriture dans les calices des fleurs. Leurs petits yeux, vifs et brillants, en scrutent les recoins les plus cachés; et dès qu’ils y ont découvert quelque insecte, leur bec aigu va le saisir avec tant de délicatesse, que la plante en est à peine effleurée. Ils s’abreuvent aussi du suc et du miel des fleurs, mais ils n’en font pas leur aliment exclusif, comme l’ont affirmé beaucoup d’auteurs. Ce régime, peu substantiel, serait insuffisdfnt pour soutenir la prodigieuse activité qu’ils déploient à tous les moments de leur existence.

Leur langue, dont ils se servent comme d’une trompe, est un microscopique instrument, merveilleusement agencé. Elle se compose de deux demi-tubes, placés l’un contre l’autre, et susceptibles de s’écarter ou de se rapprocher , comme les branches d’une pince; de plus elle est constamment humectée par une salive gluante qui a pour objet de retenir les insectes. On voit qu’elle n’est pas sans analogie avec celle du pic.

Fiers de leur parure, les oiseaux-mouches en prennent le plus grand soin. Ils passent fréquemment leur bec dans leurs plumes, pour les lisser et en maintenir l’éclat. Us sont d’une vivacité, d’une pétulance indescriptibles , et ils manifestent souvent des sentiments belliqueux qu’on serait loin d’attendre d’aussi chétives créatures. Ils attaquent des oiseaux beaucoup plus gros qu’eux , les harcèlent , les poursuivent sans relâche , les menacent aux yeux, et parviennent toujours à les mettre en fuite. Ils se combattent môme mutuellement. Si deux mâles se ren-

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contrent sur le calice d’une Heur, ils se précipitent quelquefois l’un sur l’autre, et s’élèvent, en jetant des cris, jusqu’à perte de vue. Après quoi, le vainqueur revient à la fleur, cause première du conflit et juste prix de sa vaillance.

Le nid de l’oiseau-mouche est un chef-d’œuvre d’architecture. Il est gros comme la moitié d’un abricot ou d’un œuf de poule. Les matériaux en sont apportés par le mâle, et disposés ensuite par la femelle. Tissu de lichens artistement entrelacés et collés

ensemble par la salive de l'oiseau, il est garni intérieurement de ouate ou de fibres soyeuses arrachées à diverses plantes.

Ce joli berceau est suspendu, soit à une feuille, soit a une petite branche, soit môme à un simple fétu de paille, attenant au toit de la case d’un indigène. C’est là que la mère dépose, deux fois l’an, une paire d’œufs, tout blancs, et comparables à des pois pour la grosseur.

Fig. 319- Oiseau-mouche. (Topaze et son nid).

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Les petits brisent leur coquille, après six jours d’incubation; une semaine plus tard, ils sont capables de voler. Durant toute la saison des amours, les époux se prodiguent les plus tendres caresses; ils ont aussi beaucoup d’affection pour leur progéniture.

Tous les peuples ont eu recours à de vives images pour désigner les oiseaux-mouches. Le nom que nous leur avons donné, prend sa source dans leur excessive petitesse ; les Anglais, ayant égard à leurs bourdonnements, les appellent Humming. birds (i oiseaux bourdonnants) ; les créoles des Antilles et de Cayenne, Murmures , Bourdons et Frous-frous ; les Espagnols les ont nommés Picaflores ou Becque- fleurs, et les Brésiliens Chupaflores ou Suce- fleurs ; enfin, pour les Indiens, ces êtres aériens sont des Cheveux de soleil ou des Rayons de soleil.

Les oiseaux-mouches sont fort recherchés, non à cause de leur chair, qui est d’un trop faible volume, mais pour leurs plumes, dont les femmes se composent divers ornements, tels que colliers, pendants d’oreilles, etc. Certaines peuplades d’indiens, converties au christianisme, savent s’en servir pour fabriquer de très-curieuses figures de saints. Les Mexicains et les Péruviens les employaient de même autrefois dans la confection de riches manteaux et de petits tableaux, pleins de fraîcheur et d’éclat. Tohs les soldats de notre expédition du Mexique ont rapporté de ces petits tableaux, représentant des oiseaux, des cages, etc., exécutés avec des plumes de colibris.

Il est très-difficile de les conserver longtemps en captivité, non pas qu’ils ne soient très-familiers et très -caressants, mais leur nature vive, frêle et délicate, ne s’accommode pas de l’horizon borné d’une cage. Ils meurent au bout de quelques mois, malgré tous les soins qu’on peut leur prodiguer.

On les chasse, dans le pays, soit avec de la cendrée ou une sarbacane, soit avec un filet à papillons, si l’on veut les prendre vivants.

U faut citer parmi leurs ennemis les plus redoutables une monstrueuse araignée, la mygale aviculaire, qui tend sa toile autour de leur nid, et dévore les œufs ou les petits, en l’absence es parents, qu’elle immole aussi quelquefois..

Les colibris et les oiseaux-mouches habitent toute l’Amérique méridionale et une partie de l’Amérique septentrionale, jusqu’à

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l’État de Massachussets; mais c’est au Brésil et à la Guyane qu’ils sont le plus abondants. On en connaît au moins cent cinquante espèces, dont les plus remarquables sont: parmi les colibris, le Topaze , le Grenat, le Hausse- col doré, le Hausse-col vert, le Plastron bleu; et parmi les oiseaux-mouches, Y Oiseau-mouche géant, qui atteint la taille de l’hirondelle; le plus petit oiseau-mouche, dont la grandeur n’excède pas celle d’une grosse mouche ; le Huppe-col , le Rubis-topaze, Y Améthyste, l’ Oiseau-mouche Delalande ou Plumet

Fig. 320. Oiseau-mouche de Sapho.

bleu, Y Oiseau-mouche] de Sapho (fig. 320), et Y Oiseau-mouche a raquettes, ainsi nommé à| cause de sa queue, d’où partent deux longs brins rectilignes qui s’élargissent à leur extrémité en

forme de raquettes.'

Les Grimpereaux sont caractérisés par un bec arqué, et par une

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queue usée, finissant en pointe roide, comme celle des pics. Ils comprennent plusieurs sous-genres, dont les principaux sont : les Grimpereaux proprement dits, les Èchelettes , les Picucules, les Fourniers , les Sucriers et les Soui-Mangas.

Les Grimpereaux proprement dits (lig. 321) sont de petits oiseaux qui grimpent aux arbres, à la manière des pics, pour découvrir sous l’écorce les insectes qui y sont installés. Ils nichent dans les trous des arbres, et profitent sans doute, quoi qu’en disent certains auteurs, de ceux pratiqués par les pics : il est peu probable, en effet, d’après la forme et la faiblesse de leur bec, qu’ils

Fig. 321. Grimpereau familier.

puissent entamer eux-mêmes un bois aussi dur que le chêne, pour lequel ils ont une préférence marquée. Le grimpeureau familier est répandu dans presque toutes les contrées de l’Europe-, il est assez commun en France.

Les Èchelettes, appelés aussi Grimpereaux des murailles, doivent leur nom à l’habitude qu’ils ont de grimper le long des murs des édifices, ou des rochers coupés à pic. Leur désignation scientifique) est Tichodrome ( coureur de murailles ) . Ils ne trouvent pas dans leur queue un point d’appui, comme les vrais grimpereaux. Ils se cramponnent simplement avec les pieds, et s’aident, pour monter, d’un petit mouvement des ailes. Ils se nourrissent d’insectes et surtout d’araignées, vivent solitairement sur les hautes

montagnes, et ne descendent dans les plaines qu’aux premiers froids. On les trouve dans toute l’Europe méridionale.

Les Picuculcs , ou Pics- Grimpereaux, ont les mêmes formes et les mêmes habitudes que les grimpereaux; seulement ils ont le bec beaucoup plus fort et plus hardiment courbé dans quelques espèces. Les picucules habitent le Brésil et la Guyane.

Les Fourniers (fig. 322) vivent seuls, ou par paires, dans les plaines découvertes du Chili, du Brésil et de la Guyane. Ils se nourrissent de graines, mais mangent aussi des insectes. D’un

Fig. 322. Fournier et son nid.

naturel confiant, ils ne fuient pas le voisinage de l’homme , et s’approchent même fréquemment des habitations. Ce qui les rend dignes d’intérêt, c’est le nid remarquable qu’ils construisent, soit sur les arbres, soit sur les poteaux, les palissades ou les fenêtres des maisons. Cet ouvrage considérable, eu égard à la petite taille de l’oiseau, ne mesure pas moins de trente centimètres de diamètre. Il est tout entier en argile, et présente la forme d’un four, divisé , à l’intérieur, en deux compaitimcnts, par une cloison partant de l’ouverture; cest dans la chambre inférieure que la femelle dépose ses œufs. Le mâle et la femelle apportent, alternativement, de petites boules de. terre glaise, pour l’édification du nid, et travaillent si rapidement qu’ils ont

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quelquefois tout terminé en deux jours. Certaines espèces construisent sur les arbres des abris plus grands encore, entremêlés de branches épineuses, et pourvus d’une ou plusieurs entrées : celui de YAnnumbi a quarante centimètres de diamètre sur soixante de hauteur.

Les Sucriers sont des oiseaux d’Amérique, ainsi nommés parce qu’ils aiment beaucoup les substances de saveur douce; aussi sont-ils souvent occupés à sucer le miel des fleurs et à pomper le suc des cannes, par les crevasses de la tige. Ils ont, comme les colibris, la langue divisée en deux filets, s’en servent avec

avantage pour saisir les insectes qui font la base de leur nourriture. Leur taille est médiocre, et leur plumage éclatant.

C’est parmi les sucriers qu’on range les Guüs-guits , ingénieux petits êtres, qui construisent un nid en forme de cornue, et le suspendent à des branches flexibles, l’ouverture en bas, afin de soustraire leur progéniture aux attaques de leurs ennemis.

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Les Soui-Mangas (fig. 323) ont le même goût que les précédents pour le sucre; cette prédilection justifie leur nom, qui signifie mangeurs de sucre en langue malgache. Ils habitent l’Afrique méridionale et les Indes, et représentent, dans l’ancien continent, les colibris du nouveau monde. Ils en ont la gaieté, la vivacité,

les brillantes couleurs.

Comme eux , ils aiment à plonger dans la corolle des fleurs leur langue extensible et bifide. Ils ne revêtent leur éclatant costume que pendant la saison des amours.

Les Sittelles ont le bec droit, pyramidal et pointu, couvert à sa base de petites plumes dirigées en Fig. 324. sitteiie torche-pot. avant; les doigts longs,

munis d’ongles forts et crochus. Leurs habitudes tiennent beaucoup de celles des grimpereaux.

On trouve les sittelles dans l’Amérique et les îles de l’Océanie.

Famille des Corniroslres . — Les Passereaux Cornirostres sont caractérisés par un bec fort, plus ou moins conique et sans échancrure. Ils sont généralement granivores ; mais quelques espèces sont insectivores ou carnivores. Ils comprennent les genres Paradisier , Corbeau, Rollier , Étourneau, Cassique, Pique -Bœuf, Coliou , Bec-Croisé, Moineau, Bruant, Mésange, Alouette.

Les Paradisiers , vulgairement nommés Oiseaux de Paradis, ont le bec droit, comprimé, robuste, et les narines recouvertes de plumes veloutées. Ces oiseaux, dont le costume ne le cède en rien, pour l’éclat et la variété des couleurs, à celui des colibris, sont remarquables par des plumes longues et diversement situées, qui font leur plus belle parure. Tantôt ce sont des panaches légers et gracieux, qui retombent le long des flancs, tantôt des plumes fines et déliées, ou filets, qui gai nissent soi les côtés de la tête, soit la queue de l’oiseau.

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Les paradisiers ont un habitat fort restreint : on ne les trouve qu’à la Nouvelle-Guinée, ou Terre des Papous, située au nord de l’Australie. Ils vivent dans d’épaisses forêts, se nourrissent de fruits et d’insectes et sont surtout friands de muscades. Quelques-uns aiment la solitude, mais la plupart se réunissent en bandes nombreuses, et voyagent de canton en canton, à l’époque des moussons. Leur vol, léger et rapide, est comparable à celui des hirondelles, d’où le nom d 'Hirondelles de Terncitc. qu’on

Fig. 325. Oiseau de Paradis (Émeraude).

leur donne quelquefois h C’est surtout à leurs longues plumes latérales qu’ils doivent de se mouvoir avec tant de facilité dans l’air ; mais ce sont aussi ces plumes latérales qui paralysent leurs mouvements lorsqu’un vent violent les prend en queue. Elles s’enchevêtrent et s’embrouillent alors à tel point, que les

1. Ternate est une des îles de l’Océanie qui font partie de l'archipel des Moluques, au nord-ouest de la Nouvelle-Guinée.

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malheureux oiseaux, forcés de se laisser choir sur le sol, devien nent souvent la proie des indigènes, attirés par leurs cris.

Dès qu’on les connut en Europe, les paradisiers furent le texte des fables les plus extraordinaires, écloses, soit sous leur ciel natal et importées avec eux, soit dans la cervelle des naturalistes de cette époque. On assura qu’ils n’avaient pas de pieds. On affirma ensuite qu’ils se suspendaient aux arbres par leurs filets; — qu’ils dormaient , pondaient et Fig. 32e. Maucode royal. C0Uvaient au sein de l’air;

— que la femelle déposait ses œufs dans une cavité , sur le dos du mâle; — qu’ils passaient la saison des amouis dans

le Paradis, et autres fables ejusdem farinæ.

Les Papous chassent très-activemenl les paradisiers, pour s’emparer de leurs plumes , qui ont une grande valeur commerciale. Nos dames en font une consommation immense, pour orner leurs chapeaux.

Les rajahs indiens et malais, les riches Chinois, les estiment également beaucoup , et en parent nonseulement leurs coifiures,

Fig. 327. Lophorine superbe. mai§ enCOre leurs épées.

D’après les dispositions de leur plumage, on a divisé les paradisiers en plusieurs sections : les vrais Paradisiers , les Mau codes, les Si filets , les Lophorines et les Difdlodes. j

Les espèces les plus remarquables , parmi ces difïéren s

PASSEREAUX

groupes, sont V Émeraude (fîg. 325), dont la gorge et le cou sont d’un vert émeraude éclatant, tandis que les flancs sont ombragés de leurs faisceaux jaunâtres; — le Paradis rouge dont les faisceaux sont d un beau vermillon et la gorg'e d'un splendide vert doré; — le Maucode royal (fîg. 326); — la Lophorine superbe (fîg. 327); — le Sifilet à gorge dorée (fîg. 328), ainsi

Fig. 328. Siület à gorge dore.

noinme a cause des trois filets, épanouis en palette à leur extrémité qui lui font une garniture de chaque côté de la tête- — enfin le Difdlode magnifique.

Les oiseaux qui composent le genre Corbeau, sont caractérisés par un bec très-fort, à bords tranchants, bombé à la base plat latéralement et crochu vers la pointe; par des narines recou-

es de plumes roides, dirigées en avant, par des doigts robustes et des ailes longues et aiguës. °

lisse répartissent en quatre sous-genres principaux • les Cor beau, proprement düs, les Pies, les Geais, et les Casse-noix

Les Corbeaux proprement dits comprennent : les Grands cor

beaux, ou simplement Corbeaux, les Corneilles, ' Freux Choucas Corbivaux et Ghoquarts. ’ Ltl0ucas,

Toutes ces espèces ont, à peu de chose près le iuèm„

‘are, les mêmes aptitudes et les mêmes mœiù-s A IWe r du mnd corbeau qui vit solitairement aveHa femt L -mssent toutes par bandes, soit pour che"^ ZnU ■ ■ Pour passer la nuit dans les bois de haute futaie, soit

c,Yg OISEAUX.

pour pondre et élever leurs petits. Elles ont aussi la meme intelligence, la même finesse, la même malice, le meme don d’imitation, et la même habitude d’amasser des provisions en des lieux secrets. Cette habitude dégénère, dans la domesticité, en une manie spéciale, qui les porte à prendre età cacher tout ce qui frappe leurs regards, surtout les objets brillants, tels que l’argenterie, les bijoux, les instruments d’acier, de cuivre, etc. Toutes ces espèces sont susceptibles de domestication.

Les corbeaux, surtout le grand Corbeau et la corneille, sont les omnivores par excellence. Chair vivante ou morte, poissons échoués, insectes, œufs, fruits, graines , tout leur convient. Leurs déprédations sont énormes. C’est ainsi que le grand corbeau, non content de lever un tribut sur les taupes, mulots et levrauts de la plaine, s’introduit dans les basses-cours, et s approprie, sans façon, poulets, canetons et jeunes faisans. But on prétend même que, dans certains pays, il se cramponne sur e dos des buffles, et les dévore en détail, après leur avoir creve les yeux. Quant à la corneille, il est certain d’apres Lewis, qu’elle attaque les agneaux, dans les pâturages d Ecosse et lande. Enfin, tous les corbeaux se plaisent à fouiller les terres nouvellement ensemencées, pour se nourrir des grains que e cultivateur vient d’y déposer. Aussi trouvent-ils dans les habitants des campagnes d’irréconciliables ennemis, toujours piets à les poursuivre ou à les attirer dans des piégés. Dans certains pays , tels que la Norvège , où leur rapine dépassé toutes les bornes, la loi ordonne leur extermination. .

Cependant si l’on envisage le sujet sans prévention on res era convaincu que, dans la plupart des contrées, les corbeaux sont nlus utiles que nuisibles : il serait donc plus sage de les protéger que de les détruire. Outre qu’ils contribuent à l’^a.mssemen de l’atmosphère, en dévorant les charognes capables de l mfec^ par leurs émanations, ils suppriment chaque aune b des ^quan lités prodigieuses de vers, de larves et d insectes. Les services compensent largement les dégâts qu’ils causent a l ag™ulture.^ La chair du grand corbeau et de la corneille exhale i » ’ ™ vaise odeur, due à la prédilection de ces oiseaux pour la Vian corrompue; aussi n’est-elle guère comestible. Mais les ,eu “ U® , qui ont un autre régime, constituent des gibiers

très-convenables.

PASSEREAUX

Les corbeaux ont un vol vigoureux et soutenu ; ils ont aussi l’odorat très-fin et la vue perçante. C’est grâce à l’excellence de ces deux sens qu’ils peuvent, des régions élevées où ils planent avec aisance , découvrir les victimes que la mort fait chaque jour dans la nature animée. Ils font entendre des cris, ou croassements, assez désagréables, qui n’ont pas moins contribué que leur costume funèbre à leur faire une réputation d’oiseaux de mauvais augure. Les anciens leur attribuaient le don de divination, et surtout celui de prédire les catastrophes. C’est pourquoi les aruspices les consultaient, et tiraient des pronostics de leurs diverses façons de croasser et de se mouvoir dans l’air.

Pris jeunes, au nid, les corbeaux s’apprivoisent avec une facilité remarquable. Quoiqu’ils jouissent d’une entière liberté, ils n’abandonnent jamais la maison qui fut leur berceau. Us s’éloignent, il est vrai, dans la campagne, pour chercher leurnourriture; mais ils reviennent au logis tous les soirs. Ils ont beaucoup d’attachement pour leur maître, et sont susceptibles de le reconnaître après plusieurs années de séparation. Leur audace et leur malice sont incroyables. Lorsqu’ils ont de l’antipathie pour quelqu’un, il n’est pas de tour qu’ils n’imaginent pour la lui témoigner. Ils ne peuvent souffrir ni les chiens ni les chats, et les harcèlent sans cesse, à coups de bec, pour leur arracher le morceau de viande qu’ils se disposent à manger. Enfin ils pratiquent des cachettes, et vont y porter tout ce qui tente leur cupidité ou excite leur convoitise. De plus, ils apprennent à répéter des mots et des phrases, et ils imitent les cris de quelques animaux.

Un grand nombre de faits consignés dans les ouvrages d’histoire naturelle témoignent de la vérité de cette assertion.

Pline parle d’un corbeau qui, installé sur les places publiques de Rome , appelait chacun par son nom , depuis l’empereur jusqu’au plus humble citoyen.

On a ri maintes fois au récit de cette aventure arrivée à un chasseur maladroit. Comme il avait manqué un corbeau

perché sur un arbre, celui-ci lui cria, d’une voix solennelle : Imbécile!

Le docteur Franklin parle en ces termes d’un corbeau élevé dans une auberge :

« H avait, dit-il, la mémoire des personnes et les cochers, avec lesquels, d’ailleurs, il vivait

connaissait parfaitement sur un pied d'intimilé.

OISEAUX

Avec ses amis particuliers, il prenait certaines libertés innocentes, comme cel e par exemple, de monter sur le haut d’une voiture pour aUer faire de "promenades, jusque ce qu’il rencontra, une autre vo.ture dont ,1 connût également le cocher, et qui le ramenait a la maison .

Le même corbeau avait la plus grande sympathie pour les chiens en général, et en particulier pour les chiens estropies, qu'il accablait d'attentions délicates : il allait leur tenir com- ' pagnie et leur portait des os à ronger. Cette excessive bienveillance pour un animal qui est rarement dans les bonnes grâces de messieurs les corbeaux, provenait de ce qui avait lté élevé avec un chien, pour lequel il s’était pris d une tendre affection,' et dont il s’était constitué le garde-malade assidu, alors que le pauvre quadrupède avait eu le malheur de se casser

kl Le même auteur raconte l’histoire d’un corbeau qui, capturé en Russie et incarcéré au Jardin des Plantes de Paris, îeconnu parfaitement le docteur Monin, arrêté fortuitement devant caoe et auquel il avait appartenu, dix ans auparavant Mis en présence de son ancien maître, il lui sauta sur l’épaule, et le couvrit de caresses et de baisers. Celui-ci réclama sa propriété, et l’oiseau Ht bientôt l’ornement de sa maison de campagne, ;£rès Te Blois, où il apostrophait les paysans en ces termes peu

P°Le docteur^ranklin a élevé lui-même un corbeau, dont la faculté d’imitation était inouïe :

. Il s’appelle lacob dit le doc*» ~ bruit de voix au bas des escaliers, q ^ ayec viofence. D’autres fois

■deux ou trois enfants en comme un chat, aboie comme un chien

1 imite le chant du coq, n - effrayer les oiseaux qui pillent les

ou reproduit le son de la crée mais bientôt un enfant

sur un ton grave, puis

Hpone^sÏÏofouvrV, “acob outre, eourt * e, lit dans la chambre,

^SSÜ voleur, c’est Ut

to'uC ï -be iout dans que, que trou noir ou quelque

j. La vie des animaux, par le docteur Jouatbas Franklin. ln-18. (O, seaux. )

PASSEREAUX

coin. Une blanchisseuse du voisinage avait coutume de pendre son linge près de notre fenêtre et de le fixer sur la corde avec des épingles. L’oiseau travailla avec une rare persévérance à détacher les épingles. La femme lui lança des malédictions en ramassant son linge tombé ; mais lui, de fuir dans le jardin en poussant les croassements les plus malicieux. Un jour, je trouvai sous quelques morceaux de bois la cachette du voleur : elle était pleine d’aiguilles et d’épingles. »

Les corbeaux sont répandus sur toute la surface du globe.

Le Grand Corbeau ( fig. 329) et la Corneille noire , ou Corbîne > sont sédentaires, et n’abandonnent point les localités où ils ont

Fig. 329. Grand Corbeau.

élu domicile ; mais la Corneille mantelèe ou cendrée , le Freux et le Choucas , sont des oiseaux migrateurs, qui ne visitent nos contrées septentrionales qu’aux approches de l’hiver. Les Choquarts habitent les hautes montagnes de l’Europe et de l’Afrique, et descendent en plaine pendant l’hiver. Enfin les Corbivaux se trouvent exclusivement en Afrique.

Les Pies se distinguent des corbeaux par des ailes plus courtes, par une queue longue et étagée, et par un costume moins lugubre; sauf ces légères différences, elles leur sont en tout semblables. Gomme les corbeaux, elles sont omnivores, sans se nourrir pourtant de proies mortes. Elles ont la même manie, soit à l’état sauvage, soit en domesticité, de faire des provisions, et

OISEAUX

de cacher tous les corps qui brillent. L’instinct du vol est même si développé chez elles, qu’il leur a valu dès longtemps une grande célébrité. Tout le monde connaît le drame populaire de la Pie voleuse , qui fit jadis verser des larmes à tous les cœurs sensibles. C’est la véridique histoire d’une servante qui , accusée d’avoir volé des couverts d’argent, mise en jugement et déclarée coupable, fut pendue bel et bien pour ce fait, et plus tard, mais trop tard, hélas ! reconnue innocente. L’auteur du vol, c’était la pie de la maison. Le fait arriva à Paris, chez un fondeur de cloches de la paroisse de Saint-Jean-en-Grève.

La pie est très-méfiante; l’homme a surtout le privilège de la mettre en fuite. Mais elle attaque avec beaucoup de hardiesse le chien, le renard et tous les oiseaux de proie. Survient-il un de ces animaux, elle le poursuit vigoureusement, ameute par ses cris tous les oiseaux de son espèce, et autant par son propre élan que par les efforts combinés de ses semblables, réussit la plupart du temps à l’éloigner. Elle s’agite sans cesse, et court avec légèreté, mais son vol est difficile. Elle crie et caquète continuellement, quelquefois d’une manière assourdissante, ce qui a fait naître le proverbe : Bavard comme une pie. Elle construit, sur la cime des plus hauts arbres, ou des buissons élevés, un nid, fait de branches épineuses, de bûchettes et de sable , et qui est remarquable par sa forme, sa grandeur et sa solidité (fig. 330). Elle en commence même plusieurs à la fois, les uns d’une manière ostensible, le dernier avec des précautions infinies, pour n’être pas observée. Suivant M. Nordmann, elle n’agit ainsi que pour donner le change aux personnes qui épient ses démarches; car c’est dans ce dernier nid qu elle dépose ses œufs. Si le fait était vrai, il supposerait une grande ruse chez cet oiseau.

La pie pond sept ou huit œufs, qui sont couvés alternativement par le mâle et la femelle. Ils montrent tous les deux le plus grand attachement pour leur progéniture et lui continuent très-longtemps leurs soins.

La pie s’apprivoise avec une extrême facilité, et devient trèsfamilière. On en voit solliciter les caresses de leur maître, et l’accompagner en tous lieux, avec une telle insistance, quon est obligé de les renfermer pour éviter leurs importunités. Elle apprend à parler, et se plaît surtout à répéter le mot M argot. On

Fig. 330. Nid de la Pie d'Europe.

PASSEREAUX

augmente son habileté de prononciation en lui coupant le filet, c’est-à-dire cette bride fibreuse et molle qui relie inférieurement la langue au palais.

Fig. 331. Pie d’Europe.

On rencontre la pie dans toutes les parties du monde. La Pie d’Europe (fig. 331), très-commune dans tous les pays de plaines,

Fig. 332. Geai commun.

3st un bel oiseau, au plumage noir velouté, avec la poitrine et nie partie des ailes d’un blanc pur. On trouve au Brésil et au

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Paraguay une autre espèce, dont le plumage est tout entier d’un beau bleu de ciel , à l’exception de la tète et de la gorge, qui sont noires.

Les Geais diffèrent des corbeaux par un bec court , légèrement échancré à la pointe, et par la faculté qu’ils possèdent de hérisser les plumes de leur tête, lorsqu’ils sont irrités. Us se nourrissent surtout de fèves, de glands, de noisettes, mais mangent aussi des vers et des insectes, et recherchent, comme les corbeaux et les pies, les œufs et les petits des autres oiseaux. D’un naturel irascible et querelleur, ils s’apprivoisent

Fig. 333. Casse-noix.

cependant très-aisément, et apprennent à prononcer quelques mots. Ils sont répandus en Europe, en Amérique et aux Indes. Le Geai d’Europe (fig. 332, page 585) est une très-jolie espèce, qui porte de petites plumes bleues à la naissance des

ailes.

Les Casse-noix (fig. 333) sont munis d’un bec droit, long et fort, qui leur sert à soulever les écorces des arbres, pour y chercher des insectes, et à ouvrir les cônes des pins et des sapins, dont ils mangent les amandes. A défaut de ces aliments, ils sô nourrissent de noisettes et de baies diverses; c est là ce qui leur a valu leur nom. Ils habitent les forêts montagneuses de l’Europe et de l’Asie et nichent dans les troncs des arbres, contre

PASSEREAUX

lesquels ils sont susceptibles de se cramponner, mais non de grimper.

Les Rolliers (fîg. 334) ont, par leurs formes générales, beaucoup d’analogie avec les geais ; mais ils en diffèrent par un bec plus robuste et par des narines découvertes ; ils sont aussi beaucoup plus sauvages et se retirent dans des bois épais. Us ne s’apprivoisent qu’ imparfaitement, et quoiqu’ils connaissent les personnes qui les soignent , ils ne deviennent jamais familiers. Us se nourrissent d’insectes, de vers et de petits reptiles; au besoin, ils mangent des baies, des graines et des racines.

Fig. 334. Collier d’Europe.

Leur plumage est fort brillant. [Us habitent l’Europe, l’Afrique et l’Asie méridionale.

Les Étourneaux (fig. 335) vulgairement nommés Sansonnets , sont caractérisés par un bec droit, et déprimé vers la pointe. Ce sont des oiseaux pleins de grâce et de vivacité, reconnaissables à leur sombre plumage, qui brille de reflets métalliques verts ou bleus. Us vivent en troupes nombreuses , dans les plaines et les bois , qu’ils parcourent en tourbillonnant. Us se groupent en figures régulières, pour aller gagner leur gîte de nuit . tantôt en triangle, tantôt en quadrilatère, en cercle, en ellipse ou en sphère. Us se nourrissent de graines, de baies,

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d’insectes, de vers et de petits mollusques terrestres. Ils choisissent, pour nicher, les endroits les mieux abrités, tels que les creux des arbres, les crevasses des murs, les clochers, les rebords des toits, des maisons, quelquefois même l’intérieur des colombiers. A ce propos, on les a accusés de sucer les œufs des pigeons : c’est là une pure calomnie.

Les étourneaux sont répandus sur toute l’étendue du globe; l’Europe en possède deux espèces. Ils ne sont sédentaires que dans quelques contrées. En général, ils émigrent chaque année. On les recherche , non pour leur chair qui est désagréable au goût, mais à cause de leur aimable naturel et de la facilité avec laquelle ils apprennent à parler.

Fig. 335. Étourneau.

Les Cassiques ont le bec gros à la base, exactement conique et très-pointu, la mandibule supérieure se prolongeant sur le front. Ce sont des oiseaux d’Amérique, qui se rapprochent beaucoup des étourneaux par leurs habitudes. Comme eux, ils u\cnt en troupes nombreuses, pendant presque toute 1 année. Ils se nourrissent de graines, de baies et d’insectes, et font souvent de grands ravages dans les champs cultivés et les veigeis. Vifs, légers et très-rapides dans leur vol, ils sont îemarquables par l’industrie qu’ils apportent dans la construction

PASSEREAUX

de leur nid. Ce nid représente une espèce de bourse, longue d’environ un mètre et large de trente centinièties, dont 1 entiée est pratiquée, soit au sommet, soit latéralement.

Le genre Gassique a été subdivisé en plusieurs groupes, dont les plus importants sont les Cassiques proprement dits, les Troupiales et les Carouges. Il faut citer, parmi les troupiales, une espèce de l’Amérique septentrionale, le Commandeur (ûg. 336), très-recherchée à cause de la belle plaque rouge, ou épaulette , qu’elle porte à la naissance de l’aile. Ges épaulettes ont été fort à la mode au dernier siècle : les dames en garnissaient leurs robes.

On range encore dans ce genre les Pils-pits (ainsi nommés

Fip. 336. Troupiale commandeur.

à cause de leur cri), qui sont très-voisins des précédents -et habitent la zone torride du nouveau continent.

Les Pique-bœufs (fig. 337) doivent leur nom à une singulière habitude, qui ne leur est cependant pas exclusive parmi les oiseaux : ils s’abattent sur les bœufs , les buffles , les gazelles et autres grands mammifères, qui vivent par troupes, dans les plaines africaines, et s’ingénient à dévorer les larves des mouches ( œstres ) qui déposent leurs œufs dans la peau de ces ruminants. Cramponnés sur le dos de leurs pourvoyeurs , ils

OISEAUX

attaquent, à coups de bec, les tumeurs qui recèlent les larves, en extraient fort habilement les futurs insectes et les mangent. Les animaux qu’ils délivrent ainsi de parasites incommodes , sont reconnaissants de ce service et se prêtent avec complaisance à l’opération.

Les pique-bœufs ne bornent pas leur alimentation aux larves des œstres : ils se nourrissent aussi de punaises de bois et d’autres insectes. Ils vont ordinairement par bandes de six ou huit individus , sont très-farouches et s’envolent, avec un cri aigu, dès qu’on les approche.

A côté des pique-bœufs se placent les Colious , qui habitent également l’Afrique. Ce sont de petits oiseaux, de la taille du bruant, qui ont la tête couverte d’une huppe. Ils vivent par bandes de quinze ou vingt, nichent en commun et se nourrissent de fruits et de bourgeons. D’après Levaillant , ils grimpent aux branches des arbres, la tête en bas, situation assez étrange, et dorment ainsi, serrés les uns contre les autres. Leur chair est fort délicate.

Les Becs-Croisés (fig. 338) sont remarquables par la forme de leur bec , dont les mandibules sont comprimées et recourbées en sens contraire, de manière à se croiser. Ils s’en servent pour

passereaux.

briser les cônes des arbres résineux, et en généial tous les fruits à pépins. Aussi font-ils de grands ravages parmi les pommiers de la Normandie , lorsqu ils passent en grandes troupes dans cette contrée de la France. Après les avoir entr’ouverts avec leur bec , ils s’accrochent aux cônes résineux, à l’aide de leurs ongles robustes , et en dévorent les amandes. Ils présentent cette particularité , presque unique dans la classe des oiseaux, qu’ils nichent et pondent en toutes saisons.

Fig. 338. Bec-croisé.

Les becs-croisés habiten les montagnes b'oisées du nord de l’Europe et de l’Amérique. La France en voit quelquefois une espèce , qui passe d’ailleurs très-irrégulièrement.

Le genre Moineau est le mieux caractérisé de la famille des Passereaux cornirostres , car il renferme un grand nombre d’espèces à bec conique et plus ou moins gros à la base. Nous allons les passer en revue successivement.

Le Gros-Bec (fig. 339) est le type du genre. Cet oiseau est , en effet, possesseur d’un bec d’une grosseur et d’une force extraordinaires , si on le compare à sa taille , qui ne dépasse pas celle du merle. Il se nourrit de graines, de baies, et quel-

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quefois d’insectes; les amandes les plus dures ne résistent pas au vigoureux outil dont il est armé. Répandu dans toute l’Europe, il se rencontre constamment en France. Il se tient selon la température , dans les lieux découverts ou dans les bois. Il est méchant, querelleur et partant peu sociable; aussi ne peut-on le conserver en cage avec d’autres oiseanx, car il les maltraite et les tue.

Fig. 339. Gros-Bec commun.

L’Amérique possède plusieurs espèces de gros-becs huppés, dont le plumage est d’une belle couleur rouge.

Le Bouvreuil vulgaire est un joli oiseau, à la poitrine rouge, qui porte le manteau gris et la calotte noire. Il se nourrit de graines, de haies et de bourgeons. On aime à l’élever en cage, à cause de son heureux caractère, de l’attachement qu'il porte à son maître et de la facilité avec laquelle il apprend à chanter et même à parler. A l’état sauvage, il construit, avec beaucoup d’art, un nid en forme de coupe.

Au bouvreuil se rattache le Dur-Bec , qui n’en diffère pas sensiblement, si ce n’est par le bec qui est un peu plus fort. Il ha-

PASSEREAUX

bite les forêts de sapins des régions septentrionales de l’Europe, et se nourrit des amandes des pommes de pin.

Viennent ensuite les Moineaux proprement dits , parmi lesquels l’espèce la plus intéressante est le Moineau franc ou Moineau domestique (fig. 3*2), qui habite toute l’Europe, depuis les contrées les plus méridionales jusqu’à l’extrême Nord.

Chacun connaît ce petit oiseau vif, audacieux et rusé, vrai gamin de la gent ailée, qui vit par troupes , dans le voisinage de nos habitations, et au sein même de nos grandes villes. Il est familier, mais d’une familiarité circonspecte et narquoise. Il encombre à tout instant nos rues et nos places publiques ; mais il a toujours soin de se tenir à une distance respectueuse de l’homme.

Il sait que l’amitié des grands est dangereuse, et sa prudence lui conseille de se dérober à une intimité qui pourrait avoir pour lui des conséquences fâcheuses. Ce n’est qu’après des épreuves multipliées et une longue

Suite de bons procédés, Fig- 341- Bouvreuil dur-bec.

qu’il conclut avec l’homme, sans arrière-pensée, un traité d’al-

Fig. 340. Gros-bec Tarin.

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liance. Alors il appartient tout entier à celui qui a su gagner son affection. Témoin ce moineau franc, cité par Buffon , dont le maître était soldat, et qui, non-seulement le suivait partout, mais encore le reconnaissait au milieu de tout le régiment.

Les moineaux sont éminemment sociables : ils vont, par petites bandes, à la recherche de leur nourriture, et nichent, non loin les uns des autres, soit dans les trous des murailles ou sous les rebords des toits , soit dans les arbres , soit même dans des nids d’hirondelles qu’ils s’approprient effrontément. Ils y déposent, deux ou trois fois oar an, de quatre à huit eufs, sur un lit de plumes et d’herbes molles. Leur fécondité est donc trèsgrande. Ils sont omnivores, mais préfèrent à tout autre aliment les graines et les larves d insectes.

On a versé des flots Fig. 342. Moineau franc. d’encre pour démontrer,

tantôt, que les moineaux font des ravages consul b'es J™

les champs cultivés, et méritent, par conséquent d let e ^ 1

minés; tantôt, qu'ils doivent être conserves, a cause de là |

quantité de chenilles qu'ils dévorent. Aujouxd hu. leur procus . .. gagné • on s'accorde à les ranger dans la categorie des oiseaux utiles. Cette opinion a d’ailleurs en sa hv»r 1 mufonfo | des faits N'a-t-on pas vu le gouvernement du Palatma , âpre avoir proscrit les moineaux, être obligé de les reimporter . |

d’arrêter les ravages des insectes, qui avaient pullule d une nière effrovable depuis la destruction de ces oiseaux .

Z c^onneJ sont de gentils et paisibles oiseaux qvu f rent leur nom de leur prédilection pour les graines de ctarc .

En Général, ils recherchent les graines des plantes paras '

3 opposent au développement des céréales et autres végétaux

PASSEREAUX

utiles : ils ont donc leur importance dans l’économie de la nature. Ils vivent et voyagent en troupes nombreuses.

Le Chardonneret élégant (fig. 343) est l’une des plus jolies espèces d’Europe. Il a le dos brun, la face rouge, et il porte une belle tache jaune sur l’aile. Sa voix est agréable et sa docilité très-grande. Élevé en cage, ou en volière, il devient très-familier, témoigne de l’attachement à son maître; il apprend à chan-

Fig. 343. Chardonneret élégant.

Fig. 344. Linotte.

ter et même à faire divers exercices. C’est ainsi qu’on voit des chardonnerets tirer de petits seaux contenant leur boire et leur manger, mettre le leu à la lumière d’un canon, faire le mort et toutes sortes de gentillesses analogues.

Les Linottes (fig. 344) ont la plus grande analogie avec les chardonnerets. Elles sont, comme eux, extrêmement sociables, et restent unies toute l’année, en bandes parfois considérables, excepté à l’époque de la reproduction. Elles font deux ou trois pontes par an. Les mâles ne prennent aucune part à la construction du nid ni au travail de l’incubation; mais ils veillent avec sollicitude sur leurs femelles et leur apportent à manger.

Les linottes se nourrissent principalement de graines de

OISEAUX

chanvre, de lin, etc.-, c’est même de là que leur vient leui nom, à la fin de l’hiver, elles s’attaquent aussi aux bourgeons des arbres. Leur chant est doux, brillant et varié; et comme en même temps elles sont dociles et susceptibles d’affection, on les recherche pour les élever en captivité. On en connaît plusieurs espèces, répandues dans toute l’Europe et l’Amérique septentrionale.

Les Pinsons (fig. 345) vivent par troupes, comme les linottes et les chardonnerets; mais ils en diffèrent en ce que leur vol est moins serré et qu’ils s’éparpillent davantage pour chercher leur

Fig. 345. Pinson.

nourriture. On les rencontre partout en Europe, soit comme oiseaux de passage, soit à l'état sédentaire. Ils se nournssent d diverses sortes de graines, et Habitent «.différemment les bois, les jardins ou les hautes cimes des montagnes.

Dès les premiers jours du printemps, le pinson jette aux

échos ses joyeuses chansons. Sa pétulance, son

ses éternels refrains, en ont fait la personnification de la Oaieto,

d’où le proverbe : Gai comme un pinson. .

Les Serins sont reconnaissables à leur plumage jaui , P ou moins varié de vert, gui empêche de les confondre avec aucun autre oiseau. Originaires des îles Canaries et importe en Europe au quinzième 'siècle, ils charmere.it tellement, p

PASSEREAUX

leur naturel facile, par la douceur et l’agilité de leur voix, que chacun les désira, et qu’ils se propagèrent avec une rapidité extrême. Aujourd’hui, ils sont à ce point rompus à la captivité, qu’ils se reproduisent et élèvent leur progéniture en cage. Véritables musiciens de chambre, ces petits êtres se trouvent à tous les degrés de notre échelle sociale , ils lancent leur gaie mélodie dans la mansarde du pauvre, comme dans les fastueux appartements du riche.

Fig. 346. Serin des Canaries.

Il existe un grand nombre de variétés de serins, qui, accouplées à des espèces voisines, telles 'que le chardonneret, la linotte, le cini, le tarin, etc., donnent naissance à des chanteurs agréables, mais complètement stériles.

Le Serin des Canaries (fig. 346) a pour représentant, en Europe, le Cini, qui vit en liberté dans toutes les régions tempérées de cette partie du monde. Cette espèce est celle dont le chant a le plus de force.

Les Veuves (fig. 347) n’offrent rien de particulier dans leurs mœurs. Ces petits passereaux, qui habitent l’Afrique et les Indes, doivent leur nom aux taches sombres qui émaillent leur plumage. Ils sont remarquables par l’extrême allongement des pennes de la queue chez les males.

A côté des veuves se placent les Sénègalis et les Bengalis (fig. 348), oiseaux chanteurs, qui, comme leur nom l’indique, sont originaires du Sénégal et du Bengale. On aime à les pos-

593 OISEAUX

séder en cage, à cause de leurs vives couleurs et de leurs refrains harmonieux.

Les Tisserins ferment la série des oiseaux appartenant au genre moineau. Ils vivent par troupes dans l’Afrique et les

Indes, où ils se nourrrissent de céréales et de bourgeons. Ils crient, mais ne chantent point. Ils doivent leur nom à 1 art inimitable qu’ils déploient dans la composition et le lissage de leur nid. Ce nid, dans lequel entrent comme éléments des brins d’herbes, des joncs, de la paille, varie de forme suivant les espèces; il est ordinairement suspendu aux branches des ai lues, et 1’entrée s’en fait par le bas. Tantôt il est contourné en spirale, tantôt roulé en boule, tantôt tourné en forme d’alambic; quelquefois c’est un cylindre élargi dans son milieu. Le Bcli Couvvi , ou Tisserin du Bengale , attache chaque année un nou veau nid à celui de l’année précédente, et rien n’est plus pittoresque que ces grappes de nids ainsi suspendues aux rameaux

des arbres.

Mais les tisserins les plus curieux sous le rapport de la nidification sont, sans contredit, les Républicains. Ces oiseaux s’eta-

PASSEREAUX

Missent, au nombre de cinq ou six cents, sur le même arbre, construisent leurs nids sous un abri commun, adossés les uns

Fig. 348. Sénégali et Bengali.

aux autres, comme les cellules d’une ruche, et vivent, ainsi, dans la meilleure intelligence.

Les Bruants forment, dans la famille des Cornirostres , un genre caractérisé par un bec court, à 'mandibule supérieure plus étroite que l’inférieure, et par un tubercule saillant, placé dans le palais, qui a pour fonction de broyer les graines dont ces oiseaux font leur principale nourriture. Ils habitent, en général , les champs et les haies sur la lisière des bois ; quelques espèces se plaisent dans les lieux aquatiques. Leur nid repose sur la terre ou sur un buisson peu élevé ; ils y font plusieurs pontes composées chacune de quatre ou cinq œufs. Ils sont très-étourdis et donnent à l’aveugle dans tous les pièges qu’on leur tend. Leurs couleurs sont peu brillantes, mais leur chant n’est pas sans attrait. A l’automne, lorsqu’ils quittent les régions tempérées pour descendre vers le sud, leur chair, chargée de graisse, possède une saveur des plus délicates; aussi les chasse-t-on beaucoup à cette époque.

On partage les bruants en Bruants proprement clits^ ou

OISEAUX

espèces chez lesquelles l’ongle du pouce est court et crochu, et Bruants èperonnicrs , qui ont le même ongle long et droit.

Fig. 35 i . Ortolan.

C’est à la première section qu’appartiennent le Bruant commun

Fig. 350. Bruant zizi ou Bruant des haies.

Fig. 349. Bruant des marais.

PASSEREAUX

ou Bruant des marais (fig. 349), type du genre, très-répandu et sédentaire en France, le Bruant zizi, ou Bruant des haies ( fig. 350), et l’ Ortolan (fig. 351), bien connu des gourmets et des chasseurs de nos contrées méridionales, qu’il visite périodiquement. Dans la seconde section, on remarque le Bruant des neiges , qui habite les régions boréales de l’Europe et se montre rarement en France.

Les passereaux cornirostres appartenant au genre Mésange ont le bec droit, court et menu, garni de petits poils à la base; mais leur individualité s’accuse bien plutôt par des mœurs spéciales que par les traits particuliers de leur physionomie. L’originalité de leur nature et l’ensemble de leurs habitudes suffiraient, en effet, pour caractériser nettement ces petitsètres.

Fig. 352. Mésange huppée.

La pétulance, l’audace, le courage, l’instinct de la sociabilité, poussés à leurs extrêmes limites , sont autant de qualités qui leur assurent une place bien définie dans l’ordre que nous étudions.

Qui découvre la chouette pendant le jour ? Qui l’assiège de ses clameurs? Qui la poursuit de ses coups de bec? Qui ameute contre le tyran nocturne la foule des petits oiseaux? C’est la mésange. Batailleuse autant qu’on peut l’être, elle donne carrière a ses instincts belliqueux, toutes les fois que l’occasion s’en présente, compensant la force qui lui manque par la hardiesse des coups. La mésange est l’incarnation du mouvement. Elle va et

vient continuellement sur les branches des arbres, à la recherche de sa nourriture, introduisant son bec sous l’écorce, ou

Fig. 353. Nid de la Mésange à longue queue.

se suspendant aux rameaux les pattes en lair, poui s^s'r les insectes qui sillonnent la surface inférieure des foui es.

Du reste, elle varie son alimentation suivant les saisons e les circonstances. Non-seulement elle dévore les insectes es

PASSEREAUX

plus divers, sans même en excepter les abeilles ni les guêpes, mais encore des graines, des fruits à enveloppe ligneuse ou charnue. Elle est même carnivore, car elle tue souvent des oiseaux faibles ou malades, pour leur dévorer la cervelle. Certaines espèces se délectent lorsqu’il leur est donné de manger du suif ou de la graisse rance : voilà certes un goût étrange et# peu naturel, mais il ne nous appartient pas de le discuter.

La mésange est très-sociable, et montre un grand attachement pour ses semblables : à ce point qu’une bande de mésanges se laisse décimer et même anéantir complètement, plutôt que d’abandonner une camarade blessée. Au printemps, chaque couple s’isole pour les besoins de la reproduction.

La position du nid varie suivant les espèces. Il est des mésanges qui se blottissent dans les fentes des murailles, dans des trous d’arbres et dans des nids abandonnés. D’autres construisent leurs demeures au sein des arbres ou les suspendent à l’extrémité des branches; quelques-unes enfin les cachent au milieu des roseaux. Elles apportent ordinairement beaucoup d’art dans leurs constructions. Le nid de la Mésange à longue queue (fig. 353) affecte une forme ovale, et est percé de deux ouvertures, une pour l’entrée, l’autre pour la sortie. Cette disposition facilite les mouvements de l’oiseau alentour de son nid : il serait gêné dans ses évolutions, par le développement des plumes de sa queue.

Les mésanges abondent dans toute l’Europe ; on en trouve aussi en Asie et dans l’Amérique septentrionale. Les espèces les plus remarquables sont: la Mésange charbonnière, la Mésange à tête bleue, la Mésange huppée (fig. 352), la Mésange à longue queue (fig. 353), la Mésange et moustache et la Mésange rémiz. Les cinq premières sont sédentaires ou de passage en France.

Le genre Alouette termine la famille des Passereaux cornirostres.

Ce qui caractérise l’Alouette, c’est son pied. L’ongle du pouce long, droit et fort, parfois plus long que le doigt lui-même, indique un oiseau marcheur, incapable d’étreindre les rameaux des arbres et conséquemment ne perchant pas. L’alouette vit, en effet, à terre, au sein des grandes plaines couvertes de moissons, et rend d’éminents services au cultivateur, par l’énorme quantité de vers, de chenilles et de sauterelles qu’elle détruit chaque

OISEAUX

jour. Elle établit son nid dans un sillon, entre deux mottes de terre, sans beaucoup d’art, il est vrai, mais avec assez d’intelligence pour le dérober à la vue de ses ennemis. Elle y dépose quatre ou cinq œufs, et fait jusqu’à trois pontes par an, lorsque la saison est favorable. Les petits, éclos au bout de quinze jours d’incubation, sont en état de quitter leur berceau au bout de quinze autres jours. La mère continue néanmoins à les surveiller, à guider leurs pas, à satisfaire leurs besoins, tout en voltigeant autour d’eux, et c’est seulement lorsque les soins d’une nouvelle famille la réclament qu’elle les abandonne à euxmêmes. Ceux-ci sont d’ailleurs assez développés à ce moment pour que la protection maternelle ne leur soit plus nécessaire.

L’alouette est le vivant symbole de la paix et du travail, le

Fig. 354. Alouette huppée

barde des terres cultivées et des épis jaunis par le soleil. Dès les premières lueurs de l’aube, le mâle s’élève, en un vol perpen-l diculaire et tournoyant, égrène dans l’air ses notes joyeuses, et. appelle le cultivateur aux champs. Il monte, monte toujours en chantant; il a disparu à nos yeux, que sa voix se fait entendre encore. Ce chant a une signification : c’est un hymne d’amour et un appel à toutes les femelles de la plaine.

Après la saison des couvées, les alouettes se rassemblent en troupes nombreuses, et n’ayant plus d’autres soucis que celui de^ leur nourriture, elles acquièrent un embonpoint, qui, pour le plus grand nombre, équivaut à un arrêt de mort. C est alors que de tous côtés les chasseurs se mettent en campagne, pour faire une razzia de ces mauviettes si généralement estimées.

PASSEREAUX

Lgs moyens ne manquent pas pour accomplii cette œuvre de mort. Collets, filets, gluaux, miroirs, poudre et plomb, tous ces engins concourent à la diminution de 1 espèce, et finiront peutêtre par amener sa disparition totale.

La chasse au miroir est basée sur la curiosité naturelle de l’alouette, curiosité qui la pousse invinciblement vers tout ce qui reluit. Le chasseur place dans un champ un miroir de verre, ou d’autre matière propre à réfléchir les rayons du soleil, et se tient à l’affût, non loin de là, en se dissimulant de son mieux. Les alouettes, sollicitées par ce foyer de lumière, viennent s’offrir à ses coups, et se succèdent auprès du miroir, sans que l’exemple de leurs compagnes foudroyées puisse les tenir à distance.

On n’est pas d’accord sur la question de savoir si les alouettes sont des oiseaux migrateurs ou sédentaires. Certains naturalistes, adoptant un moyen terme, croient qu’une partie d’entre elles voyagent, et que l’autre portion ne se déplace pas. Ce qui est certain, c’est que le sol français nourrit des alouettes en tous temps.

Parmi toutes les espèces qu’on connaît, Y Alouette commune est la seule qui puisse se prêter à la captivité ; encore demandet-elle beaucoup de ménagements. En cage, elle ne cesse pas de chanter, et imite même les accents des autres oiseaux.

Les alouettes sont répandues dans tout l’ancien continent, surtout en Europe et en Asie. Les principales espèces sont Y Alouette commune ou Alouette des champs , Y Alouette huppée ou Cochevis (fig. 354), dont la tête est surmontée d’une petite huppe érectile, et Y Alouette des bois ou lulu , qui habite les bois pendant la saison des amours, et perche sur les grosses branches des arbres.

Famille des Fissiroslres. — Les Passereaux Fissirostres sont caractérisés par un bec court, large, aplati horizontalement, un peu crochu, non échancré et fendu très-profondément. Ils sont essentiellement insectivores.

Ils comprennent deux genres : les Hirondelles et les Engoulevents.

Les Hirondelles sont reconnaissables à leurs ailes longues et aiguës, à leur queue fourchue, et à leurs tarses excessivement courts. L’air est leur véritable élément : elles volent avec

OISEAUX

une facilité, une légèreté, une rapidité inconcevables. Leur existence est un vol éternel : elles mangent, boivent, se baignent même, en volant. C’est encore en volant qu’elles nourrissent leurs petits, lorsqu’ils commencent à essayer leurs ailes. On les voit s’élever, s’abaisser, tracer des courbes, qui se croisent et s’entrecroisent, et modérer leur allure, alors même qu’elle est le plus violente , pour suivre dans leurs capricieux méandres les insectes ailés, dont elles font leur nourriture exclusive. La vitesse de leur vol est telle, que certaines espèces font jusqu’à trente lieues à l’heure.

Mais la faculté du vol qu’elles possèdent à un si haut degré, ne se développe chez elles qu’aux dépens d’une autre faculté : celle de la marche. Avec leurs jambes courtes, il leur est presque impossible de marcher, et si par hasard elles se posent à terre, elles éprouvent la plus grande difficulté à reprendre leur essor. En revanche, leur vue est si bonne, qu’elles ne le cèdent en rien, sous ce rapport, à l’aigle ou au faucon. D’après Spallanzani, qui fit des expériences très-nombreuses et très-précises sur les hirondelles, le martinet aperçoit la fourmi ailée qui passe dans les airs, à. une distance de plus de cent mètres !

Les hirondelles sont célèbres par leurs migrations. Dès les premiers jours du printemps, elles arrivent en Europe, non par troupes, mais isolément ou par couples, et s’occupent presque aussitôt, soit de réparer leurs anciens nids, soit d’en construire de nouveaux , s’ils ont été détruits. Il existe d’ailleurs parmi elles beaucoup de jeunes de l’année précédente, qui n’ont jamais niché en Europe. Il pourra paraître extraordinaire que ces oiseaux, après six mois d’absence, retournent à leur domicile sans la moindre incertitude ; le fait a cependant été constaté trop souvent pour qu’on puisse élever le moindre doute à cet égard.

La forme, la nature et l’emplacement du nid, varient suivant les espèces. V Hirondelle de cheminée maçonne le sien contre les parois intérieures des cheminées ; 1 Hirondelle de fenêtre, dans les angles des fenêtres et sous les rebords des toits. D autres s établissent au sein des arbres morts, en nombre quelquefois considérable. Audubon estimeàonze mille la quantité d’hirondelles qui résidaient dans un grand sycomore, qu’il eut 1 occasion d observer, près de Louisville. Il en est qui s’installent dans les an-

PASSEREAUX

fractuosités des rochers, ou sous les voûtes des cavernes. Enfin Y Hirondelle de rivage creuse, dans les berges escarpées de rivières, une galerie, de deux ou trois pieds de pr ofondeui , à 1 extrémité de laquelle elle se retire, sur un lit de plumes.

Fig. 355. Hirondelle de fenêtre, et son nid.

Le plus souvent, le nid est fait de terre gâchée avec de la paille, et tapissé intérieurement de plumes et de duvet; tels sont ceux de l 'Hirondelle de cheminée et de Hirondelle de fenêtre (fig. 355). Quelquefois le nid est construit avec de petites bûchettes, arrachées par l’oiseau aux branches desséchées des

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arbres, et agglutinées au moyen d’un liquide visqueux, qui découle de sa bouche : le Martinet noir ne procède pas autrement.

Lorsque après un mois de travail les hirondelles ont achevé leur nid, la femelle y dépose de quatre à six œufs ; elle fait ainsi deux ou trois pontes par an. La durée de l’incubation est de douze ou quinze jours, pendant lesquels le mâle montre la plus grande sollicitude pour sa femelle : il lui apporte à manger dans le nid, passe la nuit près d’elle, et gazouille à tout instant du jour, pour charmer son oisiveté.

Dès que les petits sont éclos, les parents les entourent de tous ; les soins que réclame leur faiblesse, et font même preuve, à leur endroit, d’une affection remarquable. Us les nourrissent, j aussi longtemps qu’ils gardent le nid. Lorsque les Hirondeaux j se sentent assez forts pour essayer leurs ailes, ils guident leurs premières tentatives, et leur enseignent à poursuivre l’insecte dans l’air. Boerhaave cite une hirondelle qui, voyant au retour d’une excursion la maison où elle avait établi son nid devenue la proie des flammes, n’hésita pas à se jeter dans le brasier, pour aller retrouver et sauver ses petits.

Dans quelque lieu que les hirondelles s’établissent, elles se préoccupent toujours d’être à proximité, soit d’un lac, soit d’une rivière. La surface des eaux est, en effet, le rendez-vous d une foule d’insectes, parmi lesquels elles peuvent moissonner largement. Extrêmement sociables, elles se rassemblent en troupes nombreuses, et qui paraissent unies par une profonde affection, car elles s’aident mutuellement en maintes circonstances.

<r J’ai vu, dit Dupont de Nemours, une hirondelle qui s’était malheureusement, et je ne sais comment, pris la patte dans le nœud coulant d’une ficelle, dont l’autre bout tenait à une gouttière du collège des Quatre-Nations. Sa force épuisée, elle pendait et criait au bout de la ficelle qu elle

relevait quelquefois en voulant s’envoler. |

« Toutes les hirondelles du vaste bassin entre le pont des Tuileries et le pont Neuf, et peut-être plus loin, s’étaient réunies au nombre de plusieurs milliers ; elle faisaient nuage; toutes poussaient le cri d’alarme. Toutes celles qui étaient à portée vinrent à leur tour, comme a une course de bagues, donner, en passant, un coup de bec à la ficelle. Ces coups, dirigés sur le même point, se succédaient de seconde en seconde, et plus promptement encore. Une demi-heure de ce travail fut suftisan e pour couper la ficelle et mettre la captive en liberté. »

Voici un autre fait rapporté par Linné], qui prouve jusqu à

PASSEREAUX

l’évidence l’esprit de confraternité de ces oiseaux. Lorsque les hirondelles de fenêtres reviennent, au printemps , prendre possession de leurs nids , elles en trouvent quelquefois un certain nombre occupés par des moineaux. La légitime propriétaire, ainsi dépouillée de son bien , s’évertue , par tous les moyens possibles, à rentrer dans sa demeure; mais elle n’y réussit pas toujours. Dans ce cas, elle demande appui à ses compagnes, et

Fig. 35G. Martinet à moustaches.

toutes ensemble viennent assiéger l’intrus. S'il résiste et se retranche dans son fort, pour se venger, elles apportent de la boue dans leur bec , et murent l’entrée de la citadelle , qui devient ainsi le tombeau de l’usurpateur.

G est ordinairement au mois de septembre que les hirondelles nous quittent, pour aller à la recherche d’une température meilleure et d’une nourriture plus abondante.

Quelques jours avant leur départ, elles s’agitent, poussent GS cris et s’assemblent fréquemment dans les lieux élevés, mme pour délibérer et fixer l’époque du voyage. Enfin, le

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jour choisi étant arrivé, toutes les hirondelles de la contrée se réunissent en un lieu convenu. Elles commencent par s élever en tournoyant dans les airs; et, après quelques évolutions, destinées sans doute à reconnaître leur route, elles s’avancent, en masse, vers les rivages de la Méditerranée, puis passent en Afrique. Quoiqu’elles soient de tous les oiseaux ceux dont le

Fig- 357. Martinet à ventre blanc.

vol est le plus soutenu, elles ne font pas ce long parcours sans s’arrêter. Aussi les navires qui traversent la Méditerranée, à cette époque, en reçoivent-ils presque toujours quelques-unes, qui viennent chercher, dans un repos de quelques instants, la

force nécessaire pour continuer leur \ 05 âge.

Les retardataires, que les devoirs de la maternité ou toute autre cause ont empêchés de suivre le gros de 1 émigration, paitent quelques jours plus tard, isolément ou par petites troupes 1 1 en est même qui ne quittent pas nos climats, et qui possédé le secret d’y passer, sans inconvénient, la saison rigoureuse.

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Des témoignages nombreux et dignes de foi prouvent, en effet, que certaines hirondelles s’engourdissent pendant l’hiver, à la façon des animaux hibernants, et se réveillent dès qu’une température convenable les ramène aux conditions ordinaires de leur existence. Ce fait, fort controversé, est pourtant un des plus curieux de l’ornithologie.

Les hirondelles ont eu, de tous temps, le privilège de captiver la sympathie et la bienveillance des hommes. Quelques peuples anciens regardaient ces oiseaux comme sacrés, et aujourd’hui

encore, chacun se sent pris pour elles d’une tendre pitié. Les services qu’elles nous rendent, en détruisant une prodigieuse quantité d insectes, la douceur de leurs moeurs, la vivacité de leur affection mutuelle et de celle des parents pour leur progéniture, 1 heureux présage qu’elles nous apportent, quand elles nous annoncent le retour du printemps , tout cela a contribué à nous les rendre chères, et à dicter nos bonnes résolutions à leur égard.

Cependant les habitants de certains pays ne se piquent pas de si beaux sentiments , et ne se font pas scrupule de leur envoyer quelques grains de plomb, surtout à l’automne, lorsque leur rotondité les désigne à leurs coups. On rencontre même des chasseurs — on a peine à le croire ! — qui assassinent ces innocentes créatures, par désœuvrement, par passe-temps, comme

pour s’entretenir la main, et de crainte de perdre l’habitude de donner la mort!

Les hirondelles ont , en général , le ventre blanc et les autres parties noires , avec des reflets bleuâtres ou violets. On en connaît soixante-dix espèces, répandues sur toute la surface du globe, et dont six seulementhabitent l’Europe. On les apartagées en Hirondelles proprement dites et Martinets. Ces derniers qui sont de taille plus forte que les vraies hirondelles, ont les ailes p us longues, conséquemment le vol plus rapide et plus soutenu enfin les doigts beaucoup plus forts, pourvus d’ongles robustes et crochus , et le pouce versatile

Les principales espèces d’Europe, sont : dans la première sec-

Zrüneï Hlrmdelk‘ d‘ <mitn 355 . P»ge 607), V Hirondelle ou de Z enZT 7 ^ 8"’ W 6°S)’ de rivage,

« ventre date “tx UmUml et ,e

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Parmi les espèces étrangères nous mentionnerons Y Hirondelle salangane , qui habite Java et Sumatra, et qui est célèbre dans le monde entier , par l’importance alimentaire de son nid.

Cet oiseau habite les rochers et les cavernes des rivages maritimes. Lorsqu’il veut nidifier, il avale des fucus, plantes marines fort communes en ces parages, les élabore dans son estomac, et les dégorge ensuite, pour en constituer les parois de son nid. Les fucus ainsi digérés contiennent des principes nutritifs,

Fig. 358. Hirondelle Salangane.

qui sont du meilleur effet sur les personnes épuisées par les excès de différente nature. C’est pour cela que les Chinois font une si grande consommation de nids de salangane, maigre eur prix élevé. Du temps de Buffon, on exportait, chaque annee, es côtes de Cochinchine, quatre millions de nids de salanganes qui représentaient une somme considérable; et le propi îe a d’une caverne située dans P île de Java en retirait, annue e ment, plus de 50 000 florins de rente. Aujourd'hui cet eta ( choses ne paraît pas avoir changé.

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Les traits distinctifs des Engoulevents sont : un bec encore plus fendu que celui des hirondelles ; des tarses courts ; un pouce versatile ; des ailes longues ; la physionomie et le plumage mous et duveteux des oiseaux de nuit. Ce sont des oiseaux tristes et solitaires, qui vivent par couples, dormentpendant le jour, et ne sortent qu’au coucher du soleil, pour se livrer à la chasse des insectes crépusculaires et nocturnes. Ils volent ainsi toute la

Fig. 359. Nid d’Hirondelle salangane.

nuit, le bec largement ouvert, et engloutissent leur proie, qu une salive gluante , humectant leur palais , empêche de s’échapper. Les insectes qui fournissent à leur alimentation sont surtout les phalènes, les sphynx, les libellules ou demoiselles, les grillons, les courtillères, les hannetons, les bowrdons, les mouches, etc. ils sont donc d’une utilité aussi grande que les hirondelles, et ont droit aux mêmes égards. Malheureusement comme ils sont très-gras et très-délicats à l’automne, les chasseurs les sacrifient volontiers cà leur gourmandise.

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Ils sont migrateurs et voyagent lentement, pendant la nuit. Leur nom leur vient du bruit qu’ils font en volant et qui paraît dû à l’engouffrement de l’air dans leur bec.

Us se subdivisent en Engoulevents proprement dits, Ibijaux , Podarges et Guacharos.

Les Engoulevents proprement dits sont les plus petits du genre. Us sont reconnaissables aux plumes décomposées , ou mousta-

Fig. 360. Engoulevent d'Europe.

ches, qui garnissent la base de leur bec, et à l’ongle du doigt médian, qui est dentelé. On croit généralement que cette espèce de peigne leur sert à se gratter la tête, et à se débarrasser des insectes qui débordent de leur bec et les dévorent. Us habitent la montagne ou la plaine, et se tiennent blottis, tout le jour, dans les genêts et les bruyères. Us ne nichent pas, et déposent leurs œufs sur la terre nue ou sur des feuilles sèches. Ces œufs, au nombre de deux, sont couvés par la femelle et

éclosent au bout de quatorze jours.

L’espèce type des vrais engoulevents est Y Engoulevent d Eut ope (lig. 360), dont la taille est celle du merle. Cet oiseau s’approche ' fréquemment des troupeaux, pour saisir les insectes qui les j incommodent. La croyance populaire à ce sujet est qui Na j traire pendant la nuit les vaches, les chèvres et les brebis; d’où le nom absurde de Tètc-chèvre qu’on lui a donne. On la | nommé aussi Crapaud volant ; mais on ne voit pas bien 1 oi Vne

de ce mot.

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Les Guacharos sont de singuliers oiseaux qui furent découverts, en 1799, par MM. de Humboldt et Bonpland, dans l’intérieur d’une vaste caverne de la Colombie, la grotte de Caripe. Leur bec crochu et l’ensemble de leurs formes, plus robustes que celle des engoulevents, les rapprochent des oiseaux de proie. Ils habitent, par milliers, les profondes cavernes de la chaîne de Cumana et se maintiennent accrochés, à l’aide de leurs griffes aiguës, aux parois des rochers ; c’est là aussi qu’ils établissent leurs nids. Us ne sortent que le soir et pendant la nuit; mais, contrairement à leurs congénères, ils ne se nourrissent que de graines et de semences. Les Indiens de Caripe pénètrent, de temps à autre, dans leurs sombres domaines, et en font des razzias considérables.

Famille des Dentirostres. — Les Passereaux Dentirostres sont caractérisés par un bec plus ou moins fort, échancré de chaque côté de la pointe. Us se nourrissent de baies et d’insectes. Us comprennent un grand nombre de genres, savoir : les Eurylaimcs , les Manakins , les Becs-fms , les Lyres , les Loriots , les Martins , les Mainates , les Philédons , les Cincles, les Fourmiliers , les Merles, les Tangaras, les Drongos , les Colingas, les Gobe-mouches et les Piegrïeches.

Les Eurylaimes ont le bec excessivement large, déprimé et fendu. Ce sont des oiseaux aux couleurs brillantes, tous pourvus d’une collerette, qui tranche sur le reste du plumage. Us vivent retirés dans les marécages, sur les bords des lacs et des rivières, se nourrissant de vers et d’insectes. Ils sont de la taille du merle et habitent les îles de l’Océanie.

Les Manakins ont le bec plus haut que large, percé de narines très-grandes, et les deux doigts externes réunis jusqu’au milieu. Ces oiseaux sont propres à l’Amérique méridionale.

Les Rupicoles, ou Coqs de roche, sont remarquables par les nuances vives et délicates de leur plumage, ainsi que par la belle huppe qui se dresse sur leur front. Us affectionnent les lieux sombres et se retirent ordinairement dans les fentes et les cavernes qui existent au milieu des rochers. Us sont très-farouches, ne sortent guère que pour chercher les fruits qui

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composent leur nourriture, et se laissent très- difficilement approcher. A la moindre apparence de danger, ils s’enfuient rapidement. Leur nom de Coqs leur vient de 1 habitude qu ils ont de gratter la terre, et de battre des ailes, comme les coqs domestiques, peut-être aussi de leur taille, qui est peu différente. Ils habitent l'Amérique méridionale et les îles de la

Sonde.

L’espèce la plus belle est le Rupicole orangé , indigène de la Guyane, dont le plumage est tout entier d’une couleur orangé très-vif,' et dont la huppe est formée de deux rangs de plumes disposées en demi-cercle.

Les Becs-fins , reconnaissables à leur bec droit, menu et effilé, constituent une nombreuse série d’oiseaux, dans laquelle on a établi les sous-genres Fauvette, Rubiette, Roitelet, Pouillot, Troglodyte, Traquet , Lavandière , Bergeronnette, Farlouse.

Tous ces Passereaux sont de petite taille, et leurs allures sont vives et légères. La plupart ont la faculté d’imprimer à leur queue des mouvements vibratoires. Ils habitent nos bois, nos bosquets, nos jardins, et font retentir les airs de leurs mélodieux accords. Ils arrivent au printemps, et nous abandonnent à la chute des feuilles. Ils sont, en général, remarquables par l’art qu’ils apportent dans la construction de leur nid. Vivant

presque exclusivement d’insectes, ils rendent, sous ce rapport,

d’éminents services à l’homme. Il en est pourtant qui, a 1 automne, cessent d’être insectivores, pour se nourrir de fruits savoureux, entre autres de figues et de raisins, d’où le nom de Bec-figues qui leur a été donné dans le midi de la Frgnce. G est alors que les chasseurs les poursuivent, alléchés par leur chair

rebondie et délicate. ,

La plupart des Becs-fins affectionnent les bois, les coteaux,

les montagnes ou les bords des eaux.

Au premier rang, dans le sous-genre Fauvette, se place le Rossignol , célèbre dans le monde entier, par son chant qui est supérieur, sans nul doute, à celui de tous les autres Oise d’Europe. D'un naturel sauvage, le rossignol se retire dans les lieux frais et bien abrités, et se montre rarement a nos regards. Les broussailles, les bosquets, les charmilles et les buissons

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touffus qui croissent au bord des eaux, sont ses demeures de prédilection. C’est là qu’il établit son nid, sans beaucoup de soin, toujours à une faible hauteur, et quelquefois sur la terre même. Il présente cette particularité, qu’il chante, non-seulement pendant le jour, mais aussi dans les ténèbres. Mais s’approche-t-on de sa retraite, il s’arrête aussitôt. Il aime, d’ailleurs, la solitude par-dessus tout.

Il arrive seul en France, seul aussi il nous quitte, au milieu du mois d’août, pour passer en Afrique ou en Asie.

Fig. 361- Rossignol.

Citons encore diverses fauvettes, en raison de l’admirable génie architectural qu’elles manifestent dans la fabrication de leur nid.

La Fauvette effarvaie , ou Fauvette des roseaux (Fig. 362), entrelace son nid parmi des roseaux, qui lui servent de montants et de supports. La Fauvette cisticole lui donne la forme d’une bourse ou d’une quenouille, faite de laine, de toiles d’araignée ou d’autres matières soyeuses, et placée dans l’intérieur d’une touffe de plantes marécageuses. La Fauvette couturière est la plus étonnante de toutes. A l’aide de son bec et de ses pattes, elle étire en fil le coton recueilli sur les arbres

618 OISEAUX

qui le produisent; elle choisit ensuite des feuilles larges et

Fig. 303. Rouge-gorge.

coton qu’elle a préparé , et construit ainsi une espèce d au

Fig. 362. Fauvette des roseaux.

résistantes , y pratique des trous , les coud ensemble avec le

PASSEREAUX. 619

vent, qui dérobe' parfaitement son nid à la vue de ses enne-

mis. Cette

Fig. 364. Roitelet.

espèce n’habite pas l’Europe comme les précé-

Fig. 365. Pouillot.

dentes ; elle appartient à l’Inde et aux îles voisines.

OISEAUX

Les autres espèces les plus répandues en France sont: la Fauvette des jardins et la Fauvette à tête noire.

Fig. 366. Troglodyte.

Mentionnons aussi la Fauvette des Alpes , qui fréquente les hauts plateaux alpins.

Fig. 367. Traquet.

Les Rainettes sont ainsi nommées parce que leui pluma0e présente des parties rougeâtres. Elles comprennent d abord le Rouge-gorge (fig. 363, page 618), oiseau curieux et familier, qui

passereaux.

constitue, à l’automne, un excellent petit gibier; puis le Rougequeue , la Gorge-bleue et la Calliope.

BiïALET. i

Fig. 368. Lavandi ères.

Nous ne dirons rien du Roitelet (fig. 364, page 619), des Pouillols (13g. 365, page 619), des Troglodytes (fig. 366), ni des Traquets

Fig. 369. Bergeronnette.

(lig. 367), dont les mœurs ne présentent aucune particularité remarquable. Nous signalerons seulement le Roitelet comme le plus petit oiseau d’Europe.

Les Lavandières (fig. 368) sont ainsi nommées parce qu’elles courent souvent sur les bords des rivières et des ruisseaux, dans

OISEAUX

le voisinage des laveuses. On les appelle aussi Hochequeues , parce qu’elles ont , plus que tous les autres becs-fins , la propriété d’agiter la queue.

Les Bergeronnetles (fig. 369, page 621) ont une grande ressemblance avec les lavandières; mais elles s’en distinguent par l’ongle du pouce, qui est long comme celui des alouettes. Elles suivent souvent les troupeaux : de là leur nom.

Les Farlouses se rapprochent des alouettes par le même caractère que les bergeronnettes, et pourraient être confondues avec elles, si ce n’était leur bec échancré : c’est pourquoi on les appelle vulgairement A loueltes clés prés. Ce sont surtout les farlouses

Fig. 370. Lyre.

qui se nourrissent de fruits à l’automne, et qu’on désigne sous le nom de bec- figues dans les contrées méridionales de la France.

La Lyre est un oiseau de la Nouvelle-Hollande, au bec long,

PASSEREAUX

comprimé , triangulaire à la base. Elle doit son nom à la disposition particulière de sa queue, qui, chez le mâle, présente exactement la forme d'une lyre. Cet oiseau n’est, d’ailleurs, remarquable que par le singulier développement des plumes de sa queue, car son plumage, d’une couleur brune, n’a rien qui charme l’œil. Il habite les forêts d’eucalyptus des Montagnes Bleues, niche dans les arbres, à peu de distance du sol, et se nourrit de vers et de larves d’insectes, qu’il cherche sous les feuilles sèches , répandues à terre. Il paraît que son chant n’est pas sans agrément.

Les Loriots ont le bec allongé, convexe, robuste, pourvu d’une arête saillante, et les tarses très-courts. Ils sont répandus dans toutes les parties chaudes de l’ancien continent et dans les

Fig. 371. Loriot.

îles de l'Océanie. Leur plumage est richement coloré ; le jaune et le noir s’y marient en diverses nuances.

Le Loriot d'Europe, au joli plumage jaune, est le seul dont on connaisse les mœurs. Il arrive en mai et repart vers le milieu d’août; mais, tandis qu’il vient seul, il s’en retourne en famille. Il s’établit sur la lisière des bois ou sur le bord des eaux, partout où se trouvent de grands arbres, comme les chênes, les peupliers, où il puisse placer son nid. Cet oiseau est commun dans le midi de la France.

Sa ponte se compose de quatre à six œufs. Il se nourrit d’in-

sectes, de larves, de chenilles, et se montre très friand de différents fruits, entre autres de mûres, de cerises et de figues. Cette alimentation spéciale donne à sa chair un goût très-fin, et le désigne aux coups des chasseurs. Le loriot ne s’habitue pas à la captivité : il ne peut vivre plus de quelques mois en cage.

Fig. 372. Mainate.

Les Passereaux denlirostrcs appartenant au genre Mainate (fig. 372) ressemblent aux Mar lins , dont nous allons parler. Ils en diffèrent par leurs jambes nues et par des lambeaux de chair qu’ils portent près de leur tête. Propres à la Nouvelle-Guinée et aux îles de la Sonde, ils sont recherchés par les Javanais, à cause de leur douceur et de la facilité avec laquelle ils apprennent et répètent, comme nos perroquets, toutes sortes de phrases et d’airs. Leur chant est très-agréable.

Les Martins ont un bec analogue à celui des loriots ; mais leurs formes générales et leurs habitudes les rapprochent des étourneaux, auprès desquels ils devraient être rangés, si leur bec n’était échancré. Ils sont très-sociables, vont en troupes serrées, à la recherche de leur nourriture, et passent la nuit en grandes agglomérations, sur le même arbre ou sur des arbres voisins. D’un naturel paisible, gai et confiant, ils vivent entre eux en bonne intelligence, et s’approchent fréquemment des lieux habités. Us s’abattent fort souvent sur les troupeaux, pour les débarrasser de la vermine qui les tourmente. Ils se montrent

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utiles auxiliaires de l’homme, principalement dans les contrées où les sauterelles abondent, par la grande destruction qu’ils font de ces insectes, sous forme d’œufs, de larves ou à l’état parfait. A une certaine époque, l’île Bourbon fut tellement infestée de sauterelles, qu’elle menaçait de devenir inhabitable; on eut l’idée d’y introduire quelques martins, et ces oiseaux s’y multiplièrent si bien, qu’en peu d’années les funestes sauterelles disparurent.

Malheureusement, les martins font payer cher leurs services, car ils ont du goût pour les fruits, et ils commettent de grands dégâts parmi les cerisiers, les mûriers, etc. Lorsque les insectes leur font défaut, ils s’attaquent même aux semences de toutes sortes et aux céréales.

Ces passereaux s’accoutument parfaitement à la servitude; en peu de temps ils deviennent aussi familiers que les étourneaux. Ils possèdent d’ailleurs, comme ceux-ci, le talent de retenir et de répéter des mots ou des cris divers. C’est pour ce motif qu’on les élève en cage dans certaines contrées de l’Inde.

Les mai tins habitent l’Afrique, l’Asie et Java. Ils visitent quelquefois, dans leurs migrations, les contrées méridionales de l’Europe; leur apparition en France est très-rare. Quoi qu’il en soit, la seule espèce que l’on y rencontre, est le Martin roselin , appelé aussi Merle rose , parce que, avec lataille du merle, il a le ventre et le dos d’un beau rose.

Les Phüèdons sont reconnaissables à leur langue terminée par un pinceau de poils, et aux pendeloques charnues qui décorent le bec de certaines espèces. Us ont, en général, un plumage brillant et ornementé de huppes ou de colliers; la voix de quelques-uns est fort mélodieuse. On ne connaît presque rien de leurs mœurs.

Les caractères des Cincles sont : un bec droit et grêle, des doi°ts grands et robustes, munis d’ongles forts et crochus, des ailes et une queue courtes. Ces oiseaux constituent, parleurs mœurs iranchement aquatiques, une curieuse exception dans l’ordre des Passereaux. Ils sont sans cesse sur les bords ou au sein meme des eaux, à la recherche des insectes dont ils font leur

souvenî nî' QU°T'ilS n’aient 1MS leS tloists Palmés> voit souvent plonger et se mouvoir entre deux eaux, en étend™

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leurs ailes, et s’en servant comme de nageoires. Souvent aussi on les aperçoit, rasant dans leur vol la surface des 1 i\ iêi es, pour saisir les insectes ailés qui les sillonnent. Ils vivent toujours seuls, excepté à l’époque de la pariade. Les cincles se plaisent sur les rives des torrents, dans les endroits rocailleux et escarpés.

L’espèce d’Europe , appelée Cincle plongeur ou Merle cl eau (fîg. 373), se rencontre dans les Alpes, les Pyrénées et les autres chaînes de montagnes du sud , de l’ouest et du nord de l’Europe. ' •

Les Fourmiliers (fig. 374) se distinguent des autres passej reaux dentirostres par leurs tarses longs etgreles. Us lmb. en les contrées chaudesdes deux continents, principalement 1 «

l’Amérique, et se livrent, au sein des grandes forets a la chas des fourmis, si abondantes dans ces régions. Ils y «joutent d autre insectes, mais ils sont avant tout /bnmm’om. Ils volen I crement, mais marchentou sautillent avec une extreme léger ■ En général, ils ne se donnent pas la peine d édifier un nid, déposent leurs œufs à terre, sur un lit d. «tante ~h£ £

chantentd’une manière fort bizarre, et sui ces m c

suivant les espèces. Quelques-uns ont reçu la dénomination J Beffroi, Carillonneur, etc. , à cause de la similitude de I

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avec le son d’une cloche. Ils sont sauvages, et se fracassent la tête contre les barreaux de leur cage, lorsqu’on les emprisonne. Leur chair est appréciée.

L’espèce type est le Roi des Fourmiliers , indigène de la Guyane et du Brésil, qui doit son nom à la supériorité de sa taille.

Fig. 374. Fourmilier.

Le genre Merle est caractérisé par un bec comprimé, arqué et légèrement dentelé. C’est l’un des plus nombreux de la famille, puisqu il ne comprend pas moins de 150 espèces, répandues à profusion sur toute la surface du globe.

En général, les oiseaux qui composent ce genre sont migrateurs, et voyagent en troupes plus ou moins nombreuses. Ils se nourrissent de baies, de fruits, d’insectes, et sont doués d’un chant très-harmonieux. On les a partagés en deux grandes sections, fondées sur les dispositions particulières de leurs couleurs : celle des Merles proprement dits, qui comprend toutes les espèces à plumage uniformément coloré, et celle des Grives , qui renferme les espèces à plumage grivelé, c’est-à-dire marqué de petites taches sombres sur la poitrine.

Les principales espèces de la première section sont : le Merle commun , le Merle de roche , le Merle solitaire et le Merle polyglotte.

Le Merle commun est aussi appelé Merle noir (fîg. 375), à cause de son plumage, qui est tout entier d’un beau noir. Il se plaît particulièrement dans les lieux couverts de bosquets, débroussaillés et situés à proximité des eaux. Lorsqu’il y trouve une nourriture suffisante, il ne quitte pas le canton qu’il a adopté; aussi

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le rencontre-t-on en'toutes saisons, sur les points les plus divers du continent européen. Les merles se montrent moins nombreux en hiver qu’en été; ils ne sont sédentaires que par exception.

Défiant et rusé, cet oiseau ne s’approche des objets suspects qu’avec une extrême prudence. Il se laisse rarement surprendre par l’homme, à moins que 'sa voracité et sa gourmandise ne

Fig. 375. Merle noir.

l’entraînent à des périls qu’il eût pu éviter. Quelle que soit sa sauvagerie, il fréquente assez volontiers les jardins publics ou privés, et les alentours des habitations. Pris jeune, il s habitue

même facilement à la captivité.

Il niche à une faible distance du sol, sur les buissons ou sut les arbres. La femelle seule s'occupe de la construction du ni , et' le mâle charme ses heures de travail par des sifflements du meilleur goût. La ponte est de quatre à sis œuis, et elle se 1

nouvelle deux ou trois fois par an.

Dans le midi de l’Europe, on chasse cette espèce, a cause goût exquis que contracte sa chair, sous l’influence d’une nom-

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riture spéciale, composée surtout de baies du myrte ou du genévrier.

Le Merle de roche diffère du précédent par une taille moins forte et par sa prédilection pour les pays montagneux. Il vocalise très-agréablemenl , et se trouve, en France, sur les hauts sommets des Vosges, des Alpes et des Pyrénées.

Le Merle solitaire, ou Merle bleu, se fait remarquer par son plumage d’un bleu profond. Il fréquente les mêmes régions que le merle de roche, et vit à peu près de la même façon ; mais son naturel est plus sauvage, et son chant plus séduisant encore. On lit dans les mémoires du temps que François Ier ne se lassait pas d’entendre le chant de cet oiseau.

Fig. 376. Merle polyglotte.

Le merle bleu est commun dans l’Europe méridionale et tout le Levant, où il acquiert, lorsqu’il est apprivoisé, une valeur très-considérable.

De toutes les espèces de merles, la plus favorisée sous le rapport des facultés vocales est, sans contredit, le Merle polyglotte ou Oiseau moqueur(f\g. 376), indigène de l’Amérique septentrionale, et principalement de la Louisiane. Ses accents sont si mélodieux, que le consciencieux Audubon n’hésite pas à les placer fort audessus de ceux du rossignol. Il possède, déplus, l’étrange faculté d imiter, en les embellissant, les chants de tous les autres volatiles, et môme les cris des mammifères qui vivent autour de

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lui. C’est pour cela que les Indiens l’appellent Y Oiseau aux quatre cents langues. Protégé par les habitants de la Lousiane, il ne redoute pas la présence de l’homme, et construit son nid presqu’au vu de tous, dans le voisinage des maisons. Pris au nid, dès l’âge le plus tendre, il devient très-familier.

Les principales espèces de Grives sont : la Grive commune , le Mauvis , la Draine et la Litorne.

La Grive commune (fig. 377) a joui, dès les temps les plus anciens, d’une grande réputation comme gibier fin et délicat. Les Romains

Fig. 377. Grive.

l’appréciaient tellement, qu’ils en engraissaient des milliers dans d’immenses volières, en combinant adroitement la privation de lumière avec un régime approprié. Aujourd’hui, on n engraisse plus les grives, parce qu’elles prennent le soin de s engraisser toutes seules, à leur passage d’automne dans le midi de l’Europe. Elles se gorgent alors à tel point de raisins, de figues et d’olives, qu’elles atteignent un état incroyable d’obésité, et tombent alors, par masses, sous le plomb du chasseur. On a dit à et propos qu’elles s’enivraient dans les vignes, et l’on a créé le proverbe. Saoul comme une grive, pour désigner un homme qui a copieu sement fêté la dive bouteille. C’est là une erreur: si les grives sont incapables de s’enfuir à l’automne, ce nest quà cause de leur lourdeur.

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La grive Mauvis participe des qualités et des défauts de la Grive commune ; elle est aussi très-recherchée des gouimets. Les deux autres espèces ont moins d importance au point de vue comestible. Toutes habitent l’Europe, et sont de passage dans le centre ou le midi de la France.

Les Tangaras forment un genre d’oiseaux propres aux régions brûlantes de l’Amérique Ils se font remarquer parleur bec conique, triangulaire à la base, et par leurs couleurs éclatantes. Ils tiennent, parleurs habitudes, des fauvettes et des moineaux. Ils sont vifs, remuants, et descendent rarement à terre. Ordinairement ils parcourent les arbres et les buissons pour y recueillir des baies, des insectes et des graines. Du reste, ils vivent solitaire-

Fig. 378. Tangara septicolor et Tangara à tête bleue.

ment, en familles ou par troupes, suivant les espèces. Quelquesuns ont un ramage agréable : tels sont les Euphories (belles voix). Les espèces les mieux douées, quant à la richesse du costume, sont le Tangara septicolor (fîg. 378), le Tangara cardinal , le Tangara évêque , le Tangara Rqmphocèle à gorge noire.

Le Palmiste, ou Tangara des palmiers, est remarquable par sa sociabilité. 11 est ainsi nommé parce qu’il érige à la cime des palmiers, avec l’aide de ses compagnons, une vaste construction, partagée en un certain nombre de compartiments, qui sont répartis entre autant de couples, pour recevoir les nids et les couvées.

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Les Drongos ressemblent aux corbeaux pat la forme et aux merles par la taille. Ils ont le bec caréné, assez fortement courbé et la queue fourchue. Le fond de leur plumage est noir, avec des reflets métalliques verts ou bleus. Ils vivent, par petites compagnies, dans les forêts de l’Inde, de l’Océanie et de l’Afrique méridionale. Ce sont de grands destructeurs d’abeilles. Le matin et le soir, ils se postent à la lisière des bois, sur un arbre mort ou dépourvu de feuilles, et guettent les abeilles lors-

Fig. 379. Drongo huppé.

qu’elles abandonnent ou regagnent leurs retraites. Ils s’élancent alors de leur observatoire et font un massacre épouvantable des malheureux insectes.

Leur naturel turbulent et tapageur leur a valu de la part des Hottentots , qui voient en eux des oiseaux de mauvais augure, le nom d’ Oiseaux du diable. Leur chair ne vaut rien; mais quelques espèces chantent , dit-on, d’une manière assez satisfaisante. Chez le Drongo à raquettes , les deux pennes extérieures de la queue sontde longs filets terminés par des palettes. Nous représentons ici (fig. 379) une autre espèce, le Drongo huppé.

Le genre Cotinga est caractérisé par un bec court, dépiimé, arqué et robuste. 11 comprend, comme sous-genres, les Cotingas proprement dits , les Èchenilleurs et les Jaseurs.

Les Cotingas proprement dits sont des oiseaux de la taille du merle, qui habitent le Brésil et la Guyane, et se font remarquer,

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durant la saison des amours , par leur plumage éclatant et varié. Ils vivent au sein des grandes forêts et dans les lieux humides ; leur nourriture se compose de graines , de fruits et d’insectes. Ils sont farouches et ne s’accoutument pas à la capti-

Fig. 380. Cotinga cordon bleu.

vité ; ils ne sont d’ailleurs précieux qu’à cause de leurs riches couleurs, car leur voix n’a rien de mélodieux et leur chair est un piètre aliment. Les plus belles espèces sont le Cotinga Pompaclour et le Cotinga cordon bleu (fig. 380.)

Les Êchenilleurs doivent leur nom à leur goût pour les chenilles, dont ils font leur principale nourriture ; ils y ajoutent cependant des larves d’insectes et des mouches. Ils diffèrent des précédents, par leurs couleurs, plus sombres, et par leur habitat. Tandis que les cotingasne se rencontrent qu’en Amérique, on ne trouve les êchenilleurs que dans l’Afrique méridionale et l’Archipel indien.

Les Jaseurs sont des oiseaux sociables, qui vivent en troupes nombreuses, toute l’année, excepté à l’époque de la reproduction. Ils se nourrissent de bourgeons, de baies et d’insectes; ils chassent même les mouches au vol. D’une indolence extrême, ils ne se donnent de mouvement que tout juste ce qu'il faut

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pour satisfaire leur appétit. La plupart du temps, ils se retirent clans d’épais buissons; rarement on les voit se poser à terre, où leur marche est d’ailleurs gauche et embarrassée. Ils n’ont, à proprement parler, aucun chant; ils ne font entendre qu’un faible gazouillement , très-prolongé chez certaines espèces. Le Jaseur de Bohême ne se tait en aucune saison; c’est là probable-

Fig. 381. Jaseur de Bohême.

ment l’origine du nom de Jaseur, donné au genre tout entier. Ils s’apprivoisent avec une grande facilité, et comme ils sont parés de couleurs brillantes, on les élève souvent en cage.

On trouve des Jaseurs en Europe, dans 1 Amérique septentr ionale et au Japon. L’espèce d’Europe, ou J aseur de Boheme (llg. 381), niche dans les contrées septentrionales, et émigre en Allemagne aux approches de l’hiver ; on la voit rarement en France. Elle est très-jolie et porte une huppe fuyante au sommet de la tète.

Les oiseaux appartenant au genre Gobe-mouclics ont le bec déprimé, crochu, pourvu d’une arête saillante et de poils îoides à la base. Ils se subdivisent en Gobe-mouches proprement dits , Moucherolles , Tyrans et Ccphaloptcres. $

Les vrais Gobe-mouches se nourrissent d insectes ailés, qu ils poursuivent dans les airs, avec une vivacité et une agilité ex traordinaires ; ils y joignent quelquefois des chenilles et des fourmis, et c’est uniquement pour les prendre qu’ils descendent

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à terre. Ils sont taciturnes et volent solitairement, soit au fond des forêts, soit sur le bord des eaux, parmi les joncs et les roseaux. Ils ne chantent pas, même au moment des amours, et construisent leur nid assez négligemment , sans prendre souci de le dérober aux yeux de leurs ennemis. Ils le placent, suivant les espèces, sur les arbres, les buissons, dans les crevasses des murs , des puits ou sous les toits des maisons. La

„ ,, . , Fig. 382. Gobe-mouches gris.

femelle y déposé de trois a six

œufs, une seule fois par an en Europe, et jusqu’à trois fois dans les autres parties du monde.

Les gobe-mouches ne sont pas plus gros que les becs-fins. Ce sont des oiseaux migrateurs, dont les espèces très-nombreuses

Fig. 383. Roi des Gobe-mouches.

sont répandues sur toute la surface du globe. L’Europe en possède quelques-unes, parmi lesquelles nous citerons le Gobe-mouchcs gris{ fig.382) et le Bec-figve. Ce dernier aime beaucoup les fruité, et on le chasse dans. le midi de la France pour la finesse de sa chair. Le nom vulgaire Bec- figue sert aussi à désigner vulgairement, comme nous l’avons dit, une espèce du genre Bec-fin.

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Les Moucherolles ont les mêmes mœurs et la même taille que les Gobe-mouches proprement dits. Ils n’en diffèrent que par leur costume, beaucoup plus brillant, par leur queue, plus développée, et par les belles huppes qui décorent la tête de plusieurs espèces. Ils habitent l’Afrique, les Indes, l’Océanie et l’Amérique. L’espèce-type est la Moucherolle à huppe transverse, appelée aussi Roi clés Gobe-mouches (fig. 383), à cause d’une magnifique huppe rouge, bordée de noir, qui s’étale autour de sa tête et figure un splendide diadème. Il habite l’Amérique méridionale. C’est un oiseau très-rare dans les collections.

Fig. 384. Tyran à longue queue.

Les Tyrans (fig. 384) doivent leur nom à leur caractère courageux, audacieux, querelleur, qui les porte à attaquer des oiseaux beaucoup plus forts qu’eux, tels que les petits rapaces et même Y Aigle à tête blanche. 11 faut ajouter qu’ils réussissent le plus souvent dans leurs entreprises et qu’ils forcent ces bandits à s éloi-

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gner de l’endroit où repose leur couvée. Iis se nourrissent d’insectes, de petits reptiles et de] très-petits oiseaux. On ne les trouve que dans l’Amérique méridionale, principalement dans le Brésil et la Guyane.

Les Céplialopt'eres (fîg. 385) ressemblent aux corneilles, dontils ont la taille et le plumage. Leur nom, qui, en grec, veut dire tête ailée, leur vient d’une large huppe, qui s’épanouit en parasol au-dessus de leur tête. Ils ont, de plus, le devant du cou nu et pourvu, à sa partie inférieure, d’une grosse touffe de plumes qui retombe sur la poitrine. Ces oiseaux habitent les forêts du Brésil; on ne connaît rien de leurs mœurs. La forme élargie de

Fig. 385. Céphalopt'ere orné.

leur bec donne seulement à penser qu’ils se nourrissent de baies et de fruits.

Le genre Pie-grièche termine l’ordre des Passereaux. Il comprend un certain nombre d’oiseaux à bec conique ou comprimé, plus ou moins crochu à la pointe et vigoureusement échancré, qui ressemblent aux rapaces par leur naturel belliqueux et leur goût pour la chair palpitante. On y range les Pies-grièches proprement dites , les Langrciyens , les Vcmgas et les Cassicans.

Les Pies-grièches proprement dites possèdent, au plus hautdegré, l’instinct destructeur. Elles se plaisent à verser le sang, et à

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semer la mort autour d’elles : aussi leur méchanceté est-elle devenue proverbiale. Non contentes de tuer pour satisfaire les justes exigences de leur estomac , elles immolent , comme à plaisir, insectes, oiseaux, petits mammifères. Ensuite elles les empalent très-adroitement, en les Axant aux épines des buissons et des haies.

Ne les jugeons pas pourtant avec trop de sévérité. 11 y a sans doute un grain de cruauté dans cet acte , mais il faut

Fig. 388. Pie-grièche écorcheur.

y reconnaître avant tout de la prévoyance. Ces espèces de gémonies sont des garde-manger, qu’elles visitent dans les moments de disette. Elles ne dévorent pas, il est vrai, tout ce qu el es mettent de côté , mais elles l’utilisent en partie, et c est a qu’est leur excuse. On se tromperait, d ailleurs, si Ion crojai ; qu’elles attaquent uniquement des animaux plus faibles qu e es. Quoique |de petite taille (la plus grande espèce n’est guere

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plus grosse qu’un merle ) , elles ne craignent pas d’entrer en lutte avec les corbeaux, les pies et même certains rapaces. Elles les combattent vaillamment, pour la défense de leurs domaines, et parviennent souvent à les chasser du canton qu’elles ont choisi. C’est pour le même motif qu’on les voit se disputer fréquemment entre elles.

Les pies-grièches habitent généralement les grandes forêts , se tenant , soit sur leur lisière , soit dans les lieux retirés , soit sur les grands arbres ou dans les broussailles. Elles perchent, pendant le jour, sur les plus hautes branches des arbres, et c’est de là qu’elles fondent sur leur proie. Elles volent assez médio-

Fig. 387. Pie-gnèche méridionale.

crement, mais elles planent avec facilité. Leur babil est continuel , et leurs mélodies ne sont pas dépourvues d’agrément. Remarquables par leur talent d’imitation, elles répètent à s’y méprendre les chants de tous les autres oiseaux. On prétend même qu’elles abusent de cette faculté pour tendre des pièges aux petits oiseaux dont elles imitent le chant, et pour grossir de cette manière le nombre de leurs victimes.

Elles émigrent chaque année et sont fort recherchées aux époques de leurs passages, car leur chair, revêtue d’une abondante couche de graisse, est alors extrêmement délicate. Fait curieux, elles s’apprivoisent très-aisément, malgré leur naturel hargneux. Cependant elles ne s’accommodent pas d’une étroite

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captivité ; il faut à leur activité un champ plus étendu, celui d’une vaste volière, par exemple. Dans cette condition, elles deviennent familières et se montrent sensibles aux caresses de leur maître.

Les pies-grièches sont communes dans toutes les régions du globe. L’Europe en possède sept espèces, dont les principales sont la Pie-grièche ècorcheur (fig. 386), la Pie-grièche rousse et la Piegrièche méridionale (fig. 387). En France, on ne trouve guère ces oiseaux que dans les départements du Midi.

Les Langrayens sont quelquefois appelés Pies-grièches-hirondelles , parce qu’ils volent avec autant d’aisance que les hirondelles, et qu’ils poursuivent, comme elles, les insectes à travers

Fig. 388. Cassican.

les airs. Leurs mœurs diffèrent peu de celles des vraies piesgrièches. Ils habitent l’Afrique, les Indes et l’Archipel austral.

Les Vangas ont plus d’analogie encore que les Langrayens avec les pies-grièches proprement dites. Ils vivent absolument de la môme façon ; mais on ne les trouve que dans le sud de l’Afrique,

l’Australie et la Nouvelle-Guinée.

Enfin les Cassicans (fig. 388) sont des oiseaux des terres australes, intermédiaires entre les pies-grièches et les corbeaux, dont ils ont la démarche, la taille et le plumage. Ils sont ciiaids, turbulents et omnivores. On les reconnaît facilement à leur long bec et aux plumes de leur front.

ORDRE DES RAPAGES,

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