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a) un fond d'une seule pièce, creusé le plus souvent dans un tronc de fromager ;
b) deux éperons, l’un à l'avant, l’autre à l'arrière, fixés directement sur le corps de la pirogue ;
c) enfin, des platsbords formés de deux planches assemblées, plus ou moins hautes (en général plus hautes dans les pirogues Ouolofs que dans les pirogues Lébous) formant un véritable cadre au-dessus de la coque de fromager.
Ces pirogues, munies d'un mât et d'une vergue oblique et d’un bau horizontal, peuvent supporter une voile carrée de 4 à 6 mètres de côûlé. Une calebasse écope, quelques pagaies dont une grande servant de gouvernail, une corde de mouillage et son poids de firalion constituent, avec les lignes, l'appât el souvent quelques grigris bienfaisants, le gréement de la pirogue qui peut suivant ses dimensions porter jusqu'à 5 et même 6 pécheurs.
La pêche elle-même, la répartilion, la préparation ou la vente des captures sont réglées suivant des coutumes ancestrales.
Prenons, par exemple, le cas particulier d'une pirogue à 3 pécheurs, le propriétaire, son fils et une aide : le fils, assis à l'avant, prend des poissons qui sont la propriété de l'aide, ceux capturés par l’aide et, le propriétaire appartiennent à ce dernier.
Au retour, les vieux parents, marchands, quémandeurs et curieux enlourent la pirogue vite abändonnée par les hommes dont le travail à terre se borne à l'entretien des engins et de la pirogue. Le reste est un travail de femmes. Le déchargement et la répartition sont effectués par les cousines, la vente et la préparation par les épouses bénéficiaires de la répartition.
Pendant la bonne saison, il n'est pas rare de voir rentrer des pirogues de 5 pécheurs ayant à bord près d'une lonne de poissons, constituée par 150 à 200 pièces d'un poids de 4 à 7 kilos.
Les Sparidés et les Serranidés sont les principales victimes de ce genre de péche.
La barre qui rendait la Grande Côte inutilisable pour la pêche à la senne n'existe pratiquement pas sur la Petite. Ici, la pêche à la ligne est bien pratiquée, mais les villages de Hann et Tiaroye utilisent surtout la pêche à la senne (photo p. )
Nous citons encore CADENAT :
La pêche à la senne est pratiquée en toute saison sur les points sablonneux et abrilés de la côte.
Le prix de revient actuel d'un filet de celte sorte (grande nappe simple à pelites mailles formant poche le plus souvent dans sa parlie centrale) pouvant atteindre 150 et même 200 mètres de longueur, en fait un instrument de pêche familial et qui est même le plus souvent la propriété d'un groupement, voire quelquefois d'un village de pêcheurs.
La manœuvre de ce filet demande au minimum une douzaine d'hommes répartis en deux équipes, l'une restant à terre et tenant l'un des faux bras, l’autre montée sur une pirogue du type de celle décrite pour la pêche à la ligne mais mue uniquement à la pagaie, qui s'éloigne le plus possible de la côte, mouille
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rapidement le filet, et regaqgne la terre où elle débarque en tenam le deuxième faux bras. Les deux équipes tirent alors simultanément pour ramener le filet jusqu'au rivage avec les poissons qu'il contient.
Les espèces les plus fréquemment capturées sont les poissons migrateurs : Clupéidés (YABOY, CoBO), Maülets divers, Carangidés, auxquels il faut ajouter quelques Pristipomatidés, des Sciaenidés et enjin quelques poissons plals du lype de nos Soles ou Limandes.
En bonne saison (février, mars, avril), il n'est pas rare que des coups de senne ramènent plusieurs tonnes de poissons ; des traits de 10 tonnes (17 tonnes au mois de mars 1944) ne sont pas exceptionnels dans la baie de Hann.
La pêche à l’épervier est très répandue sur les côtes de la presqu'île. D'un maniement facile et d’un prix de revient modique, ce petit filet individuel permet de capturer en toute saison de petites quantités de poissons : sardinelles et mulets surtout destinés à la fourniture d'appâts aux pêcheurs à la ligne.
Un certain nombre de méthodes de pêche sont appelées à un développement intéressant sur les côtes de la presqu'île. Ce sont, d’une part, la pêche au filet traînant (chalut classique) ; d'autre part, la pêche au filet dormant, bien adaptée à la capture des requins.
La pêche au chalut, qui nécessite des équipements modernes et des bâtiments d'un tonnage assez important, se heurtait à deux difficultés on ne connaissait à peu près rien de la nature et de la configuration des fonds chalutables des côtes et il était difficile non seulement de pêcher, mais aussi d'écouler de grosses quantités de poissons,
Les campagnes du chalutier Gérard-Tréca, dirigées par E. PosrTeL [73], du Service des Pêcheries de l'Inspection Générale de l'Elevage de VA. O. F., ont résolu en partie la première question. Les fonds et faciès sous-marins autour de la presqu'île sont ainsi décrits par Posrez :
Le plaleau continental africain, réduit tout autour du continent noir, n'a, au Sénégal, comme ailleurs, qu'une faible superficie.
Si nous prenons comme limite les fonds de 200 mètres, l'isobathe correspondante se trouve située à environ 30 milles au large à la hauteur de l'embouchure du Sénégal, vient raser le Cap Vert à moins de 5 milles de la pointe des Almadies et descend ensuite sensiblement Nord-Sud jusqu'en face de la Gambie. La surface ainsi limitée, c'est-à-dire la surface exploitable par les chalutiers, en admettant une nature régulière des fonds, ne dépasse pas 8.000 kilomètres carrés, surface faible par rapport aux grandes élendues chalutables de nos mers épicontinentales.
Un accident tectonique remarquable, porté depuis peu sur les cartes, et encore mal connu, la fosse de Cayar, coupe le plateau continental sénégalais un peu au-dessus du Cap Vert.
Les environs de la Pointe des Almadies, encombrés de roches d'origine baltique, ne sont pas chalutables.
La Pêche sur la petite côte: prise de Clupeidae
sur la plage de Hann
(Clichés J. L. Bergougnou)
Les prolongements gréseux du Cap de Naze ou calcaires’ de la pointe de Sarène interdisent le dragage dans les faibles profondeurs au Sud de Dakar.
C'est en réalité sur une aire ne dépassant pas 7.000 kilomètres carrés que les chaluliers peuvent travailler au large du Sénégal.
La pointe des Almadies divise le plateau continental sénégalais en deux zones :
— une zone Nord, à fonds généralement sablo-vaseux et à [lore et Jaune fixées rares
une zone Sud, à fonds (rès variés et à faune el flore fixées, abondantes, tout au moins à certains endroits.
Des notions acquises sur les jaciès, il jaut retenir du point de vue pratique
a) que l'usure des chaluts est nettement plus rapide au Sud de la presqu'ile du Cap Vert qu'au Nord ;
b) que la durée des traits au large du Cap de Nuze et de M'Bour, par fonds de 25 à 50 mètres, doit étre limitée à deux heures au maximum, afin d'éviter le déchirement du cul de chalut par l'excès de poids ;
c) que dans celte même zone, il y.a lieu de munir les filets de tabliers résistants
d) que parmi les échantillons de fonds ramenés, les tuniciers peuvent être recueillis el vendus sur le marché grâce à leur analogie avec les violets méditerranéens.
La faune ichtyologique ramenée par le chalut se compose de 200 espèces environ, dont une cinquantaine présente un intérêt économique certain. Ce sont surtout des Tiors (epinephelus), de grosses daurades roses (dentex et lutjanus), de moyennes daurades roses (dentex, pagrus, lutjanus, lethrinus), de petites daurades roses (pagellus et pricanthus), des daurades grises (diagramma, parapristipoma, acanthurus), des chiens de mer (paragaleus, mustelus), des courbines et des capitaines (sciaena, otolithus, galeoides, corvina, umbrina), des Saint-Pierre (zeus), des congres (conger), des rougets (upeneus), des soles (synaptura, cynoglossus, solea), des turbots (psettodes), des iimandes (syacium, hemirrhombus). Un important travail sur la répartition de ces espèces et la richesse des fonds a été mis au point, toujours par l’équipe du Service des Pêcheries.
Parmi ces divers modes de pêche, la pêche à la ligne présente l'avantage de ne détruire que les poissons adultes, la pêche à la senne, par contre, est plus préjudiciable à la reproduction des espèces à plancton, alevins et petits poissons étant drainés à la côte inutilement. La pêche au chalut est plus rationnelle, mais si l'on veut conserver cette source inépuisable de protéines que représentent les poissons de la côte, il serait important de créer des zones surveillées où la pêche serait interdite périodiquement pour permettre la reproduction du poisson.
L'abondance des Requins dans les eaux de toute la côte a donné naissance à une pêche appelée à un essor économique certain. C’est la
Pêche aux filets dormants, qui se pratique, comme le dit Capenar [24]
au moyen de nappes de filets simples plus ou moins lestés sur la ralingue inférieure et tenus verticalement dans l’eau par des flotteurs de liège placés sur la ralingue supérieure.
…Pour le Requin, les nappes employées, en éléments de 40 mètres de long environ et de 5 à 10 mètres de tombant, à müilles de 15 à 22 centimètres de côté, sont confjectionnées de préférence en lignes de coton de ? à 3 millimètres ; elles sont très légèrement lestées (le plus souvent, un poids de mouillage à chaque extrémité de la nappe suffit) pour permettre une grande souplesse du filet (les filets en fil métallique sont à déconseiller}.
Mais que se passe-t-il lorsque le requin trouve le filet sur son
chemin ? Telle est la question que pose Bunker dans sa « Vie des Requins »
IL engage sa tête dans une maille, et poursuivant sa route, il est bientôl maillé à hauteur des peclorales qui ne peuvent suivre. Le requin se trouve donc saisi par le filet, à hauteur des fentes brachiales, el dans l'impossibilité de se dégager. Car les Squales n'ont aucun moyen de faire marche arrière avec efficacilé. Dans cette position, l'animal subit une véritable strangulahon, du fait que le courant d’eau baignant normalement ses branchies se trouve très ralenti, parfois même complètement interrompu. C'est pourquoi une grande partie des requins caplurés ainsi sont morts lorsqu'on vient relever l'engin. Dans la pratique, l'agonie du squale ne s'effectue pas sans lutte, soubresauts et contorsions diverses, de sorte que le requin est souveni entorlillé dans le filet de façon inextricable. D'autre part, les requins-marieaux el les poissons-scies ne peuvent pas, en raison de leur conformation particulière, se mailler comme les requins typiques, et on les trouve le plus souvent parfaitement vivants dans les filets où ils s'engagent et se prennent de manière parfois très compliquée.
Ce dernier fait entraine une usure très rapide des filets, et leur
remplacement s'avère onéreux. Néanmoins, cette pêche commencée en 1932 dans la baie de Hann, a pris, depuis 1939, un développement de plus en plus important : l'industrie s'intéressant aux divers produits fournis par ces Sélaciens, peaux et muscles. C’est surtout la richesse en vitamine À de l’huile extraite des foies de ces squales qui fut la cause de l'extension de la pêche des requins sur les côtes du Sénégal jusqu’à ces dernières années.
Malheureusement, comme le signale Postez [77],
les requins ont progressivement disparu des zones où on les poursuivait. Extermination ou désertion ? Les deux explications sont possibles. Quoiqu'il en soit, les pêcheries qui avaient d'abord émigré de l'entrée du Saloun vers celle de la Casamance, doivent maintenant chercher leur matière première jusque dans les eaux de la Guinée Portugaise.
VALEUR ALIMENTAIRE DE POISSONS PÊCHÉS SUR LES COTES DE LA PRESQU'ILE DU CAP VERT
La valeur alimentaire du poisson
Le poisson est un aliment qui rafraichit l'organisme surtout après une fatigue intellectuelle ; aucun aliment ne pourvoit aussi complètement aux dépenses de la tête.
Ce n'est pas que l'usage du poisson puisse faire d'un idiot un savant ou un homme d'esprit, mais le régime ichtyophagique ne peut qu'être très favorable au fonctionnement de la cervelle.