DAS
distingue le groupe .des Iolocéphales auquel elle appartient des autres Chondroptérygiens. La tête possède un appareil canaliculé développé, la bouche est petite, munie de plaques dentaires striées, au nombre de deux paires à la mâchoire supérieure, d'une seule à la mâchoire inférieure. Le museau est mou, sans poéminence cartilagineuse. Les pectorales sont libres, les ventrales entourent l’anus. Le corps nu est terminé en un prolongement filiforme.
La Chimère est assez rare sur nos côtes de la Méditerranée où on lui donne le nom de (Roi des harengs », (Rat de mer», de «Cat » (à Nice). On la rencontre exceptionnellement sur les rivages de l'Océan. C’est ainsi que le Muséum en a reçu, au mois de janvier dernier un bel exemplaire provenant de Bretagne. On la retrouve au cap de Bonne-Espérance et au Japon.
Bien qu’au dire de Lacépéde, les Norvégiens se nourrissent de ses œufs et de son foie, nous croyons avec Buniva qu’on fera bien de se méfier de ces diverses parties. D'ailleurs dit Risso : «€ La chair des Chimères est blanche,gluante, d’un goût désagré- ( able, leur foie est très volumineux; on en extrait une huile € limpide qui brûle en donnant beaucoup de lumière, mais en ( répandant une odeur fétide.»
GANOIDES
Genre Acipenser
On connaît l'importance des Esturgeons : Acipenser huso L. (Boucliers latéraux 40 à 45),A.sturio L. (BI. 1. 26a31),A.ruthenus L. (B.1. 60 à 70), À. stellatus Pallas (B. 1. 30 à 35), ete., dans la consommation des peuples du nord et de l’est de l'Europe.
C’est avec les œufs deces espèces que l’on fabrique le caviar, si apprécié en Russie, en Turquie, en Arménie et même en Grèce.
Ces Poissons à l’état frais, non décomposés, ne sont, on peut le dire, jamais toxiques : mais la généralité de leur emploi, de même que des défauts dans la préparation où dans le mode de conservation relativement assez fréquents, rendent les accidents qu’on leur a imputés relativement nombreux. Pour une ville comme Saint-Pétersbourg, en une année, on relève parfois une centaine de cas dont quelques uns mortels, chiffre en somme élevé malgré l'importance des Esturgeons dans l’alimentation russe. [1 n’est done pas étonnant qu'ils aient attiré l’attention des observateurs.
Anrep a montré que les empoisonnements étaient dûs à la formation d’alcaloïdes produits de la décomposition de la chair de ces Poissons en putréfaction. Il est arrivé à obtenir des ptomaïnes amorphes, très actives, peu solubles dans l’eau, des: tructibles par l'ébullition et déterminant chez les animaux des phénomènes d'intoxication caractéristiques. Mais quelle est la cause de leur formation? Les travaux d'Aroustamow ont prouvé qu’elles provenaient de micro-organismes, soit d'espèces
ERo NE
différentes, soit d’une même espèce (la question est encore pendante.) Ce qu’il y a de particulièrement intéressant, c’est la démonstration indubitable de la présence de Bacilles élaborant des toxines de putréfaction dans la chair des Poissons. Ilest certain, en effet, que ces recherches entreprises sur les diverses espèces d'Esturgeons, peuvent parfaitement s'appliquer à des Poissons de groupes et de genres tous différents.
Nous n’insisterons pas d'avantage sur les Ganoïdes dont la chair ne produit pas d'accidents de ( ciguatera » mais seulement de botulisme.