‹ Les Poissons VénéneuxChapitre 7 sur 42 · SET · texte numérisé non relu

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D'ailleurs, il faut tenir compte dans ces cas, non seulement de l’animal qui les produit, mais du terrain où on les observe, de l’idiosyncrasie en un mot. Certains tempéraments ont une susceptibilité particulière. Ces indigestions trouvent souvent leur explication dans la formation de substances toxiques, dans le tube digestif et particulièrement l’estomac, lorsque des conditions nerveuses plus ou moins pathologiques viennent modifier la composition des divers sucs, principalement lorsque la teneur en acide chlorhydrique diminue dans le suc gastrique. C’est ainsi que les viandes les plus saines, mal digérées et mal assimilées, peuvent devenir dangereuses en se décomposant dans le tube digestif. |

La chair du poisson peut ne pas être toxique par elle-même et ce sont les substances qu’il à ingérées ou qui lui ont été inoculées qui lui communiquent alors ses propriétés nocives. C’est de la sorte que jadis on attribuait aux bancs de cuivre sousmarins une certaine importance dans la production des propriétés vénéneuses des Poissons. Il est inutile de réfuter longuement cette opinion, sans compter que plus d’une fois, un examen un peu approfondi permit de voir que ces prétendus bancs de cuivre étaient tout simplement composés de jaspes verts.

Néanmoins, il paraît hors de doute, que sur certains fonds, les Poissons deviennent dangereux. Des eaux sales, souillées, contaminées par des résidus de fabrique, par des corps en putréfaction ont pu parfois rendre suspectes des espèces habituellement saines qui se nourrissaient de ces détritus. Pendant les noyades de Nantes, par exemple, au moment où la Loire était encombrée de cadavres, une ordonnance de police défendit aux habitants de faire usage de Poissons et spécialement de Lamproies.

Les procédés de pêche peuvent aussi, dans une certaine mesure, influer sur les propriétés alimentaires du Poisson. Plusieurs plantes aux qualités toxiques plus ou moins accentuées ont été employées pour l’énivrement et la capture de ces animaux. Chevailier et Duchesne ont reproduit la liste des végétaux nuisibles et des végétaux innocents servant à ces usages. Tout le monde connait la coque du Levant. Pour nous, nous ne croyons pas beaucoup à la valeur de cette cause (1), le poison

(4) C'est du reste l'avis de M. Geay. un des plus zélés voyageurs

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étant dilué dans une quantité d’eau énorme. Les flèches empoisonnées sont aussi sans action, car leur venin n’est toxique que par inoculation.

Restent les aliments que le Poisson a pu ingérer et qui sont contenus dans le tube digestif. Ceux-ci sont à notre avis beaucoup plus importants. Entre la part prépondérante que leur attribuaient les Anciens dans là pathogénie des accidents et le disérédit où ils sont tombés de nos jours, nous croyons qu’il y à place pour un juste milieu. j

D'abord on doit faire plusieurs distinctions dans la nature de ces aliments. Les uns peuvent être d’origine végétale, les autres d’origine animale.

Duterte, Labat, Pouppé-Desportes croyaient à l’empoisonnement par des animaux repus des fruits-du Mancenillier. À notre avis cette cause est plus que douteuse; tout en reconnaissant l'existence d’un certain nombre d’espèces carpophages, 1l est notoire que les animaux auxquels on attribuait cette nourriture, les Sphyrènes, par exemple, sont exclusivement carnivores et leur voracité ne nous permet pas de croire, qu’elles se jeteraient comme ils le prétendaient sur des fruits flottant à la surface des mers et qu'on ne retrouve jamais d’ailleurs dans leur estomac.

Il n’en est pas de même pour les aliments d’origine animale. Un certain nombre de Mollusques sont généralement ou accidentellement toxiques; tout le monde connaît les Moules; des Zoophytes, des Coraux sont aussi plus où moins dangereux ; les propriétés urticantes de plusieurs Méduses sont redoutables; il existe des Holothuries vénéneuses; il n’y à pas jusqu'aux Protozoaires, des Monades, parexemple, quine puissent aussi parfois être incriminées.

Il est certain qu'après ‘s'être nourris de ces animaux, des Poissons ingérés sans avoir été préalablement vidés, acquièrent alors des propriétés toxiques qui pourront être plus ou moins

du Muséum, qui a eu l'occasion au Vénézuéla d'étudier les effets du & Barbasco » nom que donnent les Indiens au composé de plantes variées qui leur sert à empoisonner les mares. L'ingestion d'animaux capturés dans ces conditions n'amena jamais de troubles, ni chez lui, ni chez ses compagnons.

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