A FRIANT ET A LA COMMISSION DE8 GRAINS
Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire Priant^,
Au quar. gén. de Beni-Souef, le 26 nivôse an VIII (16 janvier 1800), à midi.
Général, dans la nuit du 24 au 25 Sélim -Bey- Aboudzab * a passé le Nil à Chere-Siat, village situé au-dessous de Cherouée. Cette nouvelle me vient des Cophtes, ils y ajoutent que l'intention de Sélim-Bey est de faire agir les Arabes sur la rive gauche. Cela est possible, mais ce calcul des Cophtes se trouvera faux si notre armée remporte des avantages sur celle du Grand vizir, et je suis moralement sûr que les Arabes ne remueront pas avant qu'il n'y ait quelque chose de décisif entre les deux armées. Sélim-Bey n'a que vingt cavaliers avec lui. On dit Mourad-Bey à El-Coubebaste. Du reste tout est ici tranquille. Je vous envoie la copie de la lettre du citoyen Ravier 3. — Salut et dévouement. Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek à la Commission des
grains ^.
Au quar. gén. de Beni-Souef, le 30 nivôse an VIII (20 janvier 1800).
Le général Priant me mande de Belbeis^ en date du 27 du courant: «Faites évacuer sur le Caire tous les grains que vous avez à Beni-Souef.). Je vous préviens, Citoyens, de cet ordre et vous prie de m'instruire de la quantité de blé que vous
* Arch. h. de la Guerre, A d'Orient, donation Friant, 18, aut. > Sélim-Aboudiab.
' Chef de bataillon, commandant la province de Minieh.
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
5 Voir Rousseau 160: Kleber à Friant, le 25 décembre. *...Je compte que vous vous appliquerez à couvrir le Caire du côté de l'Atfyéhly, et à faire en sorte que Mourad-Bey et ses partisans ne puissent rien faire do considérable».
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pouvez faire passer au Caire, et du nombre de barques qu'il vous faut pour ce transport. — Je vous salue.
Zayonchek.
Je vous envoie en original la lettre du général Dugua, sa lecture faite je vous prie de me la renvoyer ^
Le général de brigade Zaj^czek au citoyen Reynier, agent français du 2 arrondissement '.
Au quar. gén. de Beni-Souef, le 30 nivôse an VIII (20 janvier 1800).
Citoyen, le général Priant m'ordonne dans sa lettre du 27 datés de Belbeis ce qui suit: «Il est à propos que vous fassiez verser dans la caisse du payeur tout l'argent provenant des contributions, et que vous preniez note de ce qui aura été versé». En conséquent de cet ordre je vous demande, Citoyen, d'ordonner à ceux chez qui cet argent se trouve, de le porter en caisse du payeur 3. — Je vous salue.
Zayonchek.
* Voir deux lettres du général Dugua, commandant du Caire et de l'arrondissement, au général Z., commandant la province de Beni-Souef (Registre B. 364, 378). Caire, 26 nivôse VIII : Il lui envoie une pièce de canon et un petit renfort que le général Priant a détaché tout exprès de se» troupes. Il lui recommande d'observer avec soin les mouvements de Mourad et d'Osman-Bey qui sont réunis dans l'Atfieh et se proposent de repasser sur la rive gauche du Nil. Invitation de l'instruire de tout ce qu'il apprendra. Il en fera autant de son côté. — 27 nivôse: Envoi de sa lettre au général Belliard. Ordre de la lui faire parvenir, de seconder de tout son pouvoir la Commission des grains et de se hâter d'en faire rassembler et d'en envoyer par tous les moyens possibles au Caire.
2 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.
' Voir {Registre Z. p. 98) lettres d'agent L. Reynier à Zaj^czek. Beni- Souef, 20 janvier: Ne peut lui donner aucun renseignement sur la rentrée des impôts de 1214, laquelle est abandonnée aux Cophtes. Ces égoistes imputent tout ce qu'ils perçoivent sur cette année. Fonds perçus par lui à compte de 1215 et 1214 remis au payeur et à l'intendant cophte Michaël.— 22 janvier: Ira conférer avec lui sur les moyens de subvenir aux besoins du Caire.
A KKYNIER ET A DITGUA 359
Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire Dagua^.
Au quar. gén. de Beni-Souef, le 1 pluviôse an VIII (21 janvier 1800).
Général, j'ai reçu vos lettres du 26 et 28 nivôse. J'ai aussitôt requis la commission chargée de la perception des grains d'en renvoyer le plus qu'elle pourra au Caire, mais sa réponse n'est rien moins que satisfaisante, ^76' n'ont point un seul ardep de grains dans leurs magasins^ et ce n'est pas l'instant d'en exiger des habitants qui sont aujourd'hui plus récalcitrants que jamais^ et nous beaucoup plus faibles qu'autrefois^. Cependant je ferai tout ce que je pourrai pour en tirer des villages voisins de Beni-Souef; n'ayant que 171 hommes en tout, y compris le dernier détachement qui n'est que 36 hommes, au lieu de 50, je ne pourrai pas étendre mes efforts bien loin.
Je ne sais rien de positif de Mourad-Bey. On le dit dans l'Alfîery à 5 lieues du Caire. Un espion que j'attends à tout moment, nous donnera, j'espère, des détails certains à ce sujet. Osman-Bey et Hassan-Bey ont quitté Cherouée et vont prendre la position de Zaoé- Guydamée qui est à cinq lieues plus bas Bur la rive droite. Sélim-Bey- Aboudiab a passé sur la rive gauche, le 25 nivôse, à dix lieues d'ici; il n'a que vingt mamelouks avec lui et se tient au bord du désert, à douze lieues de Beni-Souef en remontant. Du reste tout est encore tranquille dans nos environs, l'habitant cependant a l'air étonné et vacillant; il serait à souhaiter que cette crise passe. La pièce que l'on m'a envoyée de Giza^ n'est pas de trois, mais tout au plus de deux; elle est d'ailleurs sur des affûts marins; c'est tout autant que rien. — J'ai l'honneur de vous saluer.
Zayonchek.
/ J'ai envoyé votre lettre au général Belliard. J'ai écris à Miniette pour qu'on y fasse passer tous les grains au Caire.
^ Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, copie, papiers Dugua. ^ Ces mots sont soulignés dans la lettre. 8 Gizeh.
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Le général de brigade Zaj^czek au général Dugua \
Au quar. gén. de Beni-Souef, le 2 pluviôse an VIII (22 janvier 1800).
Général, je reçois à l'instant la nouvelle que Mourad-Bey a passé sur la rive gauche entre Soll et Zaoué. Osman-Bey et Hassan -Bey ont aussi passé sur cette rive hier, vis-à-vis de Cherfiat à une demi lieue de Cherouée. Je ne sais pas encore leurs positions respectives après le passage du fleuve, mais je mets des espions en campagne. Les deux détachements des dromadaires portant des dépêches pour le général Belliard sont en danger. J'envoie après eux pour les prévenir, s'il est encore temps. Le premier, commandé par le capitaine Kipper, m'écrit de Fechn pour me demander du renfort, et tandis que sa lettre venait ici, l'autre détachemeut partait de Beni-Souef ce matin. Je crains bien qu'étant réunis ils ne s'avisent de continuer leur route. Alors ils courraient risque d'être défaits par Osmanet Hassan -beys. J'envoie pour qu'ils se replient sur Beni- Souef, mais je crains bien que l'exprès ne les joigne trop tard. Le pays est encore tranquille, mais les habitants paraissent gagner tous les jours un degré d'audace de plus. Les Coptes ont l'air de mourir de frayeur. — J'ai l'honneur de vous saluer. Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire Priant^.
Au quar. ^yéi\. de Beni-Souef, le 3 pluviôse an VIII (23 janvier
Général, j'ai reçu votre lettre du 27 nivôse. C'est avec plaisir que je resterai sous les ordres du général Belliard. La rai-
1 Archives hist. de la Guerre, A. d'Orient, copie, papiers Dugaa. La même lettre fut adressée au général Priant, donation Friant, 19, duplicata.
' Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut., donation Friant, 20.
A DlJGirA KT A FRIANT 361
son de son ancienneté^ est juste, et quand même elle n'y serait pas, j'ai trop de bon sens pour ne pas sentir que dans une position difficile on ne doit accorder des commandements qu'à des o;ens qui ont eu l'occasion de mériter la confiance de leurs supérieurs et celle des leurs subordonnés, c'est de quoi je ne me flatte pas. D'ailleurs j'aime personnellement le général Belliard, et j'exécuterai ses ordres avec zèle.
Je vous ai déjà mandé, Général, que Mourad-Bey près de Soll et Osman -Bey près de Cherouée ont passé presque en même temps sur la rive gauche. J'ignore encore leurs dessins, mais il est à croire qu'ils gagneront le Fayoum, et là réunis, ou chacun de son côté, ils chercheront à soulever lesArabes et les habitants. Ma position devient par là plus difficile, mais celle du Caire y gagne, Mourad-Bey dans cet état de crise était un mauvais voisin pour la capitale. Si j'avais seulement 200 hommes disponibles je ne balancerais pas à aller le chercher, mais avec cent hommes que je puis tirer de la place et une pièce de trois, je crois, qu'il serait imprudent de risquer le détachement, et par une défaite enhardir l'ennemi. Cependant il serait urgent de ne pas lui laisser le temps d emeuter les Arabes, car les habitants ne se déclareront pas facilement contre nous.— J'ignore où est le général Belliard, rien n'arrive depuis quelques jours de la haute Egypte, je suis surtout inquiet pour les deux détachements des dromadaires.
Je reçois la nouvelle à l'instant que Mourad-Bey a pris le chemin de Fayoum. Nous ignorons encore ce que feront les deux autres beys de la haute Egypte.— J'ai l'honneur de vous saluer. Zayonchek.
Les Coptes ont remis en caisse dix mille pataquès du nouveau miri.
Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire Dugua^.
Au qu. gén. de Beni-Souef, le 3 pluviôse an VIII (23 janvier 1800).
Général, je vous ai mandé hier que Mourad-Bey près de
Soll et Osman -Bey près de Cherouée ont passé sur la rive
1 «ancienté» dans texte original.
* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, au t., papiers Dugua, n** 3. Reçu le 5, répondu idem.
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gauche. — Aujourd'hui je reçois la nouvelle que le premier a filé du côté de Fayoum. J'ignore encore ce que deviendra Osman. Je suis toujours très inquiet pour les deux détachements des dromadaires, un exprès à dromadaire que j'ai envoyé après eux, ne retourne pas. L'envoi des grains devient dans ce moment plus difficile ^ Au reste, Général, ne m'imputez pas la faute, il y a quatre mois que je ne commande plus ici. D'ailleurs les grains n'ont jamais été à la disposition des commandants, une commission s'en est occupée. J'ai l'honneur de vous saluer. Zayonchek.
Au moment où j'allais fermer ma lettre, j'apprends qu'Osman est allé à Behnesé, et que nos dromadaires ont passéi 4 barques chargées de grains de la h. Egypte descendent au Caire et sont déjà ici.
Le général de brigade Zajqczek au général divisionnaire Dugua^.
Au quar. gén. de Beni-Souef, le 4 pluviôse an VIII (24 janvier 1800).
Général, les deux détachements des dromadaires portant des dépêches au général Belliard, avertis par les cheiks de Zatmé
1 Voir lettres du général Dugua à Zajaczek, commandant de provinces de Beni-Souef et de Minieh, à Beni-Souef {Registre B. p. 4!02— 3).. Caire, 25 janvier 1800. Avis du départ d'un convoi de barques pour Beni- Souef. Invitation de se concerter avec la Commission pour les renvoyer chargées de grains, ainsi que toutes celles que l'on y pourra joindre. Urgence de ces expéditions. — 25 janvier: Réception de trois lettres. Les beys s'éloignent de l'armée turque parce qu'ils savent que les négociations sont très avancées. Nécessité de réunir promptement de l'argent et des grains. Retard à réparer. Moyens d'employer. Barques à renvoyer chargées. Envoi d'une lettre pressante du président de la Commission des subsistances à ce sujet à la Commission des grains. — 26 janvier: «La Commission des subsistances.... s'est assemblée hier et m'a invité à vous envoyer des secours pour que vous puissiez aider si efficacement la Commission des grains qu'ils n'y aient plus de prétextes au retard de l'envoi des grains qui nous sont si nécessaires. Je fais partir cent hommes d'infanterie sur le convoi que je vous ai annoncé».
» Arch. h. de la Guerre, A.d'Orient, copie^ papiers Dugua.