‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 107 sur 115 · A PRIANT · texte numérisé non relu

A PRIANT

Quant aux signaux de feu qui sont à établir entre la tour d'Abou-Mandour et le fort de Burlos, j'ai l'honneur de vous observer que le village de Rouse est à huit lieues de distance de Burlos, il serait donc impossible que ce feu puisse être vu d'un endroit à l'autre; mais on peut y remédier en plaçant quelque barque sur le lac entre le fort et le village de Rouse; pour lors la communication des signaux serait infaillible. Si vous goûtez, Général, cette idée, il faut alors que la marine reçoive un ordre d'établir ce poste de suite.

J'avais déjà pris mes mesures pour la confection des réchauds ^ pour des signaux, mais le commandant d'artillerie d'ici m'ayant fait voir une lettre du directeur d'artillerie d'Alexandrie par laquelle il nous promet d'envoyer ces réchauds, j'ai suspendu le travail, et nous attendrons les réchauds d'Alexandrie.

Comment garderons nous le signal de Rouse? il y faudrait un détachement et j'ai si peu de monde. Le 3™^ de dragons après avoir fourni le détachement d'Aboukir n'a que 129 hommes de disponibles. — Le bataillon de la 25* n'en a que 175. Les invalides se refusent à tout service, c'est une mer à boii avec ces pauvres gens-là. Ils pourraient garder le signal de Rouse et d'Abou-Mandour, mais il crient, se plaignent, et ne veullent se prêter à rien; il m'a fallu en mettre plusieurs aux arrêts, pour en obtenir 25 hommes pour le fort Julien. Presque tous leurs officiers aiment l'eau de vie, ce qui fait que ce corps a un mauvais esprit.

Le général Baudot est arrivé ici ce matin, il attendra que le Capitaine Pacha s'approche de la côte pour aller le trouver.

Rouvier, capitaine de frégate et commandant du Nil, a quitté Rosette pour se porter sur Damiette.

Je vous rappelle, Général, que je n'ai pas une seule pièce de canons.

Je ne suis pas encore parvenu à avoir un état de situation

de la garnison, ainsi je vous l'enverrai plus tard; vous y verrez

si j'ai de quoi faire un mouvement contre l'ennemi en cas de

descente. — Salut et dévouement.

Zayonchek.

* «rechaux» dans texte original.

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Le lô*' des dragons vient d'arriver ici.

J'ai besoin d'argent, nion Général, mon établissement d'ici m'a beaucoup coûté, il y fait cher pour vivre; si vous pouviez m'envoyer ce qui a été toujours payé au général Destaing par mois, pour le mois de vendémiaire, vous me feriez plaisir.

Zaj^czek, général de brigade, au général de brigade

Sanson ^

A Rosette, le 10 brumaire an IX (1 novembre 1800).

Je vous envoie. Général, la lettre qui me vient d'un officier de santé du lazaret. Veuillez bien terminer définitivement cet article.

Le général Priant m'annonce un nouveau bâtiment arrivé de France ^. L'officier, porteur de la dépèche, donne pour certain, que l'armistice ' est maintenu, que l'empereur s'est rendu lui même à l'endroit des négociations. Il nous a remis Ulm, Ingolstadt et Philippsbourg. — Je vous souhaite le bon jour.

Zayonchek.

Lazowskî à Menoa^.

Alexandrie, le 15 brumaire an IX (6 novembre 1800).

Mon Général, nous sommes arrivés en 48 heures de Boulak à Alexandrie ^ Nous avions laissé au général Vial la disposi-

1 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

2 Friant à Menou, Alexandrie, 2 novembre 1800. «J'avais ordonné au général Zayonchek de faire établir sa quarantaine à Rosette. Ce général y a fait rester contre mes intentions l'officier venant de France et porteur des dépêches du gouvernement; je ne sais comment il y a pu avoir du mal entendu, car j'avais spécifié au général Zayonchek dans une lettre que je lui écrivis de faire gréer une barque pour que l'officier pût partir».

3 Conclu à Parsdorf le 15 juillet 1800. * Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.

" Voir: Pièces diverses et correspondance relatives aux opérations de V armée d'Orient en Egypte; imprimées en exécution de l'arrêté du Tribunat en date du 7 nivôse an IX de la Rép. Fr. (Paris, messidor an IX) p. 578*

tion entière de votre barque; il nous l'avait demandée. A Rosette où nous nous sommes rejoint, nous avons appris du général Zayonchek les heureuses nouvelles qui vous étaient directement adressées par le Premier Consul et qui vous étaient apportées par un officier du génie.

Dans ce moment, à 7 heures du matin, nous mettons à la voile ! — Je suis avec respect. Lazowski.

Zaj^czek, général de brigade, au général divisionnaire Priant ^

A Rosette, le 21 brumaire an IX (12 novembre 1800).

Général, j'ai reçu vos deux lettres du 20 de ce mois. Je souhaite que celle que vous adressez au commandant d'invalides fasse effet, mais je ne l'espère pas. L'officier de santé m'assure que réellement ces pauvres ne sont pas en état de faire le moindre service.— J'en ai employé cinquante pour garder le fort Julien, et j'ai disposé de ce qu'il y avait de la 25'' pour occuper les postes d'Abou-Mandour et celui de Rouse. Mais cet arrangement ne peut pas tenir, vu que les invalides me harcellent de réclamations et se sauvent par deux ou trois du fort.

Le général de brigade Vial au ministre de la guerre (Carnot), en rade à Saint-Tropès, à bord du Lody, 14 frimaire IX (15 décembre 1800): «Chargé par le général en chef de l'armée d'Egypte de dépêches pour le Gouvernement, je suis parti du Caire, le 12 du mois passé, d'Alexandrie le 15,

et que j'ai aujourd'hui jeté l'ancre dans cette rade Le chef de brigade

j du génie Lazousky doit partager avec moi l'honneur de présenter au Gouivernement sept queues de cheval, marquées de la dignité du grand-vizir à la tête des armées, prises sur ce généralissime par suite de sa défaite à H élio poli s ».—Z>ermère campagne des Français en Egypte. Correspondance, î officielle de l'armée d'Egypte (Paris, an X), p. 12. Menou à Bonaparte, I Caire, 1 brumaire IX (23 octobre 1800): <J'ai chargé le général de brigade Vial et le chef de brigade du génie Lazouski de vous porter mes dépêches.... Lazouski a été nommé par vous chef de brigade sur le champ de bataille. C'est un excellent et brave officier, prêt à perdre la vue en Egypte; j'ai cru qu'un moyen de la lui conserver était de l'envoyer en France, chargé de mes dépêches. J'ai l'honneur de vous recommander parjticulièrement ces deux officiers».

^ Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut., donation Priant, 2. Les Polonais en Egypte. 27

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Les instructions ^ sur la manière de régir la province sont parfaites, mais très difficiles à remplir, au moins leur exécution demande- 1- elle beaucoup de temps. Comptez cependant, Général, que j'y travaillerai avec zèle.

1 Alexandrie, le 18 brumaire an IX (9 novembre 1800). «Pour parvenir à une parfaite connaissance de tout ce qui a rapport à l'administration des provinces de Rosette et de Bahireh: il sera établi dans chacune de ces provinces par les officiers qui les commandent, deux registres. Le premier comprendra: 1° Tous les renseignements qu'il sera possible d'obtenir sur les terres de chaque canton, l'étendue des possessions de chaque village soit en terres cultivées, soit en terres non cultivées, la quantité de feddâns appartenant à la république dans chaque territoire des villes et villages, les produits de ces terres suivant les différentes années, la nature de leurs productions soit en grains, fèves, coton etc. 2*' Les renseignements sur les bestiaux, soit boeufs, buffles, vaches, chèvres et moutons, leur emploi et leur produit. 3° Sur les chevaux et chameaux, leur emploi et leur produit. 4° Les connaissances que l'on pourra avoir sur les canaux servants à arroser les terres, leur quantité, leur cours, les frais qu'ils exigent pour leur entretien et ceux à la charge du gouvernement, la quantité de digues qui retiennent les eaux ou qui les font remonter et séjourner sur les terres. On ne négligera pas de faire les demandes sur les améliorations à faire à ce sujet. 5° Les renseignements sur la population, sur le nombre d'hommes faisant état de porter les armes et des cavaliers, en désignant les Arabes, les paysans ou fellahs, enfin sur le nombre d'individus cultivateurs. 6° Les renseignements sur l'industrie des habitants des villes et villages en désignant celles ou ceux où il se fabrique des toiles ou autres étoffes. 1" Les renseignements sur le commerce du pays, chercher surtout à connaître quelles sont les productions de son sol, comment elles s'exportent; s'il vend des bestiaux et où, ce qu'il retire de pays étrangers, la balance de son commerce et quel est l'avantage que l'on pourrait retirer de la navigation du Nil pour le transport de ses marchandises. — Le deuxième registre renfermera: 1"* les renseignements sur la police; les détails sur les principaux du pays, ceux qui y ont le plus d'influence, sur les riches, leur naissance, leur alliance, leur fortune, leur caractère, leur manière d'employer leurs richesses, leurs liaisons avec nos ennemis, et leur manière d'être à l'égard des Français. On cherchera surtout à connaître leurs moyens pour la guerre, leurs armes, et les ennemis qu'ils pourraient avoir. 2" Le détail sur la justice du pays, la manière de punir les vols, les assassinats et autres crimes, celle de juger les affaires, telles que les différends entre particuliers, pour anticipations, réclamations, et créances, affaires de commerce, surtout pour ce qui regarde l'étranger. Il faut se procurer de grands détails sur les moyens de connaître les voleurs, les assassins, leurs chefs, leurs demeures, les lieux où ils déposent leur vol^ et comment on parviendrait 4 les arrêter. Il faut bien observer qu'un as-

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