‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 14 sur 115 · XXXVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PREFACE

lieu de l'assassinat». Enfin Napoléon lui-même a dicté pendant l'exii ces lignes fort différentes de sa relation primitive^. « Les Bily et les Terrâbyn, au nombre de 7 ou 800 hommes, commettaient des hostilités et infestaient les communications de Boulâq. L'aide de camp Suîkowski partit avec 200 chevaux 2, passa le canal sur le petit pont, chargea les Bédouins, en tua quelques-uns, et les poursuivit pendant plusieurs lieues. Il nettoya tous les environs de la ville, mais il fut blessé un moment après. Son cheval ayant été tué, il tomba et fut percé de dix coups de lance 2».

Maints contemporains nous rapportent encore les détails de sa mort^, mais si leurs souvenirs ont quelque valeur réelle, c'est seulement pour nous rendre intelligibles les circonstances qui précédèrent la catastrophe et nous en faire comprendre l'importance. Les témoins qui auraient pu nous parler de der-

* Corr., XXIX, p. 501 (Campagnes d'Egypte et de Syrie).

2 C'est Dumas qui fut chargé de cette patrouille le 2 brumaire (Corr., 3525).

3 J.-J.-E. Roy a copié ce récit dans le livre apocryphe a Les Français en Egypte ou souvenirs des campagnes d'Egypte et de Syrie par un officier de V expédition, Ghalhrand)» (Tours, 1855), p. 102.

* Reybaud, IV, 172—3: «Chaque parti de fellahs ou d'Arabes qui se présentait, trouvait sur son chemin des troupes françaises, et battu... fuyait en désordre... Chargé d'une mission semblable, le chef de brigade Suîkowski. .. était parti le matin, avec un détachement de guides, pour éclairer la route de Belbéys. Sa mission avait été heureuse: les tribus d'Arabes campées dans cette direction avaient tourné bride devant lui... Aux portes du Kaire, une fatalité l'attendait, pressante, irrévocable. Il allait y pénétrer par Bâb-êl-Nasr, quand la populace de ce faubourg s'ameuta pour lui disputer le passage. Trop brave pour compter ses ennemis, le jeune Polonais s'élança sur eux avec sa faible escorte: déjà il s'était fait jour, le sabre à la main, au travers des groupes les plus épais, lorsque, glissant sur des cadavres, son cheval s'abattit et le renversa. Suïkowski, souffrant encore de ses blessures récentes, n'eut ni le temps ni la force de se relever. En butte à toutes les fureurs de la populace, il fut massacré avant que ses guides pussent venir à son secours». Richard ot, 77: «L'un (Dupuy) et l'autre (Suïkowski) se portèrent précipitamment et non ensemble, suivis seulement de deux cavahers d'ordonnance, contre les insurgés qui d'une rue étroite se dirigeaient sur le quartier général». Lattil, Campagne de Bonaparte (Marseille, floréal an X), p. 53: «Le premier aide-de-camp du général en chef fut assassiné par six cents Arabes, dans une expédition, à Boulac». J. Miot, éd. de 1804, p. 84, (et éd. de 1814, p. 90): «Envoyé (à la pointe du jour) en reconnaissance avec un détachement de guides il (ce brave offi-

Page 1